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  • Inacceptable : le CPT et le gouvernement poursuivent leur œuvre totalitaire

    Par : Sonet Saint- Louis av, Professeur de droit constitutionnel à la faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d’Haiti. -PC: Novavox- Lorsque j'ai examiné pour la première fois le texte de l'avant-projet de Constitution endossé par le CPT et le gouvernement, je me suis dit : « Ce texte a été élaboré par des crétins-fraudeurs ». Bien que cette idée fût une vérité, je n'ai pas osé la dire publiquement. Car cette expression ne saurait être celle d'un professeur dont la mission est de permettre l'organisation du savoir. Ce matin, lorsque j'ai pris connaissance d'un décret publié par le gouvernement pour l'organisation d'un référendum constitutionnel visant à remplacer le texte fondateur de 1987, dans notre pays où l'ONU vient à peine de nommer un commissaire pour gérer son effondrement, j’ai alors réalisé que ceux qui gouvernent notre république ne valent rien et qu’il était temps que nous nous engagions dans une véritable radicalité pour mettre ces gens hors d'état de nuire. Ce sont des crétins, les mêmes qui, depuis trois décennies, fabriquent des textes qui brouillent la cohérence de notre système juridique national, coiffé par la Constitution en vigueur, œuvre du peuple puisqu’il en est à la fois l’auteur et le rédacteur. Ce texte est tellement dépourvu de toute valeur qu’il est inutile de le soumettre à la correction : il est bon pour la poubelle. Bêtises sur bêtises Trois exemples traduisent la grande imbécillité des rédacteurs de ce texte. La première : ils ont « harmonisé » les mandats des parlementaires, les réduisant à cinq ans. Or, la Chambre des députés fonctionne comme une législature. Le mandat de la Chambre des députés constitue une législature. Il n’en est pas de même pour le Sénat. Cette branche législative ne forme pas une législature : elle siège en permanence. On ne peut pas harmoniser le mandat des sénateurs avec celui des députés. La permanence du Sénat s’explique par son renouvellement par tiers tous les deux ans. Il n’y a pas de discontinuité dans la permanence du temps. Le temps du Sénat est infini et ne s’arrête pas. Donc, il y a absence de succession. Or, pour la Chambre des députés, une législature succède à une autre. Ils doivent lire Emmanuel Kant. Une Constitution est avant tout une œuvre philosophique avant d’être juridique. La deuxième faute, tout aussi grotesque, relevée dans ce fameux avant-projet concerne l’instance chargée du contrôle de la conformité à la Constitution. Ces « constituants » ont institué un Conseil constitutionnel chargé d’assurer la suprématie de la Constitution et de la loi, tout en maintenant un pouvoir judiciaire indépendant, dont les juges ne sont désignés ni par le suffrage universel direct, ni même au second degré. En droit, les règles et les institutions sont toujours liées à une philosophie ou à une théorie. Un pouvoir judiciaire, à côté d’un Conseil constitutionnel, c’est carrément du bricolage. Les constituants autoproclamés doivent d’abord étudier le réalisme juridique, ce courant théorique développé aux États-Unis, pour comprendre pourquoi notre Cour de cassation est une Cour suprême dans notre pays, traditionnellement un État unitaire. Les emprunts maladroits ne peuvent aboutir qu’à une situation de chaos juridique, synonyme d’instabilité permanente.Pourquoi avoir critiqué dans le temps le président Jovenel Moïse si c’est pour reproduire ce qu’il avait initié ? La troisième contradiction que tout un chacun peut constater, c’est que le CPT, bien qu’il n’ait aucun lien avec la Constitution, a vu ses membres prêter serment sur ladite Constitution. Il s’y réfère pour fonder juridiquement ses décisions depuis son installation. Voilà qu’aujourd’hui, par un décret référendaire, le CPT met fin à l’existence de la Constitution de 1987, qui régit encore l’État. Quel paradoxe ! Non à l’inadmissible! Face à la déstabilisation de l’État, nous avons l’obligation patriotique et citoyenne d’organiser la révolte partout dans le pays pour faire partir ces corrompus et vendeurs de patrie, en mission pour des intérêts étrangers, avant que l’inadmissible ne soit commis. Chez moi, dans mon quartier, il n’y aura pas de bureau de vote car je ne peux pas cautionner cette imposture. Il devrait en être ainsi dans tout le pays. Dans ce contexte de trahison politique et de démantèlement institutionnel, il ne s’agit plus de commenter ou d’argumenter. Il s’agit d’agir. Refuser de cautionner cette imposture, refuser de collaborer à un simulacre de démocratie, c’est déjà poser un acte de souveraineté. Partout où le peuple est encore debout, il doit dire non. Non à la manipulation, non à l’effacement de la volonté populaire, non à la liquidation de notre histoire constitutionnelle. Ce combat ne peut être ni passif ni improvisé. Face à la bêtise de nos élites, nous sommes acculés à l’insoumission : elle seule peut nous protéger — à condition d’être lucide, organisée et enracinée dans l’intérêt national.

  • L’ONU abat ses cartes et met la charrue avant les bœufs

    Par : Michel Legros, Sitwayen pou Respè Konstitisyon -PC: Novavox- Men li fout ! Le 2 juillet 2025, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a nommé le Mexicain Carlos G. Ruiz Massieu nouveau Représentant spécial en Haïti et Chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Il succède à María Isabel Salvador, dont le passage illustre bien le concept de fainéantise diplomatique. M. Ruiz Massieu n’est pas un inconnu dans les cercles diplomatiques onusiens. Il vient de passer six années en Colombie, où il dirigeait la Mission de vérification de l’ONU, chargée de suivre l’application de l’accord historique de paix entre le gouvernement colombien et les FARC. Il a aussi joué un rôle dans les pourparlers avec l’ELN et d’autres groupes armés. Son profil est donc celui d’un médiateur expérimenté dans des contextes post-conflit, où le dialogue politique avec des forces autrefois hostiles est crucial. Mais que vient-il faire en Haïti ? Quel accord de paix est-il censé superviser ? Car, à la différence de la Colombie, Haïti ne sort pas d’une guerre civile formelle. Elle a, sur fond d'une violence criminelle inouïe, basculé dans l’anarchie, avec l’implosion de l’État, l’expansion des groupes armés, l’effondrement de l’économie et la perte totale de confiance dans les institutions. Il n’y a pas ici de table ronde possible entre un gouvernement légitime et une opposition armée représentative : il y a un vide de pouvoir qu’une entité de transition imposée par des acteurs extérieurs, le Conseil Présidentiel de Transition, n’arrive pas à combler. La nomination d’un diplomate spécialisé dans les processus de paix soulève bien des interrogations : faut-il désormais considérer Haïti comme un territoire en guerre ? Si oui, alors avec qui négocier la paix ? Y a-t-il des interlocuteurs légitimes pour ce faire ? Va-t-il falloir ouvrir des négociations avec les chefs de gangs ? Le BINUH, bras politique des Nations Unies, entend‐t-il faciliter un "accord politique" entre un CPT discrédité et des groupes armés responsables de crimes de masse ? La dernière offensive de Viv Ansanm — qui a pris La Chapelle avant d’aller attaquer Lascahobas — n’est peut-être pas un simple épisode de plus dans l’effondrement en cours, mais bien un signal lourd de sens. Il pourrait s’agir d’un nouvel avertissement des Nations Unies à ceux qui persistent à refuser ce message constant, véhiculé depuis plusieurs années, soit par le biais d’intermédiaires haïtiens, soit par des canaux plus directs : il faut composer avec les gangs. Ces groupes armés, longtemps tolérés, parfois encouragés ou instrumentalisés, seraient devenus des interlocuteurs incontournables dans la perspective onusienne. Ce scénario, aussi cynique qu’inquiétant, suggère que la consolidation de leur pouvoir ne relève plus d’un aveu d’impuissance, mais bien d’un choix délibéré, assumé par ceux qui, tout en prétendant aider, pilotent le naufrage depuis l’ombre. Dans un tel contexte, le mandat de Carlos Ruiz Massieu risque fort de dépasser le cadre habituel d’un accompagnement technique ou électoral. S’il est envoyé pour construire une paix durable, encore faut-il qu’existe une volonté sincère de stabilisation et d'en finir avec le chaos haïtien. Faute de quoi, ce ne sera qu’un échec supplémentaire de l’ingérence onusienne dans un pays Haïti devenu laboratoire d’expérimentations politiques. L’homme des accords de paix en Colombie viendrait-il, en Haïti, arbitrer un accord d’impunité ? Ou vient-il tout simplement, après une si longue mission ininterrompue, bénéficier d’un congé sabbatique, comme cela se pratique parfois après six années de service ? Ses supérieurs savent bien qu’à l’impossible nul n’est tenu. Bien souvent, les postes diplomatiques en Haïti relèvent plutôt de la sinécure. En ce cas, la descente aux enfers risque de se prolonger encore plusieurs années. Le plus sage serait de déclarer ce Monsieur persona non grata et de demander purement et simplement le retrait du BINUH.

