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- Haïti : quand les mots confisquent la démocratie
Par: Yves Pierre, politologue, citoyen engagé et membre du comité exécutif du Renouveau Démocratique.- En Haïti, le pouvoir ne manque pas de vocabulaire. Il parle de « refondation », de « réforme », de « reconstruction », de « nouvelle Haïti ». Il aligne les concepts comme on aligne des promesses électorales. Pourtant, dans les quartiers populaires, les écoles délabrées, les villages abandonnés, la réalité ne suit pas. Le discours politique s’est transformé en écran de fumée : il occupe l’espace, mais ne change rien. Ce n’est pas un accident. C’est une méthode. Les élites politiques et économiques ont appris à gouverner par les mots plutôt que par les actes. On décrète la réforme pour éviter de la faire. On annonce la refonte pour retarder la rupture. On multiplie les « tables de concertation », les « États généraux », les « dialogues nationaux » pour calmer la colère, sans jamais toucher aux structures d’injustice qui maintiennent le pays. La parole officielle devient alors une technique de neutralisation du peuple. L’éducation, vitrine de l’imposture Rien n’illustre mieux ce mirage langagier que l’éducation. Depuis des décennies, tous les régimes la brandissent comme une priorité nationale. On parle de « modernisation », de « qualité pour tous », de « génération nouvelle ». Mais dans les faits, l’école haïtienne reste un appareil de reproduction des inégalités. D’un côté, une minorité se paie des établissements privés, souvent francophones et connectés au monde. De l’autre, une majorité est condamnée à des écoles publiques ou communautaires sans moyens, sans encadrement, parfois sans toit. Les dirigeants savent très bien ce qu’ils font. Ils utilisent le langage des réformes pour préserver un système à deux vitesses qui leur profite. Ils promettent des « plans stratégiques » sans budget sérieux, des « politiques publiques » sans contrôle citoyen, des « programmes » qui ne dépassent pas la conférence de presse. Tant que l’école servira à sélectionner une élite plutôt qu’à émanciper une société, toute promesse de refondation restera une supercherie. Au cœur du problème, il y a une élite qui parle mais n’écoute pas. Elle parle au nom du peuple, sans jamais lui rendre de comptes. Elle se revendique « républicaine », tout en tolérant la privatisation de la sécurité, la capture de l’État par des groupes armés et l’abandon des services publics. Elle se dit « démocratique », mais elle perpétue une démocratie de façade, réduite à des élections sans projet, sans débat réel et sans inclusion des couches populaires. Le langage du pouvoir est saturé de grandes notions, « nation », « stabilité », « consensus », «sécurité », mais il refuse les mots qui fâchent : partage des richesses, justice sociale, fin de l’impunité, mise à nu des collusions entre politique, affaires et criminalité. Cette élite pratique un double discours permanent : progressiste dans le verbe, conservatrice dans les faits. La société civile et les mouvements sociaux : une autre grammaire politique Pourtant, une autre parole circule déjà dans le pays. Elle vient des syndicats de professeurs qui réclament des salaires décents et une politique éducative cohérente. Elle vient des mouvements féministes qui dénoncent les violences, l’exclusion et la marchandisation des corps. Elle vient des organisations paysannes qui défendent la souveraineté alimentaire et les droits des communautés rurales. Elle vient des collectifs de quartier qui refusent de vivre sous la coupe des gangs et des complicités politiques. Cette parole n’a pas les grands micros de l’État, mais elle possède ce que le discours officiel a perdu : la légitimité. Elle naît de l’expérience vécue, des luttes quotidiennes et des solidarités concrètes. Là où l’élite fabrique des slogans, les mouvements sociaux élaborent des revendications. Là où le pouvoir se contente de « communiquer », eux cherchent à transformer. La diaspora : non pas spectatrice, mais force politique La diaspora haïtienne, souvent réduite au rôle de caisse automatique de survie familiale, porte aussi une responsabilité et une possibilité. Elle ne peut plus se contenter d’observer à distance ni se limiter aux transferts. Elle dispose de ressources intellectuelles, financières, médiatiques qui peuvent soutenir les mouvements de rupture démocratique à l’intérieur du pays. Mais cela suppose un changement de posture : rompre avec le paternalisme, cesser de croire que le salut viendra d’en haut ou de l’étranger, et investir dans les dynamiques locales d’organisation, d’éducation populaire et de défense des droits. La diaspora peut être un levier stratégique pour amplifier les voix qu’on tente de marginaliser et porter le débat haïtien sur la scène internationale autrement que par la plainte et la victimisation. Réinventer la démocratie, pas le mensonge Il est temps de le dire clairement : la démocratie haïtienne ne se sauvera pas avec un nouveau lexique de promesses. Elle ne se sauvera pas avec une énième « transition », un nouveau « pacte» signé dans une ambassade ou un hôtel, ou un slogan de campagne plus sophistiqué. La démocratie se sauvera, ou se reconstruira, lorsqu’il y aura rupture avec cette culture du mensonge institutionnalisé, où la parole politique est utilisée comme un bouclier contre la vérité. Réinventer la démocratie, ce n’est pas inventer de nouveaux mots. C’est redonner un sens aux mots essentiels : État, justice, éducation, citoyenneté, sécurité. C’est accepter que ces mots impliquent des choix concrets : taxer les privilèges, financer les services publics, désarmer les pouvoirs privés, protéger les plus vulnérables, ouvrir réellement l’espace politique aux femmes, aux jeunes et aux classes populaires. Pour un renouveau démocratique par le bas Le renouveau démocratique dont Haïti a besoin ne viendra pas d’une élite qui a fait du langage un instrument de domination. Il viendra d’un renversement de la direction de la parole : une parole qui monte d’en bas, qui ne demande plus la permission, qui refuse d’être réduite au rôle de décor dans la scène politique. Cela signifie : organiser les quartiers, les écoles, les universités, les campagnes autour de revendications claires ; exiger des comptes à chaque niveau de pouvoir, local comme national ; refuser les discours sans calendrier, sans budget, sans mécanisme de contrôle citoyen ; construire des espaces médiatiques, associatifs et politiques où les mots sont liés à des engagements vérifiables. Tant que les Haïtiennes et les Haïtiens laisseront au pouvoir le monopole du langage politique, le même scénario se répétera : promesse, déception, crise, puis nouvelle promesse. La sortie de ce cycle passe par une réappropriation collective des mots et des institutions. La vraie « refondation » ne sera pas un thème de conférence. Elle sera le résultat d’un peuple qui cesse d’accepter qu’on parle à sa place, et qui impose enfin que chaque parole publique ait un coût, une responsabilité, une conséquence. C’est à ce prix que le verbe cessera d’être un cache-misère, et que le renouveau démocratique pourra commencer.
- Un premier ministre‑gouverneur : l’ultime imposture des faiseurs du chaos
Par : Novavox, Notre Éditorial.- En 1990, lors des premières élections véritablement démocratiques organisées en Haïti après la chute de la dictature des Duvalier, Marc Bazin, ancien cadre de la Banque mondiale, choisit de se présenter comme « l’homme des Américains », convaincu que cette étiquette lui attirerait les faveurs de l’électorat. Sa candidature se heurta pourtant à un rejet massif, dans un pays porté par l’élan d’un mouvement démocratique et populaire d’une puissance inédite, né en 1986. Le pari hasardeux de 2026 Aujourd’hui, Alix Didier Fils-Aimé, néophyte en politique, s'engage à son tour dans ce pari hasardeux en pilotant une transition placée sous tutelle, prétendument destinée à déboucher sur des élections démocratiques. Il est vrai que le contexte de 1990 contraste fortement avec celui d’aujourd’hui : le mouvement populaire est en recul, les gangs armés imposent leur loi, et l’accumulation d’ingérences étrangères a gravement affaibli la souveraineté nationale. Lyonel Trouillot sur TV5 : quand la littérature rencontre la vérité du pays Une orientation périlleuse et politiquement dissonante Mais les choix de Didier Fils-Aimé demeurent périlleux à bien des égards. Ils heurtent de plein fouet un nationalisme haïtien qui s’accommode difficilement de figures politiques associées à une forme de soumission à des puissances tutrices. Une telle allégeance, loin d’ouvrir la voie au renouveau, réactive les mêmes mécanismes d’assujettissement que le peuple haïtien s’efforce de dépasser. Elle transforme la transition en une simple gestion sous tutelle, où les intérêts extérieurs priment sur les aspirations nationales. Une contradiction avec la fabrique même de la nation Plus fondamentalement, les options retenues par Fils-Aimé entrent en contradiction avec la fabrique même de la nation. Elles remettent en cause ce qui constitue le socle profond de l’identité haïtienne : une quête ininterrompue de souveraineté, une vigilance soutenue face aux tutelles et une mémoire collective façonnée par la résistance à la domination. Il importe de rappeler le contexte historique qui fonde cette exigence de souveraineté. Haïti n’est pas née d’un compromis ni d’un simple transfert de pouvoir : elle est née d’une rupture radicale, d’un soulèvement sans précédent contre l’ordre colonial et l’esclavage. L’indépendance de 1804 n’a pas seulement libéré un territoire ; elle a instauré un principe, un pacte moral, une ligne de conduite. Elle a inscrit dans la chair de la nation l’idée que la liberté ne se négocie pas, que la dignité ne se délègue pas et que la souveraineté exige une vigilance de tout instant. C’est cette mémoire fondatrice qui rend les choix actuels d’autant plus inacceptables. Dans un pays qui a arraché sa liberté au prix du sang, toute orientation politique ouvrant la voie à une tutelle, même déguisée, prend la dimension d’une trahison symbolique. Elle rompt avec l’héritage de Dessalines, l’esprit de 1804 et la promesse faite aux générations futures de ne jamais retomber sous l’emprise d’intérêts extérieurs. En ce sens, les options de Fils-Aimé s’inscrivent à rebours de l’histoire même qui a donné naissance à la nation. Elles affaiblissent la souveraineté au moment où elle devrait être défendue avec la plus grande fermeté. Elles brouillent la ligne de rupture que le peuple haïtien a tracée dès sa naissance et dont chaque génération a la responsabilité de maintenir vivante. Ainsi, Fils-Aimé ne met pas seulement en péril une transition ; il touche aux fondements symboliques et historiques qui assurent la verticalité d’un peuple. Ce n’est pas simplement une orientation discutable : c’est une compromission avec les forces qui fragilisent la nation, au moment précis où elle a besoin de clarté, de courage et d’un engagement sans équivoque envers la souveraineté. La légitimité populaire comme ultime rempart Le peuple haïtien, les patriotes et le camp progressiste prennent acte de cette dérive qui met en péril notre souveraineté et notre avenir collectif. Et nous le proclamons avec force : la seule légitimité pour décider du destin, des institutions et de l’avenir d’Haïti appartient au peuple haïtien, et à lui seul. Toute tentative de contourner cette légitimité, de la confisquer ou de la subordonner à des intérêts étrangers sera dénoncée pour ce qu’elle est : une trahison de l’histoire qui nous a façonnés et une remise en cause de notre droit inaliénable à l’autodétermination. Appel à la vigilance et à la mobilisation C’est pourquoi nous appelons chaque citoyenne et chaque citoyen, chaque organisation, chaque conscience éveillée à se tenir debout, à refuser la résignation, la peur et la confiscation de notre avenir. Nous appelons à la vigilance, à la lucidité et à la mobilisation démocratique et populaire. Car la souveraineté n’est pas un mot ancien : c’est un combat vivant, un devoir partagé, une responsabilité historique. Nous le disons avec la fermeté que commande l’heure : Haïti ne sera pas gouvernée par procuration. Nous refusons toute tutelle, ouverte ou déguisée. Nous refusons toute transition imposée. Nous refusons toute confiscation de la volonté populaire. L’avenir d’Haïti ne se négocie pas dans des chancelleries. Il ne se décide pas dans des bureaux fermés. Il ne se dicte pas de l’extérieur. Il se construit ici, par nous, avec nous, pour nous.
