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Haïti : un puissant chef de gang contacte la Commission nationale de désarmement alors que les fusillades persistent.

il y a 3 heures
4 min de lecture

Récit de DÁNICA COTO


SAN JUAN, Porto Rico (AP) — L'un des gangs les plus puissants d'Haïti a déclaré vendredi avoir contacté une agence gouvernementale chargée de démanteler les gangs armés afin de promouvoir « la paix, la stabilité et la réconciliation nationale ».

Le gang 400 Mawozo a transmis à l'Associated Press une déclaration de trois pages affirmant que « le dialogue n'est pas une capitulation », mais qu'il constitue un « acte de responsabilité patriotique pour préserver des vies humaines ».

Les Nations Unies et des organisations de défense des droits humains accusent le gang 400 Mawozo de viols, de meurtres et d’enlèvements, des accusations que le groupe conteste. Le 1er novembre, son chef, Wilson Joseph, a indiqué à l'Associated Press avoir écrit au secrétaire général de l'ONU pour demander l'envoi d'une délégation en Haïti en vue d'un dialogue et d'une médiation. Il a exprimé ses craintes quant au fait que la présence de troupes salvadoriennes aggrave la violence.

Le groupe, qui se définit comme rebelle, a annoncé son intention de participer à une manifestation pacifique ce mois-ci « afin de jeter les bases d'un dialogue national et d'un processus de négociation de paix ».

« L’avenir d’Haïti ne peut pas reposer uniquement sur des confrontations et des opérations militaires », a-t-on déclaré.

La Commission nationale haïtienne pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration a confirmé à l'Associated Press avoir été contactée par un représentant d'un groupe armé. Elle a précisé qu'elle collabore étroitement avec le cabinet du Premier ministre. « Pour tout dialogue avec les groupes armés, nous devons suivre la feuille de route proposée par le gouvernement », a-t-elle ajouté.

La lettre a été publiée alors que la police haïtienne et les forces étrangères poursuivent leurs opérations contre les gangs. Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a annoncé vendredi soir sur X la mort d'un chef de gang sans en préciser l'identité. La police nationale haïtienne a ensuite indiqué que le chef du gang Boston, connu sous le nom de Mathias, figurait parmi les personnes tuées lors d'une opération menée conjointement avec d'autres forces de l'ordre. Mathias était un chef de gang notoire opérant depuis Cité Soleil, un quartier de Port-au-Prince contrôlé par les gangs. « Les gangs ne fermeront pas l'œil de la nuit ! », a écrit le Premier ministre sur X.

Dans un communiqué, la police a précisé que plusieurs membres de gangs ont été blessés ou tués lors de l'opération, et a exhorté les Haïtiens à remettre leurs « armes illégales » pour « changer de vie ».

L'Associated Press a contacté un porte-parole du gang 400 Mawozo et lui a demandé si le gang était disposé à déposer les armes.Cette personne, qui a requis l'anonymat, a affirmé que le gang est prêt à entamer des négociations de paix et qu'il considère le désarmement comme un processus. Interrogée sur les attentes de 400 Mawozo, la personne a répondu : « la paix et la fin de ce qu'elle qualifie d'ingérence internationale ».

Cette annonce du gang survient quelques semaines après le déploiement, par le Salvador, de plus de 2 000 soldats en Haïti, à la suite de la disparition de quatre techniciens de l'aviation salvadorienne, victimes d'une attaque survenue le 18 octobre sur le territoire contrôlé par le gang.

Les Nations Unies ont précisé que la majorité des militaires salvadoriens présents en Haïti opèrent en dehors du cadre de la force de répression des gangs soutenue par l'ONU, laquelle collabore avec la police et l'armée haïtiennes ainsi qu'avec Vectus Global, société de sécurité privée fondée par Erik Prince, ancien Navy SEAL américain et fondateur de Blackwater.

Le groupe estime qu'il serait « bénéfique » que toutes les « forces militaires concernées » suspendent leurs opérations dans certaines zones, en attendant « l'ouverture effective d'un dialogue sur la paix et la stabilité ». « Cette période devrait permettre une désescalade, la protection des populations civiles et la recherche d’une solution politique durable », a-t-il écrit.

Dans sa lettre, 400 Mawozo a exprimé son inquiétude à l’égard de publications sur les réseaux sociaux « ciblant » le domicile de Joseph, alias Lanmò Sanjou, notamment en raison de commentaires attribués au président salvadorien Nayib Bukele.

Vendredi, Bukele a réagi à une publication sur les réseaux sociaux le mentionnant et montrant, apparemment, la maison de Joseph. « Où se trouve cette maison ? Donnez-nous l’adresse exacte et nous la détruirons », a écrit Bukele sur X.

Dans sa lettre, le gang a qualifié la maison de Joseph de « symbole de paix dans le cadre de son processus de désescalade » et a appelé « toutes les parties à respecter les obligations internationales relatives à la protection des civils et des biens civils ». Le gang a fait référence à certains articles des Conventions de Genève ainsi qu'à la Charte des Nations Unies.

Le gouvernement salvadorien a refusé de commenter lorsque l'Associated Press l'a contacté vendredi soir.

Traduit de l'anglais et adapté par NovaVOX.

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