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  • Carrefour, théâtre d’une mobilisation criminelle : l’échec du CPT mis à nu

    Notre Éditorial Par : Alain Zephyr, Sociologue . - PC: Novavox - Entre soumission intériorisée, résignation collective et réflexes de survie, les dynamiques ayant conduit à la mobilisation autour du chef de gang Chrisla, le vendredi 20 Juin à Carrefour, demeurent obscurs et complexes. Ce surgissement, à la fois déroutant et révélateur, appelle une relecture rigoureuse des outils critiques élaborés par Paulo Freire dans Pédagogie des opprimés . Il met en lumière les formes contemporaines d’aliénation qui traversent les quartiers populaires haïtiens : sentiment d’abandon, effondrement des repères institutionnels, et instrumentalisation de la misère par des acteurs armés se substituant à l’État. Dans ce contexte, toute issue durable à l’impasse haïtienne suppose une pédagogie politique enracinée dans l’expérience vécue — une éducation populaire capable de relier les affects aux structures, les blessures individuelles aux logiques systémiques, et les résistances diffuses à une vision collective de transformation. Carrefour: le miroir saisissant de l’abdication du pouvoir transitoire Cependant, la démonstration de force des gangs à Carrefour constitue un symptôme éclatant de l’échec du Conseil Présidentiel de Transition. Jamais auparavant n’avait-on vu des groupes armés défiler avec une telle impunité, comme ce fut le cas vendredi dernier à Carrefour. Jamais auparavant les rues n’avaient été livrées à la violence organisée avec une telle ostentation, comme ce fut le cas ce même jour. Jamais auparavant n’avait-on vu un gouvernement abandonner ainsi ses citoyens à la merci de groupes criminels. Ces constats ont conduit l’éminent constitutionnaliste S onet Saint-Louis à déclarer, avec une lucidité tranchante, que le Conseil Présidentiel de Transition représente le pire gouvernement qu’Haïti ait connu depuis la chute de la dictature des Duvalier . Non seulement le Conseil Présidentiel de Transition se révèle incapable de doter le pays de dispositifs sécuritaires à même de rétablir la paix, mais sa collusion avec les gangs armés apparaît aussi manifeste que paralysante. Le peuple haïtien n’est pas dupe : face aux mobilisations citoyennes du Canapé-Vert et du Cap-Haïtien, le gouvernement a opté pour une répression brutale, tandis qu’à Carrefour — théâtre d’un défilé armé orchestré par un chef de gang — il a brillé par son absence. C’est que le CPT, véritable bras politique des réseaux armés, est congénitalement un pouvoir issu des gangs et entièrement tourné vers leur consolidation. En d’autres termes, le Conseil Présidentiel de Transition incarne la formalisation d’un compromis mortifère entre la peur de l’effacement politique et l’ambition des gangs de s’ériger en interlocuteurs légitimes. Cette configuration inédite — où le pouvoir politique se mue en prolongement institutionnel de la violence illégale — a pour effet de banaliser l’impunité, de désactiver toute velléité de réforme, et de verrouiller l’espace public. Les gangs ne sont plus seulement des forces de nuisance : ils deviennent des partenaires tacites du pouvoir, des courroies de transmission territoriales, voire des instruments de contrôle social. En somme , l’inaction du Conseil Présidentiel de Transition — et ses rares initiatives, à l’instar de l'avant-projet de Constitution — témoignent moins d’une volonté de transition démocratique que d’un enracinement plus profond de la prédation politique, sous les atours de la légalité. Le peuple haïtien, quant à lui, en paie le prix fort : déplacé, endeuillé, bâillonné — sommé de choisir entre la terreur armée et le silence institutionnel. L’État en retrait, les gangs en avant : anatomie d’une souveraineté confisquée Cette démonstration de force, menée en toute impunité, illustre un basculement inquiétant : les gangs ne se contentent plus d’imposer la violence, ils cherchent désormais à occuper l’espace politique, à se poser en interlocuteurs légitimes face à un État affaibli. Les défenseurs du statu quo — à l’image de leurs parrains étrangers — s’activent à promouvoir un dialogue avec les gangs armés, sous le fallacieux prétexte que leur puissance imposerait la négociation. Or, ce qui fait la force des gangs, ce n’est pas une quelconque légitimité, mais bien l’incapacité — ou le refus délibéré — des autorités à leur opposer la moindre résistance. Leur pouvoir ne réside pas dans leur force intrinsèque, mais dans le vide politique qui les entoure. Car en vérité, la classe politique haïtienne et ses tuteurs internationaux ne sont pas extérieurs au problème : ils en sont les architectes silencieux, les complices structurels, et les bénéficiaires indirects. Le peuple haïtien a droit à un avenir fondé sur la justice et la sécurité. Il appartient aux forces progressistes et patriotiques de saisir pleinement la gravité du moment et de faire échec aux manœuvres dilatoires des “tourneurs en rond” au pouvoir —avatars politiques des gangs armés— qui cherchent à entraver la transition et à saboter l’émergence d’un véritable renouveau démocratique en Haïti.

