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  • L'avant-projet de Constitution : une ultime étape dans la consolidation du désordre et de l’instabilité orchestrés par les gangs.

    Notre Éditorial, Par: Alain Z éphyr , Sociologue. -PC: Novavox- N ous avons toujours affirmé que la démocratie haïtienne est confisquée par les gangs armés, la classe politique traditionnelle et la communauté internationale. L'avant-projet de la nouvelle Constitution en est une preuve supplémentaire. À l’analyse, cette constitution apparaît comme une entreprise méthodique des forces du chaos visant à parachever la désintégration du pays. Quand la loi devient l’instrument de la déconstruction Depuis plusieurs années, la gouvernance haïtienne est marquée par une fragilisation des institutions et une montée en puissance des groupes armés. La classe politique traditionnelle et la communauté internationale semblent avoir échoué à contenir l’effondrement institutionnel et sécuritaire en Haïti. Cette situation résulte d’une série de décisions politiques et d’interventions internationales qui, loin de stabiliser Haïti, ont souvent aggravé la crise. Aujourd’hui, la réforme constitutionnelle apparaît comme leur priorité absolue, reléguant les autres urgences nationales au second plan. Le droit étant l’expression d’un équilibre de forces dans la société globale, une nouvelle constitution, adoptée dans un climat marqué par l’absence de libertés et le chaos instauré par les gangs armés, consacrerait un rapport de forces défavorable au peuple haïtien et à ses aspirations démocratiques, parachevant ainsi l’effacement des structures institutionnelles. C’est pourquoi les conquêtes populaires inscrites dans la Constitution de 1987, forgée sous l’impulsion d’un puissant mouvement démocratique et incarnant les aspirations du peuple haïtien à une gouvernance plus juste et inclusive, se retrouvent aujourd’hui menacées. Une Constitution au service du statu quo Il va de soi que le projet préliminaire de la Constitution entérine une centralisation accrue du pouvoir, réduisant les contrepoids démocratiques et fragilisant les institutions garantes des libertés fondamentales. Conçu en amont de la nouvelle Constitution haïtienne, ce document renforce le régime présidentiel en modifiant divers aspects du fonctionnement de l'État. Parmi les changements notables figurent la concentration des pouvoirs exécutifs, puisque le Président de la République ne dépendrait plus du Parlement pour nommer son gouvernement, accentuant ainsi la présidentialisation de l'exécutif. La cumulativité du mandat présidentiel dote l'exécutif d'une assise pérenne, tout en creusant un fossé institutionnel aux dépens des dispositifs de contrôle démocratique. On note également une réduction du nombre de sénateurs, chaque département voyant sa représentation déclinée à seulement deux sénateurs, contre trois actuellement. Par ailleurs, le poste de délégué départemental serait supprimé au profit d’un gouverneur, modifiant ainsi l’équilibre traditionnel des pouvoirs locaux, tandis que l’abolition du système de cartels municipaux aboutirait à la désignation d’un maire unique par commune, centralisant encore davantage la gestion des affaires locales. Ces réformes pourraient induire d’importantes répercussions sur la gouvernance et la séparation des pouvoirs. En fragilisant les contre-pouvoirs et en limitant l’efficacité du contrôle parlementaire, elles semblent amorcer un démantèlement progressif des acquis démocratiques. Dès lors, certaines protections sociales et libertés fondamentales risquent d’être gravement compromises, réduisant ainsi la capacité des citoyens à influencer les décisions politiques. Une Constitution au fondement du chaos. La proposition constitutionnelle, en affaiblissant les communes, achève l’œuvre de déconstruction initiée par les gangs, qui cherchent à redéfinir la carte du pays et à effacer les lieux ancrés dans la mémoire collective haïtienne. La commune, institution fondamentale en Haïti, trouve ses origines aux prémices de la République. Après l’indépendance en 1804, l’organisation administrative du territoire a évolué, substituant les paroisses coloniales par des communes. Ce changement traduisait la volonté des dirigeants haïtiens de rompre avec l’héritage colonial et d’instaurer une structure administrative adaptée à la souveraineté nationale. Au fil des siècles, la commune haïtienne a évolué, consolidant son rôle central dans l’administration et la gouvernance locale. Les réformes constitutionnelles de 1843 et 1987 ont renforcé son autonomie administrative et financière, affirmant ainsi son importance dans l’organisation territoriale du pays. Les communes sont le cœur battant du pays, insufflant une richesse culturelle, économique et sociale inestimable. Avec 146 communes et 575 sections communales réparties sur 10 départements, Haïti se singularise par une diversité harmonieuse, écho incontestable de l'authenticité de ses territoires. Selon leur emplacement, les communes urbaines sont des foyers économiques et culturels dynamiques, malgré des défis tels que la surpopulation et l’accès limité aux services essentiels. À l’inverse, les communes rurales, véritables piliers de l’activité agricole nationale, jouent un rôle clé dans l’approvisionnement alimentaire, mais restent confrontées à un manque d’infrastructures et à un accès restreint à l’éducation et aux soins de santé. Les communes forment une mosaïque vivante de territoires, empreints de leur histoire, de leur environnement et de leurs ressources. Chacune se distingue par une identité culturelle vibrante, animée par des festivals, des danses et des cérémonies vaudou qui rythment la vie locale et perpétuent des traditions profondément enracinées. Cette richesse plurielle façonne l’identité nationale et insuffle une dynamique collective essentielle L'ébauche constitutionnelle envisage d’élever toutes les sections communales au rang de communes, supprimant ainsi le niveau administratif de base instauré par la Constitution de 1987. Cette réforme controversée pourrait engendrer une multiplication excessive des communes, passant de 146 à 717, sans garantie de ressources suffisantes pour assurer leur gestion efficace. De surcroît, cette initiative menace d’affaiblir la représentation des zones rurales, qui bénéficiaient jusqu’alors d’une administration locale spécifique. Le texte constitutionnel n’établit pas clairement les modalités d’intégration de ces nouvelles communes dans un ensemble cohérent, ni la création éventuelle de nouveaux arrondissements, ouvrant ainsi la voie à une désorganisation administrative qui compromettrait l’équilibre des instances locales. En somme, l'offensive de L'avant-projet constitutionnel à l'encontre des communes imprégnées d’un patrimoine républicain, fruit de plus de deux siècles d'histoire, attise le désordre nourri par l’emprise des gangs dans ces territoires, souvent qualifiés de perdus. Loin de consolider la gouvernance locale, cette démarche risque d’aggraver l’instabilité de ces régions, déjà profondément marquées par des tensions persistantes. Une orchestration méthodique L'avant-projet de constitution trace une fresque inédite, au cœur de laquelle l'ordre institutionnel s'entrelace avec une territorialisation parallèle, minutieusement ciselée par l’entreprise déterminante des groupes armés. L'analyse approfondie de Vanda Felbab‐Brown démontre que, lorsque les forces gouvernementales opérant en zones de conflit se trouvent dénuées de légitimité et de capacités opérationnelles efficaces, les mesures désespérées qu'elles emploient se retournent fréquemment contre elles-mêmes, amoindrissant ainsi de manière significative la capacité de l'État à asseoir son autorité (Felbab-Brown, 2013). Cette proposition, ultime stratagème destiné à renforcer un ordre établi dans lequel les véritables leviers du pouvoir demeurent l’apanage exclusif d’une élite politique et économique, en étroite connivence avec des groupes armés, incarne – et ne fait qu’exacerber – l’enracinement d’une crise d’une profondeur saisissante. Pour sortir de l’impasse, il convient de revenir aux fondements de la Constitution de 1987 et de doter le pays d’un leadership authentique, apte à extirper les groupes armés au lieu de leur conférer une légitimité artificielle par l’entremise de réformes constitutionnelles et mesures analogues. Le congrès patriotique pour le sauvetage d’Haïti qui s’annonce marque le début d’une large et essentielle concertation des forces patriotiques et progressistes, résolues à magnifier le bien commun au profit du pays. Références: Felbab-Brown, V. (2013, May 12). The Gordian Knot of Illicit Economies, Violent Conflict, Human Security, and Economic Development . The SAIS Review of International Affairs.

