L’Insulte et la Souveraineté : Lecture d’un Cri National
- Renouvo Demokratik
- 27 janv.
- 3 min de lecture
Par: Novavox, Notre Éditorial.-

Il arrive que des mots, lorsqu’ils sont justes, fassent plus que dénoncer : ils réveillent. Le texte de Hérold Jean‑François, intitulé L’Insulte et paru dans Le Nouvelliste le 26 janvier 2026, appartient à cette catégorie rare.
Il surgit à un moment où Haïti, déjà fragilisée, voit sa souveraineté contestée publiquement par des chancelleries étrangères qui s’autorisent à déclarer « nulle et non avenue » une décision pourtant conforme aux textes fondateurs du Conseil présidentiel de transition... Cette intrusion, frontale, assumée, et presque triomphante, agit comme une gifle symbolique, et c’est précisément cette gifle que l’auteur dissèque avec une indignation tenue, précise et implacable.
Son texte ne se contente pas de réagir : il expose, il dévoile, il rappelle que l’insulte n’est pas seulement un mot, mais un acte de domination, et que cet acte, Haïti n’a plus à le tolérer.
Ce que Jean‑François met en lumière c’est d’abord l’ingérence décomplexée de diplomates et dirigeants étrangers. En violation flagrante de la Convention de Vienne, ils s’immiscent dans les affaires internes d’Haïti comme si le pays n’était plus un État, mais un espace ouvert, une zone grise où les règles internationales cessent d’exister. Il rappelle que ces interventions ne sont pas des maladresses isolées, mais un effort concerté pour délégitimer une décision haïtienne. L’image est forte : Haïti chosifiée, réduite à un objet politique sans volonté propre.
Mais l’auteur ne s’arrête pas là. Il pointe un autre phénomène, plus douloureux encore : la complicité active de certains responsables politiques haïtiens. Ceux qui, par ambition ou par dépendance, applaudissent ces ingérences, s’en vantent même, exhibant leurs contacts étrangers comme des trophées. Jean‑François les nomme sans détour : des traîtres à la patrie, des Ésaü modernes vendant l’honneur national pour un plat de lentilles. La métaphore biblique n’est pas gratuite: elle renvoie à la trahison intime, celle qui blesse plus profondément que l’attaque extérieure.
La réflexion prend alors une portée historique. L’auteur rappelle que la République d’Haïti n’est pas née dans la soumission, mais dans la rupture radicale avec l’ordre esclavagiste. Elle a imposé au monde un principe nouveau : celui de la liberté inaliénable. Dès lors, accepter aujourd’hui que des puissances étrangères dictent la conduite de l’État revient à renier cette filiation, à piétiner l’héritage de 1804. C’est une blessure morale, une atteinte à l’âme nationale.
Ce texte, avec sa colère lucide, agit comme un miroir tendu au pays. Il révèle nos failles institutionnelles, nos divisions internes, et notre incapacité à parler d’une seule voix. Mais il rappelle aussi que la dignité n’est pas négociable. Qu’aucune parcelle de pouvoir, surtout dans un pays où les gangs imposent leur loi, ne justifie la reddition morale. Que la souveraineté n’est pas un slogan, mais une exigence.
En combinant indignation, analyse juridique, rappel historique et dénonciation politique, L’Insulte devient plus qu’un texte : c’est un appel au sursaut. Un rappel que le respect ne se demande pas, il s’impose. Et qu’Haïti, malgré ses blessures, doit retrouver la force de se tenir debout, non par orgueil, mais par fidélité à ce qu’elle est.
À Novavox et au Renouveau Démocratique, nous souscrivons pleinement à l’appel lancé par Hérold Jean‑François en faveur d’un sursaut national pour la défense de la souveraineté. Dans notre éditorial intitulé « Haïti : ni soumise, ni vendue, portée par sa propre lumière », publié il y a trois jours, nous avons dénoncé ces interventions comme des actes de domination qui approfondissent la crise, parce qu’elles s’opposent frontalement à la volonté du peuple, qui réclame la paix, la justice et une démocratie réelle. Elles cherchent à étouffer la liberté, à neutraliser la souveraineté, à maintenir Haïti dans un état de dépendance permanente.













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