  • Proposition d’un cadre de refondation adossé à la volonté du peuple haïtien

    Par : Agwe Souke Solidarité des Haïtiens de la diaspora (SODH). Si l’on partage le constat que le CPT incarne une fois de plus la continuité du chaos politique et institutionnel — fruit d’une classe dirigeante corrompue et déconnectée —, il est vrai que les solutions proposées par certains intellectuels ou technocrates restent souvent enfermées dans une logique réformiste ou juridico-formelle, sans remettre en cause les structures profondes du pouvoir. L'idée qu'il faille aller au-delà d'un simple changement de personnes ou d’institutions superficielles pour opérer une refondation radicale du pacte social haïtien est fondamentale. Ce n’est pas simplement d’un autre exécutif qu’il faut, même s’il sort de la Cour de cassation, mais bien d’un nouveau projet national, porté par les classes populaires, les travailleurs, les paysans, les jeunes, les femmes, les organisations syndicales, sociales et citoyennes.  Une solution populaire, sociale et révolutionnaire. Toute solution doit passer par : 1. Des réformes sociales profondes . Accès universel à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à l’électricité, à un logement décent. Il s'agit de mettre fin à cette inégalité abyssale entre une minorité richissime et la majorité pauvre.  2. Des réformes économiques anticapitalistes Rompre avec les politiques néolibérales imposées par le FMI et les grandes puissances. Nationaliser certaines richesses naturelles, relancer une agriculture paysanne autonome, soutenir les coopératives, promouvoir une industrie locale contrôlée par les travailleurs. 3. Des réformes politiques démocratiques Instaurer une véritable démocratie participative, où le peuple décide et contrôle ses représentants. Fin des élites auto-proclamées. Priorité aux comités locaux, aux assemblées citoyennes, aux conseils ouvriers et paysans. 4. Des réformes institutionnelles transformatrices Révision radicale de la Constitution pour garantir les droits sociaux fondamentaux, instaurer une justice sociale, abolir les privilèges et créer des institutions transparentes, responsables et issues des mouvements populaires. Un exécutif issu de forces révolutionnaires populaires, pas d’un technocrate isolé L’idée d’un exécutif composé d’un juge de la Cour de cassation, comme proposé par [. ] et repris [ ], reste dans une logique de « sauveur neutre » ou de « magistrat providentiel ». Bien qu’elle puisse être un premier pas dans un moment de vacance totale du pouvoir, elle ne constitue pas à elle seule une rupture avec les élites traditionnelles ni une réponse aux aspirations profondes du peuple haïtien. À l'inverse, nous proposons justement une alternative beaucoup plus dynamique et porteuse d'espoir : un comité révolutionnaire composé de travailleurs, de paysans, de syndicalistes, d'étudiants, de militants engagés — c’est-à-dire les véritables forces vives du pays. Ce comité pourrait former une instance exécutive provisoire, mais légitime, issue du terrain, proche des luttes populaires, et capable de tracer un cap vers une transformation radicale de la société. Pour une transition populaire et souveraine Il est temps de rompre avec les transitions dirigées depuis les salons feutrés de Port-au-Prince ou les bureaux climatisés de Washington, New York ou Genève. Une vraie transition doit être populaire, souveraine et inclusive. Elle doit permettre à toutes les forces vivantes du pays — syndicats, organisations paysannes, associations féministes, mouvements étudiants, artistes, quartiers populaires — de se mobiliser, de discuter, de décider collectivement du futur du pays. Cela implique : - La mise en place d’une assemblée constituante souveraine, issue des bases, - L’organisation de consultations populaires locales et nationales, - La création d’un front unitaire des forces progressistes et populaires, capable de résister aux coups de boutoir de l’oligarchie et de ses alliés internationaux. Le peuple haïtien a les clés de son destin Le message est clair : le peuple haïtien n’a pas besoin d’un nouveau gouvernement de façade, fût-il présidé par un magistrat. Il a besoin d’un véritable pouvoir populaire, capable de mener à bien une révolution sociale, culturelle et politique. Notre proposition va dans ce sens de l’histoire des luttes haïtiennes, celle des affranchis, des Cacos, des syndicalistes, des paysans insoumis. Et c’est précisément cette mémoire-là qu’il faut ranimer pour construire un pays juste, libre et égalitaire. Engageons-nous donc, en tant que forces de gauche et progressistes, à porter haut cet idéal, à travailler à l’unité des forces populaires, et à refuser toute compromission avec les élites du pillage et de la soumission.

  • Ce pays n’est pas mort : il attend qu’on l’arrache à ses voleurs de destin

    Penchons-nous sur la dernière gouvernance provisoire ! Par : Sonet Saint-Louis av Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie de la recherche à la faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haïti. Professeur de philosophie. -PC: Novavox- On se demande comment cet exécutif provisoire compte-t-il se maintenir en vie : il a tout raté sécurité, référendum, élections. Les acteurs de la politique du chaos, au pouvoir depuis plus d’un an, bluffent, rêvent et veulent prendre leurs désirs pour la réalité. À quelques mois de la fin de 2025, il est trop tard pour le CPT et le gouvernement d’Alix Fils-Aimé, qui n’a tenu aucune de ses promesses. L’histoire retiendra que c’est le gouvernement le plus incapable que le pays ait connu depuis le départ des Duvalier. Je croyais que celui d’Ariel Henry était le pire. Mais chaque jour, on creuse davantage l’abîme dans la bêtise. Certains disent que c’est le système qui est mauvais, pour s’innocenter eux-mêmes ou leurs proches. En vérité, la majorité de ceux qui nous ont gouvernés étaient des dirigeants qui, dès leur prise de pouvoir, ne savaient rien faire. Bref, dans leur vie privée, ils étaient tout aussi nuls. Qu’avaient-ils réalisé avant de se lancer dans la vie publique ? Rien ! Qu’avaient-ils accompli une fois dans la sphère publique ? Rien ! C’étaient des incapables nés, qui rêvaient de gagner leur vie par le vice. Avec ces gens au pouvoir, comment peut-on espérer réaliser des progrès dans ce pays ? C’est une génération de politiciens ayant fait leurs classes dans le vol et le crime organisé, avec laquelle on ne peut rien tenter de constructif pour Haïti. Nous devons passer à autre chose maintenant. Quelle évidence attendez-vous encore pour vous convaincre de cette réalité qui nous frappe chaque jour en plein visage ? Cette classe politique, sans projet ni vision nationale, est l’instrument par lequel la domination internationale du pays est organisée et maintenue. Sa marque de fabrique : le vol, le crime et l’assassinat. Frappée par une déchéance accélérée, même si elle joue sa dernière carte, elle résiste encore à un renouveau démocratique dans le pays . Si on la laisse faire, elle renouvellera une nouvelle phase de déchéance à la tête de l’État. La nation doit être vigilante : elle sera toujours, nécessairement, la grande victime. Au cours de ces trois décennies, on a pu constater de quoi cette classe politique est capable. C’est à travers elle que le chaos d’Haïti s’est établi. Si une fraction de la communauté internationale cherche à la maintenir au pouvoir, ce n’est pas parce qu’il n’existe pas de solutions crédibles à la détresse haïtienne actuelle, mais parce que cette classe politique haïtienne — qui n’a rien à voir avec les intérêts de la nation — a été d’une grande utilité dans la stratégie d’effondrement du pays, décidée par des forces externes. Il se peut que, dans le brouillard actuel du droit international, ces forces qui contrôlent tout en Haïti décident de reconduire ce CPT, face à une résistance interne et populaire encore hésitante. Avec les réunions programmées par la Caricom, géniteur de ce CPT, Haïti semble entrer dans une nouvelle séquence dont les suites restent incertaines. Ces parties prenantes, issues de toutes les tendances politiques confondues, dont les représentants délégués siègent au sein de ce pouvoir qui pètent dans la soie au milieu de la grande catastrophe haïtienne, n’ont aucun respect pour Haïti et les Haïtiens. Avec le soutien de leurs maîtres, ils auront passé cinq ans au pouvoir sans consentement populaire — l’équivalent d’un mandat présidentiel — après avoir tout pillé. C’est horrible ! Préparons-nous, de manière déterminée, à une nouvelle gouvernance, par la mise en place d’une solution de recours, qui devrait passer par le choix d’un juge issu de notre Cour de cassation ! Celui-ci, avec le soutien d’un gouvernement neutre composé d’hommes et de femmes compétents, à l’intégrité reconnue, devrait préparer les élections générales, conformément à la Constitution en vigueur. Nous espérons que les réflexions produites sur les failles de la Constitution de 1987 seront corrigées par les nouvelles autorités élues, en qui la population aura confiance pour accomplir ce travail constitutionnel ô combien nécessaire. Alors, si vous avez la même détermination que moi, mettons-nous ensemble, dès maintenant, pour mener dans une large concertation politique cette démarche, qui devra déboucher sur une nouvelle espérance nationale, ressentie comme une nécessité impérieuse par une population meurtrie par des années d’échec des politiques menées par des régimes corrompus ! Ne laissons pas le découragement l’emporter ! Ce pays a encore en lui les ressources humaines, morales et culturelles nécessaires pour se relever. Mais cela ne se fera pas sans vigilance, sans courage, ni sans lucidité. Engageons-nous, chacun à notre place, à bâtir un État digne, juste et au service du bien commun ! L’avenir d’Haïti ne se négociera pas entre quelques mains : il se construira avec le peuple et pour le peuple.