  • Scandale et spectacle : Guadeloupe dénonce la dette coloniale avec DETTE

    Message du Kolektif Kont Ranson 1825 À l’occasion de la Première de la création théâtrale « DETTE »– Guadeloupe, 4 juillet 2025. -Affiche Théâtrale- Cher/es camarades de la Guadeloupe, cher/es camarades de la Martinique Quelques secondes avant que le rideau ne se lève, Le Kolektif Kont Ranson vous souhaite : Bon théâtre. Bon retour au passé. Car ce soir, En un rien de temps, Vous revisiterez l’histoire sombre des captifs africains, Leur épopée de 1804, Et l’ombre portée de l’ordonnance de 1825 — Ce décret qui tenta d’effacer la lumière. Nous avons envie de vous dire ce soir 1804, ce n’est pas qu’une date, C’est une brèche dans l’histoire, Un cri de liberté, Un souffle de dignité. Haïti devient alors Terre d’accueil pour les opprimés, Nation d’intégration, Offrant la nationalité aux Allemands, aux Polonais, Flambeau de solidarité internationale, Soutenant la République dominicaine, Les peuples latino-américains, Même la Grèce en quête d’indépendance. Ce soir, par le truchement de l’art, - ou, par souci de précision, par le théâtre - défilera devant vous l’histoire… Trois siècles d’esclavage, Luttes de l’indépendance, Epopée de 1804 contre l’ordre esclavagiste Et l’ordonnance de 1825 Vient tuer le symbole de 1804, Étouffer l’espoir, Transformer la liberté en rancon. Ce soir, seul l’art peut tout faire revivre En un rien de temps. Comme Picasso à Guernica, Brandissant son pinceau contre l’horreur, En geste de solidarité avec les camarades espagnols Qui luttent pour une humanité égalitaire et solidaire Comme Paul Éluard, Mettant des mots sur les cendres de Guernica pour dire non au génocide, non à l’oubli Comme Brecht, Qui refuse l’illusion pour éveiller la conscience. Guy Lafages, par les mots, par le corps, en somme, par le théâtre Vous invite à saisir la rançon de 1825, À voir comment le bourreau Crée le langage : Ordonnance. Dette. Silence. Et l’impose. Ce soir, nous avons envie de vous dire La restitution n’est pas une faveur, Ce n’est pas de l’aide humanitaire, Ce n’est pas de l’assistanat. La restitution n’est-elle pas une façade destinée à dissimuler les intérêts de classe, précisément au moment où le néocolonialisme commence à balbutier, ou aujourd’hui, alors qu’il s’impose comme norme. La restitution n’est rien d’autre que le strict minimum Car comment évaluer Les enfants privés d’école ? Les forêts rasées pour payer ? Les campagnes appauvries au profit des banquiers ou commerçants français, et — toute proportion gardée — au bénéfice des élites possédantes haïtiennes. Comment alors évaluer les tortures, les crimes, les silences ? Ce soir, le Kolektif Kont Ranson a envie de murmurer - voire de paraphraser Pablo Neruda - pour dire : Rien, pas même quelques centaines de milliard d’euros, ne peut effacer la rançon de 1825 Ecoutez donc murmurer Pablo « Trop de tombes, Trop de martyrs, Trop de bêtes au galop à travers l’étoile ! Rien, pas même la victoire, Ne pourra effacer ce terrible trou de sang. » Voyez-vous! Rien n’efface l’ordonnance 1825. Mais ce soir, Vous êtes là. Vous écoutez. Vous regardez. Vous vous souvenez. Et pour cela, Le Kolektif Kont Ranson vous dit : Merci pour votre solidarité. Bon théâtre.

