top of page

Willard Vancol : la preuve que la terreur gouverne

il y a 15 heures
2 min de lecture

Par: NovaVOX, Notre Éditorial.-

Haïti traverse une nuit historique. Une nuit où les journalistes sont traqués, les paysans déplacés, les organisations communautaires attaquées, et les voix libres réduites au silence par des groupes armés qui opèrent en toute impunité. Dans cette obscurité, chaque parole devient un acte de courage, chaque micro une menace, chaque vérité un risque.

C’est dans cette nuit que Willard Vancol, journaliste communautaire, éducateur populaire et coordonnateur de Ti Boukan FM, a été tué lors des attaques meurtrières de Gressier. Il n’a pas disparu : on l’a fait disparaître. Sa mort n’a rien d’un accident. C’est un acte politique. C’est un crime. C’est une attaque contre la liberté d’expression et contre le peuple haïtien.

Willard Vancol a été soustrait à l’espace public, puis privé de vie, dans un contexte de violence organisée où les gangs armés imposent leur loi, tandis que les autorités haïtiennes se taisent, se dérobent ou se montrent incapables d’agir. Ce silence officiel n’est pas neutre : il est une forme de renoncement, parfois même une complicité passive.

Willard Vancol n’était pas un journaliste « neutre ». Il était un journaliste engagé, proche des communautés rurales, défenseur de l’accès à l’eau, animateur de programmes éducatifs et passeur de savoirs populaires. Il donnait la parole aux invisibles. Dans un pays où la parole défie l’ordre établi, cela faisait de lui une cible. Il a été visé pour son rôle social, éducatif et journalistique, pour ce qu’il incarnait, pour ce qu’il portait, pour ce qu’il refusait de taire.

Willard Vancol n’est pas un chiffre.

Nous refusons que son nom soit noyé dans les statistiques de la violence. Nous refusons que sa mort devienne une normalité. Nous refusons que les journalistes haïtiens soient traités comme des cibles sacrificielles.

Willard Vancol est un symbole. Un drapeau. Une ligne rouge. Une preuve tragique que la liberté d’expression en Haïti est en état d’urgence.

Nous appelons les communautés haïtiennes, en Haïti et dans la diaspora de Montréal, Paris, New York, Miami, Santiago et d’ailleurs, à :

  • porter son nom dans les rues,

  • interpeller les chancelleries,

  • exiger des réponses,

  • refuser le silence,

  • refuser l’oubli,

  • refuser la normalisation de la terreur.

Nous demandons justice. Nous demandons la vérité.

Nous nous tenons d’une seule voix, dans une solidarité ferme et indéfectible, aux côtés de l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), de la Société d’animation et de communication sociale (SAKS), de Radyo Kominotè Ti Boukan et de Radyo Klodi Mizo. Nous réaffirmons avec force notre exigence : que toute la lumière soit faite sur ce crime, que les responsables soient identifiés, et que justice soit rendue.

Il s’est écoulé vingt‑et‑un jours depuis son enlèvement, vingt‑et‑un jours d’ombre et d’inquiétude, vingt‑et‑un jours qui ne doivent jamais se muer en silence consenti. Aujourd’hui, la confirmation de son décès impose une vérité brutale : la vie d’un journaliste haïtien a été fauchée parce qu’il portait la parole des siens.

Nous demandons justice pour Willard Vancol. Et nous persisterons à l’exiger. Car défendre Willard Vancol, c’est défendre chaque journaliste haïtien, chaque paysan déplacé, chaque voix menacée, chaque communauté qui refuse de mourir dans le silence, et c’est dire que sa mort expose la faillite de ceux qui devaient garantir la sécurité publique.

Commentaires


Top Stories

Receive our analysis and perspectives directly in your inbox. Sign up for our weekly newsletter.

  • Whatsapp
  • Facebook
  • Youtube
  • download (4)_edited
  • TikTok
  • Instagram
  • Twitter

© NOVAVOX . Powered and secured by Wix

bottom of page