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- L’intégration des athlètes internationaux dans la sélection nationale : un pari gagnant-gagnant pour Haïti et sa diaspora
Par: François Ritchy CYPRIEN Spécialiste en diplomatie culturelle et stratégique, Administrateur des élections. La victoire historique d’Haïti face au Nicaragua, le 18 novembre, jour glorieux de notre histoire de peuple, ayant conduit à sa qualification pour la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, marque bien plus qu’un simple succès sportif. Elle symbolise, plus d’un demi-siècle après, l’entrée d’Haïti dans une nouvelle ère, une trajectoire ascendante qui peut nous conduire de victoire en victoire et de manière pérenne dans les grandes compétitions internationales. L’intégration assumée et systématique des joueurs évoluant dans des clubs internationaux au sein de la sélection nationale indique un tournant stratégique majeur pour le football haïtien. Un choix qui s’inscrit dans une logique moderne et compétitive, déjà adoptée par de grandes nations africaines comme l’Algérie, le Maroc, le Cameroun ou encore la Côte d’Ivoire. Cette dynamique constitue un véritable pari gagnant-gagnant. D'un côté, Haïti bénéficie du savoir-faire, de la rigueur et du niveau d’exigence que ces joueurs ont acquis dans leurs clubs, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. Leur participation régulière à des championnats de haut niveau élève automatiquement le standing technique, tactique et physique de la sélection nationale. Leurs expériences rehaussent instantanément le niveau collectif de la sélection et dynamisent l’effectif. Elles professionnalisent l’approche et hissent Haïti au standard des grandes nations émergentes du football mondial. De l'autre côté, pour les grenadiers, représenter Haïti devient une opportunité de renforcer leur carrière internationale. Car une bonne performance en sélection nationale augmente leur visibilité, améliore leur valeur marchande et peut ouvrir la porte à des transferts plus avantageux, des contrats plus juteux et une notoriété accrue. En ce sens, l’équipe nationale devient donc un terrain d’expression et de valorisation, un espace où ils peuvent briller tout en propulsant le pays sur la scène sportive internationale. Un mouvement global qui dépasse le football Cette stratégie dépasse même le cadre du ballon rond. À chaque compétition internationale, qu’il s’agisse des Jeux olympiques de Paris 2024 ou d’autres disciplines peu pratiquées en Haïti, les athlètes issus de la diaspora portent haut le bicolore. Ils représentent une vitrine sportive, médiatique et culturelle qui valorise Haïti sur la scène mondiale, tout en consolidant leur propre parcours professionnel. Le parcours des Grenadières façonne également cette dynamique. À titre d’illustration : j’ai vu grandir plusieurs d’entre elles, depuis la Coupe du monde à Saint-Malo (Bretagne), en France, notamment Melchie Dumornay, Nérilia Mondésir, Kerly Théus, et les autres joueuses de la Coupe du Monde U-20 de 2018. Aujourd’hui, elles évoluent dans des clubs de première division en Europe et en Amérique. Leur progression fulgurante montre combien une expérience internationale, combinée aux couleurs nationales, peut être fructueuse. Leur carrière est désormais solidement lancée, tout en contribuant à une visibilité et une valeur mondiale pour Haïti. Vers un Haïti plus compétitif Des joueurs comme Duckens Nazon, Don Deedson Louicius, Derrick Étienne Jr, Josué Casimir, Téo James Michel, Keeto Thermoncy, Johnny Placide, entre autres, forgés dans des contextes exigeants, apportent à la sélection haïtienne une robustesse technique, un mental de haut niveau, et une vision tactique qu’on ne peut acquérir qu’en affrontant des adversaires de classe mondiale. La stratégie est claire : s’inspirer des modèles performants, capitaliser sur la diaspora sportive, renforcer l’équipe nationale avec des joueurs habitués à l’élite internationale pour créer un environnement gagnant pour tous. Avec cette approche, Haïti se donne les moyens d’être compétitive, non seulement pour la coupe du monde 2026, mais aussi pour les décennies à venir. En définitive, Haïti a fait le bon choix de miser sur ses talents d’ici et d’ailleurs. Ce pari stratégique pourrait bien conduire les Grenadiers vers de nouveaux sommets.
- Lascahobas : la ville qui refuse de mourir
Par : Michel Legros, Sitwayen Pou Respè Konstitisyon. -PC: Novavox.info- J’écris depuis Lascahobas. Une ville à moitié occupée, mais debout. Dans les rues, les visages sont rares, les volets se ferment tôt, et pourtant l’air vibre d’une obstination étrange : celle d’une population qui refuse de céder malgré les assauts répétés des bandes armées de Jeff Canaan et de Lanmò San Jou. Depuis des mois, ces groupes testent la résistance d’une cité abandonnée par son propre gouvernement. Comme à Kenscoff, les attaques reviennent chaque semaine. Le scénario est connu : épuiser avant de frapper, comme à Solino, à Saut-d’Eau, à Mirebalais — un quartier et deux villes tombés après leur mise à genoux. Le 14 novembre, un jeune policier de 27 ans, Wadley Jane, transporté en République dominicaine, est mort des suites de ses blessures. Le même jour, le brigadier Edrice Étienne a été blessé et transféré lui aussi de l'autre côté de la frontière. Deux semaines plus tôt, Sauveur Flamand, agent du BSAP, avait été grièvement blessé : il devait succomber deux jours plus tard. Le commerce tourne au ralenti Courtoisie, le restaurant-phare — lieu de rencontre des jeunes, des commerçants, des fonctionnaires — a fermé ses portes. Un autre tient encore. La principale institution financière, pilier de l’économie locale, avait baissé le rideau avant de rouvrir : « Si nous partons tous, c’est fini. » Les rues autrefois animées résonnent désormais du crépitement des tirs sporadiques — ceux de soldats improvisés, de résistants qui jurent que leur ville ne tombera pas. Au cœur de cette détresse, souvent en première ligne, le maire tient debout, simple rappel que la ville n’a pas cédé. À ses côtés, le chef du commissariat lutte. Avec une poignée d’hommes, il se bat — sans sommeil, sans illusions, avec la seule conviction qu’abandonner serait trahir. Et pourtant, la ville ne demande qu’une chose : doubler l’effectif des Swat. Rien de plus.Pourquoi le gouvernement s’y refuse-t-il ?Par indifférence ? Ou pire : par calcul politique ? À quand une contre-offensive digne de ce nom pour déloger ces groupes ? C’est l’affaire d’une compagnie de cinquante hommes. Rien de sorcier : une simple question de volonté. La PNH a su mettre les moyens à la Croix-des-Bouquets.Pourquoi ce deux poids, deux mesures ? Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, Mirebalais est oublié. Trahi. Livré. Abandonné. Nos gouvernants attendent le Blanc — celui-là même qui avait fédéré les gangs — et dont le discours se résume à deux mots : mission étrangère. Mission étrangère qui rime avec des centaines de millions de dollars.Pour deux mille Kenyans, on voulait débloquer 350 millions.Pour douze mille policiers haïtiens, à peine cent millions. Voilà la mesure de leur hypocrisie. Comme la guerre, le chaos rapporte. Il crée des contrats, des budgets, des justifications. Pendant quatre ans, ni les Nations unies ni leur principal allié n’ont jamais plaidé pour le renforcement de la PNH ou des FAD’H. Pas une seule fois. Aujourd’hui, la somalisation d’Haïti sert un dessein clair : l’effondrement qui précède les appels d’offres, les plans de reconstruction sur dix ou vingt ans, les milliards à gérer et à perdre, comme tant d’autres avant eux. Ce chaos voulu est rentable Regardez l’étendue des dégâts dans Port-au-Prince et imaginez le coût de sa reconstruction. On devra le rebâtir — ou du moins faire semblant en signant de juteux contrats, comme après ce « bénéfique » tremblement de terre, si parfaitement taillé pour la gloutonnerie des Clinton. Une reconstruction perpétuelle, voilà l'objectif. Ici, on parle d’une cinquantaine de bandits occupant Mirebalais. Les responsables ont choisi d’être impuissants.Ils refusent de prendre l’initiative, détournent le regard, s’abstiennent de lancer la reconquête. Il leur faudrait quoi ? Deux cents, trois cents hommes ? Certes, ils ne les ont pas. Mais qu’ont-ils fait pendant tout ce temps ? Ils auraient pu les constituer dix fois.Chaque jour renforce l’idée que cette inaction est à la fois un choix et une incompétence tranquille, nourrie d’indifférence. Lascahobas tient, malgré tout.Et dans ce black-out, une certitude s’impose : si cette ville tombe, ce ne sera pas faute de courage mais faute d’État.
- La victoire historique des Grenadiers : l’aube d’un horizon pour Haïti
Par: Jacques Charlemagne, Membre : Efforts Solidarité pour Construire une Alternative Nationale et Populaire (ESCANP), Réseau des Organisations de la Zone Ouest (ROZO) & Renouveau Démocratique (RED). - PC: Nonavox.Info - En ce 18 novembre, jour chargé de mémoire collective et de luttes fondatrices, Haïti a décroché une victoire qui dépasse largement le cadre sportif : l’équipe nationale a validé son billet pour la Coupe du monde FIFA 2026, après une victoire 2-0 contre le Nicaragua. Une première depuis 1974. Dans un pays secoué par l’insécurité, la corruption, l’effondrement institutionnel et une crise alimentaire profonde, cet exploit résonne comme une lumière perçant une longue nuit. Une victoire sous tension, mais porteuse d’un immense espoir La qualification survient alors que le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente, marquée par la violence des gangs, les déplacements massifs, la défaillance des institutions et un climat d'incertitude généralisé. Contraints de jouer tous leurs matchs « à domicile » en terrain neutre, les Grenadiers n’ont jamais bénéficié de la ferveur immédiate du public haïtien. Pourtant, malgré le chaos, le pays tout entier a vibré à l’unisson. À Port-au-Prince, dans plusieurs villes de province et même dans les abris de déplacés, des cris de joie ont éclaté dès le coup de sifflet final. Dans un quotidien marqué par les coupures de courant, la rareté, la peur et l’instabilité, ce moment d’unité a redonné souffle à toute une nation. Le poids symbolique du 18 novembre : un écho de Vertières La victoire des Grenadiers prend une résonance d’autant plus puissante qu’elle survient le 18 novembre, date anniversaire de la Bataille de Vertières, ce moment décisif qui a ouvert à Haïti le chemin de l’indépendance. Pour beaucoup, cette coïncidence dépasse le simple hasard. Elle s’impose comme une nouvelle bataille remportée et rappelle que la dignité et la résilience demeurent inscrites dans l’ADN du peuple haïtien. En ce jour symbolique, les Grenadiers ont délivré un message éclatant : malgré les blessures profondes, Haïti garde la force de se battre et de triompher. Un modèle d’unité et de résilience Derrière cette qualification se cache un travail collectif exemplaire. L’entraîneur Sébastien Migné l’a rappelé : discipline, cohésion et vision ont été les piliers de cette réussite. La majorité des joueurs évoluent à l’étranger, porteurs d'expériences diverses mais unis sous un même drapeau. Ils ont montré que, même dispersés, même affectés par la crise du pays, la détermination commune peut créer des miracles. Leur parcours illustre un principe simple mais essentiel : lorsque les Haïtiens se rassemblent autour d’un objectif clair, aucun obstacle n’est insurmontable. Qu’est-ce que cette victoire peut changer pour Haïti ? U ne réaffirmation de l’identité nationale. Dans un contexte où la population est moralement affaiblie, ce succès offre un nouveau récit national, un motif de fierté et de cohésion. U n modèle et une inspiration pour la jeunesse et toute la nation. Le football, dans un pays où les opportunités sont limitées, devient un moteur d’espoir. Cette qualification envoie un message clair aux jeunes: il est possible de réussir autrement que par les armes ou l’exil. U ne opportunité diplomatique et économique.La visibilité mondiale de la Coupe du monde peut attirer des partenaires, des investisseurs et stimuler des programmes sociaux ou sportifs. U n appel à la bonne gouvernance. L’élan de cette victoire doit servir de point de départ pour exiger plus de transparence, de responsabilité et d’investissements structurants dans le sport, l’éducation et dans les communautés. Mais l’euphorie ne suffit pas : les défis demeurent Une qualification, aussi historique soit-elle, ne remet pas automatiquement Haïti sur les rails. Les crises qui minent le pays —insécurité, effondrement économique, corruption systémique —restent bien présentes. Le danger serait que cet exploit soit utilisé comme divertissement politique momentané, sans déboucher sur un vrai changement. Pour transformer ce moment en tournant décisif, il faudra une volonté politique réelle, un engagement ferme de la société civile et un soutien structuré de la diaspora. Un horizon d’espérance pour Haïti La qualification des Grenadiers n’est pas qu’un événement sportif : c’est un rappel que le rêve haïtien n’est pas mort. Elle montre que la résilience peut l’emporter sur la fatalité, que l’unité peut vaincre le chaos, que l’excellence reste possible même dans les circonstances les plus adverses. Il appartient maintenant à chaque acteur — dirigeants, citoyens, jeunes, diaspora — de transformer cet élan en actions concrètes. Si ce moment est saisi avec intelligence et responsabilité, il pourrait marquer le début d’une nouvelle page dans l’histoire du pays. Sinon, il ne restera qu’un beau souvenir dans un océan de crises. Tous unis autour de notre Patrie, pour conquérir la Victoire !
