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TPS : Une victoire morale significative pour les Haïtiens

il y a 6 heures
5 min de lecture
Les évêques américains alertent sur les risques d'expulsions massives

Par : Novavox, la rédaction.

WASHINGTON — Alors que la crise humanitaire et sécuritaire continue de s’aggraver en Haïti, l’Église catholique américaine appelle l’administration Trump à suspendre les expulsions massives de ressortissants haïtiens vers leur pays d’origine.

Dans une lettre adressée au président Donald Trump le 8 septembre, l’archevêque Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a demandé la mise en place d’un moratoire sur les renvois, estimant que les conditions actuelles ne permettent pas d’assurer un accueil sûr et organisé pour les personnes expulsées.

« Je vous implore d’éviter de mettre davantage en danger des vies humaines innocentes », a écrit l’archevêque, soulignant l’absence de mécanismes adéquats pour garantir la réintégration des Haïtiens renvoyés au pays.

La fin du TPS suscite de vives inquiétudes

Le statut de protection temporaire, connu sous le sigle TPS, accordé à Haïti a pris fin le 27 juillet. Ce dispositif permettait à des ressortissants haïtiens présents aux États-Unis de rester légalement sur le territoire et d’y travailler en raison des conditions dangereuses qui y prévalaient.

Depuis cette échéance, plusieurs centaines d’Haïtiens ont déjà été expulsés. Le Département de la Sécurité intérieure a notamment indiqué qu’un vol à destination d’Haïti transportait des personnes condamnées pour des crimes violents.

Les évêques américains reconnaissent que certaines personnes peuvent être exclues du bénéfice d’une protection au terme d’un examen individuel. Ils dénoncent toutefois le caractère potentiellement indiscriminé des expulsions et leurs conséquences pour les familles, les communautés et certains secteurs essentiels de l’économie américaine.

Une crise haïtienne toujours profonde

En Haïti, la violence des gangs, l’effondrement des institutions et l’insécurité généralisée continuent de rendre le retour particulièrement périlleux. Les autorités américaines recommandent d’ailleurs à leurs citoyens de ne pas se rendre dans le pays.

Pour l’archevêque Coakley, renvoyer massivement des Haïtiens dans ce contexte risque non seulement d’exposer des vies humaines, mais aussi d’aggraver la crise haïtienne. Il estime également que cette politique pourrait contredire les objectifs stratégiques des États-Unis dans l’hémisphère occidental.

Les expulsions pourraient par ailleurs provoquer des pénuries de main-d’œuvre dans des domaines tels que la santé, où de nombreux Haïtiens travaillent déjà. Elles risquent aussi de séparer des familles dont les membres ne disposent pas tous du même statut légal.

« La force de nos communautés dépend en grande partie du bien-être de ces familles », a déclaré l’archevêque.

Un appel à une solution politique durable

La Conférence des évêques catholiques des États-Unis soutient également l’American Dream and Promise Act de 2025. Ce projet de loi offrirait une voie légale et durable aux bénéficiaires du programme DACA, arrivés aux États-Unis durant leur enfance, ainsi qu’aux personnes bénéficiant ou ayant bénéficié du TPS.

Au-delà du cas haïtien, les évêques demandent ainsi une politique migratoire fondée sur l’examen individuel des situations, la protection des familles et le respect de la dignité humaine.

Pour Haïti, la question dépasse désormais le seul cadre migratoire. La crise impose une réponse internationale immédiate, mais viable uniquement si elle s’appuie sur une solution haïtienne authentique, endogène et respectueuse de la souveraineté du peuple haïtien.

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Voici le texte intégral de la lettre, traduit en français par NovaVOX.


8 septembre 2026


Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie


L’honorable Donald J. Trump

Président des États-Unis

1600, avenue Pennsylvania

Washington, DC 20500


Monsieur le Président,

J’écris mû par une profonde inquiétude pastorale face au nombre croissant d’Haïtiens rapatriés de force depuis les États‑Unis. Je sollicite humblement votre soutien.