  • Attaque armée contre l’hôpital Georges Gauvin : la diaspora Grand-Goâvienne s’élève

    Nous, Grand-Goâviennes et Grand-Goâviens de la diaspora, réunis en conscience et en solidarité, signataires de la présente déclaration: Condamnons avec la plus grande fermeté l’acte de vandalisme perpétré contre l’hôpital Georges Gauvin de Grand-Goâve par des individus armés, liés à un ancien administrateur. En tant que patrimoine collectif, ce lieu de soin doit être protégé et préservé pour garantir pleinement son rôle essentiel au service de la population. Exprimons notre appui résolu à l’ensemble du personnel soignant, et tout particulièrement à son directeur, dont la légitimité à initier les réformes nécessaires ne saurait être contestée, dès lors qu’elles visent à rehausser la qualité des soins prodigués à la population. Enjoignons les instances judiciaires compétentes à engager, dans les plus brefs délais, les poursuites requises contre les auteurs de ce saccage,afin que la justice soit dite et que l’impunité ne triomphe pas. Réaffirmons avec clarté que la communauté grand-goâvienne, forte de son héritage de résistance, se doit d’emprunter des chemins empreints de paix, de justice et de sécurité, pour répondre aux urgences qui menacent sa cohésion et son avenir. Grand-Goâve mérite mieux. Et nous serons toujours debout pour le rappeler. Les Signataires : Guitho Marcelus Maxime St Surin Alain Zephyr Me Jean Lutan Joseph Camille St Jean Kethlie Amitie Milthone Paul Ulrick Normil Reginald Saintus Marie Denise Lafontant Louis Shelove Fedner Chery Sergo Herly Phillistin Emmanuel Hilaire Rene Jean Wesnel Ronald Duvivier N.B . À toutes celles et ceux qui partagent cet appel : cette déclaration est ouverte à vos signatures.

  • Régression démocratique en marche : les défenseurs des droits humains alertent

    Rejet de l'avant-projet de constitution du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) - PC: Novovovx - 1 . Nous, organisations de promotion et de défense des droits humains et de la société civile , signataires de la présente, rejetons catégoriquement l'avant-projet de réforme de la constitution de 1987 que le Comité de Pilotage a présenté au Conseil présidentiel de Transition (CPT) dans ce contexte d'insécurité généralisée et issu d'un processus illégal, illégitime, en violation des principes fondamentaux de transparence, de participation et de souveraineté du peuple. 2 . Nous tenons en effet à souligner que le CPT a mis sur pied un comité de pilotage sans consultation et concertation effective avec les secteurs clés de la vie nationale tel qu'il est indiqué dans l'Accord du 3 avril 2024, principal cadre consensuel de cette transition politique en cours. Il est à noter aussi que le décret du 17 juillet 2024 créant ce fameux Comité de Pilotage de la conférence nationale outrepasse l'accord du 3 avril 2024, en lui confiant un mandat constituant alors que seule une Assemblée constituante élue peut légalement rédiger une nouvelle Constitution. 3. Par ailleurs, c'est avec étonnement et consternation que nous avons appris a posteriori, comme de nombreux autres acteurs et secteurs clés de la société civile, l'annonce de prétendues assises départementales, voire de la tenue d'une "Conférence nationale. En réalité, aucune information claire ni communication publique n'avait été diffusée en amont concernant l'organisation, le calendrier, les critères de participation ou les modalités de ces rencontres. Cette opacité manifeste qui entoure ledit processus révèle une volonté délibérée d'exclure les forces vives de la nation du débat constitutionnel. 4. Il convient donc de souligner que cette démarche engagée par le CPT dans ces conditions s'inscrit dans la même tendance problématique qui cherche à utiliser la question de la réforme de la Constitution de 1987, au nom d'une modernisation supposée, pour consolider avant tout leur pouvoir et répondre à leurs intérêts politiques et/ou économiques. 5 . Outre le caractère illégitime du processus, nous avons constaté que certaines dispositions dans cet avant-projet représentent un net recul démocratique pour la société haïtienne. Dans ce document, le principe fondamental de séparation des pouvoirs, garanti par la Constitution du 29 mars 1987, est en effet fortement compromis. Le pouvoir judiciaire, censé être indépendant, se retrouve manifestement subordonné à l'Exécutif, cette domestication de la justice haïtienne nous révolte car elle ouvre la voie au renforcement de l'impunité et de la corruption, deux (2) fléaux qui minent la jouissance effective des droits humains dans le pays. 6 . De surcroît, l'avant-projet introduit une totale ambiguïté relative au régime politique qui constitue la finalité essentielle d'une constitution. Le recours au terme de «gouverneur» pour désigner les responsables départementaux crée une confusion majeure quant à la structure réelle de l'État. Cette désignation, absente de la tradition politique haïtienne, laisse planer le doute sur la nature des relations entre les différents niveaux de pouvoir et ne permet pas de distinguer clairement s'il s'agit d'un régime unitaire décentralisé ou d'un système fédéral déguisé. Cette ambiguïté renforce la perception d'un projet confus, déconnecté de la réalité institutionnelle et administrative du pays. 7 . Sur la question des collectivités territoriales, nous y constatons de graves incohérences. Élever toutes les sections communales au rang de communes constitue une aberration administrative, notamment dans un contexte où les capacités financières, humaines et techniques font défaut à l'administration publique. Une telle mesure, prise sans étude préalable ni concertation, ne tient pas compte des réalités géographiques, économiques et logistiques du territoire. De plus, le texte ne reconnaît comme collectivités territoriales que la commune et le département, tout en indiquant que la commune n'est pas sous la tutelle du gouverneur du département auquel elle appartient. Une telle rupture hiérarchique va à l'encontre de toute logique d'organisation territoriale cohérente. 8. De plus, la mention de «communautés de communes » pour les zones à forte concentration urbaine ajoute à la confusion. Est-ce un nouveau niveau de collectivité territoriale ? Quelles en seraient les compétences, les ressources, la légitimité institutionnelle ? L'avant-projet reste totalement muet sur ces points essentiels. Ces imprécisions, contradictions et approximations révèlent une méconnaissance profonde des réalités haïtiennes et un mépris des principes de gouvernance démocratique. 9. À la lumière de ces constats, les organisations signataires réaffirment, leur position ferme : cet avant-projet de Constitution est non seulement illégitime dans sa procédure, mais aussi dangereux dans son contenu. Il doit être rejeté avec la plus grande fermeté. Dans le contexte actuel, marqué par l'instabilité généralisée, toute tentative de réforme constitutionnelle est inopportune et risquée. Une réforme véritable et crédible ne peut avoir lieu que dans un cadre démocratique, stable, participatif, et portée par une assemblée constituante librement élue. 10 . Nous restons convaincus que la crise actuelle que traverse Haïti n'est pas une crise constitutionnelle, mais une crise de gouvernance et de non-respect des règles établies. Nous réaffirmons notre attachement aux principes démocratiques de la Constitution du 29 mars 1987, fruit de nombreuses luttes populaires et rédigée en tenant compte des réalités haïtiennes. Loin de nous l'idée de prétendre qu'elle est exempte de limites, néanmoins, il est important de rappeler qu'elle n'a jamais été pleinement appliquée. Les signataires :  Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains - POHDH Alermy LIERFILES Commission Épiscopale Nationale Justice et Paix - CE-JILAP Jocelyne COLAS Réseau National de Défense des Droits Humains - RNDDH Marie Rosy Auguste Ensemble Contre la Corruption Edouard PAULTRE

  • Sous les voûtes de l’Assemblée nationale française, la revendication des mouvements sociaux haïtiens pour la restitution de la rançon de 1825 résonne avec force.