  • L’Amérique gèle

    Par : Novavox, Notre Éditorial.- -PC: Novavox- L’Amérique gèle. ICE n’est pas qu’un acronyme — c’est une température morale. Et face à cette glace, les Haïtiens opposent la chaleur d’un peuple qui refuse de mourir en silence. L’ICE n’est pas qu’une agence : c’est une vague de froid institutionnel qui pétrifie chaque dossier, chaque refus de séjour et chaque renvoi. Sous son souffle polaire, l’humanité des exilés se fige. Les récits individuels se cristallisent en statistiques impassibles, dépourvues de tout élan de compassion. Aux dernières nouvelles, le « Big Beautiful Bill » adopté par le Congrès américain alloue huit milliards de dollars pour recruter dix mille agents supplémentaires au sein d’ICE. Alors que la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti atteint des sommets inédits, Donald Trump glorifie ICE comme la panacée pour répondre aux « enjeux haïtiens » et gérer la situation de milliers d'Haïtiens établis aux États-Unis. Cette position fait fi de toute approche humanitaire, réduisant une tragédie humaine à une opération policière. ICE : l’autre nom de l’exil haïtien Les Haïtiens de la diaspora vivent aujourd’hui dans la crainte permanente d’ICE, hantés par la perspective d’un renvoi qui les replongerait dans l’enfer qu’ils ont fui. Nombre d’entre eux sont arrivés aux États-Unis pour échapper à la violence des gangs, espérant y trouver un refuge et des cieux plus cléments. Ils découvrent désormais que la froideur bureaucratique d’ICE peut se révéler aussi impitoyable que les calibres qui régnaient sur leur pays d’origine. Témoignages de la diaspora « Chaque sirène d’ICE me renvoie à la peur des balles ; je tremble encore plus à l’idée d’être interpellé sur un simple contrôle routier. » — Yvette M, 42 ans, Miami (FL) « En Haïti, je craignais les impitoyables barons de la drogue ; ici, je crains qu’un tampon sur un dossier ne me condamne à repartir les mains vides. » — Alexandre S., 27 ans Houston, TX) « Je me cache dans le moindre recoin de New York, comme je me dissimulais dans les ruelles de Port-au-Prince pour échapper aux hommes armés. » — Denise N., 36 ans, Brooklyn (NY) « À chaque tremblement de vitre au petit matin, je me dis Qu 'ICE est venu frapper à ma porte ; le sommeil est un luxe qu’on ne se permet plus. » —Adrien G., 54 ans, Los Angeles, CA) Ces voix, parlées dans l’ombre d’un système qui gèle les espoirs, nous invitent à reconnaître la dignité même de ceux que l’on menace d’expulsion. Comprendre Qu' ICE est une force capable de briser des existences, c’est peut-être le premier pas pour construire, ensemble, un accueil plus juste. Le brasier de la résistance haïtienne Confrontés au frisson glacial de la tyrannie, les Haïtiens rallument un brasier de résistance, où une solidarité communautaire, foyer intergénérationnel, transforme la douleur en espérance, tandis que tambours et chants, véritables fournaises sonores, exhalent la fierté d’un peuple debout — comme l’a magnifiquement incarné le Festival BAYO au Barclays Center de Brooklyn . Plus encore, face aux rafles d’ICE, les Haïtiens se dressent en véritables remparts vivants, transformant chaque coup de filet en un acte de résistance collective, nourri par la mémoire et l’espérance. Dans le cœur de Flatbush, à Brooklyn, des agents d’ICE ont voulu cibler la communauté haïtienne lors d’une opération sournoise : à peine la nouvelle de la rafle a-t-elle circulé que les voisins, fidèles à l’esprit de résistance né en 1804, se sont dressés en une digue humaine, repoussant les arrestations et transformant la peur en acte de solidarité. Cette riposte spontanée, saluée comme un parfait exemple de résilience communautaire, a prouvé que la mémoire de leur lutte demeure vive, de Port-au-Prince à la Grosse Pomme. À Chicago, la trame s’est révélée plus perfide : le 4 juin 2025, des immigrants – dont plusieurs Haïtiens – ont reçu par SMS de fausses convocations les invitant à un banal “check-in” auprès de l’ISAP. Une fois sur place, ils ont été brutalement appréhendés sans avertissement. Des cliniques d’avocats pro bono se sont mobilisées pour déposer des recours en urgence. Des élus – dont Anthony Quezada – ont porté la voix des familles devant les tribunaux et ont transformé les manifestations en tribunes pour dénoncer la « tactique déloyale » d’ICE. Ensemble dans l’action, effaçons les ombres de l’angoisse Pour faire fondre ce climat d’injustice, il est essentiel de : Mobiliser les diasporas en réseaux de solidarité, pour rompre l’isolement des migrants en situation précaire. Documenter et rendre visibles chaque cas de détention et d’expulsion, exposant l’injustice au grand jour. Publier sur les réseaux sociaux témoignages, récits et vidéos, transformant le silence en fontaine de chaleur virtuelle. Sensibiliser les élus locaux : inviter des témoignages vivants au conseil municipal. Inviter artistes et écrivains à forger des œuvres visuelles et littéraires, capables de fissurer la glace morale. Organiser veillées culturelles et rencontres festives, véritables braseros collectifs contre l’indifférence. Tisser des alliances stratégiques entre associations de défense des droits civiques et mouvements haïtiens, érigeant un front uni. En conjurant l’hiver moral imposé par ICE par le feu d’une flambée collective, les Haïtiens convertiront le gel en un brasier flamboyant de révolte : une chaleur, forgée par des siècles de lutte, apte à fissurer l’inflexibilité bureaucratique et à fragiliser l’appareil répressif. Édifions, sur les trottoirs, dans les prétoires et au fil des veillées culturelles, le manifeste de notre diaspora : préserver la dignité et conquérir un accueil digne et humain. Unissons nos braseros d’espérance pour liquéfier l’injustice et rallumer, au cœur de l’Amérique, la flamme d’une hospitalité authentique. Rassemblons en concertation cliniques pro bono, autorités religieuses, artistes, intellectuel·le·s et organisations communautaires et progressistes : ensemble, faisons reculer l’injustice et ravivons la flamme de l’espérance pour nos milliers de frères et sœurs aux États-Unis.

  • Peau noire, menottes blanches : l’Amérique déporte en silence

    Les États-Unis, l’immigration et le visage changeant de l’Amérique : ce que doivent savoir les Haïtiens et les immigrants non blancs  Par : Joseph Georges Duperval , Coordonnateur Général de Bâton Jenès la. -PC: Novavox- Depuis plusieurs années, les États-Unis traversent une profonde transformation démographique. La population du pays devient de plus en plus diverse et, aujourd’hui, la majorité des enfants nés sur le sol américain ne sont plus blancs. Cette évolution est confirmée par les statistiques de 2023 aux États-Unis, après des recherches approfondies. Cependant, face à cette réalité, certains politiciens, notamment l’ancien président Donald Trump et une partie de son entourage politique, ont mis en place ou proposé des mesures pour ralentir ou inverser cette tendance. Leur objectif principal est de limiter l’arrivée et l’installation des immigrants non blancs tout en encourageant l’immigration de personnes blanches et qualifiées venant d’Europe ou d’autres pays « occidentaux ». Depuis son premier mandat, Trump a cherché à réduire drastiquement l’accès au sol américain pour les réfugiés et demandeurs d’asile. Les quotas pour les réfugiés venant d’Haïti, d’Afrique ou du Moyen-Orient ont été sévèrement réduits. Les critères pour obtenir une carte verte (résidence permanente) sont devenus plus stricts, pénalisant particulièrement ceux qui sont considérés comme une « charge publique », c’est-à-dire des personnes qui risqueraient d’avoir besoin d’aides sociales. Ces mesures visent en grande partie les immigrants pauvres et non blancs, qui n’ont souvent pas les mêmes ressources ou diplômes pour passer les nouveaux critères. De plus, l’administration Trump a encouragé et facilité les expulsions de sans-papiers, ciblant principalement les migrants venus d’Amérique centrale, d’Afrique et des Caraïbes. La frontière sud avec le Mexique est devenue un symbole fort de cette politique, marquée par la construction du mur et la multiplication des contrôles. En parallèle, Trump et ses partisans ont ouvertement exprimé leur volonté de favoriser une immigration dite « au mérite », inspirée du modèle canadien. Cette approche met en avant les diplômes, les compétences professionnelles, la connaissance de l’anglais, et le potentiel économique, des critères qui favorisent largement les candidats européens ou originaires de pays riches. On se souvient d’ailleurs qu’en 2018, Trump avait choqué la planète en déclarant qu’il préférait « plus d’immigrants venant de Norvège » plutôt que des pays qu’il avait qualifiés de « shithole countries », visant notamment Haïti et plusieurs pays africains. Ces déclarations ne sont pas de simples provocations : elles traduisent une vision politique et idéologique visant à préserver la domination démographique blanche aux États-Unis. Il faut pourtant comprendre que ces mesures, aussi brutales soient-elles, ne suffiront pas à arrêter le changement démographique américain. Aujourd’hui, la majorité des enfants non blancs sont déjà nés sur le sol américain. Ces jeunes représentent l’avenir du pays, et leur présence reflète une société en constante évolution. Même en réduisant drastiquement l’arrivée de nouveaux migrants, il est presque impossible d’inverser cette transformation profonde. Pour les communautés haïtiennes et autres immigrants non blancs, il est essentiel de comprendre cette stratégie et de rester vigilants. Il ne faut pas se laisser tromper par les discours politiques qui promettent « l’ordre » et « la protection des frontières » tout en masquant une volonté d’exclusion raciale. Cette politique sélective a pour but de freiner l’influence grandissante des communautés non blanches et de maintenir une illusion d’Amérique « blanche et homogène » qui ne correspond plus à la réalité. Aujourd’hui plus que jamais, la solidarité, l’information et la participation civique sont des armes indispensables pour protéger nos droits. Les communautés haïtiennes, africaines, latino-américaines et asiatiques doivent se soutenir, se mobiliser, s’inscrire pour voter, s’organiser et exiger le respect de leurs droits. Il faut aussi rappeler aux nouvelles générations l’importance de l’éducation, de la participation politique et de la cohésion communautaire, car l’avenir de l’Amérique leur appartient aussi. L’histoire montre que la diversité a toujours été la plus grande richesse des États-Unis. Malgré les discours de peur et les politiques d’exclusion, cette force de transformation continue d’avancer. Le visage de l’Amérique change et continuera de changer. Il appartient à chacun d’entre nous de faire entendre sa voix, de défendre sa place et de contribuer à construire une société plus juste et inclusive pour tous.

