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- 2026 : L’Année de la Paix Retrouvée et de la Dignité Relevée.
Notre Editorial, Par : Jacques Charlemagne. Le journalisme, dans sa forme la plus noble, ne se limite pas à rapporter les faits. Il dévoile ce que d’autres cherchent à dissimuler, éclaire la sémantique cachée et déjoue les récits fabriqués. Alors qu’Haïti traverse l’une des nuits les plus opaques de son histoire contemporaine, NOVAVOX.Info, fidèle à sa ligne éditoriale alternative et indocile, assume pleinement sa mission. Offrir à ses lectrices et lecteurs une lecture sans fard, sans peur et sans complaisance de l’état réel de la nation est aujourd’hui un impératif démocratique. Informer ne suffit plus. Il faut nommer les forces qui étouffent le pays, briser les silences complices, refuser la normalisation du chaos. Ensemble, il nous revient de tracer les jalons d’un avenir meilleur, lucide, exigeant et résolument tourné vers la reconstruction démocratique. Un constat sans fard : l'année de la déréliction L'année qui s'achève n'a pas été une simple succession de malheurs fortuits ; elle a été le théâtre d'une érosion systématique des structures de l'État. Nous avons été témoins d'une crise humanitaire d'une rare violence, exacerbée par une « insécurité programmée ». Ce chaos, loin d'être accidentel, semble masquer une inertie politique calculée. Force est de constater la faillite d'une certaine classe politique. Privée d'éthique et de boussole idéologique, elle s'est enfermée dans des luttes intestines, déconnectée des souffrances d'un peuple aux abois. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qui portait initialement l'espoir d'un consensus, semble aujourd'hui s'être mué en une structure d'exécution des agendas internationaux. En privilégiant les injonctions venues de l’extérieur au détriment des urgences endogènes, la transition court le risque de se transformer en fin en soi, plutôt qu’en véritable passage vers un renouveau démocratique. 2026 : Le Sursaut de la Souveraineté Face à ce tableau sombre, NOVAVOX refuse de céder au cynisme. Là où d’autres se résignent, nous choisissons la vigilance, la parole libre et l’exigence démocratique. Notre engagement envers vous, chères lectrices et chers lecteurs, est de maintenir vivante la flamme du débat contradictoire, cette flamme qui empêche l’obscurité de s’installer définitivement. Nous refusons la fatalité, nous refusons l’anesthésie collective, nous refusons la banalisation du désastre. Pour nous, l’horizon 2026 ne saurait être une simple date calendaire. Il doit devenir le pivot d’une rupture historique, un moment de bascule où la société haïtienne décide enfin de rompre avec les cycles de manipulation, d’abandon et de démission politique. 2026 doit être l’année où la citoyenneté reprend ses droits, où la parole populaire se réarme, où la mémoire collective refuse l’effacement. NOVAVOX s’inscrit pleinement dans cette perspective de combat civique. Nous continuerons d’interroger, de déranger, de dévoiler les angles morts, d’ouvrir des brèches dans les récits officiels. Car reconstruire Haïti exige infiniment plus qu’un simple calendrier électoral. Cela requiert une conscience éveillée, une volonté partagée et une rupture assumée avec les logiques qui ont conduit le pays au bord de l’effondrement. Lorsqu’un processus transitoire cesse de répondre aux besoins du pays pour se plier aux agendas extérieurs, il perd sa raison d’être et se vide de sa légitimité. Une transition n’a de sens que si elle ouvre la voie à la souveraineté citoyenne, à la reconstruction institutionnelle et à la réaffirmation de la dignité nationale. Tout le reste n’est que gestion du provisoire, prolongation de l’impasse et renoncement déguisé. N ous plaidons pour une Solution Nationale. Cela implique : Le rétablissement de la sécurité constitue le préalable non négociable à toute ambition démocratique. Le peuple doit reprendre possession de ses rues, de ses champs et de son destin. L'Éthique comme Moteur Politique : Il est impératif de voir émerger une nouvelle garde politique capable de placer l'intérêt supérieur de la Patrie au-dessus des appétits personnels. Une souveraineté réaffirmée : Haïti ne peut plus servir de laboratoire à des expérimentations diplomatiques sans lendemain. Le dialogue doit être national, la solution doit être haïtienne. L’unité comme boussole L’image de notre Sélection Nationale nous sert de métaphore vivante. Lorsqu’une équipe choisit de s’unir autour d’un objectif commun, malgré des moyens limités, des obstacles et des doutes, elle devient capable de prouesses qui dépassent la somme de ses forces individuelles. Ce n’est pas la magie qui opère, mais la cohésion, la discipline, la confiance partagée et la certitude que personne ne gagne seul. Cette leçon vaut pour la nation entière. Là où l’unité se construit, les impossibles reculent. Là où l’unité se fissure, les défaites s’enchaînent. Haïti ne manque ni de talent ni de courage ni d’intelligence collective. Ce qui fait défaut, c’est l’alignement autour d’un horizon commun. La Sélection nous rappelle que, même dans l’adversité, une équipe soudée peut déplacer les lignes et renverser les pronostics. C’est cet esprit de cohésion que nous devons insuffler au sein du corps social. L’unité n’est pas l’uniformité, mais la capacité de faire converger les forces vives du pays vers un projet de société digne du premier peuple noir indépendant. Elle exige la mise en commun des intelligences, des énergies, des mémoires et des résistances. Elle refuse les clivages stériles, les rivalités entretenues, les fragmentations imposées. L’unité véritable n’efface pas les différences : elle les organise, elle les articule et les met au service d’un horizon partagé, où chaque voix trouve sa place et chaque engagement contribue à la reconstruction collective. En saluant votre fidélité, nous vous promettons que NOVAVOX restera ce rempart contre la désinformation et cet outil de réflexion au service de la vérité et du renouveau démocratique.
- La diaspora grand-goavienne rend hommage à Carl Sainte ce dimanche à Elmont, New York.