    Par : NOVAVOX, Notre Éditorial. - PC: Novavox- Le 5 juin 2025, à l’occasion du bicentenaire de la rançon de 1825, la députée Gabrielle Cathala a prononcé devant l’Assemblée nationale française un discours qui a suscité une vive admiration. Par son éloquence et la force de son plaidoyer, elle a non seulement marqué les esprits, mais aussi renforcé la légitimité du combat des mouvements sociaux haïtiens pour la restitution de cette dette historique. Gabrielle Cathala : Une voix législative pour la justice historique Élue députée de la 6ᵉ circonscription du Val-d’Oise en juillet 2024 sous l’étiquette La France Insoumise, Gabrielle Cathala incarne un engagement franco-haïtien renouvelé. Juriste spécialisée en droit international, elle a travaillé en Haïti avec l’ONG ACTED entre 2016 et 2017, une expérience qui a nourri sa conscience postcoloniale et renforcé son engagement pour la justice historique. Présidente du groupe d’amitié France-Haïti à l’Assemblée nationale, elle a déposé, le 7 avril 2025, une proposition de résolution (n° 1260) visant à instaurer une relation apaisée entre les deux nations par la reconnaissance de leur histoire commune L'Insoumise Révoltée : quand Cathala fait trembler l'Assemblée pour Haïti. Son plaidoyer s’articule autour de trois axes fondamentaux, mettant en lumière les injustices historiques, leurs répercussions contemporaines et la nécessité d’une réparation symbolique et matérielle. La « double dette » imposée en 1825 Elle a rappelé comment la France exigea 150 millions de francs-or – soit 300 % du PIB haïtien– en échange de la reconnaissance de l’indépendance, sous la menace de 528 canons. Cet argent fut emprunté à des banques françaises, entraînant un endettement persistant jusqu’en 1952, absorbant jusqu’à 80 % des recettes fiscales haïtiennes au XIXᵉ siècle. -L'allocution de Gabrielle Cathala- 2. L’héritage colonial et ses conséquences actuelles S’appuyant sur les travaux de Thomas Piketty, Cathala a souligné que sans cette dette, le PIB haïtien serait aujourd’hui comparable à celui de la République dominicaine. Selon elle, la France a ainsi contribué à réduire par six le développement économique d’Haïti, causant une spirale de crises se prolongeant jusqu’à l’occupation américaine (1915-1934), puis aux violences actuelles, avec 85 % de Port-au-Prince contrôlés par des gangs en 2025. 3. Un appel à la restitution symbolique et matérielle S’inspirant de René Depestre, elle a conclu par une évocation poétique de la résistance haïtienne : « Peuple dévalisé [...] Nul n’osera plus couler des canons et des pièces d’or / Dans le noir métal de ta colère en crue », appelant à une réparation globale du passé. Les lendemains Cathaliens : Éclats d’un renouveau en restitution La prise de position de Gabrielle Cathala en faveur de la reconnaissance de la rançon de 1825 et de sa restitution a des implications profondes, tant pour la Commission franco-haïtienne que pour le combat des mouvements sociaux haïtiens. Implications pour la Commission franco-haïtienne Renforcement du dialogue institutionnel  En mettant en avant la nécessité d’une « relation apaisée » entre la France et Haïti, Cathala pousse la Commission à adopter une approche plus proactive sur les questions de justice historique. Son plaidoyer pourrait inciter à des discussions officielles sur la reconnaissance de la dette et ses conséquences économiques. Pression politique accrue  Son intervention place la Commission face à une responsabilité accrue : elle ne peut plus ignorer les revendications des mouvements sociaux et des intellectuels haïtiens. Cela pourrait conduire à des recommandations plus audacieuses en faveur d’une réparation matérielle. Réévaluation des relations bilatérales  En inscrivant la rançon de 1825 dans le débat parlementaire, Cathala force une réévaluation des relations franco-haïtiennes sous un prisme postcolonial. La Commission pourrait être amenée à proposer des mesures concrètes pour rééquilibrer ces relations, notamment par des initiatives de coopération économique ou culturelle. Implications pour le combat des mouvements sociaux haïtiens Légitimation du combat pour la restitution  En portant cette revendication au sein de l’Assemblée nationale française, Cathala confère une visibilité et une crédibilité accrues aux mouvements sociaux haïtiens qui militent pour la restitution de la rançon. Son discours renforce leur position et leur donne un levier politique supplémentaire. Mobilisation internationale  Son intervention pourrait encourager d’autres acteurs internationaux—ONG, universitaires, militants—à soutenir la cause haïtienne. En inscrivant cette question dans le débat public français, elle facilite une mobilisation plus large et une pression diplomatique accrue. Encouragement à une stratégie politique plus structurée  Les mouvements sociaux haïtiens pourraient s’appuyer sur cette prise de position pour affiner leur stratégie et exiger des engagements concrets de la part des autorités françaises. Cela pourrait mener à des actions plus coordonnées, telles que des pétitions, des campagnes de sensibilisation ou des négociations officielles. En somme, la prise de position de Gabrielle Cathala agit comme un catalyseur pour la reconnaissance de la dette historique et la réévaluation des relations franco-haïtiennes. Elle offre aux mouvements sociaux haïtiens une tribune politique et une légitimité renforcée, tout en mettant la Commission franco-haïtienne face à ses responsabilités.

  • Une constitution est faite pour être appliquée ! Quelle constitution pour Haiti?

