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Martelly, le retour que les Haïtiens refusent

il y a 1 minute
2 min de lecture

Par : NovaVOX, Notre Éditorial.-

En mémoire de Liliane Pierre-Paul, critique infatigable de la bouffonnerie martellyste. Elle incarnait une exigence rare, refusait les applaudissements faciles et demeurait intègre face à ceux qui gouvernent par le spectacle, le culte de l'image et la mise en scène du vide.

La réaction suscitée par la possible candidature de Michel Martelly à la présidence du pays dépasse le cadre politique habituel. Elle met en lumière une mémoire collective qui refuse l’oubli. Sur les réseaux sociaux, la contestation s’est rapidement intensifiée. Des milliers de commentaires, caricatures, photomontages et mèmes satiriques ont circulé, ridiculisant l’idée de son retour au pouvoir.

Cette vague d’ironie a transformé cette éventualité en un objet de moquerie collective. Rarement une ambition présidentielle a suscité une telle avalanche de sarcasmes. Derrière l’humour, une accusation plus sérieuse se dessine : le chaos actuel a des causes et des responsables clairement identifiés.

Chaque publication, commentaire ou image détournée rappelle que le peuple n’a pas oublié les promesses non tenues, les scandales, l’affaiblissement des institutions et l’aggravation du chaos.

La mémoire ainsi ravivée constitue une forme de résistance civique. Au-delà de la personne de Martelly, la question de la responsabilité politique refait surface. Pour beaucoup, l’effondrement de l’autorité publique, la montée des groupes armés, la corruption et la désagrégation de l’État trouvent en partie leur origine dans les choix de la dernière décennie. Son nom évoque davantage un système dont la nation subit encore les conséquences qu’un renouveau.

L'indignation populaire contredit l’idée que la misère efface la mémoire. Malgré l’insécurité, la crise économique et le désespoir, les Haïtiens continuent d’identifier ceux qu’ils jugent responsables de la situation nationale. La souffrance n’a pas affaibli leur discernement, elle l’a renforcé.

La ténacité de ce jugement collectif révèle une maturité politique souvent sous-estimée. Un peuple peut être appauvri sans être dupe, meurtri sans renoncer à son jugement, abandonné sans perdre la mémoire. Au milieu des crises, les Haïtiens rappellent une vérité essentielle : les nations survivent aussi grâce à leur mémoire.

Le rejet massif observé aujourd’hui n’est donc pas seulement une condamnation d’un homme. Il exprime la volonté de rompre avec l’impunité politique et de refuser que les responsables des échecs passés se présentent à nouveau comme des sauveurs. C’est l’expression d’une conscience collective qui, au milieu des ruines, distingue encore les bâtisseurs de ceux qu’elle considère comme des artisans du désastre.


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