  • Tèt Ansanm pou n wete Ayiti nan move pas : kijan ak kiyès ?

    Repons pou ASO ak lòt òganizasyon chanjman Plimeyank : Wilfrid Suprena, Renouvo Demokratik. - PC: Novavox- Inite, wi ... Men Se ki inite? Inite nan teyori oubyen nan pwatik... ? Inite sou pwogram e aktivite oubyen sou pawòL...? Kwakilanswa òganizasyon politik ( adwat oubyen agòch) ki sòti nan klas mwayèn Depaman an k ap mande Chita , inite “ pami fòs progresis yo se sou aksyon pou nou wè Kòman yo pway demele gèt a yo..Kòman n ap demele gèt an nou Kòman , ki sa , ki èstrikti y ap mete an plas pou ede popilasyon an goumen kont montay fatra ki prèske tounen Vòlkan nan chak gran Vil yo..? Ki èstrikti sivil/militèr y ap vin kowòdone pou ede popilasyon an Fwape ake sazinèr /Kidnapèr / tout kalite trafikan k ap montre tout lajounen kantite lajan yo ranmase nan move zak e k ap prepare yo pou vin pwan pouvwa sou pretèks y ap fè Revolisyon..? ⁠Ki plan diplomatik k ap mete kanpe ansanm pou kómanse netralize fòs yo ki pway mete ansanm pou atake pouvwa k ap akote popilasyon an pou destabilize y Epi ranvèse y. ? Inite nan peryòd gwo kriz sosyo ekonomik e politik pa Konstwi nan bèl Bel pawòl, ni nan bèl teyori, ni nan chita pale anpil, ni nan konèksyon … Men nan aksyon klèr, Vizib , enspiran kote Pèp la ka pwan konfyans de fòs èy pou pwòp enterè y e non pou enterè lòt klas ake peyi etranje.. Moun sa yo k ap mande inite a pa Gen lasimòk ase pou yon òganizasyon ta va èy fè menm yon pa kita ake yo… Ale wè pou yon pa Nago… Titalèr Ou tande nwan yo nan kabinè Prezidan Tranzisyon, Pwemye minis tranzisyon…Dirèktèr Jeneral tranzisyon… Vrè progresis yo nan prizon pou ennan enjou… Pa kouri presipite.. Ann kontinye batay pou mete kanpe òganizasyon peyzan janm, òganizasyon travayèr djanm, òganizasyon etidyan djanm, òganizasyon fanm djanm, òganizasyon nan Sèksyon riral yo, òganizasyon nan katye popilèr yo, òganizasyon polisye ake militèr ki sòti nan matris Pèp la e ki kwè nan yon vrè chanjman andedan peyi a e ki pap kite gouvènman peyi etranje, sèvis sekrè peyi etranje, ake politisyen sankoutcha lokal detounen yo… Se travay sa ki nesesèr nan moman an e se li k ap bèy Rezilta dirab nan tan k ap vini yo...Inite a posib, wi.Nan mitan progresis yo nan pwatik konstriktif k ap bèy Rezilta Vizib. Pa nan bèl pawòl.. Inite a posib , wi ant Patryòt yo, progresis yo, revolisyonèr tout plim , tout plimay ki mete “ dogme “ a kote e ki deside poze aksyon k ap rasanble moun . Ti aksyon, gwo aksyon k ap rebèy mas polilèr yo konfyans. Nan tèt a yo. Nan peyi a. Nan lavni an pou yo Konstwi yon lòt sosyete Aysyen ake fòs Kouraj a yo… Viv yon inite Aktif e Mobil..

  • On ne peut pas reconstruire Haïti avec ceux et celles qui l’ont détruit

    Par: J oseph Georges Duperval, Coordonnateur Général de Bâton Jenès La. -PC: Novavox- Depuis plus de quatre ans, Haïti vit plongée dans une crise sans précédent, une crise qui dépasse largement la simple absence de gouvernance. Nous assistons à un effondrement total de l’État, planifié, entretenu et accepté par ceux-là mêmes qui se proclament aujourd’hui sauveurs. Cette faillite collective, doublée d’un cynisme orchestré, nous rappelle une vérité fondamentale : on ne peut pas reconstruire Haïti avec ceux et celles qui l’ont détruite. À chaque nouvelle phase de chaos, nous voyons réapparaître les mêmes visages, les mêmes groupes politiques, sous des étiquettes différentes, convoquant assises, forums et conventions. Ils proposent des « nouvelles feuilles de route », des « sorties de crise », des « gouvernements de consensus », tout en se battant pour obtenir l’aval des chancelleries étrangères et le feu vert du Core Group. Ce cycle est un piège dans lequel notre peuple retombe encore et encore. Au lieu de construire une véritable alternative unifiée, ces acteurs choisissent la division, mus par la recherche de visibilité et d’avantages immédiats. Derrière chaque forum, se cache la quête d’un poste ministériel, d’une promesse d’ambassade ou d’une rente politique. Ce n’est pas le peuple qu’ils cherchent à sauver, c’est leur place à la table des négociations. Haïti est aujourd’hui un corps meurtri, un peuple blessé et humilié, abandonné à la merci de gangs armés qui règnent sur les quartiers populaires, d’une élite économique complice, et d’un pouvoir politique corrompu et illégitime. La population est prise en otage entre la peur, la faim et la trahison des élites. Pendant que des enfants meurent de malnutrition et que des mères pleurent leurs fils disparus, ces prétendus leaders s’adonnent à des jeux d’influence et à des marchandages stériles. Ce constat accablant appelle une seule réponse : il est temps de tourner la page de toute une génération de politiciens. Nous devons rompre définitivement avec ceux et celles qui, depuis trois décennies, ont compromis l’avenir du pays pour servir leurs intérêts personnels. Le sang neuf dont Haïti a besoin, ce sont ces jeunes, ces professionnels, ces paysans, ces universitaires et cette diaspora qui refusent de baisser les bras. Le changement réel ne pourra venir que d’une force populaire unifiée, portée par une seule voix claire et ferme. Il faut regrouper toutes les forces vives sous un label unique, non pas pour renégocier un partage de pouvoir, mais pour exiger le départ immédiat du Conseil présidentiel de transition et du Premier ministre actuel. Une seule plateforme nationale, soutenue par la population et les Haïtiens de l’extérieur, doit porter cette exigence devant la communauté internationale, non pas pour mendier une solution, mais pour imposer notre souveraineté. Haïti ne se relèvera pas sous la tutelle déguisée de l’OEA, de la CARICOM ou du Core Group. Nous devons cesser d’attendre que d’autres décident pour nous. C’est à nous de présenter une transition haïtienne, conçue par des Haïtiens, pour les Haïtiens. Nous devons passer de la parole aux actes. Cela implique de mobiliser la rue, d’occuper les places publiques, de mettre la pression sur les acteurs internationaux pour qu’ils accompagnent la volonté populaire et non pour qu’ils imposent des solutions importées. Nous devons établir des comités citoyens de vigilance, protéger nos quartiers, reconstruire nos communautés et restaurer notre dignité collective. Il est temps d’oser la rupture. Il est temps d’oser rêver une Haïti différente, et surtout, d’oser la construire avec un nouveau leadership, honnête, courageux et profondément enraciné dans l’amour de la nation. Aujourd’hui, nous devons dire non à tous ceux qui prétendent nous représenter sans jamais nous consulter. Non à ceux qui pactisent avec les bandits et vendent notre futur à l’enchère diplomatique. Oui à une génération nouvelle qui refuse la compromission et qui est prête à se battre pour la liberté, la justice et le développement réel. Nous avons un devoir moral envers nos enfants et les générations futures. Nous devons leur offrir une Haïti digne, forte et souveraine. Et pour y arriver, il faut du sang neuf, une vision nouvelle et une détermination sans faille. Nous n’avons plus le luxe du temps. L’histoire nous regarde. Le peuple attend. Et la patrie nous appelle.