- Le pari risqué de Washington avec son Fils-Aimé !
Par : Sonet Saint-Louis av Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique à la Faculté de droit et des Sciences économiques de l' Université d' État d'Haiti. Professeur de philosophie /Université du Québec à Montréal.- C ertains juristes et professeurs de droit manipulent les concepts qu’ils emploient, souvent à l’emporte-pièce. Pourtant, il n’y a pas de connaissance scientifique sans théorie scientifique pour en constituer le pilier. En sciences, les mots renvoient à des termes, des vocables ou des concepts précis. Or, en droit, les concepts sont indissociables d’une théorie juridique : chaque théorie du droit définit ses propres concepts, sa grille de lecture et sa structure de compréhension de la réalité. En Haïti, malheureusement, on a fini par tout galvauder — pouvoir monocéphale, pouvoir bicéphale, transition, etc. — au point de vider ces notions de leur sens. Le concept de monocéphalisme est généralement rattaché au régime présidentiel, dans lequel l’ensemble du pouvoir exécutif est concentré entre les mains du président de la République, élu au suffrage universel. Dans un tel régime, l’exécutif est monocéphale : c’est le cas aux États-Unis, où le président exerce à la fois la fonction de chef de l’État et celle de chef du gouvernement. Le système américain repose sur une séparation stricte des pouvoirs. Il correspond davantage à la théorie classique de la séparation des pouvoirs, telle qu'élaborée par Montesquieu. Aux États-Unis, le président ne peut dissoudre ni le Sénat ni la Chambre des représentants. De même, il n’est pas responsable devant les élus du Congrès. C’est le principe de l’irrévocabilité réciproque qui fonde le régime présidentiel, dont les États-Unis constituent un modèle emblématique. Sans parlement, la fonction de premier ministre est anormale En Haïti, la Constitution de 1987 a adopté un système démocratique fondé sur une séparation souple des pouvoirs, au sein duquel est apparue une originalité discutable : le président de la République ne peut pas renvoyer le Parlement, tandis que le Premier ministre est censé constituer son contrepoids. Ce dernier ne peut être révoqué que par le Parlement, devant lequel il est responsable. Or, dans le cas haïtien, le principe de la révocabilité réciproque — pilier du régime parlementaire, permettant un contrôle mutuel entre l’exécutif et le législatif — n’a pas retenu l’attention des constituants de 1987. Ceux-ci ont plutôt cherché à réduire la force du président au profit d’un renforcement de l’État de droit, en multipliant les freins afin de modérer le pouvoir présidentiel. Cette démocratie parlementaire, bien qu' elle comporte certains problèmes, mais protège les citoyens contre l'arbitraire des gouvernants et garantit que toutes les autorités agissent sous le respect de la loi. Ces freins et contrepoids n’ont toutefois pas affaibli l’institution présidentielle. Le président de la République, au contraire, sous l’égide de la Charte de 1987, détient de réels pouvoirs. Avec l’arrivée de Didier Fils-Aimé comme unique responsable au sein du pouvoir exécutif, on assiste pourtant à un retour du monocéphalisme en Haïti. Mais l’exécutif monocéphale, au sens strict, n’existe pas dans notre architecture constitutionnelle. Ce qui existe actuellement dans notre pays n’a pas de nom stabilisé : c’est un chaos institutionnel, structuré sous la forme d’un autoritarisme non régulé. Or, si l’on se place du point de vue de la logique constitutionnelle de fonctionnement, notre régime est censé reposer sur trois principes articulés, qui forment un ensemble cohérent et s’équilibrent mutuellement : La responsabilité du gouvernement devant le Parlement, ce qui implique un contrôle politique effectif et, au besoin, une sanction institutionnelle ; La solidarité ministérielle, qui exige la collégialité des décisions et la responsabilité commune des ministres pour l’action gouvernementale ; La dissolution, entendue comme la faculté — dans un système d’équilibre — de renvoyer le Parlement au suffrage populaire afin de trancher une crise politique majeure et de rétablir la légitimité par l’arbitrage des électeurs. Sans ces mécanismes (ou lorsqu’ils sont neutralisés), l’exécutif cesse d’être encadré par le droit et se met à fonctionner selon une logique de fait : il ne gouverne plus dans un régime, il gouverne au-dessus du régime. Les ministres, collaborateurs ou décideurs? Il est juridiquement et constitutionnellement anormal d’affirmer que le Premier ministre gouverne avec le Conseil des ministres, puisque l’article qui organise la vacance présidentielle n’est ni valable ni applicable à un chef de gouvernement non désigné par un chef d’État élu et dont la déclaration de politique générale n’a pas été ratifiée par les Chambres. Avec cette nouvelle gouvernance, comme ce fut le cas avec le Dr Ariel Henry, les ministres qui font partie du cabinet de Fils-Aimé ne sont pas des gouvernants, mais de simples collaborateurs qu’il peut révoquer à volonté. Les ministres ne partagent pas la responsabilité politique avec Fils-Aimé, qui exerce à la fois des compétences distinctes et séparées du Président et celles prévues pour le Premier ministre. Le principe de la solidarité ministérielle disparaît dans ce type de gouvernance. Or, celui-ci exige que les décisions soient prises de manière collégiale lors du Conseil des ministres, présidé par le Président de la République. Comment un Premier ministre de facto, sans vacance déclarée, peut-il présider le Conseil des ministres, la plus grande instance politique du pays, où sont délibérées les grandes décisions de l’État ? Dire que le Conseil des ministres est convoqué sous l’autorité du Premier ministre, c’est reconnaître qu’un ministre ne peut être désapprouvé que par les Chambres. Où est le Parlement ? Le Conseil du gouvernement n’est réuni que pour assurer le suivi ou évaluer l’action gouvernementale. Tout désaccord profond provenant d’un ministre sur une question fondamentale entraîne automatiquement la démission de celui-ci. Le principe de la collégialité exige que toutes les décisions prises en Conseil des ministres soient exécutées par tous les ministres : même si un ministre s’y est opposé personnellement, il doit les appliquer. C’est le principe de la solidarité. Ne tentez pas de bercer la population par des paroles fallacieuses. L’action américaine n’a pas déstabilisé le régime en place. Le CPT était contraint de rester jusqu’à la fin de son mandat. Les parties prenantes qui étaient au CPT conservent leur mainmise sur l’administration publique à travers le cabinet ministériel, les directions générales ainsi que la diplomatie. Aucun membre du gouvernement n’a démissionné ni n’a été rappelé par son parti. Elles acceptent la tutelle imposée par Washington. Cessons donc la démagogie ! Les Américains n’agissent pas seuls : c’est le moins qu’on puisse constater. Donc, le niveau de confort politique que reçoit Fils-Aimé de l’international est le même que celui qu’avait le Dr Ariel Henry à une époque. Pourtant, il avait été évacué du pouvoir et fut remplacé par un CPT qui a terminé sa course dans la honte. Dans le contexte actuel, la classe politique n’a pas vraiment de problème avec la formule utilisée par les Américains pour remettre la totalité du pouvoir entre les mains d’un homme. Ces leaders qui critiquent Fils-Aimé auraient tout simplement souhaité être à sa place. Ils auraient voulu être, eux aussi, le « fils aimé » de Washington. Leur rêve, ce n’est pas la démocratie à laquelle nous croyons. Leur dessein, c’est d’avoir de l’argent facile, sans effort, pour combler un manque de valeur personnelle. Ce sont des ennemis intérieurs qui travaillent depuis longtemps pour le compte d’intérêts étrangers. Ils tiennent un discours progressiste, nationaliste, anti-impérialiste, mais, en réalité, ils sont dépourvus de conscience nationale. Le temps les a tous démasqués. Le pouvoir qu’exerce Fils-Aimé a été délégué par les États-Unis pour accomplir des actions précises. Il est donc important de savoir en quoi consiste cet agenda, car tout se situe en dehors du cadre légal, républicain et démocratique. Le nouvel homme fort du pays a déclaré qu’il ne remettra pas le pouvoir tant qu’un gouvernement issu des élections ne sera pas établi. Son gouvernement de facto semble ne se fixer aucune limite dans le temps. Tout comme ses contraintes ne sont que sa volonté, sa morale ou son tuteur américain. Or, une transition se définit dans un temps limité par la loi. Ce temps limité doit être le fruit d’un consensus politique. Ce n’est pas le décret qui donnera naissance au consensus, mais l’inverse. Le consensus est un fait politique appelé à être encadré par le droit. Donc, sans limitation du mandat de la transition, le Premier ministre se trouve dans une situation d’éternel présent, échappant aux contraintes du temps (présent, passé et futur). On s’éloigne du droit de la transition pour tomber dans une métaphysique pure, alors que la finalité du premier repose sur une rupture constitutionnelle et des réformes, incluant éventuellement une nouvelle Constitution. En effet, si le pouvoir de facto actuel décide d’organiser des élections sous le régime de 1987, cela signifie que nous n’étions pas dans une transition politique, mais dans une situation de rupture ou d’interruption de l’ordre constitutionnel et démocratique, occasionnée par une force majeure ou un coup d’État. Car sans inclusivité des divers groupes dans la gestion du pouvoir ou dans le processus décisionnel, il n’y a pas de transition. La situation actuelle étant ce qu’elle est, sans l’implication du peuple, il y a risque de sombrer dans l’arbitraire et l’autoritarisme du côté des gouvernants, et dans une perte du sens du réel. Les activités restreintes de quelques intellectuels, aussi pertinentes soient-elles, ne pourront jamais, à elles seules, faire bouger les lignes. L’engagement des masses est crucial pour provoquer le changement et assurer la réussite de toute action politique. Seul le peuple possède la résilience et la force nécessaires pour garantir le succès d’une entreprise. Une transition sans délai, sans inclusivité, sans accord politique, sans reformes structurelles ou constitutionnelles et sans peuple n’est pas une transition : c’est une confiscation du pouvoir, habillée en promesse d’élections.