- La qualification de la sélection haïtienne à la Coupe du monde 2026 : un éclat rare d’unité nationale
Notre Éditorial, Par : Alain Zéphyr, Sociologue. La qualification d’Haïti à la Coupe du monde 2026 est vécue comme un moment d’unité nationale. Elle transcende les crises politiques, sociales et sécuritaires, offrant ainsi au peuple haïtien une victoire symbolique et collective après plus d’un demi-siècle d’attente. Cet exploit est historique à plusieurs égards : Haïti retrouve la Coupe du monde pour la première fois depuis 1974, mettant fin à cinquante-deux ans d'absence depuis sa seule participation en Allemagne. La victoire décisive contre le Nicaragua (2‑0), conjuguée au nul entre le Costa Rica et le Honduras, a ouvert les portes du Mondial aux Grenadiers. Ce triomphe prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’insécurité, la violence des gangs et l’instabilité politique. La victoire des Grenadiers, une épopée nationale forgée dans l’exil Les conditions sécuritaires de la capitale, dominée par les gangs armés, ont empêché l’équipe nationale d’accueillir ses adversaires à domicile. Privée de son sol, de ses stades et de ses chants, la sélection haïtienne a vu ses matchs délocalisés par la FIFA à Curaçao. Sur ces terrains neutres, loin de la ferveur des tribunes familières, les Grenadiers ont affronté l’adversité avec une énergie qui dépasse le sport. Chaque rencontre fut un bannissement, chaque victoire une renaissance. Ce parcours n’est pas une statistique figée dans les archives. C’est une proclamation éclatante de la dignité née de Vertières et de l’espérance invincible du peuple haïtien. Dans le cri des Grenadiers résonne la voix d’un peuple qui refuse l’oubli, qui défie l’effacement, et qui proclame son droit à exister, uni et debout. Leur succès n’est pas seulement un exploit sportif; il est aussi mémoire, promesse, souffle et insurrection. Il rallume l’écho de 1974, mais le métamorphose en un rugissement contemporain : celui d’un peuple dispersé et meurtri qui, malgré les tempêtes et l’exil imposé, continue de croire, de combattre et de bâtir son avenir. Un peuple uni au‑delà de ses blessures Dans un pays marqué par de profondes divisions politiques et sociales, le football a offert un rare espace de joie partagée. Les célébrations à Port‑au‑Prince comme dans la diaspora ont révélé une véritable communion nationale. Force vive de cette aventure, la diaspora nourrit l’équipe : de nombreux joueurs évoluent en Europe ou en Amérique du Nord, et leur engagement incarne le lien vivant entre Haïti et ses communautés dispersées, renforçant l’idée d’une nation élargie. Ambassadeurs d’un pays en souffrance, les Grenadiers portent bien plus qu’un maillot : comme l’a souligné le sélectionneur Sébastien Migné, ils deviennent des symboles positifs pour un peuple qui manque cruellement d’occasions de fête (Le Figaro, 2025). De la lumière des Grenadiers à la refondation d’Haïti La victoire de l’équipe nationale, perçue à juste titre comme une lumière et une respiration collective, met paradoxalement en relief nos faillites institutionnelles, économiques et sociales, ainsi que les conséquences du chaos sur l’avenir haïtien. Elle souligne les lacunes profondes dans la gouvernance, l’impact dévastateur et omniprésent de la violence des gangs et les défis persistants et complexes en matière de développement et de sécurité. Imaginez l’impact si les Haïtiens avaient pu voir leur équipe se qualifier sur leur propre sol. Imaginez l’avenir de cette équipe nationale dans une Haïti stable, sécuritaire et souveraine. Imaginez si la jeunesse haïtienne pouvait offrir ses talents à un pays mieux organisé. Ce triomphe est, hélas, le miroir impitoyable de nos manquements et l’injonction de reconstruire. Il nous appelle à faire de cette victoire non pas une célébration passagère, mais un engagement solennel de refondation nationale. Il est prometteur d’entendre Duckens Nazon, le héraut des Grenadiers, dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, appeler à la fin de la crise et à la réouverture du pays, affirmant qu’il se tient aux côtés du peuple haïtien (JCOM Haïti, 2025). Duckens Nazon, le héraut des Grenadiers Comme le rappelle Green (2024) dans le film Bob Marley: One Love, Bob Marley mit sa renommée internationale au service de la renaissance d’une Jamaïque déchirée par la violence politique dans les années 1970. De la même manière, la victoire des Grenadiers peut devenir un puissant levier d’unité nationale, permettant aux Haïtiens de bâtir une cohésion capable de résorber la violence et de sortir le pays de l’impasse. Il revient aux amants du football, aux patriotes et aux progressistes haïtiens de se tenir aux côtés des Grenadiers, afin de transformer leur élan en une œuvre de réveil collectif : une œuvre qui rallume l’espérance à l’éclat d’une aurore nouvelle, qui scelle l’unité comme une alliance inviolable, et qui grave dans l’histoire la dignité d’un peuple debout, marchant avec fierté vers un avenir de paix et de grandeur. Au sein du Renouveau Démocratique et de la Nouvelle Gauche, nous en ferons un chantier radicalement neuf, où chaque pierre posée portera la promesse d’une Haïti debout, sûre et solidaire. En somme, la qualification des Grenadiers au Mondial 2026 est bien plus qu’un succès sportif : c’est une victoire symbolique qui rallume la flamme d’une nation dispersée et meurtrie, et qui rappelle que, malgré les fractures, Haïti peut encore vibrer d’une même voix. References Green, R. (Director). (2024). Bob Marley: One Love [Film]. Paramount Pictures. JCOM Haiti. (2025, novembre 19). Duckens Nazon's message to the country after Grenadiers qualify for the World Cup [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=R8PLR9fz-UQ Le Figaro. (2025, novembre 19). Coupe du monde 2026 : « Je sentais qu’il y avait un truc à faire », comment Haïti et son sélectionneur français ont décroché une qualification historique. Le Figaro.
- Nous réclamons un processus électoral équitable
Par: Sonet Saint-Louis av , Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie de la recherche juridique à la faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haïti Comme annoncé, les relais locaux du « gouvernement global » ont transmis au régime de facto un projet de décret électoral ainsi qu’un calendrier pour organiser prochainement des élections et permettre aux citoyens de choisir leurs dirigeants. Mais comment accorder crédit à un tel processus lorsque cinq membres du Conseil présidentiel de transition ont eux-mêmes des dossiers en cours pour corruption et détournement de fonds publics ? Comment également comprendre les pressions exercées par les autorités américaines pour imposer des élections sous la conduite de dirigeants profondément discrédités, alors que deux des plus grands départements du pays — l’Ouest et l’Artibonite — regroupant le plus grand nombre d’électeurs, sont aujourd’hui contrôlés par les gangs ? À quoi joue réellement l’international ? Comment prétendre élire un président en excluant de fait une large partie du corps électoral ? Et comment ce chef de l’État, issu d’un scrutin amputé, pourrait-il gouverner au nom de la République sans mandat véritablement national ? Peut-on enfin cautionner des élections qui offriraient aux corrompus occupant l’administration publique, ainsi qu’aux acteurs du crime organisé, l’occasion de préparer leur maintien ou leur retour au pouvoir à travers un processus verrouillé d’avance, ne favorisant que les candidats issus de leur clan mafieux ? Où est le principe d’équité ? Une compétition électorale ouverte et saine est celle qui offre à tous les partis et candidats des chances réellement égales. Or, lorsqu’une entité politique occupant le sommet de l’État entre en compétition avec des formations demeurées en dehors du cercle gouvernemental, le principe d’équité est d’emblée compromis et ne peut conduire qu’à une débâcle électorale. Par souci de justice et d’équité, aucun membre du CPT — ni leurs partis — ne devrait être autorisé à participer aux prochaines élections si celles-ci devaient se tenir à la date annoncée. Un pouvoir fondé sur le favoritisme, le clientélisme et le népotisme, qui détourne le sens du service public, ne saurait garantir la confiance du citoyen dans un processus démocratique crédible. Un scrutin est avant tout une médiation honnête entre les citoyens et le pouvoir. La légitimité des élus ne peut venir que de la sanction populaire exprimée par le suffrage universel, exercice par lequel le peuple affirme librement sa souveraineté. Cette légitimité ne peut être obtenue ni par la corruption, ni par la violence. Le projet de décret électoral et le calendrier diffusés par le CEP ne sont que des opérations de diversion visant, au fond, à permettre au régime de facto de franchir l’échéance du 7 février 2026. Il s’agit d’une stratégie vaine, d’un jeu cynique mené par des forces obscures pour prolonger l’instabilité en Haïti. Cette manœuvre ne doit pas passer. Ceux qui aujourd’hui exercent le pouvoir sur la base de la corruption, du détournement et du pillage des ressources de l’État ne sauraient s’y maintenir. Ils doivent tous partir. La neutralité des autorités publiques est une condition essentielle pour garantir l’équité d’un processus électoral. Or chaque conseiller présidentiel représente un secteur politique, tout comme chaque membre du gouvernement dont dépend la nomination du CEP. Dès lors, le processus apparaît vicié dès son origine, et sa crédibilité sérieusement compromise. Les États-Unis doivent se monter cohérents ! Tout en réaffirmant ma confiance dans la démocratie libérale — dont les États-Unis demeurent l’un des principaux défenseurs — j’appelle ces derniers à se montrer cohérents avec les principes qu’ils promeuvent : égalité des droits, égalité politique et respect des normes démocratiques. Ces valeurs constituent le cœur de leur devoir moral et ne sauraient être sacrifiées à des considérations conjoncturelles. Au regard de la situation actuelle, il est impératif de mettre en place, avant le 7 février 2026, une nouvelle gouvernance capable de rétablir la confiance citoyenne dans le processus électoral. Une telle transition est indispensable pour permettre un retour rapide à la normalité institutionnelle et à l’État de droit, à travers des élections véritablement libres, équitables et inclusives. C’est à cette exigence que je me consacre en appelant chacun à assumer sa responsabilité. Il est temps de faire converger les volontés individuelles vers une même cause patriotique : définir ensemble une solution viable, en l’absence de réponse légale ou institutionnelle face à la crise actuelle. La réussite dépendra entièrement de notre capacité collective à vouloir et à décider, avec sérieux, cohérence et réalisme, la voie qui permettra enfin de sortir du désastre qui dure. L’heure n’est plus au mutisme contemplatif, à l’évasion politique ni au refus obstiné de regarder la réalité en face. Le pays se désintègre sous nos yeux. Dans un tel moment, se taire ou se retirer revient à laisser le champ libre aux forces de la corruption, de la violence et de l’oppression. Chaque citoyen doit assumer sa part de responsabilité. La mienne, je l’ai toujours prise — et je la prends encore aujourd’hui. Une classe politique et intellectuelle digne de ce nom ne se laisse pas dicter sa conduite par les injonctions impérialistes ni par l’agitation extérieure. Elle s’ancre dans une réflexion lucide, exigeante et profondément patriotique pour déterminer ce qui est juste, bon et nécessaire pour la nation. Nous devons dire clairement non au projet d’éclatement de la République d’Haïti et lui opposer un refus patriotique ferme, responsable et sans équivoque. Citoyennes, citoyens, où que vous soyez, ne fuyez pas l’espace politique ! Votre retrait ne ferait que renforcer ceux qui prospèrent sur la destruction de la nation. Le désengagement est leur plus grand allié. Engagez-vous ! Engagez-vous pour défendre ce qui reste de notre dignité nationale! Engagez-vous pour reconstruire un État au service du bien commun ! Engagez-vous pour que la justice, la liberté et l’égalité cessent d’être des mots creux et redeviennent des réalités vécues ! Haïti survivra si, et seulement si, ses fils et ses filles décident enfin de relever la tête, de s’unir et d’agir. L’histoire ne pardonne pas l’indifférence : elle célèbre toujours ceux qui ont choisi le courage. Le moment est venu. Prenons ensemble la voie de la responsabilité et du patriotisme !