  • 4 Juillet : barbecue, drapeaux… et amnésie collective

    Notre Éditorial, Par : Yves Pierre, Politologue. -PC: Novavox- Lorsque les politiciens parlent de “rendre l’Amérique grande”, qu’ils n’oublient jamais cette vérité inaltérable: l’Amérique n’a pas été bâtie par l’exclusion, mais par la multitude. Et dans cette multitude, c’est nous qui avons forgé sa grandeur. Dès ses origines, ce pays s’est bâti sur les épaules de ceux venus d’ailleurs. Des Africains réduits en esclavage ont posé les premières pierres de ses fondations. Des ouvriers chinois ont risqué leur vie pour tracer les chemins de fer à travers les montagnes. Des travailleurs agricoles mexicains ont nourri la nation, saison après saison. Des familles irlandaises ont fui la famine pour trouver refuge et dignité. Des réfugiés venus de terres ravagées par la guerre ont apporté avec eux la résilience et l’espoir. Des Haïtiens, chassés par les catastrophes naturelles et la dictature, ont reconstruit leur vie ici, dans la dignité. Musulmans, chrétiens, juifs, athées — tous sont venus portés par un même souffle : la quête de liberté. Et aujourd’hui, cet héritage ne repose pas dans les vitrines des musées, mais dans les hôpitaux, les salles de classe et les cuisines de toute l’Amérique. Les immigrants continuent de bâtir, de soigner, d’enseigner, de nourrir, de protéger — et de rêver. Ils sont la main qui soigne, la voix qui instruit, la force qui nourrit, le cœur qui espère. Nous sommes les infirmières dans vos hôpitaux, les enseignants dans vos écoles, les cultivateurs dans vos champs, les soldats dans votre armée, les chefs dans vos restaurants. Nous sommes les mères et les pères qui élèvent la prochaine génération d’Américains. Retirez-nous de l’équation — et il ne reste plus de grandeur, seulement un mythe vidé de sa substance. Une mémoire qu’ils voudraient dissoudre dans le silence Ne réécrivons pas l’histoire. Souvenons-nous-en.     L’Amérique n’est pas devenue une puissance mondiale en fermant ses portes, mais en les ouvrant. Elle s’est élevée non pas en refoulant les talents à ses frontières, mais en leur offrant un espace pour grandir, lutter, et s’épanouir. Les statues comme celle d’Ellis Island n’ont pas été érigées pour repousser, mais pour accueillir. Elles proclamaient au monde : « Donnez-moi vos fatigués, vos pauvres, vos masses entassées qui aspirent à respirer librement.»  (Black, B., 2014) Notre pouvoir réside dans notre vérité Il ne s’agit pas seulement de politique. Il s’agit d’identité. Dire à un immigrant qu’il n’a pas sa place ici, c’est nier l’âme même de ce pays. Depuis toujours, les immigrants ont été une réponse essentielle aux crises économiques, aux pénuries de main-d’œuvre, à la reconstruction des communautés. Quand les villes déclinent, ce sont eux qui les ravivent. Quand elles prospèrent, ce sont eux qui ouvrent la voie. Quand les pandémies frappent, ce sont eux qui se tiennent en première ligne, risquant tout pour sauver des vies. Et pourtant, tous les deux ou trois ans, on nous demande encore de prouver que nous méritons d’être ici. Tous les deux ou trois ans, quelqu’un tente de tracer une ligne entre les “vrais Américains” — et le reste d’entre nous. Mais nous ne sommes pas temporaires. Nous ne sommes pas des invités. Nous ne sommes pas des fardeaux. Nous sommes les bâtisseurs. Nous sommes les familles. Nous sommes le battement de cœur de cette nation Nous devons parler — haut et fort. Alors parlons sans détour : Si vous voulez la sécurité, protégez les familles, ne les déchirez pas. Adoptez le Dream Act. Mettez fin aux expulsions sous le Titre 42. Si vous voulez la justice, cessez de punir ceux qui cherchent refuge. Abolissez les centres de détention à but lucratif. Si vous voulez la prospérité, investissez dans l’intégration, pas dans l’expulsion. Ouvrez des voies vers la citoyenneté pour les travailleurs essentiels. Si vous voulez la grandeur, reconnaissez qu’elle a toujours émané de nous — les immigrants. Soyons clairs : Vous ne pouvez pas avoir d’avenir sans nous. Vous ne pouvez pas avoir de prospérité sans nous. Vous ne pouvez pas avoir de grandeur sans nous. Alors ne parlez pas de “rendre l’Amérique grande”. Battez-vous pour préserver la grandeur que nous avons bâtie Derniers mots Que ces mots soient notre cri de ralliement : « Il n’y a pas de grande Amérique sans nous. C’est nous qui l’avons rendue grande. » Ne l’oublions jamais. Et qu’ils n’osent jamais le nier.

  • HMI : une scène fracturée dans un pays en ruines

    Billet à un ami... Par : Wilfrid Supréna, Psychologue social et Anthropologue cultur el. - PC: Novavox - Je lisais Les réactions, disons Les commentaires venus tous azimuts, de toutes parts après la dernière sortie de Richie du groupe musical de danse, Klass ..… Je me suis dit “ Tu quoque, mi fili” …En pensant à ces moments très difficiles que traversent Notre peuple et notre pays! Pendant un jour, deux jours et Pourquoi pas deux semaines, peut être, le Réseau médiatique digitalisé Haïtien vibrera avec les milliers de commentaires ou approches de citoyens bénissant les uns ou maudissant les autres ou vice versa en renversant les acteurs avec en filigrane le parricide de Dessalines par des généraux en majorité au teint Clair qui a maculé Notre histoire naissante de sang et qui l’a ternie , tout au long, de trahisons répétitives.. Here, we go again… Dessalines a été voir Pétion pour le “ sermonner” une fois de plus… Les manifestations monstre pendant l’administration présidentielle de Jovenel Moïse comme références… Tu t’en souviens! La sempiternelle question de la couleur de la Peau est collée à Notre vécu quotidien , économique et socio Politique et de nos jours musical comme une “ tique”. Dommage! Dommage! Et pour le pire! J’aime bien la musique de Richie .Savante. Plaisante. Suave. Profonde. Riche en Symboles. En valeurs patriotiques. En leçons de vie. Entraìnante…. inattendue , sobre et susurrante. Mais, avant tout, c’est le “ Compas Direct” .. Et ce style musical récemment apparu dans l’univers culturel Haitien, fin des années 1950 , est marqué dès le départ du sceau de la discorde et de l’arrogance. Nemours Jean Baptiste et Webert Sicot , deux grands de la musique populaire de danse de cette époque à Port-au-Prince, ne se sont jamais alignés sur les causes de l’accouchement de ce style musical intermédiaire refusé dans Les salons huppés d’en haut ( la meringue lente de Dessalines et Euphémie Daguilh primée), et ignoré sous les tonnelles d’en bas ( le Yanvalou, Le Mayi, Le Petro, le Congo , L’Ibo, La Contredanse régnant en maîtres et seigneurs).. Et L’Orchestre de Danse d’Issa El Saieh et le Jazz des Jeunes de Saint Aude et de Maître Murat allaient faire les frais de ce style nouveau venu mais accrocheur parmi cette nouvelle classe sociale que l’occupation américaine a facilité l’émergence, que Dumarsais Estimé a posé les bases de son pouvoir réel en politique et que Magloire et Duvalier ont consolidé ses acquis économiques et sociaux: La Classe moyenne noire.. Plus tard, c’est la musique des provinces , à travers l’Orchestre Septentrional du Cap, garant à l’époque de le variété et de la pluralité de la musique de danse populaire Haïtienne qui a été épinglée: “ Bonbon laplenn pa vann lavil” … ( mot de Nemours Jean Baptiste lui même!).. Maestro Hulrick Pierre Louis de Septentrional ayant maille à pâtir avec cette vilaine caractéristique et indexation a répondu vaillamment dans un Congo paysan: “ Mwen se Abitan m ye, Se nan Plenn mwen rete… “ Si m pa plante, ( pote), Potanta lavil pap manje “… Et depuis, Le Compas Direct comme style musical de danse urbaine a poursuivi son Bonhomme de chemin dans cet environnement délétère, négatif , duel et hostile entre musiciens, Nemours et Sicot, en premier , entre groupes musicaux en-suite : Gypsies/ Difficiles, DP/Scorpio, Tabou/Skah Shah eks.. Et ce style musical marqué par une division “ sui generis” malgré l’appel de Coeur d’Alfred Moise de Septent dès 1966 , “ Polémique , pa vle di mizik, mesye dam “ était devenu la mode à travers le pays. A La ville des Cayes, Méridional et Panorama, à Couteaux tirés. Pour rien. Aux Gonaïves, La même chose entre Volcan et Simbie..A Fort Liberté, Choucoune et Volvéra ne cherchaient nullement à plaire le même auditoire… Et, de nos jours, malgré tous nos déboires et toutes les turpitudes et déconvenues en terre Étrangère, nous nous engageons dans Les mêmes platitudes: Klass/Nu Look, Ruteshelle/Bedjine.. Nous nous trouvons dans la quasi impossibilité de nous offrir même un faux semblant d’image d’unité au beau milieu de cet environnement éminemment hostile à Nous, Haitiens… J’aime bien Richie comme personne et comme valeur musicale pure et sûre à l’égal de Dòdòf Legros, Guy Durosier, d’Antalcidas Murat, Alfred Moïse , Hurick Pierre Louis, Rossini Jean Baptiste, ( Ti Manno) ….Cependant, si J’avais un Conseil à lui prodiguer, je lui dirais: “ Les chiens Ou les écumeurs de mer aboient, laissez à la caravane le soin d’aller encore plus loin dans l’écriture d’une histoire musicale Haitian encore plus riche et plus passionnante..” Enfin, donnons au grand instrumentiste, accordéoniste, keyboarddiste , maestro Richard Duroseau , qui n’avait jamais sa langue dans sa poche, un compagnon de Nemours Jean Baptiste dès le départ de cette grande aventure musicale et chorégraphique des classes moyennes Haïtiennes, une sépulture digne en inhumant cette discorde, en enterrant cette hache de guerre avilissante et rétrograde qui n’a jamais fait honneur à ce style musical et à ses fondateurs.. Arrêtons nous de descendre dans cette fange malsaine et putride… Vive la musique Haïtienne..!