- Appel à un Front du Refus pour la Souveraineté Nationale
Par : Le Réseau des Organisations de la Zone Ouest (ROZO) À l’attention des Intellectuel(le)s, des Progressistes, de la Gauche Combative et de la Société Civile Engagée. Contre toute mise sous tutelle et contre le génocide social. Pour la pleine souveraineté et le rapatriement de notre destin national. Le Réseau des Organisations de la Zone Ouest (ROZO) lance un appel solennel à la mobilisation historique. Notre nation est la cible d'une agression multidimensionnelle et d'une crise systémique, orchestrées par l’impérialisme nord-américain, qui utilise les Nations Unies, l’OEA et le Core Group comme bras armés d’une politique de déconstruction nationale. I. L'Urgence Humanitaire Nous dénonçons l’usage cynique de « l’urgence humanitaire » comme outil de propagande. Cette stratégie vise à projeter l'image d'un peuple haïtien, jugé structurellement incapable de s'unir, ce qui justifie une ingérence permanente. En réalité, cette aide sert de relais aux intérêts de Washington, transformant notre sol en un laboratoire de la dépendance. II. La Stratégie du Chaos et le Simulacre Électoral L'instabilité actuelle n'est pas un échec des missions internationales, mais une étape planifiée dans leur agenda cynique. En alimentant l’insécurité, ces acteurs cherchent à : Briser la résistance populaire par la terreur, en mobilisant les gangs armés et des autorités illégitimes entièrement soumises ; Orchestrer des élections truquées pour imposer au pouvoir des exécutants serviles ; Transformer la tutelle de fait en tutelle légalisée, scellant ainsi l’effacement définitif de notre souveraineté. III. Dénonciation du Projet de Génocide Le ROZO affirme que le maintien délibéré de ce chaos, avec la complicité active du Core Group et de l'impérialisme, s'apparente à une tentative de génocide social. En bloquant toute issue souveraine ,les instances internationales condamnent la population à une agonie programmée pour mieux asseoir leur domination. IV. Appel à l'Action : Le Front du Refus Nous appelons les intellectuel(le)s organiques, les forces progressistes, la gauche combative et la société civile engagée à : Refuser catégoriquement toute solution dictée par les chancelleries étrangères. Dénoncer le rôle de l'ONU, de l'OEA et du Core Group dans la pérennisation de la crise. Construire une alternative nationale et populaire capable de rapatrier notre souveraineté. Demain sera trop tard. Notre souveraineté ne se négocie pas ; elle s'exerce par la lutte. Pour le secrétariat exécutif du ROZO : Evelyne A. Metelus Yvito MAKANDAL
- Ce 7 février 2026, le CPT s’en va, Didier Fils-Aimé arrive : Washington a encore une fois le dernier mot. Vive l' Oncle Sam!
Par : Sonet Saint-Louis, av. Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique, Professeur de philosophie/Université du Québec à Montréal. La décision du gouvernement américain d’écarter totalement le Conseil présidentiel de transition (CPT) de la gestion d’Haïti n’est pas seulement un acte politique brutal : elle révèle aussi une fracture éthique. Washington accuse ces dirigeants d’avoir alimenté des gangs criminels désormais classés organisations terroristes, groupes criminels auxquels sont imputés l’assassinat de milliers d’Haïtiens. La question est donc de savoir comment ce constat — aussi dur soit-il — peut nous aider à reconstruire la société haïtienne sur des bases solides. Car, dans ce contexte de manipulations permanentes, les dernières assises du CPT, organisées à l’Hôtel Montana, ont encore montré à quel point la politique haïtienne peut devenir un terrain malsain : un refuge pour des acteurs souvent incompétents, ambitieux et cyniques. Leurs agissements pourraient laisser croire qu’ils ont perdu la raison. Mais les réduire à la folie, c’est se condamner à ne jamais les comprendre. Ils ne sont pas déments : ils obéissent à une rationalité politique différente de la nôtre et poursuivent des objectifs conformes à leur agenda. Ils ne s’attendaient peut-être pas à rencontrer l’opposition farouche des États-Unis au renversement de Didier Fils-Aimé, à qui ceux-ci comptent confier les rênes du pouvoir après la fin du mandat du CPT. Le déplacement de la souveraineté nationale n’a rien de nouveau. Qu’il s’agit d’appui recherché ou recours engagé, l’arbitre se trouve souvent à Washington. Peu importe qu’on se dise de gauche ou de droite : nous sommes dans l’épuisement. Les navires américains dans la rade de Port-au-Prince me rappellent cet épisode où un commandant américain déclara au docteur Rosalvo Bobo : « Les États-Unis interdisent votre candidature à la présidence d’Haïti parce que vous représentez une menace sérieuse pour votre pays. » Les faits historiques ne se répètent ni à l’identique ni mécaniquement, comme dans les sciences exactes ; ils révèlent plutôt des ressemblances de structure. La lucidité historique nous oblige donc à des choix conscients et civiques, afin de ne pas reproduire les mêmes réflexes et les mêmes impasses. Encore une fois, Washington décide à notre place ! La présence américaine, en ce moment, peut être lue comme un signal adressé à ceux qui menacent la stabilité du pays et les intérêts de Washington en Haïti. Les gesticulations juridiques destinées à faire passer pour illégale la résolution des conseillers ayant décidé le renvoi du Premier ministre n’étaient que des manœuvres dilatoires. Elles visaient à masquer une réalité brutale, désormais évidente : le centre du pouvoir s’est officiellement déplacé vers Washington. Autrement dit, une mise en scène a tenté de couvrir une prise en charge directe — et presque totale — de la conduite du pays par les États-Unis. Le voile est tombé : ou l’on s’aligne, ou l’on conteste, au prix des risques que cela implique. On n’entre pas en politique par caprice, mais avec la conviction de pouvoir répondre aux problèmes essentiels du peuple. Or, en cherchant à se succéder, les conseillers déchus posent un acte froidement rationnel, conforme à leurs intérêts, et, dans la conjoncture actuelle, contraire à ceux des citoyens. Le CPT est pris au piège de sa propre logique. Ses choix obéissent moins à l’intérêt général qu’à des calculs financiers. Ils ont bradé l’État. Une telle faute, contraire à l’éthique, humilie le peuple — seul détenteur de la souveraineté nationale. Cette oligarchie politique, responsable de trois interventions militaires étrangères sur le sol national en moins de trois décennies, n’a cessé d’attaquer la démocratie libérale pour protéger ses privilèges plutôt que le bien commun. Aujourd’hui, elle vacille. Et la pression américaine pèse sur elle plus lourdement que jamais. Dans l’affrontement entre le CPT et Fils-Aimé, l’issue paraît tranchée : le rapport de force tourne à l’avantage de ce dernier. Le CPT s’efface, Didier Fils-Aimé est reconduit. Vive Washington, véritable arbitre — et roi — du trône d’Haïti ! Reste la question décisive : existe-t-il une force, une stratégie nationale, ou un consensus capable de contester cette décision américaine — autrement dit, de rouvrir un processus que l’on présente déjà comme clos, et de redonner aux acteurs haïtiens la maîtrise de la résolution de la crise ? Vont-ils coopérer par peur d'être du mauvais côté de la barricade ? On sait déjà que la nouvelle gouvernance bénéficie de l’aval des décideurs internationaux. Toutefois, au regard du climat actuel, les développements à venir demeurent incertains, comme le soulignent certaines analyses. La présence de navires de guerre américains à Port-au-Prince sera-t-elle suffisamment dissuasive — et durable — pour faire taire les vacarmes et prévenir une nouvelle crise de succession ? Notre élite doit en tirer leçon Une élite ne se définit pas seulement par les diplômes, les titres académiques, l’abondance ou la richesse : elle se mesure aussi à la responsabilité. Parce qu’elle dispose de qualités supérieures — réelles ou supposées — elle a le devoir de protéger et de servir l’intérêt général. Toute élite est responsable et doit répondre de ses actes. Or, depuis quatre décennies, la souveraineté nationale s’est progressivement transférée vers des puissances étrangères, conséquence directe de nos échecs répétés, dus notamment à notre manque de sens des responsabilités. Le philosophe Hegel, dans La Raison dans l’histoire, écrit : « La responsabilité est la destination suprême de l’homme ; seuls les animaux sont irresponsables. » Sans exonérer pour autant la communauté internationale de sa part dans l’effondrement d’Haïti — désormais acté — nous devons reconnaître notre responsabilité, en tant que société, d’avoir confié à des âmes « animales » le pouvoir de décider au nom de la République. Des échecs voulus, organisés, afin de piller l’État sans jamais être sanctionnés, nourrissent l’impunité. Pour sortir de cet état de fait, il faut bâtir une société de sanctions. Car seule la peine rétablit la force de la loi et l’exigence éthique. Un homme ou une femme peut se tromper à titre individuel. Mais lorsque c’est la nation qui, de choix en choix, persiste à se tromper collectivement, une conclusion s’impose. Deux erreurs consécutives en histoire ne donnent jamais droit à une troisième ; nous en avons commis plus d’une dizaine. L’histoire, lorsqu’elle est bien enseignée, devient une école de morale : on y réapprend le sens de la souveraineté, de l’indépendance et de la patrie, foyer des vertus civiques. On ne triomphe pas d’un peuple patriote. Ce sont les rapports de force qui structurent les relations entre les États comme entre les classes sociales. Quand le peuple cède, tout s’effondre. Haïti est humiliée par la corruption de ses élites. Le peuple, misérable, à moitié analphabète, instrumentalisé, manipulé et épuisé par des luttes qui ne lui ont rien apporté, n’a plus la force de réagir. Hélas ! Il est désolant d’assister à cette dévastation, à cette détresse morale inédite. En politique, on peut avoir raison et perdre — et c’est encore plus douloureux. Il est tout aussi accablant de sentir qu’on perd tous les combats d’une vie, même ceux qui ne sont pas encore livrés. Pourtant, en politique, rien n’est irréversible : il existe toujours un pouvoir d’agir. Ayons la force d’y croire ! Je souhaite du courage et de l’espoir à celles et ceux qui ont encore la force de croire en un avenir meilleur, même dans l’adversité.