  • La démocratie en péril : L’impératif d’un retour à la Constitution de 1987

    Par : Yves Pierre, Renouveau Démocratique - PC: Novavox - L'urgence du retour aux sources Alors que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) tente d'imposer un avant-projet constitutionnel qui sanctuarise la chaoscratie, il est temps de rappeler une vérité fondamentale : Haïti possède déjà une Constitution légitime, démocratique et progressiste - celle de 1987. Cette Constitution, adoptée par 99,81% des électeurs lors du référendum du 29 mars 1987, demeure le seul texte fondamental ayant reçu l'onction populaire authentique depuis la chute de la dictature duvaliériste. Face à l'imposture constitutionnelle que représente l'avant-projet du CPT, le peuple haïtien doit exiger le retour immédiat et intégral à la Constitution de 1987, seule garante de ses droits et aspirations démocratiques. La Constitution de 1987: Un projet populaire authentique Une légitimité incontestable La Constitution de 1987 fut élaborée par une Assemblée Constituante de 61 membres élus démocratiquement le 19 octobre 1986, dans un climat de liberté retrouvée après la chute de Jean-Claude Duvalier. Cette Assemblée reflétait authentiquement la diversité de la société haïtienne : intellectuels, syndicalistes, paysans, femmes, jeunes, représentants de la diaspora, leaders religieux. Contrairement à l'avant-projet actuel concocté dans l'opacité par un "Comité de Pilotage" illégitime, la Constitution de 1987 résulta d'un processus transparent, participatif et démocratique. Les débats furent publics, radio et télédiffusés, et le peuple put suivre en temps réel l'élaboration de sa loi fondamentale. Un mandat populaire écrasant Le 29 mars 1987, dans un élan démocratique historique, 99,81% des électeurs approuvèrent cette Constitution. Ce score n'était pas le résultat d'une manipulation électorale, mais l'expression d'un peuple uni dans sa volonté de rupture avec la dictature et sa soif de démocratie véritable. Cette légitimité populaire écrasante contraste dramatiquement avec l'absence totale de mandat démocratique du CPT et de son "Comité de Pilotage", qui tentent d'imposer une nouvelle Constitution sans consultation populaire authentique. Les acquis démocratiques de la Constitution de 1987 1. La souveraineté populaire effective L'article 17 de la Constitution de 1987 proclame: "La souveraineté nationale réside dans l'universalité des citoyens." Cette formulation claire établit le peuple comme unique source de légitimité politique, contrairement à l'avant-projet du CPT qui fragmente et confisque cette souveraineté entre diverses institutions non élues. L'article 17-1 précise: "Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté nationale." Cette disposition vise directement les tentatives de confiscation du pouvoir par des groupes illégitimes comme le CPT actuel. 2. Des droits fondamentaux robustes La Constitution de 1987 consacre des droits fondamentaux avancés pour l'époque: Droit au travail (art. 35) avec obligation de l'État de créer des emplois Droit au logement décent (art. 22) Droit à l'éducation gratuite (art. 32) à tous les niveaux Droit à la santé (art. 19) avec système universel de soins Droit à l'information (art. 28) et transparence gouvernementale Droit à l'environnement sain (art. 253-258) Ces droits économiques et sociaux, absents ou édulcorés dans l'avant-projet du CPT, constituent l'ADN progressiste de la Constitution de 1987. 3. Un système de séparation des pouvoirs équilibré Contrairement à la fragmentation confuse de l'avant-projet du CPT, la Constitution de 1987 établit une séparation claire et équilibrée des pouvoirs : Pouvoir Exécutif bicéphale rationnel Un Président de la République responsable de la politique étrangère et de la défense, et un Premier ministre responsable de la politique intérieure et du gouvernement. Cette répartition évite les confusions de l'avant-projet du CPT où le Président est à la fois "Chef de l'État" et "Chef du Gouvernement". Pouvoir Législatif fort Un Parlement bicaméral avec des prérogatives étendues de contrôle de l'Exécutif, notamment le droit d'interpellation et de censure du gouvernement. Pouvoir Judiciaire indépendant Une magistrature inamovible avec un Conseil Supérieur de la Magistrature garantissant l'indépendance des juges. 4. La décentralisation véritabl e La Constitution de 1987 prévoit une décentralisation authentique avec : Autonomie des collectivités territoriales (art. 66-85) Élection directe des maires et assemblées municipales Transfert effectif de compétences et de ressources Participation citoyenne aux décisions locales Cette vision décentralisatrice contraste avec la pseudo-décentralisation de l'avant-projet du CPT qui maintient la tutelle de l'État central. 5. La protection contre les dérives autoritaires La Constitution de 1987 contient des verrous démocratiques solides : Non-rééligibilité immédiate du Président (art. 134) Mandat présidentiel de 5 ans non renouvelable consécutivement Interdiction de l'état d'urgence pour plus de 72 heures sans autorisation parlementaire Contrôle parlementaire strict des forces armées Interdiction du culte de la personnalité (art. 7) Pourquoi la Constitution de 1987 fut-elle sabotée? L'opposition des élites conservatrices Dès son adoption, la Constitution de 1987 dérange les élites haïtiennes et leurs parrains internationaux. Son caractère progressiste, sa vision décentralisatrice et ses dispositions anti-corruption menaçaient directement leurs privilèges. Le massacre de la ruelle Vaillant le 29 novembre 1987, qui fit au moins 34 morts lors des premières élections sous la nouvelle Constitution, marqua le début d'un sabotage systématique orchestré par les forces conservatrices. Les amendements dénaturants Plutôt que d'appliquer la Constitution de 1987, les gouvernements successifs la vidèrent de sa substance par des amendements dénaturants: 1987: Suspension immédiate par le gouvernement militaire 2011-2012: Amendements imposés par l’oligarchie de René Préval à Michel Martelly sans consultation populaire véritable 2019: Tentatives d'amendements autoritaires par Jovenel Moïse Chaque modification affaiblit les contre-pouvoirs, renforça l'Exécutif et dilua les droits sociaux, trahissant l'esprit de 1987. La complicité internationale La communauté internationale, particulièrement les États-Unis et la France, ne vit jamais d'un bon œil le caractère progressiste de la Constitution de 1987. Ses dispositions sur la souveraineté nationale, les droits économiques et l'indépendance vis-à-vis des puissances étrangères contrariaient leurs intérêts géopolitiques. Cette hostilité explique le soutien international aux différentes tentatives de révision ou de remplacement de la Constitution de 1987. L'imposture de l'avant-projet du CPT face à la légitimité de 1987 Un processus illégitime contre un mandat populaire Alors que la Constitution de 1987 fut adoptée par 99,81% des électeurs, l'avant-projet du CPT émane d'un "Comité de Pilotage" autoproclamé, sans aucune légitimité démocratique. Les prétendues "consultations" organisées ne peuvent en aucun cas rivaliser avec l'onction populaire de 1987. Un recul démocratique manifeste Comparé à la Constitution de 1987, l'avant-projet du CPT représente un recul démocratique sur tous les plans: Droits sociaux: Là où 1987 garantit l'éducation gratuite à tous les niveaux, le CPT se contente d'un vague "droit à l'éducation". Souveraineté populaire: Là où 1987 proclame la souveraineté dans "l'universalité des citoyens", le CPT la fragmente entre institutions technocratiques. Conditions d'éligibilité: Là où 1987 promeut l'égalité politique, le CPT impose des conditions discriminatoires de propriété. Contrôle de l'Exécutif: Là où 1987 établit des contre-pouvoirs forts, le CPT affaiblit le Parlement et renforce l'autoritarisme présidentiel. Une stratégie de confiscation démocratique L'avant-projet du CPT vise à institutionnaliser définitivement l'exclusion du peuple des décisions politiques. Ses mécanismes de révision quasi-impossibles (majorité des 2/3 dans chaque chambre + 2/3 des suffrages exprimés) visent à empêcher tout retour à une Constitution véritablement démocratique. L'urgence du retour à la Constitution de 1987 Les conditions du retour Le retour à la Constitution de 1987 doit être immédiat et intégral. Il ne s'agit pas d'une "inspiration" ou d'une "adaptation", mais de la restauration pure et simple du texte adopté par le peuple en 1987, dans sa version originale non amendée. Cette restauration implique: L'abrogation immédiate de tous les amendements postérieurs à 1987 La dissolution du CPT et de toutes les institutions illégitimes L'organisation d'élections libres sous l'empire de la Constitution de 1987 La mise en place effective des institutions prévues par cette Constitution Un nouveau souffle démocratique Le retour à la Constitution de 1987 offrirait à Haïti: Une légitimité restaurée: Retrouver une loi fondamentale véritablement choisie par le peuple Des institutions crédibles: Élections sous une Constitution légitime, gouvernants avec mandat populaire authentique Une vision progressive: Droits sociaux garantis, décentralisation effective, justice sociale Une souveraineté retrouvée: Indépendance vis-à-vis des tutelles étrangères, autodétermination populaire Un projet d'avenir: Une Constitution tournée vers le progrès social et l'émancipation collective Les obstacles au retour et comment les surmonter L'opposition des élites Les classes dominantes haïtiennes et leurs alliés internationaux s'opposeront au retour à la Constitution de 1987 car elle menace leurs privilèges. Ils agiteront les épouvantails de "l'instabilité" et de "l'anachronisme" pour justifier leur résistance. Réponse: La vraie instabilité vient précisément de l'absence de légitimité constitutionnelle. Une Constitution choisie par le peuple est toujours plus stable qu'un texte imposé par une élite. Le chantage à la "modernisation" Les partisans de l'avant-projet du CPT prétendront que la Constitution de 1987 est "dépassée" et qu'il faut une "Constitution moderne". Réponse : Les principes démocratiques ne vieillissent pas. La souveraineté populaire, l'égalité des droits et la justice sociale sont toujours d'actualité. Si des adaptations techniques s'avèrent nécessaires, elles peuvent être apportées par amendements démocratiques après restauration de la Constitution légitime. La pression internationale La communauté internationale, habituée à traiter avec des régimes illégitimes en Haïti, pourrait s'opposer au retour à une Constitution véritablement souverainiste. Réponse: Le peuple haïtien ne doit pas sacrifier sa souveraineté pour complaire aux puissances étrangères. Une Constitution légitime renforcera la crédibilité internationale d'Haïti. L'appel solennel pour la restauration constitutionnelle Haïtiennes, Haïtiens de l'intérieur et de l'extérieur! L'heure est venue de dire NON à l'imposture constitutionnelle du CPT et de réclamer le retour immédiat à notre Constitution légitime de 1987. Nous appelons solennellement: Le peuple haïtien à se mobiliser massivement pour exiger l'abandon définitif de l'avant-projet du CPT et la restauration immédiate de la Constitution de 1987. Les organisations populaires à organiser des assemblées de quartier pour expliquer les enjeux et mobiliser pour le retour à la légitimité constitutionnelle. La diaspora haïtienne à faire pression dans tous les pays d'accueil pour que leurs gouvernements cessent de soutenir les régimes illégitimes en Haïti et reconnaissent la Constitution de 1987 comme seule loi fondamentale légitime. Les intellectuels et universitaires à documenter publiquement la supériorité démocratique de la Constitution de 1987 sur l'avant-projet du CPT. Les partis politiques authentiques à inscrire le retour à la Constitution de 1987 comme priorité absolue de leur programme. La jeunesse haïtienne à revendiquer l'héritage démocratique de 1987 et à refuser qu'on hypothèque son avenir avec une Constitution de l'exclusion. Les leaders religieux à éclairer leurs fidèles sur l'obligation morale de soutenir la légitimité constitutionnelle contre l'imposture. La communauté internationale authentiquement amie d'Haïti à reconnaître que seul le retour à la Constitution de 1987 peut restaurer la stabilité démocratique. Les modalités pratiques du retour Une transition démocratique organisée Le retour à la Constitution de 1987 doit s'organiser selon un calendrier précis : Mobilisation populaire massive pour contraindre le CPT à abandonner son avant-projet Proclamation solennelle du retour à la Constitution de 1987 par toutes les forces démocratiques Formation d'un gouvernement de transition chargé d'organiser des élections sous l'empire de la Constitution de 1987 Organisation d'élections libres dans les 6 mois pour élire Président, Parlement et collectivités territoriales Installation des nouvelles institutions légitimes et mise en œuvre effective de la Constitution de 1987 Un mouvement unitaire et inclusif Cette mobilisation pour le retour à la Constitution de 1987 doit transcender les clivages partisans et rassembler tous les démocrates autour de cette revendication fondamentale. Il ne s'agit pas d'un projet politique partisan mais de la restauration de la légitimité démocratique. L'heure de la reconquête démocratique Trente-huit ans après son adoption triomphale par le peuple haïtien, la Constitution de 1987 demeure la seule loi fondamentale légitime du pays. Sabotée, trahie, contournée par les régimes successifs, elle attend sa résurrection. Face à la tentative d'imposture constitutionnelle du CPT, le choix est clair : soit accepter la sanctuarisation de la chaoscratie par un texte illégitime, soit reconquérir la démocratie en restaurant la Constitution de 1987. Cette Constitution n'est pas parfaite, mais elle est NOTRE Constitution - celle que nous avons choisie en tant que peuple libre et souverain. Elle porte en elle l'ADN de nos aspirations démocratiques, de notre soif de justice sociale et de notre volonté d'indépendance. Le moment est venu de lui redonner vie. Le moment est venu de faire revivre l'espoir de 1987. Le moment est venu de reconquérir notre démocratie.

