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Haïti face à l’insécurité : l’heure du réveil citoyen

il y a 4 heures
2 min de lecture

Par: Marcel P. Mondésir.-


Haïtiennes, Haïtiens, du dedans et du dehors, bonjour. Malheureusement, nous sommes toujours là à nous plaindre, à compter nos victimes et à pleurer à gorge déployée, parfois dans nos mouchoirs. D’autres n’osent même pas le faire.

Un discours sans fin sur l’insécurité devient notre menu principal, haïtiennes et haïtiens, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. On dirait même une note grave mal accordée qui perce le tympan et rend la musique inaudible.

Chaque jour, dans les différentes couches de la société, on égrène les disparus, les kidnappés, les victimes inconnues et, dans l’intervalle, les bourreaux font circuler, avec une arrogance telle, dans leurs messages, les images de leurs cruautés commises sur certaines victimes, pour ne pas dire “leurs proies”, compte tenu de la façon dont ils les traitent.

Certains des kidnappés ont passé quasiment trois mois dans l’enfer des geôles des bandits. Tel est le cas de l’un des principaux spécialistes de la sécurité du pays : l’Inspecteur général James Boyard et de son enfant mineur. Il a été chef de cabinet de Mario Andrésol, qui a lui-même occupé des postes stratégiques au sein de la PNH — directeur de la DCPJ, puis directeur général — avant d’être nommé ministre de la Défense.

Haïtiens, sommes-nous dans le monde de la fiction ou vivons-nous un cauchemar ?

Comment comprendre que les deux institutions chargées de veiller à la protection de nos vies et de nos biens, et d’assurer notre sécurité physique, ne puissent même pas nous fournir le moindre détail ni la moindre explication sur l’un de leurs cadres, kidnappé depuis trois mois déjà ?E si nou mande ba nou James Boyard ak tout pitit li tou vivan. Quelle sera la réponse de son chef hiérarchique ?

Tournons-nous vers ITECA. Les parents, les paysans à travers le pays et tous les camarades de Willard Vancol, moi compris, pleurent la mort de cet homme vertical et digne d’honneur, dont les restes ont été retrouvés hier, après la razzia des bandits de Gressier, dans la localité de Ti Boukan, où se trouvent les locaux de l’ITECA, institution de formation et d’accompagnement des structures paysannes.

Quelles explications les responsables de la sécurité vont-ils fournir aux parents des deux adolescentes kidnappées hier, en compagnie de leur chauffeur, un jour seulement après l’ouverture des classes ? Tout le monde revoit les images ou réécoute les déclarations tonitruantes du gouvernement en général et des responsables du CSPN concernant les dispositifs de sécurité mis en place pour la rentrée. Pèp Ayisyen gen yon pwovèb ki di : « Kay koule kapab twonpe solèy men pa lapli ».

Les menteurs/gagoteurs se font vite rattraper par ce rapt des deux petites innocentes, commis le 9 septembre tôt dans la matinée.

Haïtiennes et Haïtiens du dedans comme du dehors, il est plus que temps pour le réveil réel de la conscience, il est plus que temps pour que nous disions effectivement NON à cette mort lente du pays, il est plus que temps, indignés, de nous affranchir et de nous dresser contre ces incapables, ces sous-fifres, ces opportunistes. Ils nous avilissent, ils nous détruisent. La résignation n’a plus sa place.

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