- 7 février 2026 : Le crépuscule du populisme haïtien
Par : Alain Zéphyr , sociologue et membre du Renouveau Démocratique. Le 7 février 2026 marque moins une date qu’un verdict. Un demi‑siècle de populisme haïtien arrive à bout de souffle, épuisé par ses propres contradictions, démasqué par l’effondrement institutionnel qu’il a lui‑même nourri. Ce crépuscule n’est pas soudain : il est le résultat d’une longue succession d’échecs retentissants, d’illusions entretenues et de promesses trahies. Un demi‑siècle d’échecs retentissants Depuis les Duvalier, les leaders charismatiques haïtiens ont confisqué la souveraineté populaire au lieu de la servir. Ils ont privé les citoyens de leur droit inaliénable à l’autogestion, substituant à la participation démocratique une mise en scène permanente du pouvoir. Les populistes ont modifié constitutions, institutions et systèmes électoraux, mais jamais les structures sociales qui perpétuent l’exclusion. Ils ont changé les formes, jamais les fondements. En s’appropriant la démocratie au lieu de la consolider, ils ont multiplié les crises et précipité Haïti dans un gouffre institutionnel où prospèrent ceux qui cherchent à remplacer la souveraineté nationale par la tutelle ou le chaos. Leur maigre bilan met à nu une vérité brutale : le populisme haïtien n’a jamais eu pour horizon la transformation sociale, mais la reconfiguration du pouvoir à son seul bénéfice. Le grand paradoxe : un peuple qui veut avancer, des populistes qui le retiennent Les crises économique, sociale et politique qui s’enchevêtrent trouvent leur origine dans un paradoxe devenu insoutenable. Le peuple haïtien réclame participation, décentralisation, justice, sécurité, production nationale, démocratie réelle. Les populistes, eux, s’acharnent à renforcer la république de Port‑au‑Prince, à encourager la contrebande, à consolider un présidentialisme qui a échoué depuis deux siècles, à maintenir un système social inégalitaire, à instrumentaliser les gangs armés, à solliciter l’ingérence étrangère. À chaque aspiration populaire correspond une manœuvre populiste qui la contredit. À chaque revendication citoyenne répond une stratégie de confiscation. Leurs actions ont, dès lors, réduit à néant l’idéal de liberté et d’auto‑gouvernement légué par nos fondateurs, ainsi que le pacte moral qui, depuis 1804, lie l’État au peuple. Ce faisant, ils ont accompli l’un des plus graves reniements de notre héritage républicain. Le théâtre de l’absurde politique Depuis cinquante ans, les populistes ont transformé la politique haitienne en un théâtre de l’absurde. Ils flattent les instincts les plus bas pour conquérir le pouvoir, puis trahissent ceux qu’ils prétendaient défendre. Ils dénoncent les élites pour mieux devenir une élite prédatrice. Ils instrumentalisent le peuple pour mieux l’effacer. Ils invoquent sans relâche les héros de l’indépendance dont ils se proclament les héritiers, mais leurs pratiques contredisent radicalement cet héritage. Ceux qui brandissent Dessalines comme un étendard sont les mêmes qui, dans les faits, ouvrent la voie à l’intervention étrangère. En trois décennies, ils ont provoqué et parfois explicitement sollicité pas moins de trois interventions qui ont réduit la souveraineté nationale à une fiction. Ce qu’il en subsiste n’est plus qu’un simulacre : l’exercice méthodique de sa propre négation. Aujourd’hui, les gangs armés, nourris par l’impunité, instrumentalisés par les dirigeants et tolérés par la communauté internationale, se sont approprié la rhétorique anti‑élite du popu li sme. E n reprenant ce discours à leur compte, ils ôtent aux dirigeants leur ultime ressource stratégique et rendent manifeste l’agonie systémique d’un modèle politique désormais exsangue. Si Roger Gaillard était encore parmi nous, il chroniquerait avec précision l’effondrement de cette république populiste, rongée par ses propres monstres. Le crépuscule d’un modèle La saga des désillusions accumulées au fil d’un demi‑siècle se déploie aujourd’hui avec une limpidité implacable. Le populisme haïtien, pour reprendre les mots de Laurent Jalabert, n’a produit qu’« un populisme de misère, indigne d’un peuple digne ». Ce modèle touche à sa fin, non par la volonté de ses artisans, mais par l’épuisement de ses mensonges. Le crépuscule du populisme n’est pas une fin en soi. Il ouvre un espace. Il appelle les progressistes, les patriotes, les bâtisseurs à imaginer autre chose : une société libre, juste, décentralisée, productive, égalitaire, souveraine. Une société où chacun dispose des mêmes chances de contribuer et de réussir. Une société qui rompt enfin avec la routine du désastre. C’est dans cette perspective qu’au‑delà de ceux qui cherchent à imposer à la volonté populaire une logique de domination et de dépendance, le 7 février 2026 marque un tournant. C’est le moment où un pays meurtri, mais toujours debout, peut choisir de sortir de l’ombre d’un demi‑siècle de populisme pour entrer dans la lumière d’un véritable projet national.
- Invitation à une réflexion citoyenne approfondie et à une action d’opposition ferme à toute tentative de rééditer le pouvoir autoritaire et rétrograde
Nous avions accueilli favorablement, nous, Directoires de la CUTRASEPH et du Jeune Barreau de Port-au-Prince, l’initiative du collectif "NOU RASANBLE” réunissant diverses Organisations et Regroupements d’Organisations politiques et sociales visant une SEULE PROPOSITION CONSENSUELLE INDIGÈNE de sortie de crise. Cette solution haïtienne envisagée était susceptible de nous protéger de l’intrusion brutale et sans gêne dans nos affaires internes des Ambassades des puissances impérialistes et alliées, ces pyromanes déguisés en pompiers. Force est de constater aujourd’hui que cette solution haïtienne recherchée et tant attendue par le Peuple haïtien en souffrance mais en lutte, tarde encore à poindre à l'horizon politique. Aussi, le consensus national poursuivi n'ayant pas été trouvé avant le 07 février, c'est la solution empoisonnée des Américains et alliés qui nous a été malheureusement imposée à boire avec l'intronisation d'Alix Didier Fils-Aimé. Nous avons observé l’acharnement des puissances tutrices à nous imposer leur poulain, Alix Didier Fils-Aimé. Dès lors, serons-nous étonnés de le voir défendre brutalement leurs intérêts au détriment des intérêts nationaux et même tenter d’imposer un régime de terreur à la Duvalier ? L’Impératif du réveil d’une vigilance citoyenne Etant donné que ni son accointance ni son allégeance aux puissances étrangères ni leur projet de destruction d’Haïti sur une histoire longue n’est un secret pour personne, ni pour le peuple d’Haïti ni pour les peuples frères, le simple fait de cet appui devrait plutôt nous interpeler toutes et tous et réveiller notre vigilance citoyenne. En outre l’omission dans son discours, à la fois, de l’objet de son mandat, en l’occurrence régler les affaires courantes, de sa durée et la non-reconnaissance de sa responsabilité dans l’échec de la transition de vingt-deux mois aboutissant au 7 février, rien de tout cela n’est innocent. Président-Premier ministre-Ministre : Un cumul de pouvoirs loin d’être rassurant Alix Didier Fils-Aimé s’est présenté comme un nouvel arrivant avec une prétendue "Feuille de Route" en trois points à savoir combattre l’insécurité, réaliser les élections, redresser l’économie alors qu’il a été Premier ministre du précédent pouvoir bicéphale défaillant. De plus, le communiqué/arrêté/décret du 7 février émanant de la Primature fait de Alix Didier Fils-Aimé à la fois le Président, le Premier ministre et le Ministre des Finances autoproclamé, un cas marqué de cumul de pouvoirs aux prévisibles conséquences désastreuses et multiples dont nous avons déjà fait l’expérience douloureuse. Déjà, l’instrumentalisation de la DCPJ aux fins de persécutions politiques (distribution d’avis de recherche non justifiés), la révocation expéditive de Ministre ainsi que de plusieurs maires frappent à nos portes et annoncent les couleurs d’un pouvoir autoritaire. Il a précisé dans son discours d'intronisation : ‘’Tranzisyon an poko fini’’. Ce qui revient à dire qu’il s’inscrit dans une logique de continuité de la même transition échouée basée sur l’opacité, la non-reddition de comptes…, transition à laquelle il a participé en qualité de Premier ministre. Donc, la question de transition ultime en vue de remettre Haïti sur les rails ainsi que celle d’un organe de contrôle de l’action gouvernementale dont parle NOU RASANBLE et bien d’autres regroupements d’organisations ne seraient plus de mise. La position publique des différentes organisations prônant une transition de rupture face à un pouvoir illégitime optant de fait pour une transition de continuité devrait-il se faire attendre ? Pourraient-elles se permettre de garder le silence sans courir le risque d’être complices et d’être discréditées ? La CUTRASEPH et le Jeune Barreau de Port-au-Prince invitent le peuple haïtien et notamment les véritables organisations ou regroupements d’organisations politiques, sociales crédibles à une réflexion citoyenne approfondie sur la nouvelle donne politique initiée ce 07 février, émaillée de faits troublants, menaçants, inacceptables et notamment à une action de soulèvement contre toute tentative de réédition de pouvoir autoritaire, rétrograde et dictatorial. VIVE HAÏTI ! VIVE LA RESTAURATION DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE POUR UNE HAÏTI RÉELLEMENT INDÉPENDANTE ET LIBRE Pour : La CUTRASEPH : Josué MÉRILIEN Le Jeune Barreau de Port -au-Princ e : Me. Eddy-Paul FLEURANT
- Nous en avons assez des arrangements mafieux entre les pompiers pyromanes.