  • Suppression du TPS : les Haïtiens répondent par une résilience et une résistance farouches

    Notre Editorial.- Par: Alain Zephyr, Sociologue -PC: Getty images- La cessation du TPS, prévue le 2 septembre, impacte près de 500 000 Haïtiens établis aux États-Unis. Cette mesure nourrit la crainte d’une crise humanitaire encore plus sévère, alors même que le département d’État déconseille tout déplacement en Haïti, frappé par la violence gangrenée et le chaos politique. En effet, la plus infime éraflure dans les droits des migrants haïtiens, la simple évocation d’une expulsion, si fugace soit-elle, assènent un nouveau coup à un peuple exsangue. L’annonce de cette décision a catalysé un élan d’activisme , se traduisant par des manifestations aux quatre coins des États-Unis. De Miami à Boston, en passant par New York, la mobilisation pour le maintien du TPS gagne en ampleur. Un même cri unit toutes les voix: justice et dignité pour des migrants qui ont contribué à la vitalité économique et sociale des États-Unis. Brooklyn, berceau vibrant de la résistance haïtienne Au Barclays Center de Brooklyn, le 28 juin 2025, l’indignation haïtienne a trouvé un écho flamboyant lors du concert Bayo de Michael Brun, où artistes haïtiens et étrangers ont embrasé la scène devant des milliers de fans pour célébrer la richesse de la culture haïtienne. Cette soirée a transcendé la simple performance musicale : tambours vaudou, cadences kompa et rythmes caribéens se sont mêlés aux messages de solidarité et de dignité portés par la diaspora. Dans les gradins, chaque note vibrait comme un appel à la justice, rappelant que l’expression artistique peut être un puissant vecteur de mobilisation et de fierté communautaire. - Bayo à Brooklyn : une scène en éruption - Dans le fracas des convulsions haïtiennes et de la précarité du statut TPS, Bayo et ses fans ont mis à profit ce concert pour sublimer la beauté de notre culture et rappeler à chacun la puissance de notre solidarité. Plus qu’un simple concert, ce rendez-vous s’est fait écrin de la fête et de la revendication, prouvant que la culture haïtienne demeure à la fois un précieux patrimoine et une arme pacifique face à l’injustice. Cette communion a étendu ses échos au-delà des frontières, rapprochant la diaspora et ses alliés – Caribéens d’adoption, Européens enthousiastes et Afro-Américains solidaires – autour d’un même message. Dans une atmosphère électrisante, l’art et la mémoire ont fusionné pour rappeler que la résilience haïtienne ne se contente pas de survivre : elle s’illumine et se réinvente à chaque note. De la première mesure au dernier accord, cet événement musical est devenu le porte-voix de notre engagement et de notre dignité, lançant un appel fervent à la justice et attestant de la vigueur indomptable de notre résistance. Silence diplomatique, jubilation meurtrière Tandis que la décision brutale de mettre un terme au TPS ébranle les Haïtiens et éveille en eux une quête irrépressible de justice, le CPT et son ministère des Affaires étrangères se réfugient dans un mutisme glaçant, preuve manifeste de leur échec et de leur disqualification. De leur côté, les terroristes de Viv Ansanm, à l’instar de Lanmò San Jou, ovationnent la mesure américaine et annoncent qu’ils se déploieront, armes prêtes à rugir, pour accueillir les éventuels déportés. Cette situation se révèle comme la démonstration la plus éclatante que l’administration américaine, le CPT et les gangs sont les piliers d’un même dessein criminel, dont le peuple haïtien constitue la victime expiatoire. Par leur alliance tacite, ces trois acteurs coordonnent leurs intérêts au détriment de notre souveraineté : l’une, en fermant les portes de l’espoir sous prétexte de sécurité ; l’autre, en muselant toute voix diplomatique susceptible de dénoncer ces choix ; et les derniers, en instaurant la terreur sur le terrain. Imprégnés d’une convergence occulte, ils tissent la toile d’un projet odieux qui prive la nation haïtienne de sa dignité et hypothèque son avenir. Ensemble jusqu’à la confirmation définitive Nous appelons l’ensemble des organisations, associations et personnalités engagées en faveur du maintien du TPS et de la protection des familles haïtiennes à conjuguer leurs efforts et à coordonner leurs actions. Il est indispensable de prolonger la mobilisation et de maintenir la pression sur les autorités compétentes jusqu’à ce que le caractère définitif de ce statut de protection soit officiellement et irrévocablement confirmé. À l’heure où nous écrivons, le juge fédéral Brian Cogan (district de Brooklyn) a suspendu l’arrêt anticipé du TPS décidé par le Department of Homeland Security, estimant que ce dernier n’avait pas l’autorité légale pour écourter la protection avant le 3 février 2026. Cette victoire juridique provisoire démontre avec éclat que la conjugaison des recours judiciaires et de la pression citoyenne peut infléchir des décisions arbitraires. Elle souligne également la nécessité de pérenniser cet élan : seule une mobilisation assidue, renforcée par un engagement collectif déterminé, garantira que les droits des bénéficiaires du TPS soient véritablement préservés et que leur avenir, ainsi que celui de leurs familles, ne demeure plus jamais en suspens.

