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Haïti à l’ONU : une délégation sans transparence dans un pays en ruine

Par : Novavox, Notre Éditorial

Pendant que la violence relègue les étudiants à un enseignement virtuel devenu inaccessible faute d’électricité, pendant que les enseignants, privés de salaire depuis des mois, alternent entre grèves répétées et stratégies de survie, pendant que les gangs redessinent, commune après commune, la carte du pays à coups de feu, de barrages et d’intimidation, une délégation présidentielle se pavane à l’ONU. Elle parle au nom d’un peuple qu’elle n’écoute plus et dépense sans rendre compte. Le silence budgétaire est assourdissant.

Chaque année, la participation d’Haïti à l’Assemblée générale des Nations Unies mobilise des ressources publiques. Vols officiels, hôtels de luxe, sécurité rapprochée, per diem diplomatique… Ce sont autant de dépenses engagées au nom du peuple haïtien, mais rarement justifiées devant lui. Aucun rapport détaillé, aucune ligne budgétaire accessible, aucun bilan diplomatique publié. Le peuple finance, mais il ne sait ni qui part, ni pourquoi, ni combien cela coûte.

Dans un pays où l’État peine à garantir l’eau potable, où les enseignants attendent leur salaire, où les déplacés dorment sous des bâches, cette opacité est une insulte. Elle trahit une gouvernance qui parle de transparence à Genève, mais pratique l’ombre à Port-au-Prince.

-PC: Novavox-
-PC: Novavox-

Ce n’est pas la présence d’Haïti à l’ONU que nous contestons. C’est son absence de reddition de comptes. Car représenter un peuple en souffrance exige plus qu’un badge diplomatique : cela exige de rendre des comptes, de publier les chiffres, de justifier chaque gourde dépensée.

Nous exigeons :
  • La publication du budget réel de la délégation présidentielle à l’ONU

  • La liste nominative des membres de la délégation et leurs fonctions

  • Le bilan diplomatique de la mission : engagements obtenus, partenariats conclus, plaidoyers portés

  • Une réforme du protocole de transparence pour toutes les missions officielles

Haïti ne peut plus se permettre de voyages sans retour. Chaque déplacement doit être un investissement, pas une escapade. Chaque discours doit porter les cris du peuple, pas les privilèges d’un pouvoir en transit.

Les temps ont changé. Le luxe des tournées diplomatiques déconnectées de la réalité nationale n’est plus tolérable. Chaque déplacement officiel doit désormais être porteur de solutions concrètes, de partenariats utiles, de retombées mesurables. Le peuple haïtien ne demande pas des photos de couloirs feutrés, mais des actes qui éclairent ses rues, sécurisent ses quartiers et relancent ses écoles.

À l’ONU, Haïti doit parler vrai. Et chez elle, elle doit répondre.

Parler vrai, c’est reconnaître l’effondrement de l’État, l’emprise des gangs, la paralysie énergétique, l’exode silencieux des familles déplacées. C’est refuser les récits aseptisés et les bilans maquillés. C’est porter la voix des étudiants qui ne peuvent plus étudier, des enseignants qui ne peuvent plus enseigner, des citoyens qui ne peuvent plus circuler.

Répondre, c’est assumer. C’est dialoguer avec les syndicats, les communautés, les institutions. C’est cesser de fuir les responsabilités derrière des discours creux. C’est reconstruire, pas simplement promettre. C’est faire de chaque mot prononcé à l’étranger une promesse tenue sur le sol national.

Haïti ne manque pas de voix. Elle manque d’écoute. Elle ne manque pas de courage. Elle manque de volonté politique. Elle ne manque pas de dignité. Elle manque de reconnaissance.


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