Solidarité Haïtiano‑Dominicaine
- Renouvo Demokratik
- il y a 1 jour
- 6 min de lecture
Hommage au militant révolutionnaire Joaquín Aracena (1947–2026)
Par : Le secrétariat exécutif du ROZO.-

Le peuple dominicain et le peuple haïtien sont les victimes des États de l’île et d’un système inféodé aux intérêts dominants. Seule la lutte libère.
Professeur Joaquin AracenaLe 15 février 2026 s’est éteint le camarade Joaquin Aracena, né le 9 février 1947. Sa disparition représente une perte politique majeure pour le mouvement ouvrier dominicain et pour les forces révolutionnaires caribéennes et d’Amérique latine. Elle affecte également l’ensemble des organisations engagées dans la transformation socialiste de nos sociétés.
Joaquin Aracena appartenait à cette génération de militants dont l’engagement s’inscrit dans la tradition marxiste, trotskyste et internationaliste de la Quatrième Internationale. Sa trajectoire politique s’est construite dans la continuité des combats pour l’indépendance de classe, contre la domination capitaliste, l’impérialisme et les appareils d’État subordonnés aux intérêts des classes dominantes
Une vie consacrée à l’organisation de la lutte de classe.
Durant plusieurs décennies, Aracena a joué un rôle déterminant dans les mobilisations ouvrières, paysannes et écologiques en République dominicaine. Dirigeant de la Ligue Socialiste des Travailleurs (LST) et de bien d’autres organisations progressistes et révolutionnaires, il a contribué à structurer des espaces d’intervention politique indépendants, fondés sur la formation idéologique, l’organisation de base et l’autonomie politique du mouvement ouvrier.
Son engagement reposait sur une conviction stratégique : sans organisation révolutionnaire enracinée au sein de la classe travailleuse, aucune transformation sociale durable n’est possible. Présent dans les assemblées ouvrières, les communautés rurales et les mobilisations environnementales, il articulait systématiquement la question sociale à celle de la souveraineté populaire et du contrôle collectif des ressources naturelles.
ROZO – LST : une coopération forgée dans la lutte
La Direction du ROZO a rencontré le camarade Joaquin Aracena ainsi que les membres de la LST en 1995. Cette rencontre a ouvert un cycle de coopération politique durable entre nos organisations.
En 2000, nous avons mené conjointement une enquête dans les bateyes sur les conditions de travail des ouvriers haïtiens dans la construction et l’industrie sucrière. Cette initiative, suivie de dénonciations publiques, a mis en lumière des mécanismes structurels d’exploitation hérités de l’histoire coloniale et néocoloniale de l’île.
Après le séisme du 12 janvier 2010, les camarades de la LST, sous l’impulsion d’Aracena, les camarades : Raphaël, Tobias, Carlos, ont organisé des collectes de médicaments, se sont rendus à Port-au-Prince et ont participé à des rencontres stratégiques à Jimaní. Des sessions de formation politique ont été organisées en République dominicaine avec la participation de Justicia Global, contribuant au renforcement des capacités militantes de nos camarades haïtiens.
Ces échanges ont nourri les discussions qui ont conduit à l’émergence du Courant International Révolutionnaire (CIR), illustrant la volonté commune de structurer un cadre de coordination révolutionnaire à l’échelle internationale.
Une interrogation stratégique permanente : l’unité de la gauche haïtienne.
Une question revenait avec insistance dans les échanges avec le camarade Joaquin : Pourquoi la gauche et les forces progressistes haïtiennes ne parviennent-elles pas à construire une plateforme unitaire, au-delà des divergences organisationnelles et tactiques ?
Il soulignait que, malgré des débats internes réels et des différences idéologiques, les forces progressistes en République dominicaine avaient su établir des espaces de coordination autour d'objectifs stratégiques communs.
Pour lui, l’unité ne signifiait pas l’effacement des différences, mais la capacité à hiérarchiser les priorités face à l’ennemi de classe. Il considérait que l’absence d’un front structuré en Haïti affaiblissait la capacité du mouvement populaire à affronter les élites économiques locales et les ingérences impérialistes. Cette interrogation demeure d’une brûlante actualité. Elle constitue l’un des héritages politiques les plus exigeants qu’il nous laisse.
Pour poursuivre le combat
La disparition du camarade Joaquin Aracena ne saurait marquer la fin d’un engagement, mais l’exigence de le poursuivre avec davantage de clarté, de discipline et de détermination. Son parcours nous rappelle que la lutte révolutionnaire n’est ni un slogan ni une posture morale : elle est une construction patiente, collective et organisée.
Face à la crise structurelle qui traverse nos sociétés, à l’aggravation des inégalités sociales, à la destruction environnementale et aux ingérences impérialistes persistantes dans l’île d’Hispaniola et dans le monde, l’alternative ne peut venir que d’un mouvement populaire conscient, structuré et uni.
L’unité stratégique des forces progressistes, l’enracinement dans la classe travailleuse, la formation politique des nouvelles générations et la coordination internationaliste demeurent des tâches urgentes. C’est à cette responsabilité historique que nous sommes appelés.
Honorer la mémoire de Joaquín Aracena, ce n’est pas seulement rappeler son nom ou saluer son parcours. C’est reprendre le flambeau. C’est organiser, éduquer, mobiliser. C’est refuser la résignation. Car, comme il le rappelait lui-même : seule la lutte libère.