  • L'illusion high-tech : des drones impuissants face à la brutalité des gangs haïtiens

    Par : Novavox, Notre Éditorial. - PC: Novavox- Un récent article du Wall Street Journal, relayé par NOVAVOX , révèle que le gouvernement haïtien, dans le cadre d'un accord signé avec la société de sécurité privée Blackwater, s'est résolu à employer des drones pour neutraliser les gangs armés qui pullulent dans le pays. Si le lancement initial laissait entrevoir un potentiel mesuré, force est de constater que, jusqu’à présent, les résultats demeurent largement en deçà des ambitions escomptées. D'après nos investigations, les limitations technologiques des drones employés dans ces opérations représentent un obstacle majeur à l'aboutissement du projet. En effet, ces drones sont indubitablement des modèles commerciaux ou des versions modifiées pour le combat, illustrant une tendance clairement établie dans les zones de conflit. Le principal défi technique desdits engins réside autant dans leur capacité de charge utile que dans leur précision opérationnelle. La plupart de ces modèles ne peuvent supporter qu'une charge comprise entre 0,9 et 2,3 kilogrammes, limitant de facto la taille des explosifs à de petits dispositifs – souvent des grenades ou des solutions improvisées. Par ailleurs, l'exigence d'une précision chirurgicale dans des environnements urbains, où la densité des bâtiments et la présence de civils complexifient le ciblage, constitue un obstacle sérieux à leur efficacité opérationnelle. Les résultats provisoires des frappes de drones attestent des difficultés substantielles qui compromettent l'efficacité de l'opération. Selon les données collectées par les organisations haïtiennes de défense des droits humains, les frappes aériennes menées depuis février 2025 ont coûté la vie à plusieurs centaines de personnes – avec plus de 300 décès en trois mois – tandis que 80 personnes ont péri lors d'attaques ciblées contre le Village de Dieu, territoire sous le contrôle impitoyable du chef de gang Izo. Pendant ce temps , les réseaux criminels ne cessent de consolider leur pouvoir et d'étendre leur emprise, orchestrant des massacres d'une brutalité saisissante. Leur stratégie, qui vise à instaurer une domination incontestée sur des territoires déjà fragilisés, se manifeste par une escalade systématique des violences, destinée à asseoir leur autorité et à intimider tant les populations que les autorités. À Petite-Rivière de l'Artibonite, cette dynamique se traduit par l'action implacable du gang Gran Griff, dont le nom demeure à jamais associé au massacre de Pont Sondé. En orchestrant de nouveaux actes sanglants, ce groupe illustre parfaitement l'évolution d'une criminalité organisée qui, loin d'être sporadique, s'inscrit dans une logique de conquête et de terreur, exacerbant ainsi la détérioration du climat sécuritaire dans la région. Haïti compte environ 200 gangs qui se substituent aux institutions officielles, imposant de facto leur autorité sur les territoires qu'ils occupent. Le succès limité des drones prouve qu'à eux seuls ils ne sauraient enrayer l'escalade de la violence des gangs , appelant à une approche intégrée. À l'image d'un avant-projet constitutionnel controversé, les drones se dressent en sinistre emblème d'un pouvoir chancelant. Au terme d'une année de mandat, l'absence d'une stratégie sécuritaire affirmée et d'un plan de sortie de crise expose, sans équivoque, une gouvernance gangrenée par la manipulation et la corruption. Face à l'absence criante d'un leadership déterminé et visionnaire, il revient aux forces progressistes et patriotiques de combler ce déficit et de réorienter notre nation vers des perspectives plus sereines. Leur mission, marquée par une urgence inéluctable et une solennité impérative, consiste à insuffler espoir et justice pour jeter les fondements d’un Renouveau Démocratique.

  • L’avant-projet de constitution prône un retour au présidentialisme tout-puissant