Par : Alain Zephyr, Sociologue. Grand-Goâve, longtemps célébrée comme l’un des bastions les plus fervents du football haïtien, voit aujourd’hui l’un de ses fils ouvrir un chapitre inédit de son histoire sportive . Formé sur les terrains modestes de la commune, Carl Fred Sainte franchit un cap majeur en rejoignant la sélection nationale haïtienne. C'est un accomplissement sans précédent pour un joueur issu de cette cité, vieille de 362 ans Sainte a débuté au sein du club local L'ASSG. Rapidement, il s’est distingué par son sens du jeu et sa maturité technique. Son potentiel l’a ensuite conduit au Violette AC, l’un des clubs les plus emblématiques du pays. Avec le Violette, il contribue de manière déterminante à la conquête du titre de Ligue Haïtienne 2020–2021, affirmant un peu plus encore son statut de joueur prometteur. En outre, son entrée en sélection nationale marque une étape décisive. Pour Grand-Goâve, c’est plus qu’une réussite individuelle; c’est une reconnaissance collective. Dans une ville où le football est un langage commun, l’ascension de Sainte est perçue comme un message d’espoir pour la jeunesse et une preuve que le talent local peut atteindre les plus hautes sphères. La singularité du parcours de Carl Fred Sainte Depuis la qualification de la sélection nationale, l’attention médiatique s’est largement portée sur l’apport des joueurs formés ou évoluant à l’étranger. Pourtant, un élément essentiel reste souvent passé sous silence : au moins un quart des sélectionnés proviennent des clubs haïtiens, tels que Don Bosco, Violette AC, Racing CH, ou encore Baltimore de Saint-Marc. Ces institutions locales continuent de jouer un rôle essentiel dans l’émergence de talents capables d’accéder aux plus hautes sphères du football. Dans ce paysage, Carl Fred Sainte occupe une place singulière. Bien qu’il évolue aujourd’hui au FC Dallas, il demeure un produit pur et incontestable de l’ASGG et du Violette AC. Son identité footballistique, sa rigueur et sa lecture du jeu ont pris forme sur les terrains haïtiens, avant de s’affiner au sein des structures professionnelles nord‑américaines. À cela s’ajoute un fait rare : Sainte s’apprête à disputer deux phases finales de Coupes du Monde dans deux catégories différentes, après avoir déjà pris part à celle de la FIFA U17 organisée au Brésil en 2019. Une telle performance le hisse dans un cercle extrêmement restreint de joueurs haïtiens ayant atteint un palmarès comparable. Il rejoint ainsi Danny Jean, premier Haïtien à avoir réalisé cet exploit, ce qui ne fait que magnifier davantage la portée de son parcours. L’ascension d’un talent devenu symbole Au-delà de la performance sportive, Carl Fred Sainte devient un ambassadeur involontaire de sa communauté. Son parcours, fait de discipline, de persévérance et d’opportunités saisies, résonne bien au-delà des frontières de sa ville natale. Pour beaucoup, il incarne désormais la possibilité d’un avenir plus vaste, porté par le travail et la détermination. À l’approche de son hommage organisé par la diaspora à Elmont, l’émotion gagne en profondeur. Grand-Goâve, qu’elle demeure sur son sol natal ou qu’elle vive dispersée à l’étranger, célèbre l’un des siens, un joueur qui, en endossant le maillot national, porte aussi les rêves, la fierté et l’espérance de toute une ville.
- Hommage à Méhu Milius Garçon (1948–2021)
Par : Jacques Charlemagne, Membre, Efforts Solidarité pour Construire une Alternative Nationale et Populaire (ESCANP), Réseau des Organisations de la Zone Ouest (ROZO) & Renouveau Démocratique (RED). -Méhu Milius Garçon- Le 25 décembre 2021, Méhu Milius Garçon nous a quittés à l’âge de soixante-et-onze ans. Professeur d’université, avocat, parlementaire et militant haïtien, il a consacré toute sa vie à l’éducation, à la justice et à la défense des droits du peuple.Cet hommage retrace le parcours d’un homme qui, par son engagement inébranlable, a incarné la conscience critique, la cohérence politique et la résistance citoyenne en Haïti. Une vie engagée pour la justice, l’éducation, la démocratie et la souveraineté Quatre ans déjà que Méhu Milius Garçon nous a quittés. Dans l’exercice du devoir de mémoire et dans la construction exigeante de notre histoire collective, nous honorons la trajectoire d’un homme debout, combattant, militant révolutionnaire, intellectuel engagé et d’une rare cohérence. Son combat, entièrement voué au peuple, demeure un repère éthique majeur et une invitation pressante à poursuivre la lutte avec la même rigueur, la même fidélité et la même intransigeance envers les principes. Certaines vies deviennent des témoignages, et certains engagements, des références. Méhu Milius Garçon fait partie de ces rares Haïtiens qui ont choisi de mettre leur savoir, leurs fonctions et leur sécurité personnelle entièrement au service du peuple. Professeur d’université, avocat, professeur de littérature et de géographie, éducateur populaire, formateur de paysans, ancien parlementaire, membre du Conseil supérieur de la Cour des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), membre fondateur du parti régional de l’ESCANP, il fut un militant conséquent qui ne sépara jamais la parole de l’action. Racines, formation et engagement militant exceptionnel Natif d’Acul-du-Nord, Méhu Milius Garçon a grandi dans une réalité rurale marquée par de profondes inégalités sociales et par l’absence quasi totale de services de base. Cette expérience forgea très tôt sa conscience sociale et politique. Sa formation en littérature et en droit lui permit de former plusieurs générations de jeunes, de cadres et de militants à travers le pays. Intellectuel organique dans un contexte où trop souvent les élites sont coupées des réalités populaires, Méhu n’a jamais utilisé son savoir comme un simple levier de carrière personnelle. Il l’a mis au service de la construction d’une pensée critique sur la société haïtienne, sur le rôle de l’État et sur la place centrale des masses populaires dans tout projet démocratique, en particulier les femmes en milieu rural. Dès ses premiers engagements, il croyait en l’éducation comme outil de libération, en la justice comme espace de réparation et d’égalité, et en l’organisation populaire — sous toutes ses formes — comme fondement d’une démocratie réelle. Combat parlementaire pour la scolarisation universelle (1995–1996) Au milieu des années 1990, dans un contexte politique dominé par le mouvement Lavalas et la présidence de Jean-Bertrand Aristide, Méhu Milius Garçon fut élu sénateur de la république après le retour à l’ordre constitutionnel en 1994. Lors des débats sur le budget national 1995–1996, il marqua l’histoire en constituant, au Parlement, un groupe majoritaire adoptant une position courageuse et fondée sur le principe. Il défendit avec fermeté le principe de la scolarisation universelle, exigeant que les ressources publiques servent directement à garantir à tous les enfants haïtiens l’accès à une éducation de qualité, conformément à l’esprit et à la lettre de la Constitution de 1987. Il refusa que les fonds destinés à l’éducation soient instrumentalisés à des fins partisanes, y compris lorsque ces pratiques émanaient du camp politique majoritaire dont il était issu. En rompant avec la logique de discipline partisane et en privilégiant l’intérêt général à la loyauté de camp, Méhu Milius Garçon s’exposa à de fortes tensions au sein même de l’appareil du pouvoir. Cette