Le Peuple Souverain pour Source, le Bien Commun pour Horizon
- Renouvo Demokratik
- il y a 20 heures
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Par : NOVAVOX, Notre Éditorial.-
Une transition fondée sur la souveraineté citoyenne, au service du bien commun, c’est d’abord celle qui rend le pays à ses habitants. Une telle transition rétablit la sécurité, permet à des milliers de déplacés de rentrer chez eux et garantit à nouveau la libre circulation des personnes et des biens. Or, voilà maintenant cinq ans que les gangs tiennent le pays et ses citoyens en otage, étouffant la vie quotidienne, brisant l’espoir, obstruant l’avenir.
Pourtant, dans cette République bicentenaire, forte aujourd’hui de près de douze millions d’âmes, il doit bien se trouver, quelque part, des femmes et des hommes, des patriotes porteurs d’un plan solide pour sortir de ce chaos et permettre à la vie de reprendre ses droits. De toute évidence, un tel plan n’existe pas dans les officines de la transition actuelle, qui a sous-traité la question de la sécurité à une communauté internationale peu encline, et encore moins réellement soucieuse, de s’y attaquer avec sérieux.
C’est pourquoi une transition qui tire sa légitimité du peuple place la parole, les besoins et les aspirations de la population au cœur de l’action publique. Elle instaure un dialogue franc et continu avec les citoyens, fixe des priorités pour refonder des institutions affaiblies et ouvre une voie crédible de sortie de crise, tout en respectant les revendications essentielles et les acquis arrachés par les luttes populaires. Elle réaffirme l’État dans sa mission première : protéger, servir et émanciper. Elle manifeste la volonté d’élargir l’espace démocratique, et non de le restreindre.
Sur ce fondement, une transition fidèle au bien commun reconnaît la population comme source première de légitimité et comme partenaire central de la refondation nationale. Elle adopte des mécanismes de transparence qui permettent aux citoyens d’être informés, de comprendre et de contrôler l’action publique. Pouvoir de courte durée, elle refuse tout engagement contractuel qui aliène les ressources du pays ou limite sa capacité de décision future. Son ambition est de consolider les garanties collectives et de replacer l’intérêt général au-dessus de toute forme d’accaparement ou d’exclusion.
À ce moment critique de notre histoire, une transition réellement adossée à la souveraineté citoyenne offre à la République l’occasion de réaffirmer son unité autour d’objectifs clairs, précis et mesurables . Elle suppose des dispositifs permettant aux citoyens d’être pleinement éclairés, de suivre la conduite de l’action publique et d’en apprécier les résultats, afin que l’État rende compte de son action et demeure fidèle à l’exigence commune.
Rompre le cycle du chaos est donc indispensable pour éviter que le prochain mandat ne s’enlise, dès son ouverture, dans la paralysie. Mener le pays aux urnes sans garantir un fonctionnement institutionnel stable reviendrait à condamner l’alternance à répéter l’échec.
Pour être crédible, la transition doit se départir des acteurs et des pratiques qui ont alimenté le chaos, qu’ils aient été sanctionnés ou non par la communauté internationale. Ses actions doivent viser à court-circuiter les dynamiques de fragmentation, sans les légitimer ni les prolonger. Son horizon est clair : ouvrir une véritable sortie de crise, digne et durable, et non reconduire des arrangements opaques qui confisquent la démocratie et perpétuent l’impunité.
Enfin, la transition doit instaurer des conditions de sécurité réelles, durables et vérifiables, afin que des élections puissent se tenir sur l’ensemble du territoire dans un environnement pleinement libéré de toute contrainte armée. Elle place la restauration de la sécurité comme un préalable indispensable à la reprise de la vie institutionnelle.
Cette transition conçoit la sécurité non pas comme une opération ponctuelle, mais comme un processus structuré, articulé autour de la coordination des forces publiques, de la reconquête des espaces stratégiques, du démantèlement des réseaux criminels et de la protection effective des populations.
En créant ces conditions, elle rend possible l’organisation d’élections véritablement libres, où chaque citoyen peut exercer son droit de vote sans intimidation, sans violence et sans présence armée. Elle réitère que la souveraineté populaire ne peut s’exercer que dans un climat de sécurité, de confiance et de dignité.
Un pays ne renaît pas avec ceux qui l’ont mis à genoux
Évidemment, ces priorités sont à mille lieues des préoccupations de Fils-Aimé, de ses parrains et de ses tuteurs. Architectes du chaos, ils ne sauraient en être la solution. Moralement en faillite et politiquement disqualifiés, ils poursuivent des actions qui trahissent les aspirations de la majorité des Haïtiens à la dignité et à la justice.
Abraham Lincoln l’avait bien compris : « Avec l’adhésion du peuple, tout devient possible ; sans elle, rien ne peut tenir. » Fils-Aimé et consorts découvriront tôt ou tard que la soif de justice, de souveraineté et de changement qui traverse le peuple haïtien dépasse de loin leurs pactes obscurs et leurs arrangements mafieux, proposés comme de faux remèdes à une crise sociétale d’une gravité extrême.
Leur véritable empressement n’est pas de reconstruire l’État, mais d’empocher des millions, comme tant d’autres avant eux. Le reste importe peu à ces dirigeants de pacotille, indignes d’un peuple aussi grand que le nôtre.










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