    Par : Sonet Saint-Louis, av Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie à la faculté de droit et des sciences économiques de l’université d’État d’Haiti. Professeur de philosophie. - PC: Novavox- Depuis environ trois décennies, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne répète, dans les milieux politiques, universitaires et diplomatiques occidentaux en Haïti, que la Constitution serait la source principale de l’instabilité politique du pays. Elle serait, selon eux, responsable des graves problèmes de gouvernance. Si les écoles ou les routes ne sont pas construites, c’est sa faute. Ces universitaires et politiciens — de gauche comme de droite — formés à l’école du pouvoir autocratique et personnel des Duvalier, résument cette prétendue source d’instabilité de la manière suivante : le président de la République, en campagne électorale, fait des promesses à la population. Mais une fois élu, il se heurte à une réalité décevante : il ne détient pas le pouvoir réel. Les véritables leviers résideraient entre les mains d’un Premier ministre issu d’une majorité parlementaire ou non, selon la réalité des Chambres. Ainsi, avant même de prendre les rênes du pouvoir, ce président élu se retrouve dans une situation d’anxiété politique face au futur chef de gouvernement, émanant de son autorité mais ne peut pas le révoquer, ce qui rend dès le départ toute collaboration difficile entre les deux têtes de l’exécutif. Depuis lors, politiciens et universitaires proposent de transformer cette réalité en renforçant les pouvoirs du président, au détriment des autres institutions, notamment le Parlement, qu’ils jugent trop puissant, et surtout coupable d’entraver les actions « bienveillantes du président au bénéfice de la population ». Contrairement à l’ancien projet qui ne doit plus se tenir, l'avant-projet de constitution poursuit donc deux objectifs majeurs: gonfler les prérogatives du président en supprimant tous les mécanismes de contrôle sur l’exécutif, et affaiblir autant que possible le Parlement. C’est cette nouvelle réalité qu’on nous propose, mettant fin à l'ancienne jugée trop déstabilisante pour la bonne marche de l'État. Mais, comme l’écrivait Spinoza : comment peut-on vouloir changer une réalité qu’on ne comprend pas ? Je ne prétends pas posséder la vérité, comme le Professeur Gracien Jean, qui passe toute une nuit à pleurer parce qu’il est incapable de supporter les conséquences d’un débat scientifique rigoureux sur l’avant-projet de constitution dont il a la charge de défendre, envers et contre tous. Cela, pour satisfaire les caprices d’un pouvoir de facto en déliquescence, dépourvu de toute éthique gouvernementale. Ces pleurs versés pour un travail mal fabriqué, dont la mise en œuvre sera signifiée au peuple — sommé de l’accepter par un référendum à la manière de Roger Lafontant pour un « oui » massif — auraient un sens humain si ses émotions étaient dirigées vers les milliers de citoyens qui sont à bout de souffle et à bout de tout. Les émotions, tout comme les manipulations, encore moins les manœuvres médiatiques pour assurer une certaine légitimité à la démarche, ne changeront rien à la conception du texte soumis à la critique des citoyens. Tout cela constitue des obstacles épistémologiques aux conditions d’un travail scientifiquement bien conduit, pour répéter Gaston Bachelard. Quand l’intellectuel, en quête de connaître, se heurte à une vérité, il se réinvente en remettant en question ce qu’il croit savoir, pour désapprendre dans le but de réapprendre, comme l’a dit Descartes. Le système bicéphale mis à mal Un journaliste demanda un jour à Leslie Manigat : « Comment comptez-vous diriger le pays, puisque la Constitution de 1987 n’a accordé aucun pouvoir au président ? » Ce dernier lui répondit : « Le Président de la République détient de réels pouvoirs ; il importe simplement de savoir comment les exercer. » Peut-être ma propre compréhension du pouvoir présidentiel, tel qu’inscrit dans cette Constitution, est-elle aussi sujette à l’erreur — comme celle de l’ancien président. Mon article a pour objectif de déconstruire cette certitude selon laquelle le président élu sous l’égide de la Constitution de 1987 serait « nu comme un ver », dépossédé de tout pouvoir réel. C’est justement à partir de cette idée reçue que le comité de pilotage, érigé en constituante, s’est senti autorisé à gonfler les attributions du Président de la République dans l’avant-projet de nouvelle Constitution. La Constitution de 1987 a instauré une gouvernance bicéphale : le Président de la République, chef de l’État, et le Premier ministre, chef du gouvernement, dont la mission principale est de coordonner les activités gouvernementales. Dans ce système remarquable, le Premier ministre constitue un contrepoids au Président de la République. Il ne s’agit pas d’un mécanisme destiné à bloquer le fonctionnement du pouvoir exécutif, mais plutôt d’un dispositif qui encourage un dialogue permanent entre les deux têtes de l’exécutif, au service du bon fonctionnement de l’État. C’est le principe de pondération du pouvoir : un exercice dans lequel chaque acteur joue un rôle d’importance relative dans le processus décisionnel. Concrètement, le Président de la République exerce des compétences significatives. C’est lui qui désigne le Premier ministre, même lorsque ce dernier provient d’un parti majoritaire. Le Premier ministre ne peut, à lui seul, former le cabinet ministériel. Il se retrouve ainsi dans une situation de cohabitation, où deux visions politiques doivent coexister au sein du gouvernement. La diplomatie demeure la chasse gardée du Président : c’est lui qui nomme, après ratification du Sénat, les ambassadeurs et les consuls généraux. Bien que le Premier ministre soit le chef de l’administration publique, c’est le Président qui nomme les directeurs généraux, les délégués et les vice-délégués. La nomination du commandant en chef de l’armée et de la police relève également de la compétence présidentielle. Les membres des conseils des banques sont choisis par le Président, même si leur nomination requiert la ratification du Sénat. Enfin, c’est le Président de la République qui préside le Conseil des ministres, la plus haute instance politique du pays. Un Premier ministre émasculé La Constitution de 1987 désigne le Premier ministre comme chef de l’administration, qui regroupe l’ensemble des agents publics — l’espace institutionnel par excellence où les gouvernants mettent en œuvre les politiques publiques. Il est également le chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN). Il est la seule autorité investie du pouvoir de nommer et de révoquer dans l’administration publique. Toutefois, il n’a aucune autorité sur l’administration du Parlement ni sur celle de la Justice. Enfin, le Premier ministre contresigne les actes du Président, ce qui témoigne de sa responsabilité dans leur exécution. En cas de vacance présidentielle, il assure l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau Président, conformément au texte amendé. Dans l’avant-projet de Constitution, le poste de Premier ministre relève de la comédie, une véritable façade. Cette fonction y est totalement vidée de sa substance. Il assiste le Président, qui peut, s’il le souhaite, lui confier quelques tâches à accomplir. Il s’agit en réalité d’un vice-président déguisé, intégré à un régime présidentiel qui ne s’assume pas. Le Président peut le révoquer à sa guise et le remplacer par un autre ministre. Ce Premier ministre n’est pas soumis au contrôle du Parlement. Nous sommes ainsi face à un régime où le Président concentre les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement. Pourquoi alors dissimuler la vraie nature du régime qu’on cherche à imposer au pays ? Pourquoi le rendre méconnaissable, presque invisible ? Un Premier ministre intégré dans un régime présidentiel, caractérisé par le principe de la séparation stricte des pouvoirs : voilà une nouveauté haïtienne qu’il convient d’interroger sérieusement. D’autant plus que cet avant-projet, qui prétend harmoniser les mandats, prévoit qu’en cas de vide législatif, le pouvoir exécutif soit habilité à faire des lois. C’est un véritable droit de dissolution, subtilement glissé au profit du Président de la République, sous prétexte de corriger une déviance, il annonce le retour en force du nouveau dictateur haïtien, pour répéter Frantz Duval. En conférant un tel pouvoir au Président, de manière floue et imprécise — donc propice aux conflits — l’équilibre des pouvoirs est rompu. L’hégémonie présidentielle s’impose désormais sur le Parlement. Est-ce ainsi que l’on prétend rationaliser le régime présidentiel ? Quelle absurdité ! Devant une telle bêtise, Dr Gracien Jean, il y a réellement de quoi pleurer. Il faut pleurer les hommes dans leur bêtise. Moi, je vous regarde, et je vous plains, parce que je vois une nation malheureuse, en proie à une détresse à la fois morale et intellectuelle. Comme Catherine Corsini dans La Fracture, nous devons pleurer la nation. Pleurer une dernière fois, jusqu’à ce qu’il ne reste plus une seule larme à verser. À ce stade de désespérance collective, des larmes sincères, gonflées de révolte, pourraient se muer en un torrent puissant, capable de secouer les consciences engourdies. De ce sursaut citoyen, peut-être jaillira enfin l’élan vital nécessaire pour que la nation prenne forme et retrouve son souffle.

  • Ochan pou w, kanmarad Didier...

    Plimeyank : Wilfrid Suprena, Renouvo Demokratik. - © Novavox- Ou pati èy jwenn madanm òw, Kanmarad Rachelle, ake tout lòt yo nan pwomosyon ake generasyon anvan w yo ki te toujou e rete kwè nan pwomès Libète total kapital ke 1804 la te pote pou fonde yon lòt limanite San Chen manje Chen, San eksplwatasyon moun ( kwakilanswa sèks èy ) sou lòt moun (kwakilanswa koulèr a yo). Nan la Krêtapyewo, Breda , Charrier Epi Vètyèr…plizyè ras andedan yon klas ki t ap sibi pandan twa syèk yon eksplwatasyon chen anraje te montre yon lòt chimen limanite te ka pwan….. De gwo chèn eksplwatasyon ke yon ti ponyen moun an Ewòp tap manevwe te vole gagèr..Nan peyi d’Ayti moun sa yo te Monte e aplike tout kalite konbinezon pou yo montre nou kèskelefrekan….Jouk jounen jodya… Lèzòm ( Travayèr ake lòt klas moun ki tap sibi eksplwatasyon an Ewòp) tann 103 lane an 1917 nan ventyèm syèk la pou reyalize yon lòt gwo evènman kont yon èstrikti ekonomik ake korèspondans politik li ki nan moman n ap ekri k ap zonbifye konsyans klas moun k ap travay tout kote sou planèt la…. Sistèm eksplwatasyon a vin pi sofistike , men pi sinik tou. Jodya, Vye Fwèr , nan travay Louvri je San kanpe a se w kòm yon gwo Mapou ki te konpwann jwèt la ki te kanpe ap batay, ki tonbe e di nou “ Senèkennorevwa”. .. Lòt Mapou ki dèyè yo ap kontinye plante pou lòt Mapou ka grandi, gèmen e sitou fleri.. Nou dèyè toujou, kanmarad . Nou pap lage kòrnalanbi a atè. Plakataw ap kontinye fè plaw pou jèrm lide konstriksyon Sosyete san eksplwatasyon an kote yon moun pa ka ap fè akimilasyon tout jan , tout mannyèr sou yon lòt gwoup moun, yon klas sou yon lòt klas , yon peyi sou yon kontinan …fè chimen y… Nan tout rakwen kote mizè, malsite , krim onwan richès ake Prospérité ap layte kò yo depi bajou kase jouk labrindiswa tonbe…. Tanbou Libète total kapital la dwe gronde… Se pou lide solidarite ake fanm ake gason ki viktim de sistèm peze souse mondyal la ke w t ap denonse a kontinye fè wout èy nan tout ti kwen kote moun ki Gen sèvo ap panse depi oksijèn lan poko tounen yon “ byen” itil tou pou yon ti ponyen ap vann li e pou yon majorite vin achte y.. Bon Vwayaj , kanmarad ….. Kò a tchoule Epi l ale.. Men lide batay la ap kanpe Tenn fas pou yon lòt kondisyon lavi boujonnen pou travayèr tout kote… Nan wout la si w ta rankontre ake Claude René, ( Bastien), Pierre Denis, Bob, Alix, Maxime, Mehu, Ftitz, Jean … di yo gwo van tanpèt ap balanse nou , men tankou wozo nou pliye nou pap kase … ni nan tan van tanpèt . Ni nan tan sòlèy k ap fennen pyebwa ki bèy manje e ki bèy lavi.. Nou La Tenn fas…Depi do n poko a tè…