Note de Conjoncture 4 Février 2026 Par : Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Réparation et Transformatrice (MVJRT).- Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Réparation et Transformatrice (MVJRT) est une initiative, inclusive, indépendante et ouverte à l’adhésion des citoyennes et citoyens, des organisations de la société civile, des mouvements populaires, des syndicats, des intellectuels et intellectuelles, des victimes de toutes sortes, des membres de la diaspora et toute personne ou structure engagée pour une sortie durable de la crise haïtienne. Haïti traverse une crise systémique marquée par l’effondrement de l’État oligarchique et antipopulaire, la captation des institutions par un complexe politico-criminel et l’expansion d’une violence armée multiforme. La crise actuelle n’est ni conjoncturelle ni accidentelle : elle est le produit d’un système de gouvernance capturé par les maîtres du système, entretenu par l’impunité, la corruption structurelle et des choix politiques nationaux et internationaux répétés qui ont échoué. La frontière entre l’État et la criminalité organisée est devenue quasi inexistante. Des segments clés de l’appareil étatique (justice, sécurité, économie, médias) sont infiltrés ou instrumentalisés par des réseaux criminels liés à des élites politiques et économiques. Les sanctions internationales et les dénonciations publiques confirment l’ampleur de cette captation, sans produire à ce stade des effets dissuasifs suffisants voir des effets punitifs. La population haïtienne paie le prix fort d’un ordre violent. Cette note affirme une position politique claire : aucune sortie durable de crise n’est possible sans une rupture radicale avec les arrangements politiques traditionnels, sans la mise en mouvement de l’action publique contre les responsables de crimes graves, et sans un recentrage des réponses autour de la vérité, de la justice et de la réparation. Les réponses dominantes axées sur la répression sécuritaire ponctuelle, des arrangements politiques opaques et mafieux et la gestion humanitaire fragmentée ont échoué à traiter les causes structurelles. La conjoncture actuelle impose un choix politique fondamental : soit la perpétuation d’un système de gestion du chaos fondé sur l’impunité et la violence, soit l’engagement résolu dans un processus de rupture visant la reconstruction de l’État sur des bases de justice, d’éthique, de responsabilité, de solidarité et de dignité humaine. La stabilisation d’Haïti ne peut être imposée de l’extérieur ni décrétée par le haut. La conjoncture actuelle marquée par un conflit ouvert entre le Premier ministre et le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), est révélateur de la fragilité extrême de l’architecture institutionnelle actuelle. Il s’agit en effet de la même équipe qui s'entraîne et s’amuse au mépris et en toute indifférence par rapport à la souffrance et aux désarrois du peuple haïtien. Le MVJRT affirme qu’aucune solution imposée de l’extérieur ne peut réussir. La communauté internationale doit rompre avec les logiques de tutelle et doit reconnaître ses échecs actuels et passés. L’ingérence internationale continue de jouer un rôle déterminant dans l’aggravation de la crise haïtienne. Depuis plus de deux décennies, des décisions politiques majeures concernant Haïti sont prises ou influencées en dehors du territoire national, souvent sans consultation réelle des forces sociales et populaires haïtiennes. Les cadres imposés tels que accords politiques entre ceux et celles qui détruisent le pays sous les yeux punitifs du blanc, des dispositifs sécuritaires bidons, sanctions sélectives sans effets significatifs, missions internationales budgétivores restent impacts tangibles. Pire encore, ils ont contribué à renforcer des acteurs locaux corrompus et à délégitimer les institutions nationales et à entretenir une dépendance politique et sécuritaire. Ainsi le soutien et la fabrication par l’international des autorités de transition dépourvues de légitimité démocratique, sans exigences claires en matière de justice, de lutte contre l’impunité et de reddition de comptes, constitue une responsabilité politique majeure de la communauté internationale dans la situation actuelle. Le MVJRT appelle tous-es les Haïtiens-es à ne pas se laisser berner par les récents rebondissement de la crise existentielle du système en Haiti. Car la crise politique actuelle, matérialisée par le bras de fer entre le Conseil présidentiel de transitionS (CPT) et le Premier ministre, n’est ni un accident ni une simple querelle institutionnelle. Elle est l’expression directe de la faillite d’un même système mafieux, recyclé au sommet de l’État depuis les régimes duvaliériste et post duvaliéristes. Aujourd’hui encore, sous couvert de transition, ces oligarques mafieux et politiciens corrompus s’affrontent non pas pour transformer le pays, mais pour renégocier entre eux le contrôle de l’État, avec l’appui de réseaux criminels et de parrains internationaux. Le CPT comme le Premier ministre portent une responsabilité pleine et entière dans l’aggravation de l’insécurité, l’effondrement institutionnel et la souffrance des masses populaires. Le maintien du Premier ministre au pouvoir au-delà de 7 février 2026, en dépit de son incapacité, de son incompétence avérée et des allégations graves de liens avec des clans criminels et des intérêts oligarchiques, repose sur des calculs cyniques : lobbying coûteux à l’étranger, instrumentalisation identitaire, faire valoir de son capital épidermique et protection d’un système économico-financier prédateur qui a conduit Haïti au bord de l’abîme. Enfin, le MJVRT prend acte qu’ils ont tous échoué et qu’ils doivent tous et toutes partir. Nous en avons assez des arrangements mafieux entre les pompiers pyromanes. Et qu’aucune recomposition interne, aucun arrangement entre mafieux, aucune mise sous tutelle déguisée en arbitrage international ne permettra de sortir Haïti de la crise. Le peuple haïtien ne doit plus accepter que son avenir soit confisqué par ceux qui ont organisé sa destruction. Ils doivent tous s’en aller, non par esprit de vengeance politique, mais parce qu’ils ont objectivement partagé le bilan de l’échec. Haïti a besoin d’une rupture radicale avec ce système, fondée sur la vérité, la justice, la réparation et la souveraineté populaire. Ainsi, rappelons-nous avec lucidité et sagesse un proverbe haïtien fondamental : « Poul pa janm al nan bal malfini » — la poule ne va jamais au bal du vautour. Le peuple haïtien ne doit en aucun cas se laisser entraîner ni instrumentaliser dans un conflit opposant deux camps issus d’une même équipe. Le conflit apparent qui occupe tous les médias ne représente aucune alternative pour les masses populaires. Aussi appelons-nous le peuple haïtien, les masses populaires, les citoyens ennes à se mobiliser sur la base de leurs revendications légitimes mais qui sont totalement absentes de l’agenda du bloc au pouvoir afin de permettre la reconstruction des rapports de force à partir des autres villes et région étant donné l’état de siège que vit Port-au-Prince. La riposte populaire doit naître des villes et régions du pays. C’est hors de la capitale capturée que doit s’organiser le soulèvement citoyen, pour reprendre le pouvoir confisqué, imposer le départ de tous les pompiers pyromanes et arracher une solution politique légitime, issue de la souveraineté du peuple haïtien. La solution viendra du peuple organisé, conscient et mobilisé, capable de transformer l’indignation en projet collectif et d’ouvrir enfin la voie à une refondation radicale de l’État et de la société. Pour authentification : Samuel Nesner, Tel :50943545577 Milostene Castin, Tel : 50932758867 Frisnel Maindor, Tel : 50934577460 Elusma Phanes, Tel :50933813985 Anol Phylidor, Tel :50936028107 Nixon Boumba, Tel :50944962892 Mikenson Edmond , Tel :50937552766
- Que nous réserve l’après 7 février 2026 avec Didier Fils-Aimé ?