- Radio Kiskeya à la croisée des tempêtes : entre héritage, soupçons et dignité en péril
Par: Jacques Charlemagne, Membre de : ESKANP (Efforts Solidarité pour Construire une Alternative Nationale et Populaire), ROZO (Réseau des Organisations de la Zone Ouest) & RED (Renouveau Démocratique) Pour que la parole libre demeure un acte de foi, et non une arme de discorde. Radio Kiskeya, une figure emblématique du paysage médiatique haïtien, traverse actuellement une période d’incertitude et de tensions internes sans précédent. Ce texte propose une lecture critique et constructive du message public de Jean Marvel Dandin, directeur de la station, qui dénonce des menaces, des accusations et un climat délétère autour de la succession de la journaliste Liliane Pierre-Paul. Loin de la polémique, cet article cherche à éclairer les enjeux éthiques, humains et institutionnels d’un conflit qui met en péril l’une des plus anciennes voix de la presse indépendante d’Haïti. Un cri du cœur, mais aussi un signal d’alarme Dans un pays où la voix des médias libres demeure l’un des derniers remparts contre l’effondrement moral, un cri d’alarme s’élève du cœur même de l’une de ses plus emblématiques institutions : Radio Kiskeya. Jean Marvel Dandin, cofondateur et directeur de la station, vient de rendre publique une lettre bouleversante, empreinte de colère, de douleur et de mise en garde. Au centre du tumulte : un conflit interne mêlant accusations de diffamation, menaces à la sécurité et luttes de pouvoir autour de l’héritage moral et matériel laissé par la journaliste Liliane Pierre-Paul. Entre héritage, droit et mémoire Derrière l’émotion, se cache une réalité juridique complexe. Radio Kiskeya est une société anonyme (S.A.), dont la gouvernance obéit à des règles précises. La mort de Liliane Pierre-Paul, coactionnaire et figure de proue, a laissé un vide que les textes de loi peinent à combler. Le différend entre M. Dandin et M. Isaac touche autant aux enjeux pratiques de gestion qu’à la question de savoir qui peut légitimement incarner la mémoire de la station Ce genre de conflit n’est pas rare dans les entreprises familiales ou collectives, mais ici, il touche à une institution nationale. Kiskeya n’est pas une entreprise comme les autres : c’est une voix, un patrimoine collectif, un repère dans la tourmente d’Haïti. Une crise morale et symbolique Ce qui se joue dépasse la simple rivalité personnelle. C’est la crédibilité d’une radio citoyenne qui vacille. C’est aussi la valeur éthique de la presse haïtienne qui se retrouve questionnée. Là où la rigueur journalistique exige prudence et transparence, la guerre des mots menace de se transformer en champ de ruines médiatique. Car si M. Dandin a raison de dénoncer ce qu’il perçoit comme une campagne de déstabilisation, la publicisation brutale du conflit, dans un contexte aussi sensible, risque de diviser davantage et d’affaiblir la confiance du public. Le besoin urgent d’un espace de vérité L’urgence, aujourd’hui, est de ramener ce conflit sur le terrain de la légalité et du dialogue. Une médiation indépendante s’impose, menée par une figure neutre issue du milieu judiciaire ou médiatique. Un audit transparent de la gestion de la radio pourrait également apaiser les soupçons et rétablir les faits, loin des accusations publiques. Car la vérité, dans ce genre d’affaire, ne se conquiert ni sur Facebook ni dans les studios d’indignation : elle se prouve, documents à l’appui, dans le respect du droit. Reconstruire plutôt que détruire L’histoire retiendra que Radio Kiskeya fut plus qu’une station : un phare. Les figures comme Liliane Pierre-Paul et Jean Marvel Dandin ont bâti, au prix de leurs vies parfois menacées, une institution où la liberté de parole avait un sens. Aujourd’hui, ce phare vacille, non sous les coups de la censure politique, mais sous les éclats d’une querelle intime. Pourtant, il existe une sortie de crise Faire taire la rumeur pour laisser parler le droit. Ouvrir les livres pour apaiser les doutes. Redonner priorité à la mission journalistique, celle de servir le public, et non les rancunes personnelles. En guise de conclusion : sauver l’essentiel Ce conflit, tragique et humain, ne doit pas devenir la tombe d’un héritage collectif. La presse haïtienne, déjà fragilisée par l’insécurité et la crise économique, ne peut se permettre de perdre l’une de ses dernières institutions de référence dans une bataille d’ego et de soupçons. Il est temps que la vérité, la transparence et la mémoire l’emportent sur la rancune. Car au-delà des noms, des titres et des blessures, Radio Kiskeya appartient d’abord à la nation, à la vérité et à l’histoire.
- Pas en notre nom : la diaspora et les mouvements sociaux haïtiens rejettent la feuille de tutelle de l’OEA
Lettre ouverte au Secrétaire Général de l'Organisation des Etats Américains (OEA), Monsieur Albert Ramdin Objet: Rappel relatif au devoir du respect strict du droit sacré à l'autodétermination du Peuple haïtien et de sa souveraineté. Monsieur le Secrétaire Général, Comme vous le savez déjà, Haïti est le seul pays à avoir cassé les chaînes de l'esclavage, battu les maîtres esclavagistes pour ensuite ériger, au prix du sang, la première République noire indépendante du monde. Par cet acte héroïque, Haïti a ouvert la route de la liberté à tous les peuples opprimés de la terre, restauré la dignité de tous les peuples noirs et apporté, en tant que symbole de la lutte contre l'oppression, sa grande contribution à la lutte universelle pour la liberté et la dignité humaine, comme l'a souligné le Président Ibrahim Traoré dans l'une de ses récentes interventions sur Haïti. Pour avoir défié l'occident raciste, Haïti est en train encore de payer d'un prix fort cette légitime et salutaire insolence de peuple rebelle ayant eu le courage de dire NON à l'exploitation, à l'oppression, au racisme...Ce traitement différencié infligé par les anciennes puissances coloniales, racistes, esclavagistes devenues aujourd'hui puissances impérialistes a été, à juste titre, souligné par Ricardo Seitenfus, ancien représentant de l'OEA en Haïti, quand il écrit: "D'un point de vue historique, Haïti a généralement été perçu comme une menace par une partie du système international. C'est ce qui explique pourquoi ses rapports avec le monde sont définis par la force et jamais par le dialogue." Les agissements tant des puissances impérialistes que des organisations internationales ou régionales illustrent éloquemment cette vérité historique relevée par Seitenfus. Car, le langage de la force est le seul utilisé par les puissances impérialistes et alliées ainsi que nombre d'organisations internationales ou régionales travaillant, très souvent, pour le compte des puissances impérialistes, particulièrement le gouvernement américain. Monsieur le Secrétaire Général, Une question nous interpelle : L’actuel comportement de l'OEA envers Haïti se démarque-t-il de ce schéma colonial susmentionné ? Les faits sont parlants. Une feuille de route unilatérale N’avez-vous pas, dans un premier temps, élaboré pour Haïti une soi-disant feuille de route sans la participation d'Haïti ou de ses représentants-es ? Et encore, une feuille de route où les priorités nationales n'ont pas été réellement prises en compte. Une telle action suivie de votre réponse condescendante à l’ambassadrice Myrtha Desulmé – alors représentante permanente d'Haïti auprès de l'Organisation des États Américains (OEA) – lorsqu’elle a soulevé des questions à ce sujet, a provoqué son indignation et sa juste colère. Face à un tel affront et un tel acte de négation totale du droit à l'autodétermination et à la souveraineté du Peuple haïtien, la représentante d’Haïti s'était exprimée en ces termes, le 29 juillet 2025: « La restauration de la sécurité et de l'autorité de l'État sur tout le territoire demeure une condition sine qua non pour la mise en œuvre d'un quelconque plan en faveur d'Haïti. Il nous faut aborder ces sujets sans complaisance et sans faux semblant. Sans le rétablissement de la sécurité. il ne peut y avoir de bonnes élections. Sans le rétablissement de la sécurité, il sera extrêmement difficile de distribuer l'aide humanitaire à ceux qui en ont le plus besoin sans se faire racketter, enlever ou même tuer par des gangs...La solution durable doit venir des Haïtiens eux-mêmes qui doivent prendre leur destin en main et assurer le leadership de toute action à entreprendre par la communauté internationale.» (www.vantbèfinfo.com) Une question importante demeure : En quoi cette feuille de route unilatérale rendue publique se différencie-t-elle des feuilles de route secrètes du CORE GROUP et autres insidieusement appliquées et ayant abouti au chaos actuel ? Une crise fabriquée pour l’affaiblissement systématique d’Haïti Cette crise fabriquée a fait d'Haïti : Un État affaibli, appauvri, démantelé, plongé à dessein dans une situation chaotique; Un territoire avec des populations déplacées, fuyant les massacres et le chaos; Un pays où s'observe un déferlement interminable de réfugiés qui entreprennent quotidiennement la randonnée suicidaire dans une recherche désespérée pour trouver à tout prix et n'importe où une vie pour leurs enfants, mais qui sont accueillis avec la plus grande brutalité par les puissances hégémoniques qui ont elles-mêmes rendu notre pays invivable. Comme mentionné dans l’ouvrage collectif, "Haïti : Urgence d'une solidarité internationale agissante", on observe que «L'ingérence étrangère dans les affaires d'Haïti y compris l'imposition et le contrôle d'élections, le soutien aux gouvernements corrompus et le fait de fermer les yeux sur l'autoritarisme sont devenus la norme.» Monsieur le Secrétaire Général, Nous voudrions vous rappeler que cette terrible crise fabriquée dans le but d'affaiblir systématiquement Haïti, de renforcer sa dépendance politique et économique ou, au pire, l'éliminer, ne saurait avoir de solution importée ou imposée sous aucune forme. La solution doit être une solution haïtienne pour qu'elle soit viable. Elle ne saurait émerger que d'une feuille de route haïtienne ou indigène conçue, élaborée par les Haïtiens en dehors de toute ingérence étrangère. Ce qui, en fait, n'exclut guère une collaboration respectueuse de tous les pays, de toutes les organisations internationales ou régionales qui entendent apporter leur soutien, leur solidarité agissante à Haïti dans le respect de son droit à l'autodétermination et de sa souveraineté. Ce geste fraternel de solidarité concrète ne représente que le retour de l'ascenseur tenant compte du fait qu'Haïti, dès sa fondation, s'était toujours inscrite dans une longue tradition de