  • Réponse à Franck Lauture et au CPT: Défendre l'imposture ou servir la Nation?

    Un appel au courage politique face à la dérive constitutionnelle Notre Éditorial, Par: Yves Pierre, Politologue - PC: Novavox - Monsieur Lauture, Messieurs les membres du Conseil Présidentiel de Transition, Votre récente déclaration lors des "Mardis de la Nation" mérite une réponse franche et directe. Non pas pour engager une polémique stérile, mais parce que l'avenir institutionnel de notre pays exige que la vérité soit dite, que les impostures soient dénoncées, et que le courage politique l'emporte enfin sur les calculs partisans et les arrangements de façade. Vous appelez à une "lecture objective" de votre avant-projet constitutionnel. Soit. Procédons donc à cette lecture objective, sans complaisance ni déférence. Car l'heure n'est plus aux demi-mesures ni aux euphémismes diplomatiques. L'heure est venue de dire clairement ce que représente réellement votre démarche: une imposture démocratique qu'il vous appartient aujourd'hui de dénoncer ou d'assumer pleinement devant la Nation. I. L'imposture procédurale: Quand l'illégalité devient norme Commençons par les faits juridiques élémentaires que vous persistez à ignorer. L'article 284.3 de la Constitution de 1987 énonce sans ambiguïté: "Toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite". Cette interdiction n'est pas une suggestion; c'est un verrou constitutionnel absolu, pensé par les constituants de 1987 pour empêcher précisément ce que vous tentez aujourd'hui. Votre processus viole frontalement cette disposition. Vous le savez, nous le savons, la Nation le sait. Votre silence sur cette violation fondamentale ne la fait pas disparaître; il ne fait que révéler votre mépris pour la légalité constitutionnelle que vous prétendez défendre. Monsieur Lauture, où est votre "lecture objective" de cette réalité juridique incontournable? Pourquoi fuyez-vous ce débat essentiel? Serait-ce parce que toute réponse honnête invaliderait immédiatement votre entreprise? Le Conseil Présidentiel de Transition, entité créée ex nihilo par un accord politique du 3 avril 2024, ne possède aucune légitimité constitutionnelle pour entreprendre une révision de la Loi fondamentale. Seule une Assemblée nationale régulièrement élue détient cette prérogative. Cette vérité dérange-t-elle vos arrangements? II. L'imposture démocratique: La confiscation du pouvoir constituant Plus grave encore que la violation procédurale est la confiscation du pouvoir constituant originaire. Nulle part dans votre parcours, vous n'avez consulté le peuple haïtien sur la question fondamentale: "Voulez-vous changer la Constitution de 1987?" Cette omission n'est pas un oubli technique. Elle révèle la nature profondément antidémocratique de votre démarche. Vous présumez de la volonté populaire au lieu de la consulter. Vous décidez d'abord, puis vous sollicitez l'adhésion ensuite. Cette inversion de l'ordre démocratique constitue le cœur de l'imposture que vous défendez. Votre consultation d'un mois (22 mai-21 juin 2025) ne porte que sur les détails techniques d'un changement déjà décidé en amont. C'est exactement ce que Gotson Pierre dénonce comme "un processus technocratique imposé d'en haut". Vous réduisez la souveraineté populaire à un exercice de validation de vos choix préalables. Monsieur Lauture, où est le mandat populaire qui vous autorise à redéfinir le contrat social haïtien? Qui vous a désignés, vous et vos collègues du comité de pilotage, comme les détenteurs légitimes du pouvoir constituant? Sur quelle base démocratique prétendez-vous parler au nom de la Nation? III. L'imposture du contenu: Le retour du présidentialisme déguisé Votre défense du contenu révèle une nostalgie troublante pour un exécutif fort, débarrassé des "contraintes" parlementaires. Quand vous déplorez qu'un président "doive négocier avec le Parlement pour former son gouvernement", vous révélez votre conception fondamentalement antiparlementaire de la démocratie. Cette exigence de négociation n'est pas un dysfonctionnement; c'est un mécanisme démocratique fondamental, instauré par les constituants de 1987 précisément pour prévenir les dérives présidentialistes que notre histoire a trop connues. Vouloir l'abolir, c'est vouloir revenir à un présidentialisme autoritaire que le peuple haïtien a déjà rejeté. Vos "innovations" ne sont que du réchauffé constitutionnel. La responsabilité présidentielle? Déjà prévue dans la Constitution de 1987. L'indépendance de l'ULCC? Réalisable par simple loi ordinaire. La décentralisation? Principe central de 1987, jamais appliqué par manque de volonté politique. Le vrai problème, Monsieur Lauture, n'est pas l'absence de normes constitutionnelles. C'est leur violation systématique par des élites qui préfèrent changer les règles plutôt que de s'y conformer. IV. L'aveu d'exclusion: "L'absence de l'appareil judiciaire" Votre propre aveu est accablant: vous "déplorez l'absence de l'appareil judiciaire dans l'élaboration de l'avant-projet". Comment peut-on prétendre rédiger une Constitution moderne en excluant l'un des trois pouvoirs de l'État? Cette exclusion révèle le caractère arbitraire et partisan de votre démarche. Si vous excluez le pouvoir judiciaire, qui d'autre avez-vous exclu? Les syndicats? Lesuniversités? Les organisations paysannes? Les mouvements de femmes? Votre "comité de pilotage" ressemble dangereusement à un club fermé d'anciens politiciens en quête de légitimité. Votre tentative de minimiser cette exclusion en affirmant qu'il "n'est pas trop tard" ne fait qu'aggraver votre cas. Comment peut-on "rester ouvert aux discussions" après avoir défini unilatéralement les paramètres du débat? V. L'imposture historique: ignorer les leçons du passé Votre processus reproduit exactement les travers des tentatives précédentes. L'amendement de 2011 de Preval et Martelly, adopté "sans ancrage populaire, dans un climat de méfiance et d'opacité". La tentative de Jovenel Moïse en 2020-2021, rejetée massivement par la société civile,l'Université, les Églises. Ces échecs vous enseignent-ils quelque chose? Ou persistez-vous à croire que vous réussirez là où vos prédécesseurs ont échoué, en reproduisant exactement les mêmes méthodes? L'histoire constitutionnelle haïtienne depuis 1987 enseigne une leçon claire: toute réforme imposée verticalement, sans participation populaire effective, est vouée à l'échec. Votre obstination à ignorer cette leçon relève soit de l'aveuglement, soit de l'arrogance politique. VI. L'appel au courage: Défendre l'imposture ou servir la Patrie ? Madame et Messieurs du CPT, l'heure du choix a sonné. Vous pouvez continuer à défendre cette imposture constitutionnelle, à cautionner cette confiscation du pouvoir constituant, à valider cette violation de la légalité. Dans ce cas, assumez pleinement devant la Nation la responsabilité de vos actes. Dites clairement aux Haïtiens que vous préférez vos arrangements politiques à leur souveraineté. Ou alors, prenez votre courage de patriotes en main. Reconnaissez l'illégalité de ce processus. Suspendez cette mascarade constitutionnelle. Appelez à un véritable débat national sur l'opportunité de changer la Constitution de 1987. Respectez enfin la souveraineté populaire que vous prétendez servir. Monsieur Lauture, vous qui appelez à l'objectivité, voici l'objectivité pure: votre processus est illégal, illégitime et antidémocratique. Cette vérité vous dérange-t-elle au point de préférer l'imposture à l'honnêteté intellectuelle? VII. La voie de la légitimité démocratique Si vous souhaitez réellement servir la Nation plutôt que vos intérêts politiques, voici la démarche que commande l'honnêteté démocratique: Premièrement, suspendre immédiatement ce processus illégal, illégitime et reconnaître publiquement sa violation de l'article 284.3. Deuxièmement, sécuriser le territoire et organiser des élections générales législatives pour disposer d'une Assemblée nationale légitime, seule habilitée à entreprendre une révision constitutionnelle. Troisièmement, avant toute réforme, consulter le peuple haïtien par référendum sur la question: "Voulez-vous modifier la Constitution de 1987?" Quatrièmement, si le peuple répond favorablement, organiser un processus constituant réellement participatif, incluant toutes les composantes de la société haïtienne. Cette voie est plus longue, plus difficile, mais c'est la seule qui respecte la souveraineté populaire et la légalité constitutionnelle. Avez-vous le courage de l'emprunter? Le Test du Patriotisme Madame et Messieurs du CPT, vous êtes face à un test de patriotisme. Soit vous persistez dans cette imposture et l'Histoire retiendra vos noms comme ceux d'hommes et de femme qui ont préféré leurs arrangements politiques à la légalité démocratique. Soit vous trouvez le courage de dire la vérité à la Nation et de respecter enfin sa souveraineté. Monsieur Lauture, votre "lecture objective" révèle surtout votre subjectivité partisane.L'objectivité commande de reconnaître l'imposture. Le patriotisme commande de la dénoncer. En aurez-vous le courage? La Nation attend. Elle observes. Elle jugera. L'Histoire n'oublie jamais ceux qui, à l'heure du choix, ont préféré la vérité à l'imposture, la légalité aux arrangements, la souveraineté populaire aux calculs d'élites. Le choix vous appartient. La responsabilité aussi.