Par : Sonet Saint-Louis av, Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique Professeur de philosophie/Université du Québec à Montréal.- -PC: Novavox- Ce samedi 7 février 2026, sans élections, une passation de pouvoir s’est déroulée à la Villa d’Accueil entre le Conseil présidentiel de transition (CPT) et Didier Fils-Aimé, conformément aux injonctions des États-Unis, après constat de la caducité de l’accord politique ayant créé cette instance exécutive. Une nouvelle gouvernance s’installe par délégation de Washington, désormais maître d’œuvre de la politique chez nous. Le ralliement autour du nouvel homme fort ne devrait pas tarder, puisque l’acteur dominant —celui qui contrôle tout — a tranché. Il n’y a plus de retour en arrière possible. C’est plié ! Les navires américains présents dans la rade de Port-au-Prince seraient une démonstration de force destinée à dissuader d’éventuels fauteurs de troubles politiques, que les États-Unis disent vouloir réprimer avec la plus grande rigueur. Derrière cette démonstration de force, dans un pays où l’armée et la police sont déjà sous contrôle, que cache cette diplomatie de la canonnière ? Pourquoi contraindre ou menacer quelqu’un qui se trouve déjà dans une situation de soumission permanente ? L’arrivée — le retour, ou le maintien — de Didier Fils-Aimé, qui détient désormais un pouvoir total, sans contrepoids ni contrôle, marque la fin inéluctable d’une classe politique reléguée au musée du passé. La messe est dite ! Quarante ans après le départ des Duvalier, la réalité parle plus fort que n’importe quel narratif. Nous sommes face à un constat de faillite et de fin de cycle. La messe est dite, et la suite est déjà écrite : les prochaines élections donneront naissance à une autre classe politique. L’ancienne est jugée inefficace et se révèle incapable de se renouveler. Le CPT part la queue entre les jambes, en laissant derrière lui un nouveau monstre bicéphale, exerçant à la fois les compétences du président de la République et celles du Premier ministre. Fils-Aimé saura-t-il nous surprendre ? En tout cas, il est un fait que l’exercice d’un tel pouvoir — comme celui qu’a détenu le Dr Ariel Henry, retenu aux États-Unis depuis sa révocation — ne peut être ni complexe ni compliqué. Car tout pouvoir monstrueux, sans limite, est associé à l’excès. Le pouvoir n’est jamais sage : sa caractéristique est la démesure. Pour contenir sa violence originelle, il faut un système de freins et de contrepoids. C’est la seule façon d’éviter l’excès et l’arbitraire, ce que Montesquieu appelle une intelligence des relations, afin de garantir la stabilité de l’État. Nous sommes dans une situation où, en l’absence de garde-fous, toutes les institutions indépendantes seront soumises à l’autorité du Premier ministre. En réalité, son seul pouvoir de contrôle sera l’administration étatsunienne, autorité ultime, inconditionnée, au sommet de la direction d’Haïti. Alix Didier Fils-Aimé gouvernera tout et ne dépendra que de la volonté du gouvernement américain. C’est la nouvelle réalité, marquée par une prise en charge politique d’Haïti par les États-Unis d’Amérique. Le CPT laisse donc le Premier ministre seul aux commandes de l’État. Pourtant, le bricolage juridique dont est issu cet exécutif avait prévu une gouvernance à deux têtes. L’acceptation d’une telle situation de déséquilibre, imposée par le rapport de force, a finalement obligé le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition, Laurent Cyr — timide au départ, monstre à la fin, pour reprendre un confrère — à transférer la totalité du pouvoir exécutif à Didier Alix Fils-Aimé, son subordonné. Rien d’étonnant : on se rappelle que ce Conseil présidentiel avait été nommé par arrêté, signé par M. Boisvert, qui faisait office de Premier ministre a.i. Ajustons maintenant notre stratégie ! Dans les deux cas, le droit n’y est pas. Ne devrions-nous pas reconnaître cette situation de dépendance afin d’ajuster notre stratégie ? Ce rapport de force, il faut le rationaliser : soit en s’organisant pour la conquête du pouvoir par les urnes, soit en acceptant de coopérer avec cette gouvernance imposée, tout en cherchant à la rendre plus humaine. La fonction de Premier ministre a été créée pour servir de contrepoids au président. L’attelage présidence–primature répondait à une nécessité de pondération et de modération du pouvoir présidentiel : un système d’entraînement où l’un ne peut avancer sans l’autre. Sans président de la République, Alix Fils-Aimé exercera non seulement la totalité du pouvoir exécutif, mais aussi des prérogatives normalement dévolues au Parlement. Il gouvernera par décrets pris en Conseil des ministres sur des questions d’intérêt général. Les institutions — armée, police, justice, ainsi que la diplomatie — seront placées sous son autorité. Il sera à la fois chef de l’État et chef du gouvernement. Une telle compétence était attribuée au président de la République dans le projet — avorté — de nouvelle Constitution présenté par le CPT. Nous assistons donc à un retour à une forme de présidentialisme autoritaire, sans responsabilité politique effective, puisque le pouvoir législatif est dysfonctionnel. Quant à la justice, contrairement au modèle français, elle constitue en Haïti un pouvoir dont la fonction s’inscrit dans la souveraineté nationale et en partage l’unité avec les deux autres pouvoirs. La souveraineté n’est pas un concept uniquement juridique : elle est d’abord politique, puis encadrée par le droit constitutionnel. Dire, comme le Dr Guichard Doré, que les fonctions politiques appartiennent aux politiques et les fonctions judiciaires aux juges, c’est méconnaître la Constitution de 1987, souvent mal interprétée. Les juges ne participent pas à la politique active, mais ils exercent des fonctions à portée politique. À travers la Cour de cassation, le pouvoir judiciaire est établi comme un pouvoir d’équilibre : il corrige les actes du Parlement par le contrôle de constitutionnalité et contrôle ceux de l’administration en vérifiant leur régularité. En effet, les décisions de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) peuvent faire l’objet d’un pourvoi en cassation. Ainsi, le véritable pouvoir d’équilibre institué par la Constitution est la justice, qui bénéficie, au même titre que les deux autres pouvoirs, d’une légitimité démocratique et populaire : un pouvoir délégué, consenti. L’instabilité politique dans laquelle nous vivons depuis quatre décennies ne provient pas de la faiblesse du texte fondateur de 1987, mais du fait que les acteurs qui prétendent nous gouverner le méconnaissent. Plus la crise s’installe, plus la médiocrité des élites se révèle. « Une élite engluée dans l’illégalité et les trafics de tous genres », écrit Pierre-Raymond Dumas, professeur et journaliste de renom dans un article paru dans Le Nouvelliste « Le diagnostic de Leslie Manigat trente ans après ». Relire Leslie Manigat pour notre salut collectif : voilà une confession intellectuelle majeure, venue d’une haute plume — celle d’un homme qui, mieux que beaucoup d’autres, a examiné les quarante dernières années, dominées par une transition devenue circulaire, profitable aux profiteurs et aux criminels de toute espèce. Qu’on l’admette ou non, une nouvelle réalité est née le 7 février 2026. Le pouvoir personnel que prend aujourd’hui Fils-Aimé est, en réalité, un cadeau. Il faut le reconnaître : ce n’est pas lui qui a produit cette situation, mais la classe politique, par son incompétence. Une fois encore, la nation se réveille avec un homme qui n’a pas été élu par les citoyens, mais qui se trouve en position de dominer l’État et la scène politique grâce à un soutien extérieur déterminant. Il bénéficie d’une prééminence que n’encadre ni une loi, ni un accord politique. Il n’en a peut-être même pas besoin, puisque la position américaine tranche en sa faveur. Son emploi du temps sera consacré, soulignent certaines analyses, à l’exécution d’un agenda déjà préétabli. Sommes-nous face à une forme de colonisation par les élites, ou le monstre bicéphale va-t-il nous surprendre ? Deviendra-t-il, en nouveau madré, triomphateur du conflit CPT–primature, un dirigeant alliant compétence et intégrité ? Ou sera-t-il le monstre d’un autre ordre qui revalorise tout? Pour ma part, c’est le temps du recul : laisser reposer le clavier de l'ordinateur, reprendre souffle, et retrouver de l’énergie intellectuelle et civique par la relecture de « La crise haïtienne contemporaine » de Leslie Manigat — une œuvre que Pierre-Raymond Dumas juge suffisamment riche pour éclairer pleinement la crise actuelle. En écho à son dernier article sur l’œuvre de Manigat, je lui poserais une question : comment lire Manigat, et surtout comment faire accepter ses conclusions, dans cet univers haïtien malsain, en pleine régression, dominé par des pensées creuses, stériles et médiocres ?