solidarité internationale agissante désintéressée et ce malgré l'hostilité affichée des puissances colonialistes et la situation d'isolement dans laquelle notre pays a toujours été maintenu. Dans cette logique, Haïti a aidé généreusement nombre de pays en Amérique, en Europe, en Afrique à s'affranchir des chaînes de l'oppression. À retenir que plusieurs personnalités politiques ou intellectuelles dont les présidents Gustavo Petro, Lula Da Silva, Nicolàs Maduro, les feux présidents Fidel Castro, Hugo Chavez, le Prix Nobel Adolfo Pérez Esquivel, l'écrivain Eduardo Galeano, le militant panafricaniste Kémi Seba, entre autres, ont, à maintes reprises, rappelé pour les amnésiques en particulier ce fait mémorable. Enfin, comme mentionné antérieurement, cette crise multidimensionnelle qui menace le présent et l'avenir d'Haïti mérite d'être analysée en profondeur en vue d'une solution réelle, une solution haïtienne. C’est la raison pour laquelle des organisations haïtiennes d'ici et de la diaspora entreprennent l'initiative d'élaborer une feuille de route nationale impliquant la participation de différentes organisations haïtiennes. Cette démarche vise, entre autres, à restaurer la souveraineté nationale, sauver notre dignité de peuple et ouvrir ainsi la voie à la construction d'une Haïti enfin souveraine, libre et arbitre de son destin comme le commandent le père fondateur Jean-Jacques Dessalines Le Grand et tous nos valeureux ancêtres. Monsieur le Secrétaire Général, Dans cette entreprise difficile, complexe, Haïti aura besoin du soutien respectueux de tous les pays, de toutes les organisations internationales et régionales dont l'OEA. Vous remerciant à l'avance de votre soutien respectueux, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Secrétaire Général, nos distinguées salutations. Suivent les signatures: DÉPARTEMENT DE L’OUEST 1- Union Nationale des Normaliens/nes d’Haïti (UNNOH)/OUEST, Péguy NOËL, Patrick Hyppolite 2-Centrale Unitaire des Travailleurs.euses des Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH)/OUEST, Josué MERILIEN 3-Syndicat du Personnel du Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (SPEMENF), Louiné JOSEPH 4- Syndicat des Défenseurs des Employés de l'OAVCT (SDE/OAVCT), Bathol ALEXIS 5-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l'Éducation en Haïti (CENEH), Ferdinand JEAN-MARY 6 - Association Nationale Syndicale des Transporteurs Visionnaires d'Haïti (ANSTVH), Wilson CHARLES, Esther ELOY 7-Syndicat des Employés du Système National de la Formation Professionnelle (SESNFP/INFP), Hérold Charles CIVIL 8-Association des Motocyclistes pour le Bien-être de la Communauté (AMOBIC), Jean Kenson CHERY 10- Syndicat des Consommateurs Haïtiens (SYNCOH), Jean Garby BRITUS 11- Syndicat du Bureau de Monétisation et des programmes d'Aide au Développement (SE-BMPAD), Lentz Jika MAIGNAN 12 -Association Nationale des Greffiers Haïtiens (ANAGH), Ainé MARTIN 13 -Syndicat National des Huissiers de la République d'Haïti (SNHRH), Schelomith DORVIL 14-CONBITE des Organisations Politiques, Syndicales et Populaires (COPSP), Ersntz Brizard 15-Plateforme des Nationalistes Révoltés et Engagés ( PLANARE), Victor CHARIDIEU 16-Citoyen Engagé (CE), Armand Joseph JULES 17-Altenative Socialiste (AS), Jean Hénold Buteau, Jean- Paul Bastien 18-Mouvement POINT FINAL(MPF), Ulysse Jean Chenet 19-Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Camille Chalmers 20-Fòs Popilè laplèn (FPL), Jonès Jean-Baptiste 21- Pati Rasin Kan Pèp (PRK), Marc-Arthur Fils-Aimé 22-Organisation Portail du Savoir Haïti (OPSH), Mackenson PHANOR 23-Lajenès kristofyèn (LK), Ernest BOLIVAR 24- Komite Viktim Kafou Ayopò ( KVKA), Luck Jean Louis, 25-Kébert Bastien, Artiste et citoyen engagé 26-Jean Oreste J . A Morin, Journaliste engagé 27- Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l'Éducation en Haïti (CENEH), Maxo Lindor 28-Organisation de la Défense des Droits des Consommateurs Haïtiens (ODEFCOH), Julmice Chenet 29-Rezo Enfòmasyon pou Libète (REL), Edvad Lacoste 30-Rezo Òganizasyon Zòn Lwès (ROZO), Ivito Makandal 31-Lig Etidyan Sosyalis (LES), Evelyne Saint-Fort 32-Alliance Pour Changer Léogâne, Garès Alliance 33-Mouvman Peyizan Pou Pwogrè ak Avansman Leyogàn (MOPPAL), Constane Dieudoné 34-Renouvo Demokratik Nasyonal , Jacques Charlemagne 35-Wilson Jean-Baptiste, Citoyen engagé DÉPARTEMENT DU CENTRE 1-Association pour le Développement Communautaire de Los Palis (ADCL), Saint Preux Dieudonné 2-Fondation Gérald Romain (FGR), Gérald Romain 3-Association des Combattants pour le Développement de Hinche (ASCDDH), Eloge Edner 4-Mobilsation Intégrée d'Entraide Larique /Mouvman Youn Ede Lòt/ MIEL/MYEL LOUIS Sergot 5-Union Nationale des Normaliens et Normaliennes d'Haïti (UNNOH)/CENTRE, Déjoie Lucny 6-Mouvement des Citoyens Engagés du Centre pour Ayiti (MOCEC-AYITI), Robenson MAZARIN 7- Òganizasyon Ansanm Nou Fò (ONAF) ,Maxime Delsoin 8-Action Citoyenne pour l'Éducation Haïtienne en Ayiti (ACEH-AYITI), Junia MERÇON, Ing. Frantz PACOMBE 9- Initiative Citoyenne pour la Defense des Droits Humains et le respect de la loi en Hayti ( ICIDDHREL-HAYTI), Oligario MAXIME 10- Organisation des Femmes Contre la Violence Basée sur le Genre (OF-VBG), Joseline Corriélus 11-Fòs Viv Plato Santral ( F.V.P.S), Renoit JERÔME 12- Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Education en Haïti (CENEH), Vladimy Ricardeau Dorilas DÉPARTEMENT DE L'ARTIBONITE 1- Mouvman Jèn Labadi (MJL), MAXAINT Jn Baptiste 2-Action et Volontariat de Prise en charge Psychosociale (AVOPPS), Adly Arthur 3-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH), André PIERRE 4-Tèt kole Ti Peyizan Tirivyè Latibonit (TKTPLA), Nicolas Pierre-Louis 5-Rezistans Popilè Vèrèt (REPOV), Rédas Rémus 6-Mouvman Revolisyonè pou Liberasyon Mas yo (MORELIM), Nelio PETIT-HOMME 7-Groupe de Réflexion et d'Appui pour le Développement Durable (GRADED), JEAN PIERRE Dieufait Enock 8- Plateforme communale des organisations communautaires de base de Marchand Dessalines (PCOCBMD), Fritz Reximat 9- Union Nationale des Normaliens et Normaliennes d'Haïti (UNNOH)/ Bas Artibonite, Wiltor Dominique 10- Union Nationale des Normaliens et Normaliennes d'Haïti (UNNOH)/ Haut Artibonite, Jean Robert Sylverna, Gerôme Dorcina, Wilson Estanis DÉPARTEMENT DU NORD-EST 1-Organisation des Jeunes Progressistes de Terrier-Rouge (OJPTR), Etoinier Joachim 2 Centre d'Accompagnement National pour le Développement Durable (CANDD HAITI), Casséus Lauradin 3-Réseau d'éducation populaire par des Organisations Sociales (REPOS), Lovelie René 4-Inyon Òganizasyon Peyizan pou Avansman Bwadlorens (IOPAB ), Edmond Atilus 5-Plateforme des Organisations pour le Développement de Mombin-Crochu (PODEM)/Regroupant 35 organisations mixtes : Femmes et Jeunes, pour Mombin-Crochu, Saint-Fleurjean Rony 6-Collectif des Jeunes Engagés pour le Changement du Haut Nord-Est (CJECHNE), Peterson Saint-Fleur 7-Fédération des Enseignants Dévoués du Nord-Est, Voltaire Joannis 8-Forum citoyen de Ouanaminthe, Cheristil Célusca 9-Centrale Unitaire des Travailleurs.euses des Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH)/NORD-EST, Jean Alfred 10-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH), Junior Georges 11- Patrick Necker Saintilus, Citoyen engagé 12-Tèt Ansanm pou Devlopman Vallieres (TADEV), Alcimé Poliny 13-Inisyativ Patriyòt Maryen (IPAM), Jean Baptiste Bien-Aimé 14-Union Nationale des Normaliens/ennes d'Haïti (UNNOH)/NORD-EST, Saintana Jacques DÉPARTEMENT DU NORD 1-Organisation Haïtienne pour la Protection de l'Environnement (Hopen), Étienne Michaella 2-Organisation des Militants Avant-gardistes Nord (OMANORD ), Jean Louis Willy 3-Union des Jeunes Professionnels du Cap (UJPC), Jean Pierre Yonel 4-Organisation de Développement de la Bande du Nord (ODEB), Jean Pierre Arold 5-Ligue des Juristes haïtiens pour la Promotion et la Défense des Droits humains (LJHPDH), Osno Moncher 6-Association des Enseignants de PLAISANCE ( AEP), Jean François Jacobson 7-Coalition des Syndicats Enseignants du Nord (COASEN), Felix Jean Cilien 8-Fédération des Associations des Enseignants du Nord et du Nord-Est (FAENNE), Livingston Jean François 9-Mouvman Òganize Pou Devlopman Esklizif Katyemoren (MODEK), Amilcar JEAN-PIERRE 10-Centrale Unitaire des Travailleurs.euses des Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH) /Nord, Marckenson Jean-Baptiste 11-Komite Rezistans Benoît Batraville (KRBB), Léon Dumonvil 12-Federasyon Mouvman Demokratik Katye Moren (FEMODEK), Hugues Célestin 13-Union Nationale des Normaliens/ennes d'Haïti (UNNOH)/NORD, Willy Desarme DÉPARTEMENT DU NORD-OUEST 1-Syndicat des Défenseurs des Employés de l'OAVCT (SDE/OAVCT), JEAN -CHARLES Widnès 2-Syndicat des Huissiers de la République (SHR), JOSEPH Clédanord 3-Syndicat Référence/MENFP, JEAN -CHARLES Robert 4-Syndicat des Employés de l'OFATMA, Lesly Romond 5-Organisation Partenariat Public et Privé du Nord-Ouest (OPPPNO), Ciné Niclas 6-Union Nationale des Normaliens et Normaliennes d'Haïti (UNNOH)/NORD-OUEST, Noël Orilès 7-Organisation des Visionnaires sans Frontière (ORVISAF), Nicolas Bernard 8-Saint Jean Wiskis, Journaliste engagé 9-Konbit Òganizasyon pou sove Nòdwès ( KOSNO), Jackenson PHILOR 10- Rezo Òganizasyon Nòdwès (RÒN), Kerby JOSEPH 11-Organisation paysanne pour le Développement de Fond-Ramadou (OPDF), Odelin GUILBEAU 12-Association Jeunes Progressistes Waney Solon (AJPW), ERNEST Jean Ophere 13- Centrale Unitaire des Travailleurs-euses des Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH)/NORD-OUEST, Fednel Michel 14-Organisation des femmes visionnaires du Nord-Ouest pour une vie meilleure (OFEVNOM), Ronise Athilien DÉPARTEMENT DU SUD-EST 1-"Fòs Fanm Gran Sid (FGS), Myriame Jean, Cassandre Salomon et Rose-Marie Faustin 2-Mobilizasyon Peyizan ak Pechè pou Devlopman Ekonomik ak Sosyal (MOPPEDES), Manite Pierre Pétion 3-Syndicat des Employés du Programme National de Cantines Scolaire (SEPNCS), Jean Marc Dionel 4-Fòs Lajenès (FJ), Davidson Delva 5-Eveil Grand Sud (EGS) , Erl Jean Pierre 6--Eveil Grand Sud de la Région des Palmes (EGSRP), Germain Desroches 7-Eveil Grand Sud ( EGS), Moril Jeudy 8-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Education en Haïti (CENEH), Désiré Pierre 9- Centrale Unitaire des Travailleurs-euses des Secteurs Public et Privé (CUTRASEPH)/SUD-EST, Patrick Jean-Pierre 10- Groupe de Recherche et d'Action pour l'Économie Sociale et Solidaire(GRAESS), Franck Saint Jean DÉPARTEMENT DE LA GRAND'ANSE 1-Eveil grand Sud (EGS/ Grand-Anse), Joseph Toussaint 2-Organisation pour l'Émergence des Femmes Professionnelles d'Haïti (OREFEPH), Lionel CALAS 3-Union Nationale des Normaliens/ennes