    Par : Sonet Saint- Louis av Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie de la recherche juridique à la Faculté de droit et des sciences économiques à l’université d'État d'Haïti. Professeur de philosophie. - PC: Novavox - La Constitution de 1987 comporte des failles qu’il est légitime de corriger. Mais certaines forces cherchent à la refondre, non pour combler ses lacunes, mais pour en faire une charte taillée à leur mesure. Mais dans quel but ? La prestation de serment des autorités de la nouvelle transition sur la Constitution de 1987 signifie que ces gouvernants, bien qu'ils détiennent un pouvoir de fait, inscrivent leurs actions dans le cadre constitutionnel établi. Pour eux, il n'y a pas de vide juridique, tout comme l'ancien Premier ministre Ariel Henry se voyait dans la continuité constitutionnelle de Jovenel Moïse. Ils détiennent et bénéficient donc d'un pouvoir de fait, résultant d'un coup de force qui avait écarté le Dr Ariel Henry. En effet, le décret ayant donné naissance à ce CPT a clairement visé la Constitution de 1987. Aucune disposition de celle-ci n'a été mise en veilleuse. C’est un aveu d’illogisme : le CPT invoque une Constitution qu’il cherche à abroger, tout en s’appuyant sur elle pour légitimer ses décisions. Une telle démarche compromet dès l’origine toute prétention à la légalité et révèle une initiative politique dépourvue de fondement constitutionnel. Or, l’actuelle Loi fondamentale encadre strictement les conditions dans lesquelles ses dispositions peuvent être modifiées. Aucune de ses clauses n’attribue au pouvoir exécutif — qu’il soit légitime ou de facto — la compétence de procéder, seul, à une révision constitutionnelle. Le texte prévoit expressément que le pouvoir exécutif, au même titre que le Parlement, peut soumettre des propositions d’amendement. Toutefois, celles-ci doivent se conformer à un mécanisme formel d’adoption et de ratification, garantissant le respect des principes de légitimité démocratique et de hiérarchie des normes. L'Accord du 3 avril 2024, auquel a adhéré une bonne partie de la classe politique, a prévu que la décision de mettre en place un nouveau chantier constitutionnel en Haïti soit celle de la Conférence nationale, de manière à donner une légitimité à la démarche, laquelle aurait permis de contourner la procédure actuelle, telle qu'elle est formulée à l'article 284-2 de la Constitution en vigueur. Une forte résistance aux normes Le comité de pilotage de la Conférence nationale, sous les ordres du CPT et du gouvernement d'Alix Fils-Aimé, a élaboré un avant-projet de constitution qu'il a rendu public, dans lequel il a créé un président à qui il attribue des compétences qui font de lui un être absolu, totalement déraisonnable. Pendant nos deux siècles d'Histoire, je l'ai souligné à plusieurs occasions, notre pays a rédigé 23 constitutions. On pensait qu'avec celle de 1987, le laboratoire qui nous fabrique des constitutions allait cesser de fonctionner. Parce qu'elle n'a jamais été appliquée, non seulement à cause des résistances internes causant de graves crises politiques, mais aussi en raison des impositions ou des interférences étrangères dans la vie politique du pays. Cet avant-projet, dont l'examen nous a montré qu'il n'aura permis ni de faire évoluer le droit, ni d'améliorer le texte de 1987 qu'on souhaiterait mettre de côté, annonce la rédaction d'une vingt-quatrième constitution. Pourquoi Haïti fabrique-t-elle autant de constitutions ? Que traduit cette réalité ? Faiblesses intellectuelles des constitutions ou résistances aux normes ? Y a-t-il, parmi toutes ces constitutions, l'une qui ait été jugée excellente en termes de valeur juridique et politique ? Si c'est le cas, pourquoi n'a-t-elle pas fait son chemin ? Pourquoi nos lois les plus excellentes, celles jugées techniquement bien préparées, répondant aux nécessités des citoyens ou s'attaquant aux problèmes qu'elles souhaitent résoudre, n'ont-elles jamais été appliquées ? Pourquoi nos bonnes lois, comme les mauvaises, ont-elles eu le même sort ? Il s’agit bel et bien d’une résistance aux normes. Celle-ci dérive d’un problème d’éducation. Je me demande pourquoi les élites haïtiennes, dans leur grande majorité, préfèrent prospérer dans le chaos plutôt que de vivre dans une société dominée par les règles de droit. Je pense que, pour qu’une loi ait réellement une chance d’être appliquée, il faut apprendre aux élites haïtiennes à l’aimer et à la désirer. Car la valeur intrinsèque d’une loi est importante, mais elle n’est pas, à elle seule, une garantie de son respect s’il n’existe pas, dans notre société haïtienne, des forces économiques, sociales, morales, intellectuelles et politiques prêtes à la soutenir. Nous avons pris l’habitude de renverser des gouvernements constitutionnellement élus pour mettre en place des gouvernements éphémères et des transitions précaires. Toutes ces actions, nous devons l’admettre, n’ont contribué qu’à la régression de la démocratie dans notre pays. Si nous adhérons à la démocratie, nous devons accepter que le pouvoir émane du peuple. C’est le consensus politique que nous avons établi ensemble à travers notre Constitution. Cette idée, selon laquelle le pouvoir émane du peuple, dépositaire de la souveraineté nationale, comme le précise l’article 58 de la Constitution, est structurée autour de la formation des trois branches du pouvoir, à l’exercice duquel les citoyens désignent les membres de chacun de ces pouvoirs. Le respect de ce consensus social exige que le pouvoir soit exercé dans un cadre démocratique, qui assure aux gouvernants une légitimité, et que tout pouvoir exercé en dehors du consentement populaire relève de la violence. La vie des institutions repose sur le respect du consensus bâti à travers le texte fondateur, qui en trace la procédure de révision. Si cette procédure n’est pas respectée, l’État est plongé dans une insécurité juridique, synonyme de chaos et de désordre généralisé, préjudiciable aux principes de la primauté du droit. La meilleure constitution est celle qu’on respecte La meilleure constitution n’est pas celle qui institue un régime parlementaire ou présidentiel — Haïti ayant, au cours de ses 220 ans d’histoire, expérimenté toutes les formes de régimes politiques. Ce qui importe aujourd’hui, c’est de savoir quelle constitution serait capable de propulser Haïti vers la croissance et le développement économique. Laquelle permettrait à chaque Haïtien de réaliser son bonheur, et à l’État d’accomplir ses missions fondamentales au service de la nation? Une Loi fondamentale solide est celle qui établit un équilibre des pouvoirs dans un cadre démocratique ; qui confère une légitimité incontestable aux détenteurs des pouvoirs publics ; qui protège les libertés et les droits fondamentaux des citoyens ; et qui encadre les relations entre gouvernants et gouvernés par la limitation de l’arbitraire de l’État. Le texte de 1987 répond à l’ensemble de ces principes. Mais n’ayant jamais été véritablement mis en œuvre, certains secteurs — qui ont constamment entravé son application — en contestent aujourd’hui l’efficacité. Or, l’élaboration d’une Constitution, comme celle de toute loi fondamentale, exige la mobilisation de compétences pluridisciplinaires : philosophes, sociologues, historiens, anthropologues, politologues, linguistes, professeurs de droit, juristes. Le droit n’est pas qu’une affaire de techniciens ou de juristes : il est une réalité complexe, qui ne peut être pleinement appréhendée qu’à travers une approche multidisciplinaire. Aujourd’hui, avec la montée de la pensée libérale, il me semble que les économistes occupent une place centrale dans la fabrication du droit. L’économie tend à s’ériger en juge du droit ; elle dicte ce qui est considéré comme « bon droit ». L’analyse économique du droit éclaire et oriente l’élaboration de règles favorables au développement des affaires, à la croissance économique et à l’investissement. Cet avant-projet, je l’ai dit, renforce les zones grises juridiques en éliminant les contrepoids et les mécanismes de contrôle parlementaire sur les actions du gouvernement. Il n’y aura pas de développement économique dans l’insécurité juridique et dans l’imprévisibilité des solutions juridiques. Qui viendra donc investir dans un pays où règne l’arbitraire des chefs et où la justice n’est pas indépendante ? Haïti n’a pas besoin d’une constitution telle que celle annoncée dans l’avant-projet élaboré par des constituants auto-proclamés, dont l’objectif est de saper les principes de la bonne gouvernance, de l’État de droit, de la responsabilité, du contrôle et de la transparence. Que l’on soit dans un régime parlementaire ou présidentiel, ce qui importe, c’est finalement la volonté des gouvernants et des gouvernés de respecter la loi. Sans stabilité, il n’y aura pas de développement économique. La meilleure politique est de maintenir les institutions en vie, en particulier celles qui garantissent la mise en œuvre de l’État de droit. Comment faire comprendre cette exigence fondamentale à ceux qui aspirent à nous gouverner ? Comment leur apprendre qu’aucune réforme constitutionnelle ne pourra porter ses fruits si elle n’est pas d’abord portée par une volonté sincère de construire un État respectueux des lois, au service de l’intérêt général et de la démocratie.

