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Scandale et spectacle : Guadeloupe dénonce la dette coloniale avec DETTE

  • Photo du rédacteur: Renouvo Demokratik
    Renouvo Demokratik
  • 7 juil. 2025
  • 2 min de lecture

Message du Kolektif Kont Ranson 1825 À l’occasion de la Première de la création théâtrale « DETTE »– Guadeloupe, 4 juillet 2025.

-Affiche  Théâtrale-
-Affiche Théâtrale-

Cher/es camarades de la Guadeloupe, cher/es camarades de la Martinique


Quelques secondes avant que le rideau ne se lève,

Le Kolektif Kont Ranson vous souhaite :

Bon théâtre. Bon retour au passé.

Car ce soir,

En un rien de temps,

Vous revisiterez l’histoire sombre des captifs africains,

Leur épopée de 1804,

Et l’ombre portée de l’ordonnance de 1825 —

Ce décret qui tenta d’effacer la lumière.


Nous avons envie de vous dire ce soir

1804, ce n’est pas qu’une date,

C’est une brèche dans l’histoire,

Un cri de liberté,

Un souffle de dignité.

Haïti devient alors

Terre d’accueil pour les opprimés,

Nation d’intégration,

Offrant la nationalité aux Allemands, aux Polonais,

Flambeau de solidarité internationale,

Soutenant la République dominicaine,

Les peuples latino-américains,

Même la Grèce en quête d’indépendance.


Ce soir, par le truchement de l’art, - ou, par souci de précision, par le théâtre - défilera devant

vous l’histoire…

Trois siècles d’esclavage, Luttes de l’indépendance, Epopée de 1804 contre l’ordre

esclavagiste

Et l’ordonnance de 1825

Vient tuer le symbole de 1804,

Étouffer l’espoir,

Transformer la liberté en rancon.


Ce soir, seul l’art peut tout faire revivre

En un rien de temps.

Comme Picasso à Guernica,

Brandissant son pinceau contre l’horreur,

En geste de solidarité avec les camarades espagnols

Qui luttent pour une humanité égalitaire et solidaire


Comme Paul Éluard,

Mettant des mots sur les cendres de Guernica pour dire non au génocide, non à l’oubli

Comme Brecht,

Qui refuse l’illusion pour éveiller la conscience.


Guy Lafages, par les mots, par le corps, en somme, par le théâtre

Vous invite à saisir la rançon de 1825,

À voir comment le bourreau

Crée le langage :

Ordonnance. Dette. Silence.

Et l’impose.

Ce soir, nous avons envie de vous dire

La restitution n’est pas une faveur,

Ce n’est pas de l’aide humanitaire,

Ce n’est pas de l’assistanat.


La restitution n’est-elle pas une façade destinée à dissimuler les intérêts de classe, précisément

au moment où le néocolonialisme commence à balbutier, ou aujourd’hui, alors qu’il s’impose

comme norme.

La restitution n’est rien d’autre que le strict minimum


Car comment évaluer

Les enfants privés d’école ?

Les forêts rasées pour payer ?

Les campagnes appauvries au profit des banquiers ou commerçants français, et — toute

proportion gardée — au bénéfice des élites possédantes haïtiennes.

Comment alors évaluer les tortures, les crimes, les silences ?


Ce soir, le Kolektif Kont Ranson a envie de murmurer - voire de paraphraser Pablo Neruda -

pour dire :

Rien, pas même quelques centaines de milliard d’euros, ne peut effacer la rançon de 1825


Ecoutez donc murmurer Pablo


« Trop de tombes,

Trop de martyrs,

Trop de bêtes au galop à travers l’étoile !

Rien, pas même la victoire,

Ne pourra effacer ce terrible trou de sang. »


Voyez-vous! Rien n’efface l’ordonnance 1825.


Mais ce soir,

Vous êtes là.

Vous écoutez.

Vous regardez.

Vous vous souvenez.

Et pour cela,

Le Kolektif Kont Ranson vous dit :

Merci pour votre solidarité.

Bon théâtre.


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