d'Haïti de la Grand'Anse (UNNOH/GA), Alexis Djims 4-Centrale Unitaire Des Travailleurs/euses pour les Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH/GA), Darius Rose Mith 5-Association de l'Office d'Assurance Véhicule Contre Tiers (OAVCT), Jean Richardson Papillon 6-Association des Huissiers de la Grand'Anse (AHGA), Leblanc Jean Junior 7-Associations des Greffiers de la Grand' Anse, Jean Serge Eugène 8-Association des Travailleurs Paysans de Bonbon (ATPB), Lestin Matineau 9-Etoile Popilè (EP) , Alexis Clerius 10-Citoyen Engagé ,Bélony François 11-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH), Stanley MATHURIN DÉPARTEMENT DU SUD 1-Organisation Populaire Sud (OPS), Désir Jean Mary 2-Organisation Union Populaire Sud d'Haïti (OUPSH), Pierre Duferlin Dorismond 3-Union des Jeunes Progressistes pour l’Avancement de la Commune de Tiburon (UJPACT), Termidor Fils Nerlande 4-Association des Travailleurs du Sud (ATS), Georges Dieucène 5-GARCOS Servir et développer, Didier Georges 6-Aksyon pou Sove Lavi ( APSL) , Jorice Oremil 7-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Education en Haïti (CENEH), Jean Paul Dumé 8- Oganizasyon Lave Je Koray Anri (OLAJEKA) / SID, Vilio Espérance 9-Centrale Unitaire Des Travailleurs/euses des Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH)/SUD, Ernst Michel Ange Lafond, Spencer Joseph 10- Union Nationale des Normaliens/ennes d'Haïti (UNNOH)/SUD, Emeline Lafague DÉPARTEMENT DES NIPPES 1-Konbit Peyizan Nip (KPN), Rony Gilles, Maille Line Jeune 2- Konbit Peyizan Abraam (KOPA), Sinommé Saint-Clair 3-Kowòdinasyon Òganizasyon Rejyonal Nip ( KORENIP), Jean Kenel Jean Baptiste 4-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l' Éducation en Haïti (CENEH), Noël Evel 5-Efò ak Solidarite pou Konstwi yon Altènativ Nasyonal Popilè (ESKANP), Mario Coty 6-Konbit Peyizan Nip /Konbit Fanm Peyizan (KPN/KFPN), Berthony Pierre-Louis 7-Centrale unitaire des Travailleurs-euses des Secteurs Public et Privé d'Haïti (CUTRASEPH)/NIPPES, Pyram Lagirois 8-Union Nationale des Nornaliens-nes d' Haïti (UNNOH /Nippes), Coridon Lacky 9-Association Nationale des Greffiers Nippes (ANAGH/Nippes), Bernabé Willy 10-Collectif des Enseignants pour la Nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH) , Jean-Claude Brunel 11-Organisation de Recherche d' Emplois Grand Sud (OREGS), Pierre Jacques Espérance 12- Syndicat pour la Défense des Employés de l’OAVCT/Nippes, Nelson Louis Jeune 13-Association des Médias en Ligne (AML), Zidor Inalea 14-Syndicat des Personnels du Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (SPEMENF/Nippes), Leclerc Samuel 15--Rezo Fanm Nip (REFANIP), Lila ZEPHIRIN 16-Fanm Òganize nan Nip ( FON), Rosa Bertha Augustin 17-Komite Jèn Difou (KJD), David Dorêt AMERIQUE LATINE ET CARAÏBES République Dominicaine 1-Fuerza de la Revolución (FR), Manuel Colón 2-Movimiento Patria Para Todas -PPT, Julio Díaz Campusano 3-Partido Comunista del Trabajo -PCT, Manuel Salazar 4-Movimiento Caamañista –MC Narciso Isa Conde 5-Movimiento Popular Dominicano -MPD 6-Movimiento Rebelde, Juan Hubieres 7-Agenda Solidaridad, Maribel Núñez, Argentine, Brésil, Uruguay, Colombie, Venezuela 1-Jubileo Sur/Américas 2-Monica Riet, Andres Olivetti, Andres Urioste, Miriam Gómez, Fernando Moyano: Coordinadora Por el Retiro de las Tropas de Haití y en Defensa de su Soberanía ( Uruguay) 3-Jair Krischke : Movimento de Justiça e Direitos Humanos Porto Alegre, BRASIL 4-Barbara Corrales : Comité Defender o Haiti é Defender a Nos Mesmos – BRASIL 5-Alejandra de Bittencour : Comité Palestina Libre – URUGUAY 6-Fernanda Aguirre : Comisión de Derechos Humanos del PITCNT - URUGUAY 7-Maria Torrelas : OLP-Resistir y luchar - Argentina 8-Adolfo Aguirre: CTA Autónoma - Argentina 9-Mariano David Vázquez: Red Argentina de Comunicadores por la Descolonización del Sáhara Occidental 10-Hugo Godoy: CTA Autónoma - Argentina 11-Beverly Keene : Diálogo 2000 Jubileo Sur Argentina 12-Rogelio Bramajo, Mario Hernandez: Comité Argentino de Solidaridad y Amistad con Nicaragua de Rosario (CASANicaRos) 13-Rede Jubileu Sul Brasil 14-Maura Nasly Mosquera Mosquera - COLOMBIA 15-Jorge Augusto Ramos Minotta: Fundacion Nuevo Milenario- COLOMBIA 16-Arturo Grueso Bonilla: Corporación de Educación de investigación e intercultural para los pueblos- COLOMBIA 17-Onis Ines Chourio Solarte: Red de Organizaciones Afrovenezolanas - VENEZUELA 18-Henry Boisrolin : Comité Democrático Haitiano en Argentina 19-Smil Eddyson Damas : Club Cultural Konbit – en Argentina AMÉRIQUE DU NORD, EUROPE 1-Don J Rocher : Radiotele1804 – USA 2-Ignace Morel : USA 3-Yves EXIL : LIRAD - New Jersey 4-Project DESSALINES 1804 - Spring Valley NY 5-Antoine Lapoterie: RHM - Canada 6-Jimy Mertune: Caribbean American Diaspora Alliance (CADA) - USA 7-Danny Shaw : Université de New-York 8-Samuel Colin: Forum Haïtien pour la Paix et le Développement Durable - FRANCE 9-Sem Supré : MOHFREC, FRANCE 10-Esther Mamadou : Coalition Internationale de Personnes Afro-Descendantes (ICPAD) - FRANCE 11-Fedner Chery , Observatoire des Grands-Goâviens d’outre-mer, Cana 12- Abel Moise :Vizyon Pwogresis - Florida
- L'indigence intellectuelle du Conseil présidentiel de transition est la cause principale de son échec
Par: Sonet Saint-Louis av Professeur de droit constitutionnel à l'université d'État -PC:Novavox- Dans le journal matinal de Radio Caraïbes de ce lundi 27 octobre, un journaliste a posé la question suivante : « Les trois braqueurs de la BNC ont-ils lâché le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé ? » Il faisait bien sûr référence à Gérald Gilles, Emmanuel Vertillaire et Smith Augustin. Dans l’opinion publique nationale, cette interrogation traduit le fait que la décision de la Cour d’appel de Port-au-Prince, conférant le statut de président de la République à ces trois conseillers du Conseil présidentiel de transition (CPT), inculpés par un juge d’instruction, n’a pas modifié la perception des citoyens, y compris celle de certains médias. Le dossier reste entier. Ce n’est ni un décret ni une décision de justice qui peut conférer le statut de président à un citoyen. Dans notre régime démocratique, régi par la Constitution de 1987, le statut du président est défini par un mandat, sa durée et les compétences que lui attribue la Constitution. Autrement dit, en démocratie, nul ne peut exercer le pouvoir sans mandat populaire, sans légitimité, sans avoir été consacré par le suffrage universel. Comment des hommes arrivés au pouvoir par un consensus politique décidé par la communauté internationale peuvent-ils se prévaloir du droit d’être jugés par la Haute Cour de justice, une instance constitutionnelle réservée aux dirigeants élus ou nommés démocratiquement pour des crimes commis dans l’exercice de leurs fonctions ? Ignorance ou perversion de la Cour d’appel ? Cette juridiction devra, le moment venu, s’expliquer devant la nation. Un juge à la Cour d’appel ou à la Cour de cassation doit incarner l’honneur, l’intégrité et la maîtrise du droit. Il existe deux lieux où le droit se construit officiellement : le Parlement, par la loi, et les Cours, par la jurisprudence. L’état déplorable de notre droit national résulte de l’insuffisance de nos institutions chargées de son élaboration. Le CPT n’a aucun lien avec la Constitution Comment expliquer que des juges des plus hautes juridictions d’un pays ne comprennent pas que c’est la Constitution qui détermine les modalités d’accession au pouvoir et en fixe l’organisation ? Notre Loi fondamentale établit les règles permettant de désigner les gouvernants, notamment par le biais d’élections organisées au suffrage universel direct ou indirect. Il n’existe aucun lien constitutionnel entre le CPT et la Loi fondamentale de 1987. Comment des dirigeants de facto, étrangers à cet ordre juridique, peuvent-ils se prévaloir d’un mécanisme aussi solennel que celui de la Haute Cour de justice ? Devant quel Parlement le Conseil présidentiel de transition (CPT) a-t-il prêté serment ? Comment la Cour d’appel de Port-au-Prince a-t-elle réfléchi ou raisonné pour en arriver à une décision attribuant le statut de président à ces conseillers, dont la mission, rappelons-le, prendra fin le 7 février 2026, date à laquelle cet exécutif de facto devrait remettre le pouvoir à des élus légitimes ? Comment expliquer que ce CPT ait supprimé la Constitution de 1987 par un décret référendaire, alors même que ses membres, en prêtant serment sur elle, avaient juré de l’observer et de la faire observer ? On apprend qu’il n’y aura plus de référendum constitutionnel avant la fin du mandat du CPT, fixée au 7 février 2026. Les menteurs sont démasqués. Sous quelle loi fondamentale seront donc organisées les élections promises sous pression internationale ? Quel texte encadrera les pouvoirs des futurs élus ? Le texte de 1987, qu’ils ont pourtant accusé d’être responsable de la mauvaise gouvernance du pays ? Et si cette Charte était réellement la cause principale de l’instabilité politique et institutionnelle en Haïti, pourquoi ce pouvoir de facto, après l’avoir supprimée, l’a-t-il rétablie pour organiser des élections sous son égide ? Le silence honteux de la Cour de cassation Au milieu de cette sécheresse de la pensée et de l’action positive dans la sphère publique, on s’interroge également sur le silence de la Cour de cassation face aux agissements de ce pouvoir de facto contre la Constitution. Pourquoi n’a-t-elle pas réagi en tant que gardienne suprême de la Constitution, pour protéger son autorité et préserver son intégrité contre les dérives autoritaires d’un pouvoir qui n’est pas issu du consentement du peuple ? À mon humble avis, notre Cour de cassation, véritable Cour suprême, n’a pas seulement un rôle judiciaire. La Constitution lui confère également un rôle dans la souveraineté, en tant que gardienne du texte fondamental et arbitre du processus démocratique, qu’aucun pouvoir ne saurait remettre en cause. Dès lors, est-il concevable qu’à la barbe de la Cour de cassation, un pouvoir de facto puisse décider, selon son bon vouloir, de l’existence ou non de notre Loi mère ? Il y a donc là un dysfonctionnement profond dans notre pays, qu’il importe de souligner et de comprendre. La Constitution n’est pas la cause de notre échec. Le respect de celle-ci ne dépend pas seulement de sa valeur juridique ou politique, mais aussi de la volonté des dirigeants et des citoyens de l’appliquer. Le respect des lois est, en grande partie, une question d’éducation. Comment enfin convaincre cette élite, aux commandes d’Haïti depuis des décennies, que le respect des institutions et des règles qui fondent la vie en société est la meilleure