  • Attaque de drones en Haïti : le regard du Wall Street Journal

    Le gouvernement assiégé d’Haïti lance des drones contre les gangs. Par : Kejal Vyas, The Wall Street Journal. -PC: Patrice Noel/Zuma Press- Un nouveau front de guerre des drones s'est ouvert à deux heures de vol au sud de Miami. Le gouvernement haïtien assiégé utilise des drones chargés d'explosifs pour frapper les gangs qui ont transformé la capitale du pays en un véritable enfer. Le gouvernement recourt à des drones légers équipés de bombes rudimentaires pour atteindre les zones situées au-delà du 10e de Port‑au‑Prince qu'il contrôle. Mais parmi les centaines de personnes tuées dans ces explosions depuis février, aucun chef de gang n'est présent, selon les organisations de défense des droits humains. Les drones sont devenus un outil précieux pour les armées et les insurgés du monde entier, des forces ukrainiennes aux islamistes d'Afrique de l'Est en passant par les gangs de prisonniers brésiliens. Le cartel mexicain de Jalisco Nouvelle Génération déploie depuis des années des drones équipés d'explosifs pour frapper des complexes gouvernementaux et chasser les civils du territoire, a déclaré Felbab-Brown. L'usage des drones en Haïti marque une escalade de la violence alimentée par les gangs qui ravage le pays des Caraïbes depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Les seigneurs de guerre commandant des jeunes pauvres ont submergé la police, terrorisé les habitants et forcé deux gouvernements intérimaires à démissionner. Le gouvernement actuel se tourne vers des entreprises de sécurité privées américaines pour obtenir de l'aide. Le fondateur de Blackwater, Erik Prince, a rencontré de hauts dirigeants haïtiens en avril pour discuter des travaux sur la sécurité et les livraisons de biens essentiels, a déclaré un porte-parole de Prince. L'administration Fils-Aimé s'efforce de pacifier suffisamment le pays pour l'élection présidentielle prévue en novembre. Dépourvue d'effectifs et de financements, la Police nationale haïtienne n'a pas réussi à reprendre le contrôle de la ville. La force de sécurité multinationale dirigée par le Kenya et soutenue par les États-Unis, déployée l'année dernière, peine à obtenir le financement et le personnel promis par les alliés. Les gangs ont perpétré des milliers de meurtres, d'enlèvements et de viols collectifs. Ils ont paralysé la distribution de nourriture et de carburant. La moitié des 12 millions d'habitants d'Haïti sont confrontés à de graves pénuries alimentaires, et le nombre de personnes déplacées par la violence a plus que triplé l'année dernière pour atteindre plus d'un million, selon les Nations Unies. Traduction: NOVAVOX

  • Haïti face à un choix crucial : Stopper une réforme constitutionnelle contestée

    Voici les raisons justifiant la mise à l'écart du l'avant-projet de constitution Par : Sonet Saint-Louis av, Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie à la Faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haïti. - PC: Novavox - J’ai déjà expliqué, dans les articles précédents, pourquoi la Constitution de 1987 n’a jamais été appliquée et comment elle a été victime d’une campagne de propagande menée par ceux qui n’ont jamais voulu de la loi comme régulation de la société haïtienne. Je l’ai dit : le respect de la loi est avant tout une question d’éducation. La Constitution de 1987 n’a pas été appliquée, ce n’est certainement en raison de ses failles révélées, mais bien parce que les élites haïtiennes entretiennent un rapport problématique aux normes. Elles préfèrent prospérer dans le chaos et se révèlent, de ce fait, incapables d’évoluer dans une société haïtienne structurée autour des principes démocratiques, de l’État de droit et de la bonne gouvernance. Le droit, tout comme la gouvernance aujourd’hui, est une affaire de contrôle. Or, nos gouvernants ne souhaitent malheureusement pas fonctionner dans un cadre démocratique où les pouvoirs qu’ils exercent seraient soumis à un système de freins et de contrepoids. La démocratie à laquelle nous aspirons est un système dans lequel les relations entre les pouvoirs doivent être marquées par la pondération et la modération. C’est l’hypothèse que j’avais avancée dans mon mémoire, sous la direction du professeur Enex Jean-Charles, en lien avec ma question spécifique de recherche, il y a plus de vingt ans, à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti. Ce travail demeure d’une brûlante actualité ! Je garde encore en mémoire les réflexions remarquables formulées, à cette occasion, par les professeurs Patrick Pierre-Louis et Henry Marge Dorléans, en leur qualité de membres du jury lors de ma soutenance. Ils continuent de mériter tout mon respect et demeurent, malgré mes avancées sur le plan académique, des références sûres et des sources d’inspiration profonde. Je salue ici leur précieuse contribution à la jeunesse universitaire de mon pays. C’est avec un réel bonheur que je partage aujourd’hui la Chaire de droit constitutionnel à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti, aux côtés du Bâtonnier Me Patrick Pierre-Louis — mon ancien professeur de philosophie à l’École Normale Supérieure — et du Dr Josué Pierre-Louis. Il importe donc de le rappeler et de l’affirmer : les relations que j’entretiens avec ces éminents universitaires, toujours actifs dans l’enseignement supérieur, sont doubles — à la fois amicales et intellectuelles. Ces liens, toutefois, ne sauraient en aucun cas compromettre ni la vérité ni la rigueur scientifique, par le jeu des compromissions ou des considérations pratiques que suppose l’exercice de la politique dans notre pays. Mais il arrive souvent, dans notre milieu académique, que l’on n’admette pas le désaccord. Un milieu où les copains se félicitent mutuellement, quel que soit le niveau intellectuel ou scientifique du travail accompli, n’est pas un milieu scientifique, mais bien un espace de compromission — non de compromis — pour reprendre l’expression du philosophe Paul Ricœur, qui parlait de la pondération des contraires. Je ne saurais dire combien de fois j’ai ressenti de la tristesse face aux remarques rigoureuses que mes professeurs formulaient à l’égard de mes travaux. Pourtant, c’est là l’essence même de l’exigence académique. Je ne peux être jugé que par mes pairs — mais aussi par ceux qui, sans en être, cherchent parfois à démolir mes réflexions. Une thèse, quelle qu’elle soit, ne peut fonctionner à l’intérieur d’une autre. Toute thèse, quoi qu’on en dise, comporte ses limites. Montrer ces limites, c’est avant tout mettre en lumière son aspect extra-théorique ou en dévoiler les failles méthodologiques. C’est précisément ce à quoi je m’emploierai dans les textes qui suivront. Le CPT n’a pas provision pour abroger la Constitution Précisons qu'une démocratie, même bouleversée par des changements politiques, comme c'est le cas en Haïti, doit toujours être régie par les principes de l'État de droit. Dans ce cadre, les dirigeants ne peuvent exercer que les pouvoirs qui leur sont attribués par la Constitution et les lois de la République. La question qui se pose, peu importe les pressions internes et externes visant à provoquer un changement constitutionnel en Haïti, est la suivante : le Conseil présidentiel de transition (CPT) possède-t-il le pouvoir constitutionnel et légal pour entraîner un changement de régime en Haïti ? La réponse est un non catégorique et sans ambiguïté. Il existe donc une incohérence flagrante dans l'approche du CPT, qui cherche à abroger la Constitution de 1987, sur la base des recommandations des travaux du comité de pilotage. L'arrivée du CPT, issue d'un consensus, intervient après l'éviction de l’ancien Premier ministre de facto, Ariel Henry, mise en œuvre par l'administration Biden, qui l'a maintenu en détention selon ses propres règles. Pourtant, cette transition n'a pas rompu de manière totale avec la Constitution. Le CPT, qui a profité de cette situation, a prêté serment sur la Constitution de 1987. Un acte d'imposture, certes, mais il l’a fait quand même. Je l'avais souligné à l'époque, mais personne n'a voulu en parler parce que j'étais du mauvais côté. Heureusement, le temps a fait son œuvre. Il faut toujours demeurer fidèle à la vérité et à la connaissance, car la stupidité n’a pas de durée. Je peux à nouveau poser cette question : quelle légitimité le CPT détient-il vis-à-vis de la Constitution pour que ses membres aient osé prêter serment sur elle ? Aucune ! Au moment de la prise de pouvoir par ce CPT, si ses conseillers avaient fait preuve d’une véritable intelligence politique, ils auraient pu, par une proclamation solennelle à la nation, annoncer la fin de l'ordre constitutionnel qui a régi le pays pendant 38 ans. Cette démarche aurait rappelé celle du Conseil national de gouvernement instauré après la chute du régime des Duvalier, lequel avait abrogé l'ordre duvaliériste établi par la Constitution de 1983. Dans le même élan, ils auraient pu annoncer la mise en place d’une nouvelle constituante afin de rédiger une constitution révisée. En prêtant serment sur la constitution en vigueur, les conseillers avaient accepté la continuité constitutionnelle. Or, l’avant-projet de constitution qu’ils ont rendu public constitue un crime de haute trahison, pour lequel ils devront être poursuivis devant la Haute Cour de justice. À ce stade, il est manifestement trop tard pour que le CPT réalise ce coup d'État contre la constitution du peuple. Il n'a ni la légitimité auprès des citoyens, ni la crédibilité nécessaire pour mener à bien un tel coup de force. Le rapport de force politique qui se joue sur le terrain lui est totalement défavorable. Le CPT crée une confusion générale Le CPT, avec son avant-projet de constitution, plonge l'État dans une insécurité juridique totale, accompagnée d'une confusion considérable. Il continue de se référer à la constitution en vigueur pour prendre les décisions concernant le pays, tout en cherchant à renverser l'ordre constitutionnel sur lequel il repose. Le texte de 1987 demeure un document de référence pour les avocats dans la défense de leurs clients, et les conseillers inculpés l'évoquent pour contester leur justiciabilité devant les tribunaux de droit commun. La Cour de cassation continue d'assurer la primauté de ce texte fondateur. La confusion est omniprésente ! Au-delà de cette confusion, qui menace la sécurité juridique de l'État, une question se pose : comment assurer les bases démocratiques et constitutionnelles dans un régime d'exception ? Cette interrogation soulève plusieurs problématiques théoriques et pratiques liées au contexte de la crise actuelle, notamment en ce qui concerne le choix des acteurs, puisque la constitution de 1987 a déjà posé les bases nécessaires au passage de la transition à la démocratie. Le problème réside dans le fait que le processus démocratique a été constamment mis en échec en raison de l'influence néfaste de nos gouvernants sur les institutions et des politiques imposées par des forces extérieures. La démocratie n'est pas envisageable avec des individus nourris ou éduqués dans la logique de la violence autoritaire. L'initiative du CPT et du gouvernement de Didier Fils-Aimé démontre qu'un groupe de personnes cherche à contrôler le processus décisionnel dans notre pays, au mépris de la volonté de la majorité des citoyens. Je l'ai maintes fois rappelé : la rééducation des élites est impérative pour faire avancer le projet démocratique. La mise en œuvre de cet avant-projet de constitution constitue une véritable tragédie, un complot de dernière minute visant à prolonger les plaisirs d'un pouvoir en place tout en masquant la défaite du CPT dans sa mission de conduire la transition jusqu'au terme de son mandat. Ce projet de référendum devrait être purement et simplement bloqué, car les conditions procédurales ne sont pas réunies pour qu'un exécutif, et encore moins un exécutif de facto, puisse organiser un référendum en vue de modifier la Constitution. Le comité de pilotage ne peut pas non plus jouer le rôle de constituant Les ambiguïtés, les confusions et les imprécisions présentes dans le texte de 1987 sont bien connues. Le Dr Mirlande H. Manigat les a mises en évidence à travers des travaux académiques approfondis, fruits de réflexions mûries et éclairées, tout comme le professeur Claude Moïse a analysé la Constitution de 1987. Nous ne sommes pas dans un contexte de rupture ni de discontinuité constitutionnelle. Il est donc essentiel de prendre le temps nécessaire pour apporter les modifications souhaitées au texte fondateur, lorsque les conditions seront propices. Le comité de pilotage ne saurait se substituer à une assemblée constituante sans avoir été désigné par le peuple. En dehors de cette procédure de désignation, il ne possède aucune légitimité pour agir en ce sens, et aucune instance de l'État ne peut lui attribuer ce pouvoir dans la situation actuelle. La crise sécuritaire que traverse le pays est trop grave pour que l'on ajoute une nouvelle crise en tentant une réforme constitutionnelle précipitée. Haïti ne souffre pas d'un problème constitutionnel. La Constitution en vigueur depuis 38 ans a permis à la nation de résister aux velléités autoritaires et totalitaires de certains gouvernants. Cette démarche de réforme constitutionnelle, en dehors de tout cadre légal et légitime, vise à confisquer, par des moyens détournés, la souveraineté du peuple. Je le répète : le peuple haïtien est à la fois l'auteur et le rédacteur de la Constitution de 1987. Ce dernier a choisi ses représentants pour en élaborer le texte et a validé ce travail à travers un référendum populaire le 29 mars 1987. Toute tentative d'élaboration constitutionnelle issue d'un processus excluant les citoyens ne peut pas être celle d'une nation. Cette initiative doit être bloquée. L'enjeu constitutionnel est trop crucial pour qu'il soit abordé par un petit groupe isolé. La Constitution a pour objectif fondamental de concilier le droit constitutionnel du pouvoir politique avec celui du citoyen, lequel exerce ses droits politiques en désignant les détenteurs du pouvoir politique. La rédaction d'une Constitution est un moment déterminant dans la vie d'un peuple, et il ne doit en aucun cas y avoir de place pour l'arrogance ou la défiance envers l'esprit démocratique, excluant la participation populaire. Le CPT et le Gouvernement doivent prendre ensemble la décision de réorienter cette période intérimaire ou se démettre pour faire place à une équipe plus compétente, patriote et soucieuse de l' intérêt national Comme le disait l'autre, dans peu de temps, les portes de l'enfer ouvertes par les puissants et les dirigeants se refermeront sur eux. Restons debout face à une époque qui, bien qu’en proie à des difficultés, n’est pas vouée à la soumission. Il est de notre devoir de relever notre pays, dans l'unité et la dignité, pour assurer à Haïti un avenir fondé sur la démocratie et la justice.