  • En attendant le Prince Saint-Sauveur et les 7 mercenaires

    Par : Michel Legros, Sitwayen pou Respè Konstitisyon. - PC: Novavox- Le pays pleure encore. Torcel, une fois de plus, est devenu un champ de mort. Le gang de Vitelhomme, que l'on disait affaibli, a encore procédé à un massacre. Les images de cette famille anéantie, avec les photos de ces deux jeunes filles et de la fillette abattues, hantent les réseaux. Des images insoutenables. Les bandits avaient promis de revenir — promesse tenue, comme toujours, sans que rien ne les en ait empêchés. Pendant ce temps, au Cap-Haïtien et à Fort-Liberté, Kemi Seba, figure connue du panafricanisme, a choisi de faire une passe aux gangs. Que cette démarche ait été motivée par un souci de dialogue ou par une stratégie mal avisée, elle envoie un message ambigu dans un pays où les victimes de ces groupes n'ont même pas encore été enterrées. Le moment, au minimum, est mal choisi. À Washington, Donald Trump vient purement et simplement d'interdire aux Haïtiens l'entrée sur le territoire américain. Une sanction brutale, qui nous renvoie à notre image dans le monde. Des imbéciles ne se sont-ils pas battus, ces derniers temps, pour faire classer « Viv Ansanm » comme organisation terroriste comme si la solution à nos maux consistait à faire reconnaître Haïti comme un État qui héberge le terrorisme. Ils ont gagné, mais nous en payons le prix. Et si rien n'est fait, il se pourrait que ce ne soit qu'un acompte. Et qui dirige ce pays, pendant ce temps ? Un Conseil Présidentiel de Transition à neuf têtes, sans vision, sans colonne vertébrale. Neuf hommes et femmes incapables d’articuler une réponse, paralysés par leurs rivalités, englués dans une médiocrité sans pareille qui continue à nous enfoncer plus profondément dans le chaos. Pendant qu’ils se disputent des miettes de pouvoir, les enfants meurent, les réfugiés sont interdits d’exil, les malheurs s’accumulent et la nation s’effondre. En attendant les 7 mercenaires, le pays patiente, les yeux tournés vers le ciel. On nous dit que le Prince Eric viendra restaurer l’ordre avec son équipe de samouraïs. Ici, on ne croit désormais qu'aux miracles, ceux qui s’achètent en devises fortes, avec drones, gilets pare-balles et autres accessoires. Il paraît que c’est ça, le dernier espoir d’un État failli : attendre qu’un marchand de guerre vienne faire le ménage à sa place en nous facturant, bien sûr, le nettoyage.

  • L’histoire en marche : la rançon de 1825 face à la justice du présent

    Par : NOVAVOX, Notre Éditorial. - PC: Affiche KoLektif Kont Ranson 1825- La lutte des mouvements sociaux haïtiens contre la rançon de 1825, qui a longtemps pesé sur la nation haïtienne, connaît un nouvel élan grâce aux récents échanges entre Haïti et la France. À la suite de l’annonce, le 17 avril 2025, de la création d’une commission franco-haïtienne par le président Emmanuel Macron et le Conseil présidentiel de transition d'Haïti, l'Assemblée nationale française a officiellement reconnu, le 5 juin 2025, l’ordonnance royale comme un acte inique . Toutefois, bien que ces progrès soient encourageants, le chemin reste semé d’embûches avant d’atteindre pleinement les objectifs portés par les mouvements sociaux haïtiens. Ainsi, cette avancée ne saurait occulter la nécessité d’un engagement global, articulant mémoire et réparation avec la construction d’un État fondé sur des principes de démocratie et de stabilité durable. Les enjeux qui demeurent Les mouvements sociaux haïtiens restent confrontés à de nombreux défis, en dépit des évolutions observées. La gestion des fonds a toujours été une question critique. Les Haïtiens se rappellent de l'affaire PétroCaribe, où environ 1,5 milliard de dollars, censés être investis dans le développement du pays, ont été mal gérés et détournés. Ce souvenir pèse lourd dans la balance des luttes pour la démocratie et la justice. Les patriotes haïtiens comprennent que, pour garantir les bénéfices de la restitution de la rançon de 1825, il est crucial de mettre en place des réformes substantielles. Sans cela, il est peu probable que les fonds soient utilisés à bon escient pour le bon développement du pays. Réparer n’est pas suffisant : Haïti doit reconstruire Depuis des années, les mouvements sociaux haïtiens portent avec détermination la revendication de la restitution de la rançon de 1825, conscients que la quête de justice historique et l’aspiration à un renouveau démocratique sont indissociables. Si la reconnaissance de cette injustice marque une étape décisive, elle reste néanmoins insuffisante pour satisfaire les aspirations profondes du peuple haïtien. Cette lutte exige des efforts soutenus pour consolider une gouvernance démocratique, renforcer les institutions et bâtir un avenir politique durable. Loin d’être une finalité, cette avancée marque le début d’un processus plus large de justice et de reconstruction nationale. Haïti réclame des actes, pas des promesses La vigilance quant à l’engagement des gouvernements, tant national qu’international, reste cruciale pour assurer la cohérence et l’efficacité des initiatives politiques et diplomatiques. La reconnaissance par la France de l'inégalité de l'ordonnance est une avancée significative vers la réparation. Toutefois, les Haïtiens aspirent à plus qu'une simple déclaration officielle. Pour que cette mobilisation produise des résultats tangibles, il est nécessaire de créer une pression continue sur les autorités pour que des actions concrètes soient mises en œuvre. La construction d’un avenir fondé sur la justice réparatrice requiert une détermination nationale inébranlable et un engagement soutenu , afin d’ancrer la réparation historique dans une dynamique de transformation profonde et pérenne. Le peuple haïtien continue de rêver d'un avenir où les blessures du passé seront guéries, permettant à chaque citoyen de vivre en paix, avec dignité et respect. Cette mobilisation ne concerne pas uniquement une compensation financière, mais aussi la création d'une société plus équitable et transparente.