politique, la véritable garantie de la stabilité nationale ? Dans ce contexte, les manœuvres du CPT visant à remplacer le Premier ministre de facto ne changeront rien à la situation chaotique dans laquelle s’enlise cette instance de l’État. L’échec avéré d’Alix Didier Fils-Aimé est aussi celui du CPT, dont il tire son autorité. Les manipulations du Conseil présidentiel de transition, destinées à se maintenir au pouvoir au-delà du 7 février, ne trouveront d’écho que chez certains partis politiques et intellectuels frappés d’anémie morale et intellectuelle. Non : il n’y aura pas de prolongation : ils devront partir tous ensemble. Une indigence intellectuelle Au-delà de la manipulation politique, cette conjoncture révèle surtout le niveau intellectuel décevant — voire affligeant — de notre élite, caractérisée par une absence de rigueur dans la réflexion comme dans l’action. Cette réalité mérite d’être mise en lumière. Nous sommes plongés dans une stratégie de manipulation fondée sur le mensonge. La philosophe Hannah Arendt, connue pour ses travaux sur le totalitarisme et la théorie du pouvoir, l’a justement expliqué : « Le mensonge n’entre jamais en conflit avec la raison. » Les politiciens et intellectuels prêcheurs de mensonges se retrouvent aujourd’hui confrontés à leurs propres contradictions. Les actions du Conseil présidentiel de transition, dépourvues de fondement, de logique et de bon sens, illustrent l’indigence intellectuelle d’une classe politique et de ses partisans incapables de comprendre les véritables enjeux du moment. Or, notre époque exige des compétences réelles, une vision claire, et la capacité de saisir la complexité des réalités contemporaines afin de prendre des décisions éclairées et responsables. Notre défaite est avant tout d’ordre intellectuel. Elle traduit la faillite d’une élite figée dans ses erreurs, incapable de se remettre en question et qui, par son aveuglement, a conduit le pays à la déchéance morale, politique et institutionnelle. Ce drame national ne se résume pas à l’échec d’un gouvernement ou d’un conseil de transition : il témoigne d’une crise profonde de la pensée et de la culture politique haïtienne. Tant que notre élite refusera de reconnaître sa responsabilité historique et de renouveler sa manière de concevoir le pouvoir, Haïti restera prisonnière d’un cycle sans fin de manipulation, d’improvisation et de mensonge. Il est temps de réhabiliter l’intelligence, l’honnêteté et la compétence comme fondements du leadership public, si nous voulons espérer reconstruire une République digne et durable
- Une « solution haïtienne » sauf quand il faut affronter les gangs
Par: Michel Legros , Sitwayen pou Respè Konstitisyon - PC: Novavox- Il y a quelque chose de troublant que je veux partager avec vous, lecteurs. Depuis quelque temps, nos politiciens réclament une « solution haïtienne » à la crise. Les voilà nationalistes. Mais cette fameuse solution est presque toujours adressée à l’étranger. En réalité, ils réclament surtout le droit de soumettre leurs lubies au Blanc, chargé ensuite de les exécuter, puisque — pas courageux pour un sou — ils n’en prendront jamais eux-mêmes l’initiative. C’est exactement ce qui s’est passé à Kingston, sous l’égide de la CARICOM. Dans cette logique, l’« hydre à neuf têtes » est, oui, bel et bien une solution haïtienne. Vive Rébu, qui avait au moins tenté un lamentable coup d’État — une vraie solution haïtienne — pour renverser Avril qu’il ne voulait pas. Il a le mérite de n’avoir pas demandé la permission au Blanc. Mais ce qui choque davantage encore, c’est leur silence face à l’insécurité. On présente cent solutions politiques haïtiennes, mais aucune solution haïtienne contre les gangs : la principale préoccupation de la population, toutes classes confondues. D’ailleurs, cette prétendue solution haïtienne, concoctée à Kingston par des « parties prenantes » cooptées pour former le CPT, était en réalité conditionnée par l’acceptation d’une solution étrangère à la question sécuritaire : la mission kenyane. Indécent. Pendant ce temps, le Blanc prend son temps. Interviendra-t-il ? Nul ne sait. Certainement pas demain. Viv Ansanm semble, aussi, avoir rompu son pacte tacite avec le pouvoir. Il a repris l’offensive. Souhaitons que Barbecue et Kempes se montrent cléments envers ceux qui, n’ayant pas le choix, ont accepté de revenir vivre sous leur autorité à Solino, Nazon et Pouplard — comme d’autres vivent déjà, en silence, sous le joug de Krisla à Carrefour ou de Chen Mechan dans la Plaine. Tous savent qu’aucune protection ne viendra de l’État. Espérons, au moins, qu’ils ne seront pas massacrés à nouveau, ni que leurs maisons de fortune ne seront réduites en cendres, une fois de plus. À Port-au-Prince, le kidnapping reprend de plus belle. Dans l’Artibonite, les gangs tuent, pillent, incendient les rizières. Et dans le Plateau Central, ils avancent vers Lascahobas. Plip Plip n’a pas tenu parole — ce qui était prévisible : la Nationale #3 reste bloquée. Et le gouvernement, dans tout ça ? Rien. Son propre plan de guerre indépendant, en attendant la nouvelle mission de 5 500 hommes, n’existe toujours pas — à part le gaspillage des drones. Rameau est pourtant parti. Ce pouvoir a échoué. Depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, il n’a compté que sur les promesses du Blanc pour rétablir la sécurité. Laurent St Cyr l’a avoué : si la sécurité n’est pas revenue, c’est que l’International n’a pas tenu ses promesses d’aide. Et si cette promesse ne vient jamais ? Faudra-t-il continuer à mourir en attendant le Blanc? Messieurs, vous avez tous échoué. Vous avez surtout péché par omission. Le péché des fainéants.
- Okipasyon peyi a pran yon lòt figi
Pa: Marc-Arthur Fils-Aimé & Camille Chalmers Rasanbleman Sosyalis pou yon Inisyativ Nasyonal tou Nèf Pati RASIN Kan Pèp La. Jou madi 30 septanm 2025 la, Konsèy Nasyonzini an pran yon desizyon pou anvayi peyi a ak yon nouvo twoup entènasyonal men ak yon lòt non tankou sa toujou fèt chak fwa. Li rele “Fòs Represyon kont Gang" (FRG).Twoup sa a dwe mache ak senk mil senk san militè ak senk san polisye. Objektif deklare li, se kase fe gang yo. Men tankou menm jan ak anvan yo, eske se vre objektif misyon an? Pou ki sa ak lajan sa a, peyi etranje sa yo pa ede lame ak polis la rive nan dimansyon pou yo pwoteje sa sistèm peze souse sa a pèmèt yo pwoteje? Ayiti abitye ak kalite mannèv entènasyonal sa yo. Enperyalis ameriken depi kèk tan fofile nan mitan yon bann lòt peyi pou pyafye sou kòtòf lestomak li. Li mete Panama devan jodi a pou li prezante pwojè sa a devan konsèy Sekirite a ; yon pwojè Lachin ak Larisi te voye jete plizyè fwa deja. Pou ki sa de (2) kòlòs sa yo malgre kèk ti rechiya Lachin fè kite li pase? Sa ki konplote sou do nou? Ann poze tèt nou kesyon sa yo ! Se vre, ensekirite a pa janm monte wotè sa a gras ak zam ak minisyon ki soti nan peyi Etazini. Se ka ki motive lespwa pi fò moun nan peyi a nan debakman twoup sa yo. Se menm lespwa sa yo te genyen anvan rive Kenyan yo. Se pa sèlman moun ki oblije abandone kay yo, milye yo ki nan sitiyasyon sa a. Ann gade! Divalye yo te genyen kontwòl sou makout ak lame. Militè yo pandan kou Deta kont prezidan Aristid la, soti septanm 1991 rive oktòb 1994, te toujou montre otorite yo sou bandi pa yo a ki te FRAP. Menm chimè yo te konnen koute prezidan Aristid lè li te pale. Fwa sa gang yo parèt kòm si yo mèt tèt yo paske veritab mèt yo pa janm ofisyèlman rekonèt yo. Pou ki sa benyen kache lonbrit sa a ? Sa ki fè anpil moun menm kwè gang yo kase kòd la ak mèt yo epi yo vini endepandan. An realite, yo benefisye sèlman yon bout otonomi paske yo pa janm ka viv pou kont yo. Konsekans nouvo anvayisman sa a . FRG yo depi yo ta genyen modòd pou yo elimine gang yo, pa ta dwe pran anpil tan pou yo fè sa. Poutan misyon sa a ki genyen yon atik ki ba li tout endepandans li nan fason lap entèveni sou teren an deja ofri li posiblite pou li rete toujou la apre yon lane. Endepandans sa a montre aklè nati ranfòsman okipasyon an ki pa te janm sispann. Li ba li pouvwa pou li frape nenpòt ki lè, nenpòt ki kote san li pa enfòme responsab ayisyen yo davans. Se sou pretèks pou evite gang yo jwenn enfòmasyon anvan chak entèvansyon yo. Se vre, se yon reyalite ki egziste depi kèk lane paske polis la grangrennen prèske nan tout kò li. Men yon mezi konsa tou kache lòt konsekans ki pèmèt gouvènman peyi Etazini sitou kenbe dappiyan li sou politik ak sou tout richès peyi a. Prezans fòs bandi yo depi sou Duvalier epi menm anvan pa yon loray kale. Enperyalis etazinyen toujou bezwen kontwole peyi a dapre nenpòt ki mwayen. Sa li kòmanse fè apati premye debakman 28 jwiyè 1915 lan. Ak devlopman sosyalis la nan monn lan epi ak jan ideyoloji sa a deplòtonnen li nan Karayib la ak nan tout Amerik la, menm nan peyi Kanada epi sitou apati revolisyon kiben an, sistèm nan toujou double fòs siveyans li. Deja mouvman revolisyonè yo depi sou Pati kominis Jacques Roumain ak lòt kanmarad yo te fonde a nan lane 1934 te sibi plizyè kalite represyon. Men depi revolisyon kiben an, represyon an depase kad entèdiksyon ak pran prizon. Li prezante sou fòm fòs paralèl san fwa ni Iwa poutan ki byen souche anndan fonksyonman sistèm nan pou kraponnen mas popilè yo. Se de (2) wòl sa a tout gang yo kontinye jwe jous konnye a : pwoteje pouvwa anplas la pandan lap ankadre sistèm peze souse a. Prezans yo sou yon fòm osnon sou yon lòt pa sèlman enpòtan men nesesè pou kraze tout fòs rezistan popilè. Sinema a, se chak fwa klas kap dominine yo nan tèt kole ak pwisans enperyalis yo, ak Etazini an tèt, panse yo atenn objektif yo ki se diminye fòs mas popilè yo, yo deplwaye menm modèl solisyon sa a: kalme ensikirite a nan lespri pou rechofe modèl demokrasi yo a ki dapre yo egal ak eleksyon. Men sou kondisyon eleksyon sa yo rete nan limit yo ba li yo a. Pa genyen kesyon detwi ensikrite a nan rasin li pwiske sistèm nan bezwen bandi yo menm sou yon lòt non epi ak lòt chèf pou pwoteje li. Nou dwe raple se pa lamizè menm si mizè a fasilite rekritman bandi yo, ki veritab sous ensekirite a ki egziste menm nan peyi rich yo. Ensekirite nan peyi sa yo konsidere kòm fòs rezèv represyon kont nenpòt mouvman popilè ki ta vle pran grad nan menase sistèm nan. Kidonk ensekirite a jwe menm anndan vant sistèm nan menm misyon an ak isit menm lè fòm yo varye swivan devlopman peyi sa yo. Pa genyen okenn rezon pou nou kwè nan eliminasyon ensekirite anndan sistèm peze souse sa. Nap jwenn amelyorasyon nan limit pou pèmèt sistèm nan fonksyone. Se sèl sou pouvwa mas yo sou kontwòl mas yo veritab kè poze a chita. Peyizan, ouvriye ak tout mas esplwate yo, ann reprann chemen 1804 la pou konstwi Leta pa nou!