position éthique et indépendante accrut son isolement politique, à une époque où toute voix critique était de plus en plus perçue comme une menace. Une tentative d’assassinat politique C’est dans ce climat de crispation politique que Méhu Milius Garçon survécut à une tentative d’assassinat sur la Route nationale, dans la zone de Cité Soleil. Lors de cette attaque, son agent de sécurité, Charles Obas, perdit la vie. Cet acte demeure l’une des premières grandes tentatives d’élimination politique de l’après-1994, annonçant une longue série d’assassinats ciblés et de répressions systématiques. Loin de le faire reculer, cette violence ne fit que renforcer sa détermination. Méhu savait que défendre l’intérêt populaire n’est jamais sans coût, et il considérait ce sacrifice comme une exigence morale devant l’histoire Justice alternative, mouvement populaire et communication engagée Parallèlement à son combat institutionnel à la Cour des comptes, Méhu Milius Garçon, avec ses collègues, s’engagea à faire toute la lumière sur le dossier PetroCaribe. Professeur et éducateur populaire, il contribua activement à la formation paysanne et à la réflexion sur la justice alternative, notamment aux côtés du père Freud Jean , du père Jean-Marie Vincent et de l’avocat Max Antoine, ancien ministre de la Justice, dans le cadre du Plaidoyer et Programme pour une alternative à la justice (PAJ). L’objectif était de rompre avec une justice élitiste et répressive pour promouvoir une justice ancrée dans les réalités communautaires et respectueuse des droits humains, en particulier ceux des paysans. Militant exceptionnel, il fut membre fondateur de l’Alliance nationale des organisations populaires (ANOP) et joua un rôle déterminant dans la structuration et l’orientation de l’ANOP/Nord en tant que conseiller et formateur. Il fut également cofondateur et soutien financier du projet Radio Révolte entre 2019 et 2020, un outil médiatique communautaire engagé destiné à porter la voix des sans-voix, à préserver la mémoire des luttes populaires et à construire une conscience politique collective. Pour Méhu, le micro était un espace de résistance, au même titre que le Parlement, le tribunal, les cercles de formation populaire, la cour et le péristyle. Engagement jusqu’au dernier souffle Dans les derniers moments de sa vie, malgré le diabète qui affaiblissait gravement sa santé, Méhu Milius Garçon resta pleinement engagé. Il travaillait avec plusieurs secteurs organisés, et en particulier avec l’équipe de Radio Révolte, à l’élaboration d’une stratégie visant à mettre en place la Haute Cour constitutionnelle d’Haïti, conformément à la Constitution de 1987 — une nouvelle tentative pour renforcer les institutions, l’État de droit, la démocratie et la souveraineté nationale. C’est au cœur même de ces réflexions et de cette planification qu’il nous a quittés. Le vendredi 25 décembre 2021, Méhu Milius Garçon est décédé dans un hôpital aux États-Unis, à l’âge de 71 ans. Héritage Il laisse derrière lui bien plus que des titres et des fonctions. Il laisse : Une éthique de combat et de responsabilité ; Une vision d’un État redevable devant le peuple ; Une lutte sans compromis pour l’éducation, la justice et la dignité humaine. Alors qu’Haïti traverse aujourd’hui l’une des plus graves crises de son histoire, la mémoire et la voix de Méhu Milius Garçon ne relèvent pas de la nostalgie. Elles constituent un appel à l’engagement, à la cohérence et à la fidélité aux principes, même lorsque cela expose à la violence politique. Méhu Milius Garçon ne meurt pas dans la lutte. Il circule dans chaque sursaut de dignité, dans chaque refus du silence, dans chaque bras qui se lève contre le détournement des fonds publics. Il vit dans chaque combat pour une éducation ouverte à tous et dans chaque voix de Radio Révolte qui, envers et contre tout, continue de dire la vérité. Honneur, respect et reconnaissance à ce grand camarade, ce pilier : Méhu Milius Garçon. Lorsque la nuit s’étire et semble vouloir engloutir l’horizon, il demeure cette certitude têtue : le jour finit toujours par renaître. Au nom de Méhu Milius Garçon et de tous les combattants et combattantes conséquents tombés pour la liberté, la lutte continue pour une autre Haïti. Méhu Garçon s’éteint à l’âge de soixante et onze ans, mais naît en même temps un modèle de principes et d’inspiration : celui de l’humaniste révolutionnaire qui, durablement, nous rappelle le sens de notre engagement et l’exigence de donner le meilleur de nous-mêmes dans la lutte pour l’émancipation des opprimés.
- Le parcours de Carl Fred Sainté, de l’ASGG de Grand-Goâve à la sélection nationale
Par: Thierry Antoine Michel.- D e Grand-Goâve aux projecteurs de la sélection nationale, Carl Sainté trace une trajectoire forgée par la constance et l’exigence. Formé à l’ASGG, il s’est affirmé très tôt comme l’un de ces joueurs capables de transformer un simple match de championnat en scène de révélation. Sa lecture du jeu, sa discipline et son sens du tempo ont rapidement attiré l’attention bien au-delà des limites de sa commune natale. Appelé chez les Grenadiers, il a porté le maillot national avec une humilité qui force le respect.Son ascension raconte une vérité trop souvent oubliée : la sélection haïtienne ne se nourrit pas uniquement de l’exil, mais aussi de ces joueurs façonnés dans les clubs du pays, où le talent se mêle à la résilience. Dans ce text publié en 2017, Thierry Antoine Michel se penche sur les premiers pas de Sainté, retraçant les débuts d’un joueur dont l’histoire rappelle que le vivier haïtien n’a jamais cessé de produire des trajectoires lumineuses . L e jeune grand-goâvien, Carl Fred SAINTÉ, est parmi les dix-huit (18) petits grenadiers retenus par l'entraineur Gabriel Michel pour le tournoi U15 de la CONCACAF. Né à Grand-Goâve le 9 Août 2002, Carl Fred SAINTÉ a intégré le centre FIFA Goal de la Croix des Bouquets en Août 2016. Il a réussi à se faire une place dans un groupe où la concurrence est de mise, au point d'être parmi les dix-huit (18) petits grenadiers qui vont défendre les couleurs nationales à Bradenton aux USA, du 13 au 19 de ce mois. L'entraîneur du groupe, Gabriel Michel, alias Tigana, a avoué être tombé sous le charme d'un joueur doué d'une polyvalence convaincante : "Carl Fred a connu une progression énorme lors de la dernière ligne droite de notre préparation et il est devenu un pion important dans notre groupe. Il fait partie d'un cercle très fermé de nos joueurs pouvant évoluer sur différents endroits du terrain. Nous allons l'aider à grandir dans ce groupe très prometteur," a martelé le technicien des petits grenadiers. Formé au sein de l'Académie Grand-Goâvienne des Espoirs du Football (AGEFOOT), Carl Fred se dit content de faire partie de ce groupe. "L'important pour moi est de faire partie de ce groupe et je suis content. Est-ce que je serai titulaire ou réserviste? A mon entraineur d'en décider. Oui, j'aimerais démarrer dans le onze (11) de départ dès notre première rencontre face au Nicaragua! Mais si ce n'est pas le cas, je resterai motivé sur le banc, afin d'effectuer des rentrées remarquables, pour aider mon pays à tenir son rang dans cette compétition," a fait savoir Tatoo , pour ses amis de l'AGEFOOT et Jovenel pour ses compagnons du centre FIFA Goal. Un bel avenir s'annonce pour l'enfant de la cité Franck Sylvain, lui qui souhaite marcher sur les traces de Valdo Normil.