- 7 Février 2026 : L’Indignité en Marche
Par : Wilfrid Supréna . Quarante ans plus tôt …. Le peuple était dans Les rues des principales grandes villes du pays mais aussi dans certaines communes pour que justice exigée soit accordée aux victimes trinitaires , Trois étudiants (aux Gonaïves) , un artisan , un étudiant et un ouvrier ( dans la Cité capoise) dès le début de l’explosion sociale qui couvait depuis longtemps et qui a embrasé la maison Duvalier… Le 29 Janvier 1986, Toute La Ville du Cap était en ébullition revancharde contre un régime politique totalitaire qui a tant fait couler le sang de ses fils. Parmi les meilleurs... Apparut au cours de cette gigantesque manifestation , plus de 40.000 Capois et Capoises de toutes les couches et de tous les credos, le symbolique cerceuil drapé de noir avec une croix Blanche au centre , signe prémonitoire “ d’un machwè won” très proche de la tombe… Les colonels Williams Régala et Max Vallès , dirigeant une délégation militaire venue enquêter sur la fusillade fauchant la vie du citoyen Christophe Channel, armateur de poids lourds, Marchand Tailleur , deux jours avant avaient déclaré péremptoirement aux curieux , aux patriotes et les rares Progressistes défiant les principes de la clandestinité présents sur les lieux de la petite fabrique de couture de La victime: “ Nou Gen dwa manifèste, men pa kraze, pa brize”. Message reçu. Application immédiate. En moins de 30 minutes , La Fossette et Anbaravin ne faisaient qu’un. D’autant plus que le Camion de la Mort transportant les soldats des Casernes Dessalines et des Léopards venus de Port-au-Prince et réputés pour leur sauvagerie inhumaine étaient stationnés à la rue 17 K , près de la place Montarcher plus déterminés à contrôler les troupes de choc de la milice duvaliériste qu’à aller pourchasser les manifestants.. Aux environs de MIDI, c’était la liesse à travers les rues du Cap quand le “ téledjòl “ a annoncé que les Tontons macoutes de la rue 17 étaient tous désarmés : “ Duvalier, papa w te di w konsa " “ Depi Okap kanpe, Fòk w ale”… “ Kominike, Kominike Duvalier tonbe”... Et le faux départ! Et le désarroi, Les inquiétudes et les incertitudes qu’il a provoqués d’un côté. Et cette Volonté manifeste du côté de la “ majorité Souffrante “ de ne pas démordre et d’en finir une fois pour toutes ! Quel que soit le prix á payer! Malgré une faiblesse organisationnelle ahurissante qui aura marqué le mouvement Démocratique Haitien pendant des décennies! Les enjeux étaient de taille. Les comités de Défense Sandiniste ( CDS) sur le modèle des comités de Défense Révolutionnaire ( CDR) de Cuba n’étaient pas prêts à s’agenouiller devant les “ Contras d’Oliver North”…Du Salvador au Pérou en passant par la Colombie , Les options insurectionnelles de Farabundo Marti, du Sentier Lumineux et des FARC inquiétaient … Il fallait coûte que coûte éviter la répétition dans leur backyard de l’effet de domino du Viet Nam, du Cambodge et du Laos des années 1970….… Alors, Les tuteurs impérialistes ( USA/France) , le Haut Clergé Catholique , Le Haut État Major de L’armée, le Grand Commerce et la Haute Finance ont tranché… Le 7 Février est devenu depuis cette date butoir mesurant la distance agrandissante dans le temps entre la démocratie formelle souhaitable et l’autocratie déguisée, imposée et endurée par un peuple aux abois… Quarante ans plus tard… Le peuple n’est plus dans Les rues. Il regarde abasourdi les démêlés des démagogues et des populistes de tout poils et de tous bords se battant comme des vautours affamés autour d’une espèce mourante avec l’intention saugrenue de la dépecer encore et un peu plus… Au pouvoir , quel pouvoir ? Et dans l’opposition? Quelle opposition? Le même traintrain, les mêmes promesses , les mêmes vilenies et les mêmes résultats. Il : l’affaiblissement et la décapitation des institutions par la personnalisation outrée, la corruption , la prévarication et la soumission aux dictats des représentants étrangers… Rien d’original et de sérieux pour se rapprocher du peuple , le galvaniser pour qu’il participe activement à la recherche de solutions potables pour avoir un tantinet d’espoir de reprendre un peu en mains son destin perdu et retrouvé périodiquement à travers des élections contestées et même sanctionnées brutalement quand il a le dernier mot ( 16 décembre 1990) Ou imposées par le même consortium du 7 février 1986 avec de nouvelles têtes plus habiles á naviguer dans le provisoire que réguler le définitif et le permanent… Le dernier président Haitien en date ayant donné le coup de grâce aux très faibles institutions républicaines , le sieur Jovenel Moîse, avait une peur bleue de la transition politique en Haiti . Quand , confronté á la date de la fin de son mandat constitutionnel en 2021 Ou 2022, son premier souci ce n’était pas l’avenir du pays et de ses institutions mais - accrochez-vous- celui de ses partisans. Qu’adviendra-t-il d’eux? Depuis sa mort dans des circonstances qu’un seul pouvoir vraiment Révolutionnaire et non réformiste viendra éclaircir , le pays nage et sombre dans la transition en permanence. Bientôt cinq ans, depuis sa mort, n’est ce pas un mandat présidentiel? Où sont ils exactement ceux pour lesquels primait son inquiétude? Dans Les tranchées en essayant de réduire certaines zones stratégiques du pays à leur plus simple expression par le rapt au quotidien, Les tueries insensées, Les viols, Les incendies de pans de quartiers et des scènes de terreur impitoyable et barbare .. L’un de “ ces chefs de bande “ rappelant étrangement la posture des chefs de “ bouquement “ duvaliériste des années 1960 a même déclaré que “ Haiti ne connaitra la paix tant que le président assassiné ne sera pas vengé”… ! Historiquement parlant, Ça ne vous rappelle pas “L’Himalaya de cadavres “ en 1963” Ou “ L’Opération Baghdad” en 2004 et la flambée des séquestres qui s’ensuivirent? Depuis 2021 aussi, la lexicographie politique Haitienne s’est singulièrement enrichie de nouveaux concepts inscrits dans le moment présent et passager: Transition de rupture Présidence de Montana ( pas de Haiti) Pouvoir monocéphale, bicéphale , nonacéphale… Le dernier en date tiré du vocabulaire de nos politiciens “ merveilleusement inutiles “ ( Lénine) issus des classes moyennes...C’est le “pouvoir Tricéphale"... Attendons voir ce que cette nouvelle formule de gouvernance si elle passe va donner… Haiti , pays des surprises les plus inouïes sous la férule des politicailleurs de nos classes moyennes ……de Duvalier au CPT des neuf conscrits.. Retour à la case départ…en 2026! Rien de saillant et de positif à l’horizon politique aujourd’hui pour redonner espoir et confiance à la population Haïtienne! De quoi demain sera fait ? Le même désarroi. Les mêmes inquiétudes. Les mêmes incertitudes. Partiront ou partiront ils pas? Les neuf! Partira ou partira-t-il pas? Le Premier! Dans tous les cas de figure prévisible ou pas, le peuple sera le dindon de la force. Il n’a pas encore la force organisationnelle et politique nécessaire pour s’inviter lui même à ce festin des rois mongols… Tout le Monde est dans l’expectative. Que va-I-il se passer dans 8, 7. 2, 1 jour? De mal en Pis! On a vu parader sur le littoral Nord de la presqu’Île du Sud et de la grande baie de Port-au-Prince Trois navires de guerre de la puissance étoilée… Caperton de retour en Haiti en Février 2026 pour un nouveau débarquement ? Ou ce navire “ Destroyer “ Américain envoyé pour aider à l’application Ou l’éxécution l’Accord de de Governor’s Island mais chassé par Les troupes de choc ( Les Fraphistes) de Toto Constant Armées de gourdins, armes de poing et de Uzi en Septembre 1973 …Théâtre de vaudeville! On a donné les Trois coups. Trois bateaux de guerre au large des Côtes d’Haiti . Trois chars d’assaut, dons de la Corée du Sud vus à travers Les rues de Port-au-Prince ! Le rideau va se lever pour la présentation d’une nouvelle pièce de théâtre tragi-comique au lendemain du 7 février 2026. Le même scénario. Le même décor. Les mêmes personnages avec des noms, titres et costumes différents…Combien de scènes et pour combien de temps le peuple va-t-il devoir endurer ce nouveau supplice? Perspectives Au lendemain du 7 février 1986 plus précisément le Dimanche 9 février , des patriotes et des Progressistes du Cap réunis à l’extraordinaire avaient soumis á la population Haitienne une requête en 10 points pour “tester “ la vraie couleur des militaires au pouvoir. Cette démarche avait provoqué l’ire du Haut Clergé Catholique d’alors á travers la prise de position d’un de ses membres , Feu Monseigneur François Gayot , qui avait déjá vu rouge à l’époque et qui annonçait parallèllement les tumultes politiques à venir.. Certaines de ces propositions d’alors sont encore valables aujourd’hui dans cette conjoncture de passe passe politique qui ne cherche à rien résoudre dans l’intérêt du pays et du peuple Haitien dans son ensemble: Limiter la transition politique à six mois au minimum et un an au maximum..pour éviter aux politiciens jouisseurs de prendre racine dans le gourvernement… Organiser les élections par étapes: municipales d’abord, législatives en-suite et enfin les présidentielles...à deux ou trois mois d’intervalle pour aider le peuple à reprendre à ses devoirs de Citoyens… Choisir ses représentants et dirigeants en toute quiétude .Sans interférence. Sans Pression.. Désarmement général. Les macoutes en 1986. Aujourd’hui Les “ hommes armés sans foi ni Loi “ qui livrent une guerre sans merci à la Société Haitienne… Conclusion: “ Rien ne sert de courir, il faut partir à point” “ Leve bonèr pa di anyen, se konn la wout ki kichòy…Aprés quarante ans de tâtonnements, de badinage et d’enfantillage avec le pays , Messieurs et dames , montrons finalement que nous voulons et que nous allons tourner cette page avilissante qui a terni notre image pendant environ 70 ans...