  • Quelle est L'utilité d'une Ambassade Américaine à Port-au-Prince

    Par : NOVAVOX, Notre Éditorial. - PC: NOVAVOX- La récente interdiction d’entrée des Haïtiens aux États-Unis par l’administration américaine a ravivé les interrogations sur le rôle et la légitimité de l’ambassade américaine à Port-au-Prince. Officiellement destinée à renforcer les relations bilatérales et à fournir des services consulaires, cette représentation diplomatique est de plus en plus perçue comme un symbole d’influence étrangère plutôt qu’un véritable soutien à la population haïtienne. Aujourd'hui, l ’ambassade américaine fait l’objet d’un examen minutieux, son impact et sa pertinence étant remis en question face aux défis majeurs qui secouent Haïti. Un Regard Critique sur l’Ambassade Américaine L’ambassade américaine à Port-au-Prince a toujours dépassé son rôle de simple représentation diplomatique pour devenir un pivot stratégique d’influence politique et économique, orientant, voire imposant, certaines décisions majeures du pays. Située stratégiquement dans la Caraïbe, cette imposante structure exerce une pression considérable sur les décisions gouvernementales haïtiennes, souvent au détriment de la souveraineté nationale. Plutôt qu’un partenaire, elle est perçue par beaucoup comme un instrument de contrôle, consolidant une dépendance qui entrave toute véritable autonomie politique et économique. Alors qu’Haïti traverse une crise sans précédent, il devient impératif de questionner le rôle réel de cette présence diplomatique : est-elle un soutien ou un levier de domination? Son influence sur les choix économiques, les alliances politiques et même les interventions militaires passées soulève des interrogations profondes sur la nature de cette relation asymétrique L’héritage historique de l'ambassade américaine en Haïti L'ambassade américaine à Port-au-Prince a été fondée dans un contexte où les États-Unis cherchaient à étendre leur influence politique à l'étranger, y compris en Haïti. Au fil des ans, l’ambassade a été au cœur d'événements déterminants, comme le renversement du président Aristide en 1991. Ce coup d'État a mis en lumière les manigances politiques qui ont souvent déterminé l'avenir du pays. Le rôle des États-Unis en Haïti, souvent mis en avant comme un appui à la démocratie et à la stabilité, a néanmoins fait l'objet de critiques acerbes, en raison d'une ingérence répétée ayant fragilisé la souveraineté nationale et exacerbé les défis du pays.Les interventions militaires américaines, notamment celles de 1915 et 1994, sont souvent dénoncées comme des actes d’ingérence ayant entravé la souveraineté nationale et alimenté un climat de dépendance politique et économique. Une étude réalisée en 2016 révèle que 68 % des Haïtiens estiment que l’intervention américaine a exacerbé les difficultés socio-économiques plutôt que de les résoudre, illustrant un profond sentiment de frustration face à une influence étrangère jugée oppressante. Ces critiques s’appuient sur les conséquences à long terme de ces interventions, notamment l’érosion de l’autonomie institutionnelle haïtienne, la persistance des inégalités économiques et l’instabilité politique prolongée. Loin d’apporter des solutions durables, ces interventions ont parfois favorisé des élites privilégiées au détriment de la population, accentuant les tensions sociales et limitant les perspectives de développement endogène. Perception actuelle des États-Unis L'interdiction actuelle d'entrée pour les Haïtiens a intensifié un sentiment d'injustice et de méfiance envers le gouvernement américain. Pour beaucoup, les États-Unis sont perçus non seulement comme des alliés déchus, mais aussi comme l'un des responsables de la détérioration des conditions de vie en Haïti. Ce désenchantement est amplifié par des décennies d'assistance américaine qui semble déconnectée des réalités quotidiennes des Haïtiens, qui luttent avec un taux de pauvreté atteignant 60 %. La perception des États-Unis en Haïti a évolué au fil des ans. Autrefois, des initiatives comme le PEPFAR, qui a contribué à une réduction significative du taux d’infection par le VIH/SIDA, inspiraient un certain optimisme. Cependant, l ’annonce récente du gel des financements américains a brutalement ébranlé cette confiance, ravivant les critiques sur l’influence de l’ambassade américaine à Port-au-Prince. Cette décision, perçue comme une rupture dans l’engagement sanitaire et humanitaire, a suscité une opposition croissante, alimentant un sentiment de méfiance envers la présence diplomatique américaine. Un tremplin pour la souveraineté nationale et le renouveau démocratique Malgré ce contexte difficile, il existe une fenêtre d'opportunité pour réévaluer les relations entre Haïti et les États-Unis. Les Haïtiens peuvent choisir de ne plus se considérer comme de simples victimes, mais comme des acteurs clés de leur avenir. En revendiquant leur autonomie, ils peuvent commencer à redéfinir leur identité nationale. Une telle démarche pourrait inclure l'exploration de nouveaux partenariats qui privilégient la souveraineté, au lieu de dépendre des vieilles structures diplomatiques. En reprenant la parole sur leur avenir, les Haïtiens pourraient même envisager de renégocier les termes d’assistance étrangère ou de chercher des soutiens auprès d'autres pays, ce qui pourrait permettre un dialogue plus équilibré et respectueux. Ce tournant offre également l'occasion de briser le cycle des dépendances et de personnaliser un avenir construit par et pour le peuple haïtien. En comprenant que leur avenir dépend non seulement des aides extérieures, mais aussi de leur propre résilience, les Haïtiens peuvent avancer vers un avenir où ils sont en pleine maîtrise de leur destin.

  • Zòt pouse do n : Nou pran vwèl pou n reveye lakay ak tout fòs nou.

    Plimeyank : Wilfrid Suprena, Renouvo Demokratik. - PC: Novavox - “Fake “ sur toute la ligne… Ki sa ki “ fake “ konsa? Yon lèt ki adrese a aktyèl Prezidan Dominikani an epi yon jèn prezidan afriken siyen y. Kòm nou renmen achte kòz a lòt moun. Se “ Dan devan” nou ye… Nou panse ke tout moun pway jwe wòl “ Dan Devan “ pou nou… Yon chèf leta pa yon “ aktivis “ politik tankou Kemy Seba.Se dirijan politik nou yo ki poko ka fè diferans ant “ aktivism” politik e “ dirije leta. Diskou 18 Me Okap la montre nou sa klèr tankou klèrèt. Dirije leta se pawòl e aksyon… Mesye politik nou yo chwazi 100% pawòl e zero aksyon.. Men nou rive jounen jodya nan pwen pou nou jwe wòl “ Dan Devan” pou nou menm Ayisyen. Moun yo pa te janm renmen nou. Nou pa janm rive konpwann sa… Ilizyonis, Ekilibris nou ye.. Nou an, se klas nwayèn pèpè a ki toujou ap fè djòb sal yo toujou bèy akonpli kòm dan Devan- pale de Vertières nan bèl Diskou politik san nannan.. Se nan klas sa yo rale Kolonèl ake Jeneral “ Dan Devan” Pou reprime, kraze, fè koudeta, mete Prezidan poupe twèl, soutni diktati , touye E onwan elèksyon, Demokrasi, Dwa moun.. Kapitalis Chen anraje sa yo pa te janm renmen gwo evènman militèr e politik ki te kondwi a defèt èspèktakilèr a paran yo an novanm 1803… Sa k pou di w, menm lwa zinga ki te danse nan tèt a Cappoix ake Dessalines, Paul Prompt, Jean Philippe Daut pap kase chenn kote yo mare yo a pou remonte nan sifas pou montre ke se sistèm kapitalis enfènal sa k ap kraze ni planèt la, ni limanite… Èy chache nan tout listwa depi Las Casas pou nou wè Kilèr, ki jou moun sa yo te janm genyen “ bon jan” ake nou.. Koulyè a lè nou rive mete “ grenn a Zachary Delva “ ( Mizik Septentrional , 1963) pou nou kòmanse men nan pat kasav a tout Ayisyen ki te vann konsyans a yo bèy “ l’ennemi visceral “ Pèp Ayisyen an. Jije yo menm “ par coutumace” .. Depi soti nan Sudre Dartiguenave rive nan koulèv landòmi 9 tèt la.. Kanta Paul E Magloire ake Antonio Thrasybulle Kebreau plis Cedras se pann pou yo ta pann yo …. - Magloire ki voye Estimé ale..Pou pwan pouvwa sou lòd a yo.. - Kebreau ki ban nou pi gwo kòchma politik nan peyi a, a pati 1957- ansasen Duvalier yo ake Tonton makout yo - ⁠Cedras ki ban nou FRAPH Kanta Aristide ake Preval se “ A la de ka Papa”…Yo te derefize mete Grenn a Zachary Delva “ a pou zwazo mechan non Epi mete Pèp Ayisyen an konfyans pou y ta kòmanse pwan desten y nan men y pou fini ake depandans ekonomik e izòlman politik.. La.. Moman n ap viv la - sou plan politik entèrn, ekstèrn- se moman revèy konsyans a tout Ayisyen. Kwakilanswa klas e kwakilanswa afilyasyon politik yon Ayisyen ap dongoye andedan y lan.. Se Moman pou nou di Ayiti se pou nou. Se nou e sèlman nou pou ki chanje y e fèy yon peyi ki vivab pou tout Ayisyen endistenkteman e adorab tou pou lòt Nasyon ka vin wè bote peyi nou e apwann de istwa nou.. Ann Sispann pwan kòz a lòt moun pou nou.. Yo pat janm fè sa pou nou .. E yo pap janmen fè y… Ann Konstwi yon lòt leta k ap defanb enterè Ayisyen an Pwemye.. Ann bati yon lòt Ayti pou Ayisyen.