- Le compas entre dans l’histoire : patrimoine immatériel de l’humanité
Allocution de Dre Maryse SAINT-PIERRE CYPRIEN, Ministre-Conseiller, Représentante de la Délégation Permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO 20e session du Comité Intergouvernemental de Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel New Delhi, Inde 10 Décembre 2025. Madame la Présidente, Madame la Secrétaire de la Convention de 2003, Distingués membres du Comité intergouvernemental, Excellences, Chers Collègues, Mesdames et Messieurs, Namaste Je prononce cette allocution au nom de Son Excellence Madame l’Ambassadeur, Lilas Desquiron. C’est avec une émotion authentique que la voix d’Haïti s’élève aujourd’hui pour saluer la reconnaissance du konpa au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, à l’occasion de ses 70 années d’existence. Une pensée spéciale pour un « mapou » du konpa direct qui vient de nous laisser, Dadou Pasquet, Paix à son âme. Le konpa est bien plus qu’une musique : il est le souffle d’un peuple, la pulsation d’une île où chaque note célèbre la vie, l’amour et la dignité. C’est une langue du cœur, un poème en mouvement, un dialogue entre les corps, l’âme et les étoiles. Il porte les rires et les luttes, les amours et les espoirs d’Haïti — mon pays qui, même dans la tourmente, a toujours su faire de la vie une danse. Dre Maryse SAINT-PIERRE CYPRIEN, Ministre-Conseiller,Représentante de la Délégation Permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO Né du dialogue entre les tambours d’Afrique et les vents de la Caraïbe, il a su tisser, au fil du temps, un langage universel de joie, de cohésion sociale et de résilience. En inscrivant le konpa sur cette prestigieuse Liste, vous honorez la créativité et la mémoire d’Haïti, vous célébrez la force tranquille de la culture, celle qui relie les générations, les îles, les continents. Vous rappelez au monde que la musique n’appartient à personne, qu’elle est un bien commun, un souffle partagé. Au nom du peuple haïtien, de nos artistes, nous remercions chaleureusement le Comité, le Secrétariat de la Convention de 2003, le Ministère des Affaires Etrangères et des Cultes, le Ministère de la Culture, l’ISPAN, la Commission nationale, les membres de la Délégation Permanente d’Haiti auprès de l’UNESCO, ainsi que toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, ont œuvré à cette inscription. Mesdames et Messieurs, Cette reconnaissance survient à un moment où Haïti retrouve également la scène sportive internationale en se qualifiant pour la Coupe du monde de football 2026, plus de cinquante ans après sa dernière participation. Oui, le soleil d’Haïti se tient aujourd’hui à son zénith. Ces avancées témoignent d’une dynamique collective et d’une volonté renouvelée de porter haut les couleurs haïtiennes dans le concert des nations. Puisse cette reconnaissance encourager le monde à écouter davantage les voix de nos traditions, à valoriser nos musiques, nos danses, nos langues et nos savoir-faire — ces trésors immatériels qui tissent le fil invisible de notre humanité commune. Vive Haiti, Vive le konpa, Et vive le patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Kounye a map envite nou gade ansanm avèm yon video, Ayiti sou konpa. Merci, Mèsi anpil. (Maintenant je vous invite à visionner une courte vidéo sur le konpa, Merci beaucoup). Je vous remercie.
- Le succès du football haïtien peut-il offrir une lueur d'espoir à une nation en crise ?
Par : Raphael McMahon*, Latin America Reports Le 18 novembre, les rues de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, ont été le théâtre d'un phénomène rare : des milliers d'Haïtiens ont célébré avec joie la qualification de l'équipe nationale haïtienne pour la Coupe du monde 2026. Cette qualification est historique, car pour la première fois depuis 1974, Haïti décroche sa place dans ce prestigieux tournoi. L'équipe haïtienne a validé son billet pour la qualification en s’imposant 2-0 face au Nicaragua, grâce aux réalisations de Louicius Don Deedson et Ruben Providence. La rencontre, disputée à Willemstad (Curaçao), s’est tenue à l’étranger en raison des problèmes de sécurité qui empêchent Haïti de recevoir ses matchs à domicile. Des bandes armées contrôlent la quasi-totalité de la capitale haïtienne. Le conflit entre ces bandes et les forces de sécurité nationales et internationales a déplacé près de 1,5 million d'Haïtiens Étonnamment, la crise sécuritaire a également empêché le sélectionneur haïtien, le Français Sébastien Migné, de fouler le sol haïtien. Malgré cela, grâce à Migné et à une pléiade de stars haïtiennes et de la diaspora, les Grenadiers ont terminé premiers de leur groupe de qualification, devançant le Honduras, le Costa Rica et le Nicaragua. Patrice Dumont, ancien sénateur haïtien de la ville de Léogâne, est un passionné de football de longue date. Commentateur sportif reconnu dans son pays, il est également professeur de sciences sociales, spécialiste des liens entre sport et relations internationales. Dans un entretien accordé à Latin America Reports, il a souligné que les victoires récentes de l’équipe nationale haïtienne rallument l’espérance et fortifient le moral d’un peuple éprouvé par la crise. Dumont considère le recrutement de joueurs talentueux issus de la diaspora comme un élément clé du succès des Grenadiers sous la direction de Migné. Selon lui, l’ancrage européen de ce dernier lui a permis de repérer plus aisément les meilleurs footballeurs d’origine haïtienne, en Europe et ailleurs. Parmi les joueurs actuels de l'équipe première d'Haïti figurent : Josué Casimir, qui évolue à l'AJ Auxerre (Ligue 1 française) Hannes Delcroix, qui joue pour le Burnley FC (Premier League anglaise) Jean-Ricner Bellegarde, milieu de terrain des Wolverhampton Wanderers en Premier League anglaise Cette sélection haïtienne est la première à compter trois joueurs issus des cinq grands championnats européens. C'est ce qui en fait, selon Dumont, « le meilleur groupe que nous [Haïti] ayons eu depuis au moins 20 ans » Cependant, Dumont souligne que les contributions des joueurs de l'équipe nés en Haïti et qui y ont perfectionné leurs compétences sportives ne doivent pas être sous-estimées : « Il faut préciser qu'il y a au moins cinq joueurs [dans l'équipe] qui ont appris à jouer au football en Haïti… [comme le milieu de terrain] Danley Jean Jacques, [le milieu de terrain] Leverton Pierre, [l'ailier droit Don Deedson] Louicius, [le défenseur Ricardo] Adé et [l'arrière droit Carlens] Arcus. » Dumont a également souligné la portée symbolique du succès de l'équipe haïtienne dans le contexte de la crise socio-économique et politique que