  • Le CPT lâché de toutes parts : un pouvoir en sursis

    Notre Éditorial. Par: Alain Z éphyr , Sociologue. - P C : Adapté de Race Warrior par Elisabeth Frink- Notre dernier éditorial, « La vidéo choquante qui dévoile le désenchantement croissant envers le CPT en Haïti », a souligné que les scènes de protestation au Cap-Haïtien traduisent une exaspération profonde, où les citoyens, lassés des discours creux et des dérives politiques, expriment avec force leur ras-le-bol. Nous avons également soutenu qu’à travers ces images, se dessinait une dynamique intemporelle où le pouvoir, lorsqu’il se coupe des réalités populaires, voit son autorité vaciller sous la pression du mécontentement collectif, déclenchant ainsi une onde de choc qui remodèle les équilibres politiques et sociaux. En effet, pour tout observateur attentif, le décor du Cap-Haïtien, empreint de tension et de colère, évoquait une atmosphère crépusculaire, annonçant les prémices d’une fin de règne. Cap-Haïtien s’impose ainsi comme le tombeau du CPT. Chaque cri de révolte, résonnant tel un écho puissant, inaugurait une transition inévitable, dévoilant une contestation généralisée qui a irrémédiablement sapé la légitimité du CPT. Le CPT en naufrage diplomatique La défiance envers le CPT ne se limite plus à la sphère nationale : elle s’étend désormais à ses tuteurs internationaux, qui s’interrogent sur la viabilité d’une instance censée orchestrer une transition apaisée et mener Haïti vers des élections présidentielles en 2026. Incapable de remplir ses engagements, le CPT laisse ses promesses de réformes et de stabilisation du pays s’étioler, tandis qu’une gestion marquée par l’inaction et les tensions internes accentue la crise. La perte de confiance qui affecte le CPT dépasse le cadre d’une simple désapprobation diplomatique. Elle traduit une remise en question profonde de sa capacité à mener Haïti vers une sortie de crise. Les acteurs internationaux, qui avaient misé sur cette structure pour restaurer l’ordre institutionnel, doutent désormais de la pertinence de leur soutien. C’est ce qui ressort des récentes déclarations du Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert Randin, au média Washington Diplomat, exprimant une inquiétude grandissante face à la stagnation politique actuelle. « Haïti ne peut pas organiser d’élections dans le chaos », a-t-il affirmé, soulignant que parler de référendum ou de nouvelle constitution dans un pays privé de justice, de sécurité et d’une autorité légitime relève de la mascarade. Avant toute élection, a-t-il insisté, il est impératif d’établir un gouvernement crédible et de rétablir un minimum d’ordre. L’adhésion accrue des acteurs internationaux à ce constat dénote des interrogations récurrentes sur l’aptitude du CPT à établir une gouvernance efficace et à piloter la transition attendue. Comme tant d’autres avant lui, le CPT a utilisé son soutien international comme un levier pour bafouer les droits des Haïtiens et réduire à néant leurs aspirations à un renouveau démocratique. A l’instar de nombreux régimes avant lui, il découvrira bientôt que la légitimité politique ne peut se maintenir sans l’adhésion populaire. Les tuteurs internationaux se détournent inexorablement lorsque cette légitimité s’efface. Ce que demain nous réserve : incertitude ou renouveau Les tenants du statu quo chercheront à exploiter l’éviction du CPT pour consolider leur emprise sur les affaires de la République, maintenant le peuple à l’écart des décisions cruciales. Une telle stratégie ne ferait qu’exacerber la crise et prolonger une impasse politique déjà profonde, alimentant la défiance et l’instabilité. Il revient aux progressistes et aux patriotes de briser les entraves d’une démocratie confisquée et d’impulser des dynamiques nouvelles, capables de restaurer la souveraineté populaire et d’instaurer un véritable renouveau démocratique, fondé sur l’inclusion et la légitimité.