- Les contradictions de la politique américaine en Haïti
Par: Alain Zéphyr, Sociologue D epuis plus de trente ans, Washington oscille entre des proclamations en faveur de la démocratie haïtienne et des pratiques qui en minent les fondements. D'un côté, les États-Unis prônent les élections libres, la stabilité institutionnelle et la lutte contre la corruption. De l’autre, ils appuient des gouvernements de transition dépourvus de légitimité populaire, entretiennent des complicités avec les groupes armés qui déstabilisent le pays. Ils orchestrent également des interventions étrangères qui marginalisent les dynamiques citoyennes et étouffent toute souveraineté démocratique. Aujourd’hui, cette dissonance atteint un seuil critique. Elle s’enracine durablement dans les domaines stratégiques de la sécurité, de la migration, de l’économie et de la démocratie, révélant une dynamique de domination qui reconduit et normalise l’instabilité. La sécurité Cinq années de terreur armée ont désintégré les institutions haïtiennes et plongé le pays dans une crise humanitaire abyssale. L’État haïtien, dépouillé de ses moyens de défense par décret international, est livré nu aux griffes de l’impunité. Officiellement soumis à un embargo onusien interdisant toute vente, transfert ou fourniture directe ou indirecte d’armes, de munitions, de véhicules militaires, d’équipements paramilitaires et d’assistance technique, il est désarmé par la loi tandis que les gangs, eux, s’arment par les ports. -PC: Novavox- Des cargaisons entières d’armes expédiées depuis les États-Unis continuent d’alimenter les groupes armés, contournant les contrôles officiels et prospérant dans l’impunité. L’embargo ne protège pas Haïti : il neutralise l’État, tandis que les armes circulent librement vers ceux qui le dévastent. L’appareil sécuritaire, désormais exsangue, s’est révélé si défaillant que des sociétés militaires privées américaines ont été appelées à la rescousse, siphonnant les dernières ressources nationales. Dans ce vide orchestré, les États-Unis et leurs alliés internationaux imposent à Haïti des missions sécuritaires rejetées par la population, dépourvues de personnel qualifié, de financement viable et de mandat clair. Ces interventions ne relèvent pas d’une réponse, mais d’un dispositif de façade, une mise en scène sécuritaire destinée à reconduire l’ingérence, maquiller l’échec diplomatique et écraser les volontés populaires sous les oripeaux d’une coopération imposée. La politique migratoire Malgré sa reconnaissance officielle de l’insécurité extrême en Haïti, l’administration américaine poursuit ses déportations mensuelles de migrants haïtiens vers ce même chaos. La fin décrétée du TPS, devenue effective le 2 septembre 2025, enfonce le clou. Alors que le Département de la Sécurité intérieure prétend que le pays est désormais « suffisamment sûr », près de 500 000 ressortissants haïtiens sont renvoyés vers une insécurité qu’on feint d’avoir surmontée. Cette mécanique d’abandon culmine dans la révocation brutale du programme Biden de Humanitarian Parole, qui avait permis à plus de 210 000 Haïtiens d’entrer légalement aux États-Unis pour deux ans sous condition de parrainage. Présentée comme une réponse humanitaire, cette initiative est aujourd’hui démantelée au nom d’une prétendue incompatibilité avec les intérêts américains. Les bénéficiaires, sommés de quitter le territoire sous trente jours, perdent leur statut, leur droit au travail et toute protection légale. La double révocation, TPS et Parole, illustre une politique étrangère en rupture avec les réalités du terrain, où les impératifs sécuritaires écrasent les principes humanitaires et instrumentalisent le droit international au service d’une logique migratoire fondée sur le déni, la dissuasion et l’abandon. L’économie L’économie haïtienne, déjà fragilisée, s’est enfoncée dans une spirale de contraction sous l’effet direct de la violence armée. Depuis 2018, la montée en puissance des gangs, désormais maîtres des axes commerciaux, des ports, des zones industrielles et des quartiers populaires, a paralysé la production, entravé les échanges et provoqué la fermeture de centaines d’entreprises. Selon les estimations du RCIA (2024), cette insécurité structurelle a entraîné une chute de près de 40 % de l’activité économique et une perte de plus de 9 milliards de dollars. En lieu et place d’un appui économique, les États-Unis ont aggravé la situation en démantelant les programmes HOPE et HELP, qui garantissaient aux produits textiles haïtiens un accès préférentiel au marché américain. La fin de ces régimes préférentiels, effective au 1er octobre 2025, a porté un coup fatal au secteur textile, qui représentait près de 90 % des exportations haïtiennes. Ces mesures avaient généré des milliers d’emplois dans les zones franches, notamment à Caracol et à CODEVI, et constituaient l’un des derniers piliers encore debout de l’économie nationale (Vyal, 2025). À ces pertes s’ajoute l’interdiction des mangues Francisque, survenue dès 2022, qui avait déjà amputé l’économie haïtienne d’un débouché agricole vital (Zephyr, 2023). - Codevi en ébullition après le retrait de Hope/Help - Pour parachever cette offensive silencieuse, l’administration américaine a imposé des tarifs douaniers de l’ordre de 20 à 30 % sur les produits haïtiens, rendant leurs exportations largement non compétitives face aux marchés asiatiques. Ce retour aux barrières tarifaires classiques condamne Haïti à une marginalisation économique accrue, aggravant le chômage, la pauvreté et l’instabilité sociale. Ainsi, l’insécurité armée a provoqué l’effondrement économique, et les décisions américaines ont consolidé ce déclin, secteur par secteur. Ce démantèlement progressif ne procède pas d’un retrait passif, mais d’un dessein structuré. Il retire à Haïti ses derniers leviers de subsistance, substitue l’abandon à la coopération et convertit la vulnérabilité en instrument de domination. La démocratie Les États-Unis aiment à se présenter comme les garants de la démocratie et du progrès en Haïti. À chaque crise, chaque transition, leurs déclarations réaffirment leur engagement envers les principes démocratiques. Pourtant, sur le terrain, leurs actions racontent une toute autre histoire. Sous le masque de l’aide, Washington reconduit une logique d’ingérence qui érode les institutions haïtiennes. Appui à des régimes rejetés, silence complice face aux groupes armés, interventions militarisées qualifiées de “missions de paix” : autant de gestes qui ont méthodiquement sapé les fondations de la démocratie haïtienne. À force de prôner la démocratie tout en soutenant des pratiques qui la contredisent, Washington a transformé le chemin vers la liberté en un parcours semé d’embûches, douloureux et sinueux, Et dans ce paradoxe, c’est la foi du peuple haïtien en la bonne volonté américaine qui s’effrite, jour après jour, promesse après promesse. Aujourd’hui, alors que les Haïtiens traversent une crise de sécurité publique sans précédent, paralysant l’ensemble des institutions du pays, Washington intensifie la pression pour organiser des élections que beaucoup qualifient de simulacres. Ces scrutins visent à légitimer l’impunité et à reconduire un ordre rejeté par la majorité du peuple haïtien. Ainsi, la « démocratie à l’américaine » en Haïti s’apparente à une mise en scène méticuleusement orchestrée : un dirigeant contesté, discrédité par la corruption et dépourvu de légitimité populaire, exhibant l’écharpe présidentielle derrière des barbelés, sous la garde de soldats étrangers. Ce tableau, loin d’incarner la souveraineté du peuple, évoque une démocratie confisquée. - Pc: Novavox- Ce n’est pas la voix des urnes qui résonne, mais le bruit des bottes. Ce n’est pas la volonté populaire qui triomphe, mais la persistance d’un ordre imposé, maintenu à bout de bras par des puissances extérieures. Une démocratie sans peuple, sans confiance, sans avenir. Pour les Haïtiens, la démocratie ne se mesure pas à la tenue d’un scrutin placé sous tutelle, mais à des réalités concrètes : la sécurité, l’éradication de la corruption, le respect de la souveraineté nationale et la capacité collective de bâtir un avenir digne. Or, dans cette quête, les États-Unis ne jouent pas un rôle de partenaire ; ils apparaissent de plus en plus comme un facteur de blocage, perpétuant des rapports asymétriques qui entravent les aspirations populaires haïtiennes. Crise prolongée, réponse différée : l’urgence d’un projet inclusif et souverain Les ingérences américaines en Haïti, conjuguées à la soumission des dirigeants haïtiens aux injonctions étrangères, forment le socle de la crise démocratique actuelle. Ces élites, autoproclamées représentantes du peuple, délibèrent et décident en son nom, non pour défendre l’intérêt collectif, mais pour préserver leurs privilèges et alliances. Ce détournement de souveraineté les conduit à ignorer les revendications fondamentales de la majorité : une sécurité digne, une participation citoyenne réelle, et la possibilité de devenir les auteurs de leur propre destinée. Dès lors, une vérité s’impose avec clarté et urgence : seule la volonté populaire haïtienne peut sauver Haïti Aujourd’hui, les forces progressistes et populaires haïtiennes sont appelées à franchir un seuil décisif. Elles doivent opérer un saut qualitatif en construisant un projet national qui inclut les victimes de la violence des gangs, les petits paysans, les ouvriers, les jeunes, les intellectuels et tous les laissés-pour-compte de la société haïtienne. Ce projet ne saurait se limiter à la résolution conjoncturelle de la crise : il doit porter l’ambition de refonder une société nouvelle, inclusive et digne, où chacun puisse participer pleinement à la vie collective et devenir l’auteur de sa propre histoire. Pendant trop longtemps, les forces de transformation sociale sont restées en marge, laissant le champ libre à des gouvernances successives qui ont précipité le pays dans une crise toujours plus profonde. Elles n’ont jusqu’ici pas su répondre à la demande majoritaire de changement par une offre politique convaincante, articulée autour d’un projet victorieux de transformation structurelle et de réhabilitation démocratique. L’émergence d’un mouvement populaire, porté par une nouvelle gauche capable de répondre aux urgences haïtiennes par des réformes structurelles, n’est plus une option : c’est une nécessité nationale. Un mouvement de rupture, affranchi des compromis stériles, apte à mobiliser les forces populaires et à refonder les institutions sur des bases de justice, de transparence et de souveraineté démocratique. Telle est l’exigence des masses haïtiennes et la voie la plus sûre vers un renouveau démocratique. References Ministère de l’Économie et des Finances, République d’Haïti. (2024). Rapport d’évaluation rapide de l’impact de la crise sécuritaire en Haïti (RCIA). Port-au-Prince : Gouvernement d’Haïti. Vyal, K. (2025, octobre 1). Fin du programme HOPE/HELP : un coup dur pour l’industrie textile d’Haïti. The Wall Street Journal. https://www.wsj.com/articles/fin-du-programme-hope-help-haiti-textile-2025 Zephyr, A. (2023, July 31). La rareté des mangues francisques aux États-Unis, un symbole de l’aggravation de la crise haïtienne. Boukan News. https://boukannews.com/la-rarete-des-mangues-francisques-aux-etats-unis-un-symbole-de-laggravation-de-la-crise-haitienne
- Pourquoi attendre le 7 février 2026 pour faire partir le CPT?