traverse actuellement Haïti. « La crise [haïtienne] est multidimensionnelle… [et] profonde… il n’y a pas d’institutions démocratiques… il n’y a pas de sécurité… [et] les bandits contrôlent de vastes portions de territoire », a-t-il déclaré. Orchestre Tropicana L’ONU indique que près de six millions d’Haïtiens sont menacés par la famine, plus de 60 % vivent avec moins d’un dollar par jour, la majorité des structures de santé de Port-au-Prince sont paralysées, et la violence des gangs s’étend désormais au-delà de la capitale, jusque dans les zones agricoles. Face aux difficultés que traverse le pays, Dumont soutient que l'équipe nationale haïtienne est devenue un symbole particulièrement puissant, porteur d'espoir et fédérateur, car les Haïtiens de tous horizons ont constamment manifesté leur soutien à l'équipe « sur les réseaux sociaux… et dans les rues ». Cela s'explique en partie par la forte culture du football en Haïti. « Nous sommes un peuple avec une grande tradition de football », explique Dumont. « Si vous venez un jour en Haïti… vous verrez le nombre impressionnant de matchs de football, que ce soit à 4, à 6 ou à 11, joués tous les jours, partout dans le pays, sur de minuscules terrains. » La signification du 18 novembre, hier et aujourd'hui La victoire de l'équipe contre le Nicaragua le 18 novembre revêt une importance historique particulière, a déclaré Dumont. « La dernière bataille de la libération nationale [s'est déroulée à Vertières]… le 18 novembre. Là, les forces indigènes [d'Haïti] commandées par [chef de la révolution haïtienne et premier empereur d'Haïti] Jean-Jacques Dessalines ont triomphé des forces françaises.» La victoire des révolutionnaires haïtiens à la bataille de Vertières contre les forces de Napoléon en 1803 marqua la fin de la domination coloniale française sur l'île et donc la naissance de la première république dirigée par des Noirs au monde. Ce n'est pas la première fois que le football haïtien et la commémoration de cette bataille finale pour l'indépendance d'Haïti se trouvent liés. Dumont souligne qu'un autre des triomphes footballistiques les plus mémorables d'Haïti a eu lieu « à cette même date… en 1979… [lorsque] nous avons remporté la finale [du Championnat de l'Union caribéenne de football] 1-0 contre le Suriname et sommes devenus champions des Caraïbes ». Par conséquent, Dumont estime que la signification de la qualification d'Haïti pour la Coupe du monde dépasse le simple sentiment de célébration sportive. La diversité de l'équipe nationale haïtienne, dont les joueurs sont issus de la diaspora, des zones rurales et urbaines, est devenue un symbole de l'unité nécessaire à une renaissance nationale haïtienne. Ainsi, les joueurs haïtiens sont devenus un emblème de « l’esprit et de la conscience du peuple haïtien » eux-mêmes, conclut Dumont. Le rôle du football dans les conflits Il n'est pas rare qu'un joueur de football intervienne dans un conflit national. Après la qualification de son pays, la Côte d'Ivoire, pour la Coupe du monde 2006, Didier Drogba, l'ancien joueur vedette de Chelsea, a lancé un appel vibrant à la population ivoirienne, alors en proie à la guerre civile, l'exhortant à déposer les armes. Dans les semaines et les mois qui suivirent, le message fut diffusé en boucle dans tout le pays africain et, peu après cet appel, un cessez-le-feu fut déclaré. Dumont compare les efforts de Drogba aux efforts actuels des joueurs haïtiens pour guérir les divisions qui ont longtemps miné Haïti. « Les footballeurs haïtiens essaient de faire quelque chose de similaire [à Drogba] » en faisant circuler le hashtag #ouvèpeyia (en créole haïtien, #ouvrirlepays) sur les réseaux sociaux, a-t-il déclaré. Le slogan, partagé par « le peuple haïtien, les journalistes [et] les intellectuels » ainsi que par les joueurs, vise à exprimer le désir des footballeurs haïtiens de pouvoir se rendre en Haïti et de célébrer en toute sécurité avec leurs familles et leurs supporters. Cependant, la signification de ce slogan s'est élargie pour englober le désir haïtien de paix et de fin des violences sur l'île. Cependant, Dumont craint que les appels des joueurs ne restent vains. « Il y a une différence fondamentale entre le cas de la Côte d'Ivoire et celui d'Haïti. « Guillaume Soro [le chef de la coalition rebelle des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire (FNCI) pendant la guerre civile ivoirienne] n'était pas un gangster… et ses soldats n'en étaient pas non plus. » Dumont ajoute que le président ivoirien de l'époque, Laurent Gbagbo, ne l'était pas non plus. En Haïti, affirme Dumont, « ceux qui attaquent les civils, ceux qui incendient des maisons, sont des gangsters » qui ne s'intéressent à aucune idéologie. « Ils ne veulent que de l'argent, rien d'autre. » * Article initialement publié en anglais par Latin America Reports, traduit par Novavox.
- La Sélection nationale est la clé qui ouvrira notre pays/Seleksyon Nasyonal la se kle pou n louvri peyi a
V iktwa ki kalifye seleksyon nasyonal la pou mondyal 2026 la fè zèl pouse nan do Ayisyen toupatou sou latè tèlman kènou kontan. Sa fè ekzakteman 52 lane depi Ayiti te reponn prezan ak seleksyon Toup pou yo nan peyi Almay. Bèl fèt ki tanmen nan mitan Ayisyen apre siksè sa a di: nou te swaf lokazyon sa a tankou tè sèk kap tann lapli. Ak viktwa sa a, nou kanpe banda poun montre kijan nou renmen peyi nou : Explwa Grenadye yo leve figi n epi pèmèt nou respire anba kriz tout kalte kap kokobe demanbre n. Si nou mete ansanm tout eneji,tout fyete, tout lespwa viktwa sa seleksyon national pote, nou ka fè l tounen yon kle pou n louvri peyi a. Sèlman pa gen 18 Novanm san premye Janvye. Ayisyen dwe pote kole ansanm premye janvye 2026 pou bay Grenadye yo yon ochan nasyonal. Si nou tout pote kole, premye Janvye 2026 ap tounen dat Ayisyen te leve doubout pou wete peyi yo nan kriz epi vanse pou pi devan! La Sélection nationale est la clé qui ouvrira notre pays L a victoire qui qualifie la Sélection Nationale pour la Coupe du monde 2026 insuffle des ailes aux Haïtiens du monde entier, tant leur joie est immense. Cela fait exactement 52 ans que la sélection « Tout pou yo » a répondu présente en Allemagne. La liesse qui a saisi la nation après ce triomphe dit ceci : nous avions soif d’un tel moment, comme une terre sèche attend la pluie. Avec cette victoire, nous nous dressons pour affirmer, haut et fort, l’amour que nous portons à notre pays. Les exploits des Grenadiers relèvent nos visages et nous prêtent un souffle nouveau, nous élevant au‑dessus des tempêtes qui nous fracturent. Si nous mettons en commun l’énergie, la fierté et l’espérance que porte cette victoire de la sélection nationale, nous