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Haïti : Liquidation du pays par des contrats opaques, la PNH procède à la livraison des territoires

​Par: Jacques Charlemagne,

Membre de :​ESCANP : Effort de Solidarité pour Construire une Alternative Nationale et Populaire

​ROZO : Réseau des Organisations de la Zone Ouest & Renouveau Démocratique.

PORT-AU-PRINCE — Le 12 mars n’est plus une date : c'est une cicatrice vive dans la conscience nationale. Alors que le pays se souvient du massacre des policiers au Village de Dieu — un crime toujours impuni — la Police Nationale d’Haïti (PNH) semble avoir abandonné sa devise « Protéger et Servir ». Sous couvert de « rétablissement de l’ordre », les forces de l’ordre mènent des opérations de répression brutale, transformant des quartiers populaires en véritables zones de désolation.

​ L'hécatombe du 12 mars à Morne Atuff

Le 12 mars 2026, une nouvelle tragédie a frappé la population civile de Morne Atuff. Ce jour, censé être une commémoration, a été marqué par une opération brutale menée par la PNH, caractérisée par des exactions graves et systématiques. Ces actions semblent compléter la destruction amorcée par les groupes armés le 29 février 2024. Selon les observations de notre correspondant permanent, plus de quarante-neuf corps ont été recensés dans le périmètre de la rue du Centre, de la rue Joseph Janvier et du boulevard Jean‑Jacques Dessalines.

​À proximité de l'école Don Direlan Dumerlin, le constat des citoyens est sans appel : les chars ne servent plus à traquer les criminels, mais sont devenus les instruments d'un massacre dirigé contre les habitants. La PNH est en train de finaliser le travail que les gangs ont commencé le 29 février 2024.

​Le chaos comme levier d'expropriation au profit des conglomérats

À Morne Atuff et ses environs, les conséquences sont dévastatrices : maisons incendiées, démolitions systématiques et massacres de civils. Pris entre les violences des gangs et les assauts de la PNH, les habitants se retrouvent piégés dans un conflit qui semble viser leur expulsion de zones stratégiques. Le verrouillage est total. Comme le disent les gangs eux-mêmes : « Nous le faisons comme le Core Group le demande, comme le Blanc le veut. »

L'abandon des quartiers populaires et le déguerpissement forcé des populations par la PNH sont les maillons d'une chaîne logistique qui sert de nouveaux pôles économiques. Sous les décombres se dessine la cartographie des futures zones franches et des concessions minières. En vidant ces territoires, les forces de répression sécurisent des périmètres pour des conglomérats transnationaux — qu'il s'agisse des intérêts liés aux réseaux Clinton, à des figures telles que Prince Charles ou à des firmes mafieuses. Le sacrifice des civils est la condition de cette liquidation territoriale.

Le silence des organisations de défense des droits humains et la trahison des élites

Pendant ce temps, les organisations de défense des droits humains se contentent de documenter les déplacements forcés, sans jamais dénoncer ouvertement les expulsions planifiées visant les populations vulnérables. Il est pourtant établi que la propriété privée constitue un droit fondamental et inviolable ; comment expliquer alors ce silence si pesant ? Sans doute est-ce par souci de préserver leurs financements internationaux.

Cette tragédie est alimentée par des politiciens véreux, corrompus jusqu'aux os, qui sacrifient l'intérêt supérieur de la nation pour des intérêts de clan et de partisans depuis plusieurs décennies. Une pratique qu'ils poursuivent aujourd'hui avec cynisme.

Réduire au silence les voix indépendantes : le cas Marvel Dandin

​Cette stratégie de terreur ne se limite pas aux quartiers. La tentative d’assassinat contre le journaliste Marvel Dandin de Radio Télé Kiskeya s'inscrit directement dans cette démarche visant à réduire au silence toute voix indépendante qui dénonce les contrats opaques de l’État et la violence sous toutes ses formes. En s'attaquant à ceux qui osent analyser ce mécanisme de destruction, les architectes du chaos cherchent à agir dans l'obscurité totale.

​ La « démocratie du chaos »et la mise sous tutelle

​ L'ONU, l'OEA, la CARICOM et le Core Group manifestent une volonté délibérée de pérenniser la souffrance de la population civile. Ils ont mis en place des gouvernements illégaux et illégitimes, de simples marionnettes (treet) maintenues pendant plusieurs années, suivies par d'autres structures corrompues comme le Conseil présidentiel de Transition (CPT).

​Le paradoxe est flagrant : alors que les vols commerciaux sont bloqués par les États-Unis sous prétexte d'insécurité, les avions militaires américains survolent l'espace haïtien jour et nuit sans aucun problème. Voilà comment ceux qui se disent « amis d'Haïti » ont programmé l'agonie de la population : une mise sous tutelle en bonne et due forme. Sous couvert d'« urgence humanitaire », l'ONU et l'impérialisme nord-américain orchestrent un véritable génocide.

Résilience du peuple

​ L’installation d’Alix Didier Fils-Aimé, dans un contexte marqué par la présence de navires de guerre étrangers, constitue une nouvelle étape dans la liquidation des ressources nationales. Malgré tout, le peuple haïtien reste debout. Porté par une histoire de luttes pour l'autodétermination, il continue d'observer, d'analyser et de résister. Les faits sont clairs : nous ne sommes pas dupes

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