  • Validation constitutionnelle: la confluence de la malpractice et du chaos

    Par : NOVAVOX, Notre Éditorial. -PC: Novavox- Depuis la publication de l'avant-projet de Constitution, notre plateforme s'est donnée pour mission d'examiner minutieusement les enjeux de cette réforme et de mettre en lumière son inadéquation aux desiderata du peuple haïtien, notamment sur les plans de la sécurité, de la décentralisation et de la démocratie. À travers une trilogie d'articles consécutifs , Me Sonet Saint-Louis a brillamment démontré que, sous le masque d'une modernisation constitutionnelle, se cache une stratégie déterminée visant à consolider le pouvoir présidentiel. En décortiquant les nuances du texte, il démontre que ces ajustements institutionnels tendent à concentrer le pouvoir entre les mains de l'exécutif, tout en affaiblissant les contrepoids essentiels – législatif et judiciaire – qui garantissent l'intégrité d'une démocratie authentique. De son côté, Alain Zephyr, dans son essai « L'avant-projet de Constitution : une ultime étape dans la consolidation du désordre et de l’instabilité orchestrés par les gangs », a établi que l’ébauche constitutionnelle, en ciblant rigoureusement les institutions séculaires de la République — notamment la Commune —, vient parachever le chaos minutieusement orchestré par les gangs armés et se révèle être la manœuvre ultime des forces du statu quo visant à sauvegarder leurs privilèges tout en perpétuant l’état de crise. Dans « La démocratie en péril : L’impératif d’un retour à la Constitution de 198 7 », Yves Pierre a plaidé pour un retour aux fondements de la Constitution de 1987, laquelle incarne l’équilibre institutionnel, le respect des libertés individuelles et la garantie d’un contrôle démocratique effectif. Il y voit la pierre angulaire d’une gouvernance authentique, indispensable non seulement pour restaurer la confiance des citoyens et contrer les dérives actuelles, mais également pour amorcer une sortie de crise décisive. Aujourd'hui, nous concentrons notre analyse sur le processus récemment annoncé de validation de la nouvelle Constitution. Tout comme le texte constitutionnel, ce dispositif offre un éclairage saisissant sur les perspectives du comité de pilotage et du CPT quant à la réforme en vigueur et la gouvernance qui en découlera. En effet, selon les informations communiquées par le comité de pilotage, la validation de la nouvelle Constitution s'articulera autour des étapes clés suivantes : Rédaction de l'avant-projet – Un comité de pilotage élabore une première version du texte constitutionnel, qui sert de base aux discussions. Consultations et débats nationaux – Le texte est soumis à un dialogue citoyen ouvert, permettant aux institutions et aux citoyens d'apporter leurs contributions. Finalisation du projet – Après les consultations, le texte est révisé et consolidé pour devenir un projet officiel. Soumission au référendum – Une fois le projet finalisé, il est soumis au vote populaire pour approbation. Adoption et mise en œuvre – Si le référendum valide le texte, la nouvelle Constitution entre en vigueur selon les modalités prévues. En examinant assidûment ces étapes, il est clair que le comité de pilotage - dominé par des duvalieristes nostalgiques d'un passé révolu - joue un rôle prépondérant. C'est pourquoi, d'ailleurs, la proposition constitutionnelle initiale se révèle diamétralement opposée aux aspirations démocratiques du peuple haïtien, illustrant une fois de plus le déni de sa volonté de changement par les forces du statu quo, lesquelles perpétuent ainsi un modèle obsolète. Par conséquent, même le plus abouti des processus démocratiques ne parviendrait pas à compenser les défauts inhérents à ce texte ; sa structure défaillante en fait le vecteur d’un chaos persistant et d’une crise inéluctable, à l'instar de la Constitution de 1791, dont les lacunes fondamentales avaient contribué à l'éclatement de la tourmente révolutionnaire en France. Pourtant, le comité de pilotage et le CPT s’acharnent à anéantir la Constitution de 1987, fruit d’un large consensus forgé lors d’une assemblée constituante aux débats transparents et publics. Ironiquement, le mécanisme de validation de la nouvelle Constitution ne prévoit aucune instance constituante pour en débattre et l’amender, soulevant ainsi de sérieuses interrogations quant à la légitimité et l’inclusivité du processus. Le comité de pilotage, intervenant tant en amont qu'en aval, s'impose en maître incontesté du jeu, reléguant le souverain à un rôle de simple spectateur diverti. Un texte constitutionnel, éloigné en tout point des aspirations majoritaires des citoyens et façonné sans véritable négociation institutionnelle par un pouvoir titubant , constitue le parangon même d’une malpractice politique et la formule garantie pour un désastre imminent. Tôt ou tard, les artisans du statu quo se verront exposés, sans échappatoire, aux conséquences de leurs décisions.  Leur obstinée fidélité à un système figé, incapable de s’adapter aux évolutions inévitables de société haïtienne , se mesure à l’ampleur de leur corruption et au rejet populaire qu’ils engendrent. En définitive, l'avant-projet constitutionnel et la validation entachée d'illégitimité qui le caractérise révèlent l'incapacité aiguë des responsables du comité de pilotage et du CPT à appréhender les enjeux essentiels. Tels des martiens, ils semblent évoluer dans un univers à part, indifférents aux préoccupations quotidiennes et aux aspirations sincères de liberté, de justice et de démocratie des Haïtiens et Haïtiennes. Les patriotes et progressistes du pays leur sauraient gré d'abdiquer, avant que ne se déploie la dynamique inéluctable du Renouveau, dont le Canapé Vert et le Cap-Haïtien en signalent les prémices.

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