  • Le CPT et le gouvernement doivent partir en même temps !

    Par : Sonet Saint-Louis av Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie à la faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haïti. Professeur de philosophie - PC: Novavox- Depuis plusieurs années, les politiciens ont tout saboté pour plonger dans le dysfonctionnement l'ensemble de nos institutions républicaines. Est-il encore possible d'apprendre à ces politiciens indigents, globalement mal informés sur le fonctionnement d’un État moderne, démocratique, encadré par les principes de l’État de droit et de la bonne gouvernance, que maintenir les institutions en vie est la meilleure politique ? Tout le monde s’étonne de l’absence de performance, d’efficacité et de résultats de l’actuelle équipe de facto au pouvoir depuis plus d’un an, mais oublie que ces gens ne maîtrisent pas grand-chose en ce qui concerne les dossiers de l’État. Je ne cesse de le répéter : ce sont des professionnels du chaos à qui l’on a confié la mission de gouverner notre République dans le cadre d’une transition circulaire, où les mêmes têtes — ni pleines ni bien faites, mais vides — apparaissent, disparaissent et réapparaissent depuis 1987 dans des circonstances troublantes, pour continuer les mêmes bêtises. Le pays prend acte que chaque conseiller a ses représentants dans la diplomatie, au sein du gouvernement et dans l’administration. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment confier à des groupes la responsabilité de gérer l’État, alors que la mission même de l’État est de servir l’intérêt général ? Les représentants des groupes d’intérêts ne peuvent gérer que les intérêts de leurs membres. On le savait ! À l’époque où l’on décidait de la mise en œuvre de cette formule, des voix s’élevaient pour appeler les parties prenantes, soutenues par la communauté internationale, à la raison. Ces voix ont été ignorées ! Quand je dis que ces gens-là ne comprennent pas le fonctionnement de l’État, bien qu’ils en aient fait l’expérience, je ne le dis pas par arrogance : c’est un constat ! Prenons la question constitutionnelle. Le Conseil présidentiel de transition (CPT) a prêté serment sur la Constitution de 1987, bien que cela relève d’un acte d’imposture, puisqu’il n’existe aucun lien constitutionnel entre cette instance de facto et notre charte fondamentale. Selon la Loi fondamentale, seul un président élu est habilité à prêter serment, en jurant d’observer fidèlement la Constitution ainsi que les lois de la République, de respecter et de faire respecter les droits du peuple. Au moment où il s’engage de la sorte, le CPT, bien qu’issu d’un processus non électoral, revendique pourtant une forme de continuité constitutionnelle, et inscrit ses actions dans ce cadre, jusqu’à la fin de son mandat prévue au 7 février 2026 — soit dans huit mois. Le fait de confier des responsabilités à un comité de pilotage créé en violation de la Constitution de 1987 — cette même charte qui continue pourtant de servir de référence à toutes leurs décisions — constitue un motif suffisant pour que les membres du CPT soient mis en accusation pour crime contre la Constitution. Ce geste soulève une question : ont-ils agi par pure manipulation politique ou par ignorance ? Les deux, sans doute. En effet, les militaires qui avaient pris le pouvoir en 1986 étaient de loin supérieurs, intellectuellement et politiquement, aux politiciens actuellement au pouvoir — même si certains hauts gradés de l’ancienne armée peuvent aussi être tenus pour responsables de la déchéance actuelle. En admettant la continuité constitutionnelle, le CPT reconnaît qu’il n’est pas arrivé au pouvoir à la suite d’une révolution, d’un coup d’État, d’un changement brutal de régime ou d’un consensus politique qui aurait pu, durant une transition, justifier une primauté de la politique sur le droit, comme passage obligé vers un retour à l’État de droit. Nous avons d’urgence besoin d’un renouveau Il me semble qu’il est trop tard, pour le CPT, de faire accepter à la population qu’il s’inscrive désormais dans une logique de renversement de l’ordre établi par la Constitution de 1987. Comment des secteurs organisés, des intellectuels, des juristes peuvent-ils se taire devant une telle forfaiture ? Comment peut-on admettre qu’un exécutif de facto ait le droit de légiférer, d’abroger une Constitution qui est l’œuvre du peuple, d’adopter un Code pénal traitant des droits humains et des libertés individuelles, sans l’intervention du pouvoir législatif ? Le désastre politique et intellectuel auquel on assiste est trop grand pour ne pas réveiller les consciences, même les plus endormies. Il ne doit pas y avoir de spectateurs ! Le mal dans lequel ces élites dégénérées — qui semblent être en mission — conduisent le pays est trop profond. Nous devons les combattre avec toutes les armes dont dispose la nation. Faisons-le maintenant, et sans répit ! Il est impossible d’accepter qu’un exécutif de facto s’érige à la fois en assemblée constituante pour rédiger une nouvelle Constitution, et en législateur unique pour adopter un Code pénal. Nous devons tout faire pour faire échec à ce projet. Ces gens, au service d’une idéologie globaliste, placés au pouvoir pour déstabiliser la nation haïtienne à travers des pratiques étrangères à notre culture, ont piteusement échoué — et l’échec ne doit avoir ni courtisan, ni partisan. Nous n’avons pas le temps d’écouter les discours de ceux qui ont échoué. L’échec n’a pas de justification. Dans la vie privée, lorsqu’on échoue, on peut continuer. Mais dans la sphère étatique, l’échec n’est pas tolérable, car il entraîne la perte de légitimité et l’incapacité à répondre aux besoins de la population. Il était politiquement maladroit — comme l’a fait M. Fritz Jean — de venir expliquer son échec et celui du CPT en direct. Ces échecs résultent des affrontements violents entre les factions mafieuses opérant au plus sommet de l' Etat. Ce constat marque la rupture entre les gouvernants actuels et les citoyens. Le CPT et le gouvernement doivent partir ensemble, et en même temps, afin de permettre un véritable renouveau démocratique dans le pays. Cette transition devra passer par la mise en place d’un gouvernement provisoire, capable de répondre aux attentes du peuple et de la nation, en créant un climat serein et sécuritaire, propice à l’organisation d’élections libres, sous la direction d’une autorité gouvernementale responsable. En politique comme dans le monde de l’entreprise, la jeunesse haïtienne, consciente et exigeante, réclame de vrais modèles de réussite — des réussites sans fraude ni vice — comme sources d’inspiration.

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