Homenaje al militante revolucionario Joaquín Aracena (1947–2026)
El pueblo dominicano y el pueblo haitiano son víctimas de los Estados de la isla, de un sistema subordinado a los intereses dominantes. Solo la lucha libera.
Profesor Joaquin AracenaPor: el Secretariado Ejecutivo del ROZO
El 15 de febrero de 2026 falleció el camarada Joaquín Aracena, nacido el 9 de febrero de 1947. Su partida representa una pérdida política mayor para el movimiento obrero dominicano, para las fuerzas revolucionarias del Caribe y para el conjunto de las organizaciones comprometidas con la transformación socialista de nuestras sociedades.
Joaquín Aracena pertenecía a esa generación de militantes cuyo compromiso se inscribe en la tradición marxista, trotskista e internacionalista de la Cuarta Internacional. Su trayectoria política se construyó en continuidad con las luchas por la independencia de clase, contra la dominación capitalista, el imperialismo y los aparatos del Estado subordinados a los intereses de las clases dominantes.
Una vida consagrada a la organización de la lucha de clases
Durante varias décadas, Aracena desempeñó un papel determinante en las movilizaciones obreras, campesinas y ecológicas en la República Dominicana. Dirigente de la Liga Socialista de los Trabajadores (LST) y de otras organizaciones progresistas y revolucionarias, contribuyó a estructurar espacios de intervención política independientes, basados en la formación ideológica, la organización de base y la autonomía política del movimiento obrero.
Su compromiso descansaba en una convicción estratégica: sin una organización revolucionaria arraigada en la clase trabajadora, ninguna transformación social duradera es posible. Presente en asambleas obreras, comunidades rurales y movilizaciones ambientales, articulaba sistemáticamente la cuestión social con la soberanía popular y el control colectivo de los recursos naturales.
ROZO – LST: una cooperación forjada en la lucha
La Dirección del ROZO se reunió con el camarada Joaquín Aracena y con los miembros de la LST en 1995. Este encuentro marcó el inicio de un ciclo de cooperación política duradera entre nuestras organizaciones.
En el año 2000 realizamos conjuntamente una investigación en los bateyes sobre las condiciones de trabajo de los obreros haitianos en la construcción y la industria azucarera. Esta iniciativa, seguida de denuncias públicas, permitió poner en evidencia mecanismos estructurales de explotación heredados de la historia colonial y neocolonial de la isla de Hispaniola.
Después del terremoto del 12 de enero de 2010, los camaradas de la LST, bajo el impulso de Aracena, organizaron colectas de medicamentos, viajaron a Puerto Príncipe y participaron en encuentros estratégicos en Jimaní. Se organizaron sesiones de formación política en la República Dominicana, con la participación de Justicia Global, lo que contribuyó al fortalecimiento de las capacidades militantes de nuestros camaradas haitianos.
Estos intercambios alimentaron las discusiones que condujeron al surgimiento de la Corriente Internacional Revolucionaria (CIR), lo que ilustró la voluntad común de estructurar un marco de coordinación revolucionaria a escala internacional.
Una interrogante estratégica permanente: la unidad de la izquierda haitiana
Una pregunta surgía con insistencia en los intercambios con el camarada Joaquín: ¿Por qué la izquierda y las fuerzas progresistas haitianas no logran construir una plataforma unitaria, más allá de las divergencias organizativas y tácticas?
Él subrayaba que, a pesar de los debates internos reales y las diferenciaciones ideológicas, las fuerzas progresistas en la República Dominicana habían sabido establecer espacios de coordinación en torno a objetivos estratégicos comunes.
Para él, la unidad no significaba la eliminación de las diferencias, sino la capacidad de jerarquizar prioridades frente al enemigo de clase. Consideraba que la ausencia de un frente estructurado en Haití debilitaba la capacidad del movimiento popular para enfrentar a las élites económicas locales y las injerencias imperialistas. Esta interrogante sigue siendo de candente actualidad. Constituye uno de los legados políticos más exigentes que nos deja.
Continuar la lucha
La desaparición del camarada Joaquín Aracena no puede marcar el fin de un compromiso, sino la exigencia de continuarlo con mayor claridad, disciplina y determinación. Su trayectoria nos recuerda que la lucha revolucionaria no es ni un eslogan ni una postura moral: es una construcción paciente, colectiva y organizada.
Frente a la crisis estructural que atraviesan nuestras sociedades, al agravamiento de las desigualdades sociales, a la destrucción ambiental y a las persistentes injerencias imperialistas en la isla de Hispaniola, la alternativa solo puede provenir de un movimiento popular consciente, estructurado y unido.
La unidad estratégica de las fuerzas progresistas, el arraigo en la clase trabajadora, la formación política de las nuevas generaciones y la coordinación internacionalista siguen siendo tareas urgentes. A esta responsabilidad histórica estamos llamados.
Honrar la memoria de Joaquín Aracena no es solamente recordar su nombre o saludar su trayectoria. Es retomar la antorcha. Es organizar, educar y movilizar. Es rechazar la resignación. Porque, como él mismo recordaba, solo la lucha libera.









Commentaires