  • Le projet de Constitution, un coup d'État des oligarchies contre le peuple

    Par : Sonet Saint-Louis av, Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie à la faculté de droit et des sciences économiques de l'Université d'État d'Haïti. Le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement Fils-Aimé ont reçu le projet de Constitution élaboré par un groupe de travail, assisté de quelques experts dont les noms n’ont pas été rendus publics. Ils ont, ce faisant, annoncé la tenue d’un référendum constitutionnel visant à supprimer, une fois pour toutes, l’actuelle Constitution, adoptée par le peuple il y a 38 ans. Cette annonce est une honte ! Qui sont ces individus à la manœuvre dans cette sale affaire ? Toujours les mêmes, comme l’a rappelé l’ancien sénateur Steveson. Cette fois encore, ils récidivent avec vigueur. C’est le clan mafieux de René Préval, allié à celui de l’ex-président Jovenel Moïse, unis dans une ultime offensive contre la démocratie en Haïti. Pour eux, la Constitution de 1987 — qu’ils ne connaissent même pas — serait une source d’instabilité et ferait obstacle à une bonne gouvernance. Leur démarche vise avant tout à instaurer un président fort et autoritaire, en démantelant les garanties de l’État de droit fondées sur un système de contrepoids et de modération du pouvoir présidentiel. En Haïti, qui dit changement constitutionnel dit lutte de pouvoir et affrontement entre classes sociales, comme l’a écrit l’historien Claude Moïse, professeur émérite à l’Université de Montréal. Nous sommes en effet dans un contexte de lutte pour le pouvoir, où l’objectif des dirigeants actuels n’est pas d’épurer le texte de 1987 de ses imperfections pour en faire un document de fierté nationale, mais de se maintenir au pouvoir en confisquant les élections à venir. Pour reprendre les mots de Marcel Gilbert, la classe traditionnelle détentrice du pouvoir d’État, franchit une nouvelle étape dans sa violence contre le peuple. Les classes dominantes, nourries à la violence, ne cèdent que devant une force plus grande qu’elles. Ce projet de Constitution est un acte de violence contre la démocratie et l’État de droit. Il remet en cause l’indépendance nationale et ouvre la porte à toutes sortes de menaces extérieures. C’est par devoir citoyen et intellectuel — sans faux-fuyants ni complaisance — que je choisis de livrer au public une série de textes consacrés à ce projet de Constitution remis dans l’actualité par les autorités en place. Dans un contexte marqué par la sécheresse de la pensée critique et l’absence de passion pour l’interrogation, il m’importe de contribuer à un débat éclairé. Car l’objectif réel de ce processus, c’est de gagner du temps pour mieux siphonner les ressources de l’État, tout en imposant une Constitution taillée sur mesure pour un régime autocratique — bien éloigné du rêve de gouvernance du peuple haïtien, qui aspire à un État juste, démocratique, garant de son bien-être. La participation populaire est exclue On se souvient que les premiers amendements apportés au texte fondateur de 1987 ont permis, en 2011, à René Préval d'empêcher la participation populaire dans le processus politique, en excluant les collectivités territoriales du choix des membres du Conseil électoral permanent. Dans le processus de sélection des membres du Conseil électoral, les compétences que la Constitution de 1987 avait attribuées aux Assemblées départementales, lesquelles, il faut le souligner, n'ont jamais été constituées pour des raisons politiques liées à la consolidation d'un pouvoir oligarchique, éloigné du peuple, ont été transférées aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Ces amendements n'étaient pas le fruit du hasard : René Préval, avec ses partisans regroupés dans ses structures politiques — Vérité, Inité et Lespwa — ainsi qu'une partie de l'oligarchie financière, dont l'influence est particulièrement forte dans cet attelage CPT-gouvernement, espéraient, avec les élections de 2010, prendre le pouvoir en Haïti pour une période illimitée. Le coup a été déjoué, le projet contrarié, par l'arrivée de Michel Martelly au pouvoir, imposé par Washington. Préval n'est plus, mais le groupe qu'il a mis en place demeure assez puissant pour mettre le pays en déroute et régression démocratique. C'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui. Haïti est sur le point d’adopter sa vingt-quatrième Constitution. Depuis plus de deux siècles, le pays fait figure de laboratoire, ayant expérimenté à travers ses constitutions presque tous les régimes politiques connus dans le monde. Ce dernier projet prévoit la suppression totale du texte de 1987, non pas pour l’améliorer, mais pour mieux s’adapter aux mentalités rétrogrades et à l’esprit autoritaire de nos dirigeants. Quelle que soit la valeur intrinsèque d’une constitution, elle demeure inefficace en l’absence de volonté, tant du côté des gouvernants que des gouvernés, de la respecter. Pendant plus de trois décennies, les élites rétrogrades ont tout fait pour empêcher les élections indirectes qui auraient pu déboucher sur la constitution des Assemblées, véritables leviers de la participation des citoyens dans la vie politique du pays. Ces Assemblées territoriales devaient jouer un rôle clé dans le choix des juges de paix, des Tribunaux de première instance, ainsi que des membres des Cours d’appel. Cette procédure constitutionnelle contournée, visait à garantir la légitimité du pouvoir judiciaire, à l’instar des deux autres pouvoirs — exécutif et législatif — qui étaient traditionnellement considérés comme plus démocratiques en raison de leur proximité avec le suffrage universel. On y décèle une méconnaissance du droit Cette constitution, la plus démocratique de notre histoire, a été mise en échec par une élite sauvage et rétrograde, incapable d’évoluer dans une société haïtienne dominée par les règles de l'État de droit et de la bonne gouvernance. Pour cette raison, elle a été victime d’une campagne négative orchestrée par des individus qui non seulement refusent d’accepter les normes qu’elle édicte, mais aussi par ceux qui ne la connaissent même pas. Les justifications apportées par les bricoleurs-experts pour abroger la Loi fondamentale démontrent de manière éloquente leur méconnaissance du régime politique définit par celle-ci. Le philosophe Spinoza a écrit avec raison : on ne peut pas changer une réalité que l'on ne comprend pas. Le texte de 1987 répondait à une question fondamentale : comment empêcher le retour à l’arbitraire dans notre histoire de gouvernance, tel que nous l’avons connu au cours de nos deux siècles d’histoire ? Il a répondu à nos aspirations, c’est-à-dire à la manière dont le peuple rêve d’être administré, dans un régime qui concilie les pouvoirs des gouvernants et les libertés des gouvernés, au sein d’un cadre démocratique, en respectant l'État de droit, où les autorités sont soumises à la loi, au même titre que le citoyen. Ces considérations d'ordre philosophique ont conduit les constituants de 1987 à atténuer la force du présidentialisme autoritaire, qui a dominé la vie politique haïtienne pendant deux siècles pour les remplacer par les principes de l'État de droit. Cette vision, qui a marqué un tournant dans l’histoire d’Haïti, n’a pas été comprise, ni par les acteurs politiques ni par la communauté juridique nationale. Les juristes haïtiens, pourtant présentés comme les plus compétents, ont préféré évaluer de manière biaisée la rationalité juridique du texte à l’aune de celui de la France, oubliant que chaque peuple possède ses propres fondements naturels. La France est fondamentalement différente d’Haïti, et c’est en fonction de ses réalités historiques et philosophiques qu’elle a bâti des institutions adaptées aux problèmes spécifiques des Français. De même, les transpositions excessives des institutions de la Ve République française — comme la création d’un Conseil constitutionnel aux côtés d’un pouvoir judiciaire indépendant, ancré dans la souveraineté nationale — ainsi que celles du régime présidentiel américain, annonciatrices d’un fédéralisme au rabais, nuisent à la tradition de l’État unitaire haïtien. Ces emprunts institutionnels n’ont aucune véritable pertinence dans le contexte haïtien. Chaos et désordre politique et administratif à la clé Ce mélange explosif ne peut engendrer que chaos et désordre politique et administratif. La multiplication des instances territoriales ne relève en rien d’un génie constitutionnel capable de porter le rêve haïtien. En dehors de nos préoccupations, ce projet de constitution nous propose un régime présidentiel dissimulé, sans vice-président, qui renforce la toute-puissance du Chef de l'État en affaiblissant le Parlement et le pouvoir judiciaire, dont la légitimité en tant que pouvoir démocratique est nulle. On y décèle une difficulté théorique assumée par les concepteurs de ce projet. Il n'existe pas de pouvoir en démocratie sans la proximité avec le suffrage universel. Tout pouvoir démocratique est délégué ou consenti. Ainsi, par le mode de désignation des juges, tel qu'envisagé dans ce projet, le pouvoir judiciaire sera frappé d’un déficit démocratique. Il ne sera plus le résultat de la mise en œuvre de la souveraineté nationale par laquelle le peuple désigne ses représentants. Le poste de Premier ministre, qu’il institue ou conserve dans ce nouveau projet, n’a aucune signification, puisque le Président de la République est à la fois chef de l'État et du gouvernement, et que le principe de l’irrévocabilité réciproque entre l’exécutif et le Parlement est donc le fondement du régime présidentiel classique, basé sur la séparation stricte des pouvoirs et l’absence de responsabilité du gouvernement devant le Parlement. Que vaut le poste de Premier ministre si le Président de la République est à la fois le chef de l'État et le chef du gouvernement ? Il s’agit là d’une tentative de camoufler la véritable nature du régime politique proposé, dans lequel l’absence de contrôle fait disparaître l’éthique gouvernementale, accompagnée d’une totale méconnaissance des questions théoriques liées à la science du droit et aux typologies des régimes politiques contemporains. Cette absence de fondement théorique, qui constitue le socle de la science, invalide tout le projet. C’est un projet en ruine ! J’en ferai la démonstration dans les textes à venir. Car la science du droit a besoin de théories, de concepts et d’outils méthodologiques pour maintenir sa place parmi les disciplines scientifiques. Ceux-ci sont d’une utilité pratique, tant pour l’édiction des règles de droit que pour leur application et leur interprétation. Ma démarche ne s’adresse pas aux experts autoproclamés, souvent présentés par la propagande médiatique comme les plus qualifiés, mais à ceux qui cherchent sincèrement à désapprendre pour mieux réapprendre. S’il est une chose que l’on ne peut prendre d’assaut, c’est bien le savoir scientifique. Ma démarche est à la fois citoyenne et intellectuelle. Je crois que chacun doit assumer sa part de responsabilité envers la nation, afin d’éviter une déchéance plus profonde — à l’inverse de ces experts et constituants improvisés, issus d’une conférence nationale tenue dans l’ombre du peuple, une initiative ayant englouti un budget colossal dans un contexte où la faim frappe quatre Haïtiens sur cinq. La neutralité, dans ce contexte de désarroi collectif, ou le silence calculé, constitue un acte de démission patriotique, civique et intellectuelle. Assumons-nous pleinement, avec le souci constant de dire la vérité à la nation, quoi qu’il nous en coûte. Il faut dire au peuple, avec tout le courage intellectuel et politique nécessaire, pourquoi il ne doit pas accepter ce forfait, avant qu’une mise en demeure ne lui soit signifiée, l’obligeant ainsi à se soumettre à ce qui est inacceptable.