pouvons en faire la clé qui ouvrira notre pays. Il n’y a pas de 18 novembre sans le 1er janvier. Rassemblons‑nous le 1er janvier 2026 pour offrir aux Grenadiers une parade nationale. Unis autour de cet objectif, nous ferons du 1er janvier 2026 le jour où la nation s’est dressée pour rompre avec la crise et reprendre son chemin. The National Team is the key that will unlock our country The victory that qualifies the National Team for the 2026 World Cup gives wings to Haitians around the world, so great is their joy. It has been exactly fifty‑two years since the “Tout pou yo” team answered the call in Germany. The jubilation that seized the nation after this triumph speaks plainly: we had long been thirsty for such a moment, like parched land awaiting rain. With this victory, we stand tall to proclaim, loud and clear, the love we bear for our country. The Grenadiers’ exploits lift our faces and grant us renewed breath, raising us above the storms that threaten to tear us apart. If we pool the energy, pride, and hope carried by this national team's victory, we can make it the key that will open our country. There is no November 18 without January 1. Let us gather on January 1, 2026, to give the Grenadiers a national parade. United around this goal, we will make January 1, 2026, the day the nation rose to break free from this crisis and move forward. Ajoutez votre signature et, ensemble, gravons dans l’histoire l’exigence d’une parade nationale pour les Grenadiers. https://c.org/H6cMYc9Htn
- Déclaration du Renouveau Démocratique/ Deklarasyon Renouvo Demokratik
Par : Magdala Duclos & Bavinsky Simon. Unissons‑nous avec la sélection nationale pour ouvrir le pays Hier, 29 novembre, jour qui rappelle la tragédie de la ruelle Vaillant en 1987, où des militaires et des macoutes ont pris pour cible des électeurs aspirant à la démocratie, le Renouveau démocratique a lancé une mobilisation pour faire de la sélection nationale une clé pour l’ouverture du pays. L’objectif de cette mobilisation est d’offrir aux Grenadiers un hommage national d’envergure dans la ville du Cap‑Haïtien, le 1er janvier 2026. Cet hommage national nous permettra de consolider davantage l’amour et l’unité qui existent entre les Grenadiers et le reste du peuple haïtien. Cet hommage est une belle fête autour de la soupe joumou, comme ce fut le cas le dimanche 1er janvier 1804, après la victoire de la sélection nationale le 18 novembre 2025. Il n’y a pas de 18 novembre sans 1er janvier. L’hommage national est la clef qui ouvre la voie à une mobilisation à l’échelle du pays pour en finir avec la crise et le chaos. L’hommage national aux Grenadiers concerne tous les Haïtiens qui souhaitent l’ouverture du pays. C’est un cadeau que nous devons offrir aux Grenadiers pour saluer la façon dont ils restaurent notre fierté nationale C’est un beau présent que nous pouvons nous offrir, car aucun mur ne résiste à un peuple uni et confiant en sa force. Nous encourageons tous les Haïtiens à faire en sorte que 2026 ne ressemble pas à 2025. Nous les invitons au dialogue sur cette question, à signer la pétition, à constituer des comités et à commencer à prendre les décisions qui nous conduiront tous au Cap‑Haïtien le 1er janvier 2026. Nous appelons les Grenadiers, les responsables du football national, la mairie du Cap‑Haïtien, la mairie du Cap-Haïtien, la mairie de Port‑au‑Prince ainsi que tous les autres responsables patriotes à se mobiliser pour que cet hommage national devienne réalité. Tèt ansanm ak Seleksyon Nasyonal la pou n Louvri peyi a Ayè 29 Novanm nan ki raple masak Riyèl Vayan militè ak makout te fè nan lane 1987 kont sitwayen ki tap vote pou plante demokrasi nan peyi a, Renouvo demokratik te lanse yon mobilizasyon pou n fè Selesyon Nasayonal tounen kle pou n louvri peyi a. Objektif mobilizasyon se : bay Grenadye yon Ochan Nasyonal nan vil okap jou kap premye janvye 2026. Ochan nasyonal ap pemèt nou simante pi byen lanmou ak inite ki tanmen ant grenadye yo ak rès pèp Ayisyen an. Ochan sa you se yon bèl fèt soup joumou , jan sa te fèt dimanch 1e janvye 1804, apre viktwa seleksyon nasyonal la 18 novanm 2025. Pa gen 18 novanm san 1e janvye . Ochan nasyonal la se tou se premye kout kle nan jefò ki dwe tanmen toupatou nan peyi a pou kaba kriz epi wete peyi a nan kachouboumbe. Ochan Nasyonal pou Grenadye yo se zafè tout Ayisyen ki enterese nan koze Louvri peyi a . Se yon Kado nou dwe grenadye yo pou fason yo leve figi n. Se yon bèl kado nou ka fè tèt nou paske pa gen miray yon pèp ki ini epi ki gen konfyans nan fòs li pa kraze . Nou ankouraje tout Ayisyen potekole pou 2026 pa sanble ak 2025 . Nou ankoutraje yo dyaloge sou kesyon an , siyen petisyon, monte komite epi tanmen pran desizyon kap mennen nou tout okap 1e janvye 2026. Nou ankouraje Grenadye yo, reskonsab foutbol nan peyi a, meri okap , meri okay , meri potoprens ansanm ak tout lòt rekonsab ki renmen peyi a potekole pou n fè ochan nasyonal la tounen yon reyalite . Agissez dès maintenant. Faites entendre votre voix. Ajoutez votre signature. Aji kounye a. Fè tande vwa ou. Ajoute siyati ou. https://c.org/H6cMYc9Htn
- Entre servilité/domesticité & Honneur et Dignité
Par : Marcel Poinsard Mondésir Nous nous approchons sérieusement de la fin de l’année. Et les nuages s’amoncèlent sur notre République. On dirait que l’équation devient de plus en plus insoluble. Des dirigeants, hommes et femmes, qui ne savent pas s'ils/elles sont face à l’histoire. Une occasion en or se présente devant eux/elles pour écrire une page d’histoire. Les querelles intestines et les intérêts de clans leur font oublier le sens et la portée de l’histoire. C'est le moment, plus que jamais, pour un sursaut, un dépassement de soi afin d’arriver à une posture citoyenne, une posture d’hommes et de femmes d’État. La Nation, dans sa majorité compréhensive, leur donnerait le bénéfice du doute et ferait unité autour d’eux pour racheter l’honneur. Malheureusement, une fois de plus, l’attrait du pouvoir, la malhonnêteté, la soumission aux intérêts étrangers, la mainmise des oligarques et l’appât du gain de certains individus se prétendant hommes et femmes d’État contribuent à la lente agonie de notre État. On peut légitimement s’interroger sur leur capacité à promouvoir une culture d’honneur, de dignité, de civisme et de défense de l’intérêt collectif. Il est ahurissant d'entendre un Conseiller présidentiel se vanter d'avoir dans son ADN les intérêts du secteur privé, dont il ne saurait se séparer, au mépris du bien-être commun.C’est à ce spectacle de mauvais goût que nous assistons aujourd’hui. À chacun d’en tirer sa conclusion. Une chose est certaine, la servilité ne se récompense jamais.