Par: Sonet Saint-Louis av. Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie de la recherche juridique à la faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haïti. Le Conseil présidentiel de transition (CPT) arrive en fin de course.La question n’est plus de savoir s’il doit partir, mais par quoi le remplacer. Depuis quelque temps, la suspension brutale du suffrage universel est devenue la stratégie privilégiée d’hommes politiques haïtiens dépourvus de toute légitimité démocratique, mais désireux de gouverner le pays. L’opposition multiforme qui a succédé au président Jovenel Moïse s’apprête à passer cinq ans au pouvoir — soit l’équivalent d’un mandat présidentiel — dans le cadre d’une transition circulaire, conçue par des politiciens coupés du peuple, pour se maintenir aux commandes sans son consentement. Ainsi, la notion même de transition politique a perdu toute signification. Elle est devenue, pour certains acteurs hostiles à la démocratie libérale consacrée par la Constitution, une véritable « banque à dévaliser » en toute impunité. Ce cycle infernal, où des gouvernements élus sont renversés au profit de pouvoirs non délégués pour satisfaire des intérêts personnels, constitue l’une des principales causes de l’instabilité chronique du pays. Il n’y aura pas de prolongation. Le CPT connaitra le même sort que le gouvernement d’Ariel Henry, resté 31 mois au pouvoir sans organiser d’élections, prolongeant ainsi cette interminable succession de gouvernements éphémères marqués par la rupture de l’ordre démocratique et constitutionnel. Il est temps de mettre fin à cette logique perverse. La nouvelle démarche politique doit être celle de la modernité et de la responsabilité. Elle passera nécessairement par l’émergence d’une génération de dirigeants compétents, patriotes et intègres, capables de défendre les intérêts nationaux, de restaurer la confiance publique et d’assurer une gestion saine et transparente de la chose publique. Retour à l’État de droit Déclarer l’urgence de retourner à l’État de droit n’est pas une provocation. C’est un rappel : Haïti est une République démocratique, et il est inadmissible qu’elle soit gouvernée en permanence par des dirigeants dépourvus de mandat populaire. À mesure que s’approche la date butoir du 7 février 2026, une classe politique corrompue, alliée à un secteur privé ayant prospéré depuis des décennies dans le chaos et le crime organisé, sombre dans la panique. On annonce la préparation d’élections qui, au vu des conditions actuelles, risquent fort d’être entachées d’irrégularités. Comment organiser ces élections promises sous pression internationale dans un contexte de désordre généralisé ? Comment réguler ce chaos ? Quelle Constitution encadrera les pouvoirs des prochains représentants du peuple ? Cette semaine, à l’issue d’un Conseil des ministres marqué par la confusion, on a appris avec stupéfaction que le décret référendaire — l’acte par lequel le CPT et le gouvernement avaient tenté d’abroger la Constitution de 1987 — avait été annulé. Cela signifierait-il que l’« acte d’indépendance » que ce Conseil invoquait pour justifier ses actions cesse désormais d’être la norme fondamentale ? Toujours est-il que ces projets de « réformes constitutionnelles » et de « référendums » ont déjà englouti des sommes colossales : 40 millions de dollars américains sous l’administration de Jovenel Moïse et 600 millions de gourdes sous la gouvernance du CPT. Qui a mis en place ce véritable laboratoire de référendums ratés ? Qui en sont les instigateurs ? Mystère et boule de gomme ! Pendant plusieurs mois, ce pouvoir de facto a plongé le pays dans une insécurité juridique et institutionnelle dévastatrice pour l’État. La violation de la Constitution — sa suppression pure et simple par un pouvoir illégitime — peut-elle rester sans conséquence ? Le CPT peut-il décider, selon son bon vouloir, de l’existence ou non de notre Loi fondamentale ? Que dira le peuple, seul dépositaire de la souveraineté nationale, auteur et gardien du texte de 1987, face à ce Conseil et à un Premier ministre de facto qui ont délibérément sacrifié son œuvre ? Le départ du CPT, prévu pour le 7 février 2026, ne doit pas seulement marquer la fin d’une catastrophe, mais aussi le commencement d’un renouveau pour Haïti. On ne peut pas reprendre les mêmes pour recommencer. Le recyclage des échecs et la reconduction de la déchéance au sommet de l’État ne sauraient être une option. Dans ce contexte, le Front républicain doit se renforcer face à la catastrophe qui s’annonce, lente mais certaine. Le bloc titanesque que représente le CPT est impuissant : il ne peut rien faire, sinon chanter à l’unisson pour nous dire son dernier adieu. La fin du mandat du CPT ne dépend pas seulement de l' expiration du délai imparti mais aussi de l' inexécution des responsabilités qui lui ont été confiées. Nous sommes à un moment de responsabilité. Il nous faut prendre des décisions courageuses, capables de créer une véritable convergence nationale afin de dégager une issue réaliste et durable à la détresse que traverse la nation. Trois options possibles Pour l’instant, trois options sont sur la table et méritent d’être examinées avec attention. Certains groupes politiques et organisations de la société civile défendent l’idée de recourir à la Cour de cassation pour remplacer le CPT. Les partisans de cette proposition estiment qu’il s’agit de la solution la plus viable et la plus simple, car elle aurait la vertu d’assurer la neutralité de la transition et d’éviter qu’elle ne soit confisquée par certains secteurs politiques au détriment d’autres — comme c’est actuellement le cas avec un CPT dominé par des groupes qui monopolisent l’État et son administration depuis dix-huit mois. Ils rappellent également que, dans l’histoire politique récente, le recours à la Cour de cassation a permis de surmonter certaines crises : ce fut le cas en 1990 avec la juge Ertha Pascal-Trouillot, et en 2004 avec le juge Boniface Alexandre. Enfin, ils soutiennent qu’en l’absence des deux autres pouvoirs désormais dysfonctionnels, le pouvoir judiciaire — à travers la Cour de cassation — demeure le seul à disposer de la légitimité nécessaire pour assumer la transition. En effet, selon les articles 58 et 59 de la Constitution de 1987, temporairement supprimée puis rétablie par le CPT, ce pouvoir assure, avec l’Exécutif et le Législatif, l’unité de la souveraineté nationale. D’autres secteurs, en revanche, estiment que la réponse à la crise actuelle ne peut être uniquement politique. Selon eux, toutes les institutions ont été anéanties par le chaos ambiant ; il ne peut donc y avoir de solution véritablement institutionnelle, encore moins constitutionnelle, à la crise. Même si la formule du recours à la Cour de cassation était retenue, il faudrait encore parvenir à un large consensus entre les différents acteurs politiques et sociaux. Dans l’état actuel des choses, ces secteurs croient que la solution pourrait résider dans une mobilisation conjointe de la société civile et politique. Un Conseil de gouvernement restreint à trois membres leur semblerait plus viable que la délégation du pouvoir à un juge de la Cour de cassation, jugé trop éloigné des réalités, des débats et des préoccupations citoyennes. Ils rappellent d’ailleurs que la Cour de cassation elle-même fait partie du problème, car celle-ci était restée silencieuse lorsque les dirigeants de facto ont décidé de suspendre la Constitution de 1987, alors que sa mission première est d’en garantir la suprématie et de veiller au respect de la règle de droit ? Ce silence — qu’il soit le fruit du calcul ou de l’ignorance de son rôle fondamental — ne plaide pas en faveur d’un tel recours. Face à la gravité de la crise, certains groupes politiques jugent la Cour de cassation inapte à gérer la situation et contestent sa neutralité. Selon eux, elle est désormais sous l’influence de forces nationales et internationales cherchant à confisquer la transition pour préserver leurs privilèges, au détriment des aspirations du peuple haïtien. Selon eux, la neutralité évoquée par certains ne saurait venir de la Cour de cassation, minée par un profond déficit de crédibilité et de légitimité. Elle devrait plutôt s’imposer dans la manière même de concevoir et de conduire la nouvelle transition politique. Cependant, la mise en place d’un Conseil de transition composé de trois membres — proposée comme alternative au CPT — soulève plusieurs difficultés majeures. Il n’est pas impossible de trouver des personnalités crédibles issues des milieux politiques et sociaux, mais comment les choisir et selon quels critères de représentativité ? La classe politique, déjà discréditée par ses divisions, a achevé de perdre la confiance du peuple. Son implication dans l’expérience désastreuse du CPT a accéléré sa déchéance. Si cette proposition présente certains avantages, notamment sur les plans politique et diplomatique, dans un contexte où toutes les institutions nationales sont en ruine, elle comporte aussi un risque considérable : celui de prolonger indéfiniment la vacance du pouvoir exécutif. Les divergences profondes qui traversent la classe politique et la persistance des intérêts claniques, égoïstes et mesquins au détriment du bien commun pourraient condamner une telle formule à l’échec. Une approche mixte Par ailleurs, certaines voix politiques, conscientes des difficultés à rapprocher des groupes défendant des solutions opposées, suggèrent une approche mixte. Cette option consisterait à mettre en place un organe présidentiel composé d’un membre de la Cour de cassation et de deux représentants désignés par les secteurs politiques. Placée sous la présidence du juge, cette instance aurait pour mission de former un gouvernement technocratique et non partisan, chargé de conduire le pays vers l’organisation d’élections crédibles et transparentes. S’il semble plus aisé de choisir le représentant de la Cour de cassation, la sélection des deux autres membres, dans le cadre d’un consensus politique, demeure problématique. La division persistante au sein de la classe politique reste un obstacle majeur à toute démarche concertée. La communauté internationale, qui contrôle désormais l’essentiel du terrain politique et sécuritaire en raison de la faillite des élites haïtiennes, pourrait être tentée d’imposer sa propre solution si les Haïtiennes et les Haïtiens ne parviennent pas à concevoir une alternative nationale fondée sur l’unité et la responsabilité. Il est non seulement urgent, mais aussi vital, que toutes les forces patriotiques, sociales et citoyennes, que les hommes et les femmes de valeur que compte ce pays, dépassent leurs clivages pour bâtir ensemble une solution commune, souveraine et durable. Seule une union sincère, guidée par l’intérêt supérieur de la nation et animée par la volonté de servir, permettra de sortir Haïti de l’impasse, de raviver l’espoir collectif et de remettre en marche une nation trop longtemps réduite au silence et à l’immobilisme.