  • La vidéo choquante qui dévoile le désenchantement croissant envers le CPT en Haïti

    Par : NOVAVOX, Notre Éditorial. Le Cap-Haïtien, le 18 mai 2023, marque un tournant pour de nombreux Haïtiens. Une vidéo virale a révélé un rejet fort du Conseil de Transition Politique (CPT). Cette séquence, capturée pendant la fête du drapeau, met en lumière un sentiment de frustration face à une institution qui est devenue un symbole d'inaction et de corruption. Les événements capturés dans cette vidéo et le climat politique qui l'entoure sont riches de signification pour l’avenir national. Analyse de la vidéo révélatrice La vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux dévoile une scène poignante : à l’issue du te deum officiel, les dirigeants défilent sous les chants et slogans des citoyens, exprimant leur exaspération face à l’inaction et à la corruption du CPT. Les cris de "voleurs" fusent dans la foule, écho d’une indignation unanime contre les décideurs. Ce moment visuel cristallise un ras-le-bol généralisé, où les citoyens, lassés des promesses non tenues et des dérives du pouvoir, expriment avec force leur mécontentement. Entre lassitude et indignation, cette séquence révèle une fracture profonde entre le peuple et ses dirigeants, témoignant d’une gouvernance perçue comme déconnectée des réalités sociales. Ce rejet s’inscrit dans une dynamique plus large de contestation, où les revendications populaires deviennent de plus en plus pressantes, exigeant des actions concrètes plutôt que des discours creux. Le poids du désenchantement collectif Cette vidéo illustre avec force l’impasse politique actuelle, où les attentes pressantes de la population restent sans réponse. Elle atteste d'une transition laborieuse dont l'incertitude alimente la frustration et la désillusion populaire. À travers ces images, se dessine un schéma historique récurrent : celui de dirigeants dont l’inaction ou l’indifférence face aux souffrances populaires fragilise leur légitimité sous le poids du mécontentement général. Ce phénomène, loin d’être inédit, s’inscrit dans une succession de crises où le fossé entre gouvernants et gouvernés s’est accentué, nourri par une défiance croissante envers des dirigeants perçus comme déconnectés des préoccupations citoyennes, ouvrant ainsi la voie à des transformations profondes. Bref, cette séquence ne se limite pas à capturer une tension passagère, mais souligne un tournant où le pouvoir se trouve à la croisée des chemins. Quand le Chaos Forge l’Avenir Les images du Cap-Haïtien exposent une société à bout de nerfs, où les frustrations populaires dépassent la simple mauvaise gestion politique. Elles reflètent une défiance accrue envers les dirigeants. Loin d'être une protestation fugace, ce moment décisif ouvre la voie à une refonte nécessaire d'un système incapable de combler les aspirations légitimes du peuple. Un Futur à Réinventer Les récents événements ne font qu’accentuer le désenchantement envers le Conseil de Transition Politique. La clameur populaire résonne comme le témoignage d’une détresse croissante, symptôme d’un pouvoir fragilisé. La voie vers un changement durable commence par une reconnaissance de la situation actuelle et un engagement sans compromis pour restaurer la confiance. Le moment est venu d'agir, en mettant de côté le statu quo pour faire face à un avenir meilleur. Dans ce contexte de défis majeurs, nous exhortons les progressistes et les patriotes à unir leurs forces et à agir concrètement pour offrir au peuple haïtien un avenir à la hauteur de ses aspirations.

  • Les laissés-pour-compte de la célébration nationale du 18 mai

    Notre Editorial , Par : Alain Zephyr, Sociologue. Le 18 mai 2023, Haïti a célébré le 222e anniversaire de son drapeau, symbole de résistance et d’unité nationale. Pourtant, cette commémoration, censée raviver la fierté collective, a davantage mis en lumière les profondes fractures qui déchirent le pays. Les festivités ont révélé un contraste saisissant : d’un côté, l’exaltation officielle de l’héritage révolutionnaire du drapeau ; de l’autre, une population confrontée aux affres de l’insécurité et de l’exclusion. Cette dissonance criante a exposé, avec une intensité troublante, la multitude de laissés-pour-compte relégués en marge de cette célébration nationale. Arcahaie : Un lieu symbolique abandonné Arcahaie, berceau historique du bicolore haïtien, demeure depuis près de trois siècles le cœur des célébrations du drapeau. Pourtant, depuis deux ans, cette ville emblématique est livrée à l’emprise des gangs. Confrontées à cette insécurité persistante, les autorités ont choisi de déplacer l’événement au Cap-Haïtien, éloignant ainsi la fête de son écrin historique . Après le Palais National, le Champ de Mars et le Pont Rouge, c’est désormais Arcahaie qui se voit désertée. L’abandon de ces lieux de mémoire par l’État traduit une tendance alarmante : celle d’un pouvoir qui, en négligeant la préservation de ces espaces chargés d’histoire, semble aussi se soustraire à sa responsabilité primordiale—assurer la sécurité et rétablir la paix. Dès lors, une question essentielle s’impose : comment un peuple peut-il célébrer son histoire et exalter ses symboles si ceux-ci sont livrés à l’oubli et à l’instabilité ? Les enseignants : Voix silencieuses dans la tourmente La célébration du drapeau au Cap-Haïtien a été marquée par une contestation sociale d’ampleur. Les enseignants, profitant de l’événement, ont exprimé leurs revendications face à des conditions de travail alarmantes et à l’effondrement du système éducatif. Ce mouvement de protestation, loin de se limiter à une simple démonstration, a mis en lumière une crise profonde qui touche l’éducation haïtienne. Cependant, au lieu d’ouvrir un dialogue et d’entendre ces préoccupations légitimes, les autorités ont choisi la voie de la répression. Les services de sécurité ont orchestré une réponse brutale, exacerbant les tensions et illustrant une dérive autoritaire inquiétante. Tandis que le pouvoir s’en prend aux enseignants qui réclament des conditions dignes, il demeure impuissant face aux gangs armés qui imposent leur loi sur le territoire. Cette situation soulève une question cruciale : comment un État peut-il prétendre célébrer son drapeau et ses valeurs de liberté, alors qu’il réprime ceux qui œuvrent à l’avenir du pays tout en laissant prospérer l’insécurité ? Un leadership éclairé, alliant responsabilité et adaptation aux défis du pays. Dans un contexte économique difficile, le budget de 400 millions de gourdes dépensé pour célébrer cet événement a suscité de vives critiques. À titre de comparaison, cela équivaut à ce que plusieurs dizaines de milliers de familles haïtiennes dépensent en un an pour la nourriture de base. Les dépenses engagées pour ces festivités ont mis en évidence un contraste frappant entre les priorités de l’État et les réalités quotidiennes des citoyens. En effet, dans un contexte où l’accès à l’eau potable et aux soins de santé reste une préoccupation cruciale, cette cérémonie a été largement perçue comme une distraction, détournant l’attention des véritables urgences sociales. Pour une population confrontée à des défis existentiels, cet événement relégue au second plan les priorités essentielles, accentuant le sentiment d’abandon ressenti par les plus vulnérables. Les Déplacés : Des vies ignorées Parmi les grands oubliés de cette commémoration figurent les déplacés internes, victimes de la violence des gangs. Arrachés à leurs foyers et contraints à l’errance, ces Haïtiens continuent de porter leur pays dans leur cœur, malgré les épreuves qui les accablent. Leur espoir d’un changement tangible demeure intact, mais il se heurte à une gouvernance qui peine à répondre à leurs besoins fondamentaux. L’inaction face à leur détresse criante révèle un pouvoir déconnecté des urgences du peuple, incapable de répondre aux attentes les plus pressantes. Leur situation interpelle et exige une réponse urgente, fondée sur une gouvernance responsable et une volonté politique réelle de restaurer la justice sociale. Promouvoir une Inclusivité nécessaire pour un avenir partagé La commémoration du 222e anniversaire du bicolore haïtien résume l'état actuel d'Haïti, où les tensions sociales et les inégalités sont exacerbées. Tandis que certains célèbrent, d'autres luttent pour des conditions de vie minimales. Le bicolore, symbole d'unité, est terni par des réalités divisées. Une célébration ne devrait pas juste être festive, mais aussi un moment de réflexion sur les défis à relever pour bâtir un pays équitable et juste. Ce n'est qu'en reconnaissant les fractures que nous pourrons avancer vers un avenir où le bicolore représente non seulement un symbole, mais une véritable promesse d'espoir et de dignité pour chaque Haïtien. L' incapacité du CPT à mener à bien cette mission s’est révélée une évidence, et l’échec de la célébration du 18 mai en est une illustration supplémentaire. Face à cette impasse, il revient aux progressistes, aux patriotes et aux victimes de s’unir pour construire un avenir plus juste et inclusif pour tous. L’histoire montre que les grandes transformations naissent souvent de la volonté collective de ceux qui refusent la résignation. C’est dans cette union des forces vives que réside l’espoir d’un Renouveau Démocratique , porté par une vision audacieuse et une détermination inébranlable.

  • Hommage à Didier Dominique, Une Flamme Ardente de Résistance Sociale

    Par : Marc Anglade, Camarade Didier... C’est une perte immense pour Haïti et pour tous ceux et toutes celles qui ont été inspirés par l’engagement de Didier Dominique. Figure emblématique du syndicalisme et de la pensée critique, il a marqué le mouvement ouvrier haïtien par son combat inlassable pour la justice sociale et la dignité des travailleurs. Son décès, survenu le 18 mai 2025, jour de la fête du drapeau haïtien, ajoute une dimension symbolique à son départ. Didier Dominique était un intellectuel profondément enraciné dans la culture populaire, un militant marxiste inflexible qui a su allier réflexion et action. Yon nèg, yon konbatan ki te gen kolonn vètebral ! Son travail au sein de Batay Ouvriye et ses contributions académiques ont laissé une empreinte durable sur la société haïtienne. Il a également enrichi la littérature haïtienne aux côtés de son épouse, Rachel Beauvoir, avec leur ouvrage Savalou E, qui explore les traditions et le patrimoine du pays. Son départ laisse un vide, mais son héritage demeure. Que son combat continue d’inspirer les générations futures. Mes pensées vont à Arielle, ses proches et à tous ceux et à toutes celles qui ont partagé son engagement.

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