Nennel Cassis : symptôme criant d’une impunité devenue structurelle en Haïti
- Renouvo Demokratik
- 3 sept. 2025
- 3 min de lecture
Par : Novavox.-

Introduction
Le cas de Nennel Cassis illustre avec force une réalité devenue ordinaire en Haïti : l’absence de reddition de comptes pour des acteurs impliqués dans des violations graves de la loi ou des droits humains. Ce dossier, loin d’être isolé, met en lumière un système où la justice est affaiblie, instrumentalisée et incapable de jouer son rôle de régulation. L’affaire Cassis est le reflet d’une impunité désormais enracinée, qui nourrit la crise sécuritaire et politique du pays.
Contexte et faits
Nennel Cassis, acteur politique controversé, a été cité dans plusieurs affaires liées à la violence armée, à la corruption et à des actes portant atteinte à l’ordre public. Malgré la gravité des accusations, aucune enquête judiciaire sérieuse ni poursuite conséquente n’a été menée.
Ce silence des institutions judiciaires et policières s’explique par :
La collusion entre acteurs politiques et judiciaires
l’affaiblissement du système de justice,
la peur des représailles face à des réseaux puissants,- et la normalisation de pratiques contraires à l’État de droit.
Le cas Cassis s’inscrit ainsi dans une longue série d’affaires où les responsables présumés échappent à toute sanction.
Analyse : l’impunité comme système
L’impunité en Haïti n’est plus accidentelle ; elle est devenue structurelle. Plusieurs facteurs alimentent ce cercle vicieux :
Corruption et clientélisme : les institutions judiciaires et policières fonctionnent sur des
logiques d’allégeances plutôt que sur l’application impartiale de la loi.
Politisation de la justice : les magistrats et enquêteurs subissent des pressions politiques
qui bloquent ou orientent les procédures.
Pouvoir des groupes armés : bénéficiant de protections politiques, les gangs deviennent
des relais de violence sans être inquiétés.
Absence de mécanismes de contrôle : le manque de sanctions administratives et
judiciaires renforce la culture de l’impunité.
Le cas Cassis n’est donc pas une exception, mais un symptôme révélateur d’un système où
les puissants échappent systématiquement à la justice.
Conséquences pour la société haïtienne
Perte de confiance dans les institutions : les citoyens ne croient plus en la justice, ce qui
favorise les règlements de comptes privés et la justice populaire.
Aggravation de la violence : l’absence de sanctions encourage la répétition des crimes.
Affaiblissement de l’État : l’incapacité à appliquer la loi mine la légitimité des autorités.
Menaces contre les droits humains : les victimes se retrouvent sans recours, ce qui
accentue la vulnérabilité de larges franges de la population.
Recommandations
À l’État haïtien
Renforcer l’indépendance du système judiciaire.
Lancer des enquêtes crédibles sur les cas emblématiques d’impunité, dont celui de Nennel
Cassis.
Garantir la sécurité des magistrats, enquêteurs et témoins.
Aux institutions judiciaires
Mettre fin aux interférences politiques.
Appliquer les lois de manière équitable et transparente.
Publier régulièrement les avancées dans les dossiers sensibles.
À la communauté internationale
Conditionner l’aide à des progrès mesurables dans la lutte contre l’impunité.
Soutenir les mécanismes de renforcement institutionnel.
Protéger les acteurs de la société civile engagés dans la dénonciation des abus.
À la société civile
Continuer à documenter les cas d’impunité.
Exiger des comptes aux autorités.
Renforcer la sensibilisation citoyenne autour de l’État de droit.
Conclusion
L’affaire Nennel Cassis n’est pas une anomalie mais un miroir fidèle d’une justice dysfonctionnelle. Elle met en évidence une impunité qui, au fil des années, est devenue un mode de gouvernance en Haïti. Pour rompre ce cycle destructeur, il est impératif que les institutions nationales, appuyées par la communauté internationale et surveillées par la société civile, s’engagent dans une lutte résolue contre l’impunité. Le cas Cassis doit servir de catalyseur pour rappeler que sans justice, il ne peut y avoir ni paix, ni démocratie, ni développement durable en Haïti.













1 commentaire