- À quand une parade nationale pour les Grenadiers ?
Notre Éditorial , Par: Novavox .- Dans Othello de Shakespeare (Acte II, Scène 2), à son arrivée triomphale à Chypre, après la déroute de l’envahisseur turc, un héraut proclame : « C’est la volonté d’Othello, notre noble et vaillant général : à l’annonce de la destruction de la flotte turque, que chacun s’abandonne à la liesse. Que les uns s’élancent dans la danse, que d’autres allument des feux de joie, et que chacun trouve dans les réjouissances l’élan qui embrase son cœur ». Organiser des festins pour célébrer la victoire est une tradition immémoriale des communautés humaines. Le banquet ne se contente pas de célébrer : il transforme le triomphe en mémoire populaire, inscrivant la gloire dans le corps collectif. Car ni le héros ni la nation ne peuvent se satisfaire d’une victoire abstraite ; elle doit s’accomplir, s’incarner, se diffuser, pour que chacun en porte la cicatrice et la saveur. Aujourd’hui, Haïti doit écrire son propre chapitre dans cette noble tradition. L’équipe nationale a traversé la fatigue, les blessures et les doutes ; elle mérite désormais une célébration ardente. Sa victoire ne se mesure pas seulement au score. Elle brûle au creux du peuple qui refuse de céder. Par la danse, les tambours et les chants, la nation doit transmuter l’épreuve en couronne et la souffrance en fête, faisant de ce triomphe un feu commun qui dissipe la nuit et jette sa lumière sur l’avenir. Une parade nationale pour les grenadiers offrirait au peuple meurtri une catharsis collective Notre nation a récemment traversé des traumatismes profonds : enlèvements, déplacements massifs, tortures, agressions et violences sexuelles. Une parade des Grenadiers dépasserait la simple fête : elle agirait comme un acte de guérison nationale, un rite public où la douleur se transforme en courage et la mémoire en espérance. Sous le pas solennel des cortèges, le fardeau se partagera,la dignité se reconquerra et la nation rassemblée fera du deuil le germe d’un renouveau. Une parade nationale pour les Grenadiers constituerait un modèle positif pour les jeunes déboussolés. Une parade pour les Grenadiers deviendrait plus qu’un spectacle : elle se ferait levier d’éducation civique et sociale, proposant aux jeunes déboussolés des modèles vivants, des seuils ouverts sur des perspectives neuves et un horizon prometteur. En donnant à la jeunesse des images, des gestes et des récits de courage, de discipline et d’engagement au service de la communauté, elle se transformerait en une école de valeurs mise en scène, un théâtre public où l’on apprend à se tenir, à se reconnaître et à rêver un avenir commun. Une parade nationale ranimerait la dignité et la grandeur longtemps enfouies. Elle offrirait à la collectivité un moment solennel où l’histoire blessée se réinscrira dans une célébration partagée. Ce ne serait pas seulement le retour d’un faste public : ce serait une scène où la dignité retrouvée et la grandeur réaffirmée se donneront à voir, la réactivation d’un récit national qui redonnera sens aux gestes, aux symboles et à la fierté commune, et qui fera de la mémoire unifiée le socle d’un avenir reconstruit. Une parade nationale nous permettrait de retrouver le goût de la victoire La parade ferait office de récit visible : elle matérialiserait la victoire non comme un triomphe individuel, mais comme une conquête collective. Les drapeaux, les bannières et les gestes rituels transformeraient une émotion diffuse en image claire, celle d’un peuple capable de se relever et d’avancer. Ce langage symbolique parle aux cœurs autant qu’aux esprits et rétablit la confiance en des valeurs partagées. Que les rues deviennent une scène. Que la ville tout entière retienne son souffle. Que les confettis tombent comme des éclats de joie, et que les tambours résonnent, battements d’un cœur qui reprend force. Ce défilé devient notre littérature incarnée, un poème en marche : Haïti victorieuse, résiliente, vivante, chantant sa renaissance à chaque pas. Si le pays était dirigé, la parade serait un fait accompli ; il revient aux passionnés du football, aux patriotes et aux forces progressistes de pourvoir à ce manque. Nonobstant tout, c’est la volonté de la Sélection nationale d’Haïti, noble et vaillante, qu’à l’annonce de sa victoire éclatante, conquête arrachée au courage et à l’endurance, chacun s’abandonne à la liesse. Que les uns se livrent à la danse, que d’autres allument des feux de joie, et que chacun trouve dans les tambours, les chants et les réjouissances ce qui embrase son cœur. Car, au‑delà de ce triomphe sportif, c’est l’union du peuple et de son équipe que nous célébrons.
- CPT : la transition sans urnes, sans peuple, sans issue
Echec notoire du CPT dans la matérialisation d’élections crédibles à l’aube du 7 février 2026 / Violation des engagements de l’accord du 3 avril 2024 . Par: LE FRONT COMMUN DE LA SO CIETE CIVILE D’HAÏTI ( FROCOSCIH) Le Front Commun de la Société civile d’Haïti (FROCOSCIH), salue la Presse parlée, écrite, télévisée, numérique, la Communauté internationale et la Population haïtienne en général et tient à exprimer sa vive préoccupation et sa déception profonde face à l’incapacité persistante du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du Gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fis-Aimé à garantir la tenue des élections générales crédibles et transparentes avant le 7 février 2026, échéance pourtant cruciale pour le retour à l’ordre constitutionnel. Malgré les engagements publics, les promesses répétées et les nombreuses opportunités de consolider un calendrier électoral clair et techniquement soutenable, le CPT et son gouvernement ont échoué sur tous les plans. Ils n’ont pas su : respecter les engagements prioritaires de l’accord du 3 avril 2024 (sécurité, réformes constitutionnelles et institutionnelles, et élections générales) ; instaurer un climat propice à la tenue des élections libres, crédibles, inclusives et acceptées de tous, afin de remplacer les autorités intérimaires par des élus qui auront la charge d’affronter les problèmes fondamentaux auxquels le pays doit faire face ; renforcer la structure du Conseil électoral provisoire de manière transparente ; mobiliser efficacement les ressources humaines, financières et logistiques nécessaires ; engager un dialogue franc et constructif avec les acteurs sociaux et politiques. Ces échecs flagrants dans la conduite du processus électoral fragilisent davantage les institutions régaliennes du pays, la sécurité de la population et accentue la crise de légitimité de l’État Dans ce contexte nous invitons la société civile haïtienne, dans toute sa diversité, à engager un dialogue approfondi et responsable en vue de dégager un consensus autour de la désignation d’un Président issu de la société civile qui dirigera le pays conjointement avec un Premier Ministre technocrate, non affilié à un parti politique, chargé de constituer un gouvernement inclusif. À cette fin, le FROCOSCIH propose la mise en place d’un Exécutif de transition bicéphale, en remplacement du Conseil présidentiel de transition budgétivore (CPT) et du gouvernement en place. Cet Exécutif sera chargé de : Rétablir la sécurité et l’autorité de l’État ; Organiser les Élections générales. Le Front Commun de la Société civile souligne à l’attention du grand public que la stabilité politique et la tenue des joutes électorales dans un délai raisonnable sont des prérequis essentiels pour remettre Haïti sur le chemin de la reconstruction et de l’émergence économique. À cet effet, le FROCOSCIH réaffirme sa détermination à porter la voix des citoyens, à défendre la démocratie et à soutenir toute initiative permettant à Haïti de retrouver stabilité, cohésion sociale et perspectives de développement durable. Le Front Commun de la Société civile d’Haïti (FROCOSCIH) saisit l’occasion pour réitérer à la Presse parlée, écrite, télévisée, numérique, la Communauté internationale et la Population haïtienne en général les assurances de sa parfaite et patriotique considération.