- Le retour de la C.I.A. en Amérique latine ravive l’alerte rouge des forces démocratiques et progressistes
Par : Alain Zéphyr, sociologue et membre du Renouveau Démocratique. Au cours d’une récente visite à Paris, deux ouvrages ont aussitôt capté mon regard dans les kiosques animés de l’aéroport Charles‑de‑Gaulle. Le premier, Passagères de nuit, le tout dernier roman de Yanick Lahens, récemment couronné par le prestigieux Prix du Roman de l’Académie française, s’imposait comme un motif de fierté : l’éclat d’une voix haïtienne saluée au cœur même du paysage littéraire français. Le second, d’un tout autre registre, était un rapport intitulé Le monde à venir vu par la CIA : analyses, faits et chiffres. Je l’ai choisi par cette curiosité tenace qui habite ceux pour qui comprendre le monde n’est pas un luxe mais une exigence, une manière de nourrir la pensée, d’aiguiser l’engagement et de mieux saisir les forces qui sculptent notre destin collectif. Une géopolitique incomplète Si je n’ai pas encore eu le loisir de me plonger dans la prose de Lahens, j’ai en revanche entamé sans attendre la lecture du rapport de la CIA. S’il s’attarde longuement sur la prétendue menace que représenterait le Groenland, j’ai dû constater qu’il demeure étrangement silencieux sur l’Amérique latine et les Caraïbes (National Intelligence Council et al., 2025). Or le Groenland, situé au croisement des routes aériennes et maritimes les plus courtes entre l’Amérique du Nord, l’Europe et la Russie, et le Venezuela, dont les vastes réserves pétrolières figurent parmi les plus importantes au monde et alimentent depuis plusieurs décennies les rivalités énergétiques, se sont par la suite imposés comme des foyers de tension révélateurs des ambitions américaines. Je me suis alors dit que le regard géopolitique qui structure ce rapport comporte une lacune grave, sinon délibérée, en négligeant les dynamiques sud‑américaines et caribéennes, pourtant traversées de tensions sociales, de décomposition politique et de rivalités stratégiques. Une omission d’autant plus troublante qu’elle concerne un espace où se jouent des recompositions majeures, capables d’influer durablement sur l’équilibre global. Un raid qui révèle une stratégie globale Les événements survenus au Venezuela en janvier 2026, qui ont culminé avec la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse, n’ont fait que confirmer mes réserves quant aux limites du rapport. Cette séquence dramatique met en lumière, avec une clarté troublante, l’angle mort d’une analyse qui prétend embrasser l’avenir du monde tout en occultant des réalités stratégiques majeures dans l’hémisphère Sud. Selon un article du New York Times publié le 20 janvier 2026 et intitulé « C.I.A.’s New Focus on Latin America Reflected in Raid to Seize Maduro », l’opération ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro apparaît comme le symbole le plus spectaculaire du recentrage stratégique de la C.I.A. sur l’Amérique latine. Longtemps absorbée par le Moyen-Orient et la lutte contre le terrorisme, l’agence américaine a discrètement redéployé ses ressources vers l’hémisphère sud, désormais considéré à Washington comme un espace de compétition directe avec la Russie, la Chine et l’Iran (Barnes & Pager, 2026). L’enquête du quotidien détaille une traque de plusieurs mois, fondée sur l’infiltration, le recrutement de sources internes et une surveillance technique soutenue. Les renseignements collectés par la C.I.A. auraient permis de neutraliser des pans entiers de l’appareil sécuritaire du régime vénézuélien, ouvrant la voie au raid final. Cette opération, conduite dans le secret le plus absolu, illustre la volonté des États-Unis de reprendre l’initiative dans une région où leur influence s’était nettement affaiblie. Le New York Times rapporte également que les responsables américains défendent ouvertement cette stratégie plus offensive. Lors d’un briefing confidentiel au Congrès, le directeur de la C.I.A., John Ratcliffe, a affirmé que la collecte de renseignements sur l’Amérique latine avait augmenté d’environ 51 % depuis son arrivée à la tête de l’agence. Le journal précise qu’il a aussi fait état d’une hausse de 61 % du nombre de sources humaines, signe d’un réseau opérationnel considérablement renforcé dans la région. Ce que révèlent soixante ans d’opérations clandestines Mais cette démonstration de force ravive un débat ancien et sensible : celui de l’ingérence américaine en Amérique latine. Tandis que certains y voient un signal de fermeté face aux dérives autoritaires, d’autres dénoncent une escalade susceptible de ranimer des tensions historiques. L’affaire Maduro éclaire ainsi les ambitions renouvelées de Washington et fait apparaître les lignes de fracture profondes qui continuent de structurer son rôle dans la région. L’histoire des interventions de la C.I.A. en Amérique du Sud est abondamment documentée. Depuis les débuts de la guerre froide, l’agence américaine a joué un rôle déterminant, souvent discret et parfois ouvertement assumé, dans la politique intérieure de plusieurs pays du continent. Les archives déclassifiées, les travaux universitaires et les enquêtes journalistiques ont progressivement révélé l’ampleur de ces opérations, qu’il s’agisse du soutien à des coups d’État, du financement de groupes d’opposition, de campagnes de désinformation, de l’appui logistique à des forces armées locales ou encore de la manipulation de processus électoraux. Par exemple, une étude publiée en décembre 2023 dans l’European Journal of Political Economy par Samuel Absher, Robin Grier et Kevin Grier apporte un éclairage historique précieux sur les effets des interventions américaines dans la région. Les auteurs y analysent cinq changements de régime soutenus par la C.I.A. en Amérique latine, en Équateur (1963), au Brésil (1964), au Chili (1964), en Bolivie (1964) et au Panama (1981). Leur travail évalue l’impact moyen de ces opérations sur les revenus réels, la trajectoire démocratique et la vitalité de la société civile dans chacun de ces pays. Selon leurs conclusions, ces interventions ont généré des répercussions politiques, économiques et sociales profondes, laissant des traces durables sur les institutions et les dynamiques internes des États concernés (Absher, Grier, & Grier, 2023). Ces processus, observés dans plusieurs pays de la région, se prolongent de façon nette dans le cas haïtien. En 1991, un coup d’État appuyé par la CIA a renversé la première expérience démocratique du pays après trois décennies de dictature brutale . Pour étouffer la résistance populaire et consolider le putsch, un front paramilitaire d’extrême droite fut mobilisé, laissant derrière lui des milliers de victimes. Ces exactions ont été rigoureusement documentées par une commission de justice et de vérité mise en place après les événements. ’une des premières mesures de l’intervention américaine qui suivit fut la saisie des archives du FRAPH (Front révolutionnaire armé pour le progrès d’Haïti). Cette opération, largement documentée par la presse américaine (Rohter, 1995) et corroborée par l’analyse d’archives déclassifiées (National Security Archive, 2004), visait à empêcher l’établissement clair des liens présumés entre cette organisation paramilitaire et certains segments de l’appareil étatique américain. Aujourd’hui, le groupe armé Viv Ansanm, héritier sophistiqué du FRAPH et fréquemment mentionné dans les discussions entourant la posture américaine à Port‑au‑Prince, suscite les mêmes soupçons, tandis qu’il poursuit des actes d’homicide, d’incendie, de pillage et de violence sexuelle en toute impunité. Dans l’imaginaire collectif haïtien, le sigle “CIA” en est venu à symboliser durablement l’association entre violence et impunité. En somme, le regain d’intérêt de la CIA pour l’Amérique latine, illustré par l’opération récente menée au Venezuela, laisse entrevoir la possible réactivation de pratiques que l’on croyait reléguées au passé. Ce repositionnement stratégique marque un retour assumé à une logique d’influence directe, susceptible de ranimer des tensions historiques, d’ébranler les souverainetés nationales et de compromettre les avancées démocratiques encore fragiles dans la région. Les résonances entre le passé et le présent rappellent, plus que jamais, la nécessité pour les forces démocratiques et progressistes de faire preuve de vigilance afin de préserver l’autonomie et la stabilité régionales. References : Absher, S., Grier, R., & Grier, K. (2023). The consequences of CIA-sponsored regime change in Latin America. European Journal of Political Economy, vol. 80(C). Barnes, J. E., & Pager, T. (2026, January 20). C.I.A.’s new focus on Latin America reflected in raid to seize Maduro. The New York Times. Lahens, Y. (2025). Passagères de nuit. Sabine Wespieser. National Intelligence Council (USA), Charon, P., Frachon, A., & Renault, C. (2025). Le monde à venir vu par la CIA : Analyses, faits et chiffres. Des Équateurs. National Security Archive. (2004). CIA and FRAPH: Declassified documents. George Washington University. Rohter, L. (1995, November 28). Haiti accuses U.S. of holding data recovered by G.I.’s. The New York Times.
- Zohran Mamdani, un allié essentiel dans le combat pour le TPS haïtien.
Par : Novavox, La Redaction .- Quelques jours après la décision de la juge fédérale Ana C. Reyes suspendant la fin du TPS, le maire de New York, Zohran Mamdani, a pris la parole dans une vidéo publiée sur son compte Facebook. Il y invite les Haïtiens de la ville à recourir sans délai aux services légaux mis à disposition par la municipalité pour sécuriser leur statut migratoire, rappelant que l’administration Trump fera appel de la décision de la juge. Ce message, direct et responsable, tranche avec le silence habituel des autorités face aux angoisses quotidiennes des familles haïtiennes. L’intervention de Mamdani n’est pas un geste isolé. Elle s’inscrit dans une politique d’ouverture constante envers la communauté haïtienne. Le maire a nommé plusieurs Haïtiens à des postes clés au sein de son administration, offrant à notre communauté une présence réelle dans les espaces où se décident les politiques publiques. Cette inclusion n’est pas symbolique : elle donne voix, visibilité et poids à des citoyens trop souvent relégués aux marges du débat. Son engagement en faveur des Haïtiens est cohérent avec sa défense des travailleurs new-yorkais. Récemment, il s’est tenu aux côtés des infirmières en grève dans plusieurs hôpitaux de la ville, assumant un leadership de terrain, proche des luttes sociales, loin des postures creuses. Mamdani incarne une conception de la fonction publique qui refuse l’indifférence et privilégie la solidarité. Dans un contexte où la politique migratoire fédérale se durcit, où la discrimination et la brutalité deviennent des instruments de gouvernement, la posture de Mamdani offre un contrepoint salutaire. Pour les Haïtiens menacés d’expulsion, il représente un interlocuteur officiel qui écoute, comprend et reconnaît la dignité de leurs combats. Il constitue un allié fiable, un espace de respiration face aux inquiétudes qui rongent tant de familles. En vérité, Mamdani incarne une autre manière de faire de la politique : une politique qui refuse la xénophobie raciste de l’extrême droite, experte en démagogie, en division et en exploitation de la peur de l’autre. Il rappelle qu’un leadership courageux, humain et cohérent demeure possible, ici comme ailleurs. Le soutien dont il bénéficie au sein de notre communauté en dit long sur notre aspiration collective à ce type de gouvernance, en Haïti comme dans la diaspora. Une gouvernance qui protège, qui rassemble, qui élève. Une gouvernance qui ne se contente pas de parler des communautés, mais qui travaille avec elles, à leurs côtés, dans la clarté et le respect.











