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Trois cent vingt partis : une soupe saturée d’ingrédients.

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Par: Novavox, Notre Éditorial.-

Au bureau du Conseil électoral provisoire, l’inscription des partis politiques aux élections annoncées a offert, la semaine dernière, un carnaval tardif où se pressait une troupe de revenants politiques, chacun plus convaincu que l’autre d’être indispensable. On y retrouvait les éclaboussés des scandales, venus exhiber leur innocence retrouvée comme un costume mal repassé ; les balayés de la rue, soudain amnésiques de la colère populaire qui les a chassés ; et, bien sûr, ceux que les sanctions internationales suivent comme une ombre. Une procession de visages usés, revenus tenter leur chance comme si les décennies d’échec n’avaient laissé ni trace ni mémoire.

Trop de partis, pas assez de vision.

Ils ont défilé comme des somnambules, sans la moindre position sur les épineux problèmes nationaux. Pas une idée, pas une solution, pas même l’esquisse d’un plan de sauvetage national. Ils ne jurent que par le chaos et la déférence pour les diktats de l’extérieur. Leur place sur l’échiquier national contraste violemment avec la demande pressante de changement et de démocratie réelle dans le pays. Défenseurs du statu quo, ils ont trop peur du peuple pour aller à sa rencontre. Inféodés aux intérêts étrangers, Haïti n’est pour eux qu’une marchandise à échanger contre leur propre bien-être. Ils sont donc partie prenante de la crise dont ils prétendent nous sortir. Une fois de plus, le pays se retrouve pris dans une foire d’illusions politiques. Le peuple haïtien, lui, reste debout, fidèle à la vérité et imperméable aux mirages.

Forces progressistes: inventer, organiser, reconstruire

Face à cette galère politique et à ce théâtre à bout de rôle, les forces progressistes et patriotiques ont le devoir d’inventer de nouvelles voies.

- Manifestation de la Plateforme 22 août contre les contrats opaques -

Elles doivent organiser la résistance, non pas dans l’abstraction, mais en construisant, avec les acteurs populaires, des propositions solides et des plans capables de répondre aux urgences nationales. Il s’agit de renouer avec une politique qui écoute, consulte, planifie et rend des comptes.

Plusieurs exigences s’imposent comme des conditions minimales à toute prétention démocratique :

  • L’annulation des contrats léonins hypothéquant les ressources du pays.

  • La consultation réelle des citoyens, afin que les décisions majeures ne soient plus prises dans l’opacité.

  • Le contrôle strict de l’action publique et des dépenses de l’État, pour mettre fin à l’impunité administrative.

  • La sécurité, sans laquelle aucune vie collective n’est possible.

  • Le rétablissement de la souveraineté nationale, condition incontournable pour des élections crédibles et un avenir politique autonome.

Ces attentes ne relèvent ni du luxe ni de l’idéalisme : elles constituent le socle minimal d’un pays qui veut se relever.

Les forces progressistes doivent donc transformer l’indignation en stratégie, la colère en organisation et la lucidité en programme. Car sans cette nouvelle architecture politique, Haïti restera prisonnière d’un cycle où les illusions se succèdent sans jamais se transformer en solutions.

Appel urgent à la concertation pour définir une offre politique de gauche.

Nous lançons donc un vibrant appel à la concertation des forces progressistes et patriotiques, des intellectuels, des juristes, des artistes et de toutes celles et tous ceux que cette transition interminable a épuisés, mais qui veulent remettre le pays sur la voie du renouveau démocratique. Qu’on se le dise : aucune solution bâtie sur l’opacité ou l’exclusion de la majorité ne résoudra la crise du pays. Seule une refondation politique assumée, ouverte et majoritaire peut briser l’impasse.




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