- Dadou Pasquet s’en va, un monument de la musique haïtienne disparaît
Par : Jacques Charlemagne, Membre : Efforts Solidarité pour Construire une Alternative Nationale et Populaire (ESCANP) Réseau des Organisations de la Zone Ouest (ROZO) & Renouveau Démocratique (RED). La scène musicale haïtienne pleure la disparition d’un pilier inestimable. David « Dadou » Pasquet, un guitariste inspiré, compositeur élégant et esprit libre nourri de konpa, de jazz et de musique classique, s’est éteint. Sa disparition n’est pas seulement celle d’un artiste. Elle marque la fin d’une génération qui a hissé la musique populaire haïtienne au rang d’héritage culturel majeur. Avec Dadou, c’est une mémoire vivante, un style, une élégance, une exigence musicale qui quittent le présent pour entrer dans la légende. Un héritier du konpa, mais surtout un créateur Fils de la grande tradition musicale haïtienne, Dadou Pasquet n’a jamais été un simple exécutant du konpa. Il l’a transformé, modernisé, enrichi. Son jeu de guitare, reconnaissable dès la première mesure, demeure l’un des plus raffinés du paysage musical caribéen: phrases mélodiques limpides, technique classique, maîtrisée, voicings jazz d’une grande subtilité, sens du rythme exceptionnel, élégance sonore naturelle. Bref, Dadou n’interprétait pas la musique : il la sculptait. Des débuts marqués par la discipline et la virtuosité Issu d’un environnement où la rigueur comptait autant que la passion, Dadou développe dès l’enfance une formation solide. Sa connaissance des gammes, sa précision dans les arpèges, sa capacité à naviguer avec aisance entre les harmonies du konpa, les couleurs du jazz et la structure du classique témoignent d’une intelligence musicale rare. Très jeune, il est reconnu comme un technicien redoutable, mais surtout comme un musicien doté d’une sensibilité profonde, presque spirituelle. Un accompagnateur d’élite, un passeur culturel Sa carrière se distingue par une capacité unique à accompagner et magnifier d’autres artistes. Sa guitare ne prenait jamais toute la place, mais elle savait tout éclairer. Là où d’autres cherchent la lumière, Dadou créait un espace sonore harmonieux où tout le monde brillait. Au fil des décennies, il devient l’un de ces musiciens essentiels que l’on retrouve dans les concerts, les enregistrements, les grandes formations, toujours avec la même signature : sobriété, précision, chaleur. Un trésor de la musique haïtienne Par sa polyvalence et son exigence artistique, Dadou Pasquet incarne ce que la musique haïtienne a produit de plus précieux : une maîtrise technique irréprochable, une compréhension profonde des racines musicales,une ouverture sur le monde, une capacité rare à faire dialoguer les styles. Du konpa au jazz, du troubadour aux fusions contemporaines, Dadou offrait toujours un supplément d’âme. Il rappelait que la musique haïtienne n’est pas seulement festive : elle peut être savante, subtile, inventive. Brève biographie de Dadou Pasquet David « Dadou » Pasquet est né en Haïti au sein d’une famille où la musique tenait une place centrale. Très tôt initié à la guitare, il a développé une technique solide et un sens aigu de l’harmonie, se distinguant par sa capacité à fusionner konpa, jazz, musique classique et folklore haïtien. Il a fait ses premières armes dans des formations majeures et s’est imposé comme l’un des guitaristes les plus respectés du pays. Discret mais profondément engagé, il était aussi un pédagogue naturel, animé d’un constant désir de transmettre. Ses tournées, collaborations, albums et prestations scéniques ont fait de lui une référence de la guitare haïtienne moderne. Fidèle jusqu’au bout à son style, élégant, authentique et profondément humain, il laisse un héritage musical durable. Albums et collaborations de Dadou Pasquet Révélation (2012) — album solo qui dévoile un Dadou introspectif et virtuose. Bonjour Haïti (2017) - album personnel de 10 titres, avec des collaborations fortes : Toujou la (avec Tanya St-Val) Lespwa nan kè m (avec Darline Desca) M’pap janm bliye’w, Zansèt yo, Atis pou Ayiti, etc. Live en Martinique — un album live de haute intensité musicale. Dadou en Troubadour (2003) — exploration intimiste de ses racines acoustiques. Islam… (1993) — album qui illustre sa diversité harmonique. Cross Over (1985)** – période Magnum Band, fusion audacieuse konpa/jazz. Live at Berklee! (1992) — performance historique avec le Magnum Band à la Berklee School of Music. Collaborations, groupes et partenariats Co-fondateur du Magnum Band, aux côtés de son frère Claude “Tico” Pasquet. Ancien membre de Tabou Combo dans les années 1970. Collaborations importantes avec Tanya St-Val Darline Desca De nombreux chanteurs de konpa, troubadours et jazz au fil des années. Son influence traverse donc plusieurs générations de musiciens. La disparition d’un maître : un vide immense La perte de Dadou Pasquet ouvre un vide que la musique aura du mal à combler, surtout en matière de transmission. Il appartenait à cette lignée de maîtres qui enseignent en faisant vibrer leurs cordes. Sa présence sur scène, sa rigueur en studio et son sens de la nuance faisaient de lui un repère incontournable. Dans un pays secoué par les crises, Dadou incarnait un phare culturel, preuve vivante qu’Haïti sait produire des musiciens de stature mondiale. Un homme humble, discret, mais essentiel Sans bruit, sans scandale, sans posture, Dadou consacrait sa vie à la musique. Ceux qui l’ont côtoyé évoquent un homme d’une grande douceur, exigeant sans arrogance et profondément engagé dans le partage. Il a marqué autant par son art que par son humanité. Dadou Pasquet entre définitivement dans la légende La mort de Dadou Pasquet est un choc et un appel au souvenir. Lui rendre hommage, c’est reconnaître la place qu’il occupe dans notre histoire musicale : ses notes continueront de résonner, ses arrangements seront étudiés et sa signature restera une référence. Dadou nous quitte ; sa musique, elle, vivra toujours.