Ces derniers jours, 47 personnes ont été assassinées, plus de 20 blessées et plus de 50 enlevées lors d’un acte de violence inqualifiable perpétré par des gangs à Port‑au‑Prince. Le drame est d’autant plus insoutenable que les victimes étaient des familles déplacées, dont des enfants, qui cherchaient refuge dans une église.

Avec le Saint‑Père, le pape Léon XIV, et mes frères évêques, nous exprimons notre proximité spirituelle avec les victimes et implorons la libération rapide de tous les otages.

En tant que citoyens de ce grand pays, nous portons une responsabilité morale considérable — responsabilité qui vous incombe en particulier, Monsieur le Président, en tant que chef d’État. Aussi, je vous demande respectueusement: à quoi servent la richesse et l’influence dont nous avons été bénis, si ce n’est de les mettre au service de l’humanité?

Je reconnais, comme je l’ai exprimé lors de notre rencontre au début de l’année, l’importance de la régulation de l’immigration et de l’application de la loi fédérale en matière migratoire. Je reconnais également que les difficultés auxquelles Haïti est confrontée existaient bien avant votre entrée en fonction, et que la situation y demeure complexe et multiforme. Parallèlement, je sais que vous mesurez le rôle essentiel que jouent les États‑Unis dans la promotion de la dignité humaine et de la valeur intrinsèque de toute

En cette année marquant le 250ᵉ anniversaire de l’indépendance américaine, nous nous rappelons les origines de notre nation, des débuts modestes mais animés par des idéaux nobles et inspirés. Au cœur de ces idéaux se trouve la conviction que chaque être humain est doté par son Créateur de droits inaliénables.Je vous exhorte aujourd’hui, Monsieur le Président, à défendre ces droits fondamentaux, dont le droit à la vie demeure le plus essentiel.

Je souhaite profondément que ce récent et tragique exemple de vie humaine brutalement éteinte, presque en toute impunité, ne soit qu’une irrégularité en Haïti. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Je vous implore de ne pas exposer davantage d’innocents en poursuivant les expulsions vers Haïti, surtout en l’absence d’un dispositif capable d’assurer leur accueil et leur réintégration dans des conditions de sécurité et de stabilité. Cette approche ne fera qu’aggraver la crise actuelle et compromettre vos objectifs stratégiques pour l’hémisphère occidental.

Je vous prie d’exercer votre autorité, telle que prévue par la Constitution américaine, afin d’accorder un départ différé aux Haïtiens résidant paisiblement aux États‑Unis.

Il va de soi que certains Haïtiens pourraient être exclus de cette mesure au cas par cas, ce qui préserverait la capacité de votre administration à promouvoir la justice et la sécurité publique. Dans le même temps, vous reconnaîtriez les contributions économiques et sociales considérables de nombreux hommes et de nombreuses femmes, en particulier dans des secteurs vitaux tels que les soins de santé.

L’Église catholique demeure profondément sensible à la situation de nombreuses familles, notamment celles dont le statut migratoire est mixte, et qui tireraient un bénéfice direct de cette aide. La vitalité de nos communautés repose en grande partie sur le bien‑être de ces familles.

Au‑delà de ce soulagement immédiat, les évêques américains vous assurent de leur soutien et de leurs prières pour une réforme de nos lois migratoires, longtemps attendue. Nous continuerons à travailler avec votre administration et le Congrès pour y parvenir, dans l’intérêt du pays et de tous les Américains.

L’Église poursuivra également son action, en coordination avec les gouvernements américain et haïtien, pour accompagner le peuple haïtien par des œuvres de miséricorde, vers un pays plus sûr, plus stable et plus favorable au développement humain intégral.

Je vous remercie sincèrement, Monsieur le Président, de bien vouloir prendre en considération cette demande. Je vous assure de mes prières, ainsi que de celles offertes pour votre administration.

Comme toujours, je demeure respectueusement en Christ,


Le très révérend Paul S. Coakley, Archevêque d’Oklahoma City,

Président de la Conférence des évêques catholiques des États‑Unis



Copie conforme: L’honorable Marco Rubio, secrétaire d’État

L’honorable Markwayne Mullin, secrétaire à la Sécurité intérieure



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