Duckens Nazon, pris dans les bombardements en Iran, parvient à s'évader sain et sauf.
- Renouvo Demokratik
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Novavox, 5 mars 2026.
L’international haïtien Duckens Nazon, attaquant du club d’Esteghlal à Téhéran, a échappé de peu aux bombardements déclenchés en Iran lors de l’offensive israélo‑américaine du 28 février 2026.
Selon France Bleu / France 3, il se trouvait dans un avion immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Téhéran lorsque les premières explosions ont retenti, plongeant la capitale dans un chaos immédiat.
Les frappes, menées contre des infrastructures militaires et stratégiques iraniennes, ont paralysé l’espace aérien et provoqué une panique généralisée parmi les voyageurs.
48 à 72 heures d’angoisse : un périple semé d’incertitudes
Le récit de Nazon, confirmé par Yahoo Actualités et RFI, décrit une fuite marquée par l’urgence, la confusion et l’absence d’informations fiables. Il évoque un aéroport saturé, où les vols s’annulaient les uns après les autres tandis que les explosions se rapprochaient. Il affirme avoir « vu une bombe éclater » à proximité, une scène de panique qui l’a décidé à quitter le pays par tous les moyens.
Avec des communications brouillées par les autorités iraniennes, les démarches auprès des ambassades se sont révélées particulièrement ardues. Nazon a finalement pu quitter l’Iran en transitant par l’Azerbaïdjan avant de rejoindre Paris, au terme d’un périple d’environ 72 heures. À son arrivée en France, il confie avoir ressenti « l’urgence de quitter le pays » face à une situation militaire devenue totalement imprévisible.
Un conflit qui dépasse le sport et rattrape un joueur en pleine saison
Nazon avait rejoint Esteghlal lors du mercato estival, après un parcours européen dense (Turquie, Bulgarie, Écosse, Belgique, Angleterre). Son installation à Téhéran devait marquer une nouvelle étape sportive. Elle s’est transformée en une expérience de guerre, révélant la vulnérabilité des athlètes évoluant dans des zones géopolitiquement instables.
Les bombardements du 28 février s’inscrivent dans une escalade entre l’Iran, les États‑Unis et Israël, alimentée par des frappes, des contre‑frappes et des menaces réciproques.
La nouvelle de son évacuation ne s’est pas seulement propagée au sein de la diaspora haïtienne : elle a également circulé en Haïti, où la population, déjà éprouvée par une succession de crises, a accueilli la nouvelle avec soulagement. Pour beaucoup, Duckens Nazon n’est pas seulement un footballeur : il incarne une réussite rare, une visibilité internationale et une forme de fierté nationale. Le savoir sain et sauf a donc une résonance qui dépasse largement le cadre sportif et touche l’ensemble du pays.
Une Coupe du monde effilochée par les secousses du monde
Par‑delà la situation personnelle de Nazon, la guerre en Iran fait planer une menace sérieuse sur la tenue même de la Coupe du monde, au point de remettre en question la participation de la sélection iranienne, pourtant déjà qualifiée. Comment imaginer que cette équipe puisse se rendre à une compétition organisée en partie aux États‑Unis, alors que les deux pays sont engagés dans un conflit ouvert ?
L’inquiétude s’est encore renforcée cette semaine : aucun représentant iranien n’a pris part à la réunion de planification de la Coupe du monde, tenue à Atlanta, alors que toutes les fédérations qualifiées étaient attendues. Une absence lourde de sens, interprétée par plusieurs observateurs comme un signe supplémentaire de l’impasse diplomatique et sportive dans laquelle se trouve Téhéran.
Dans ses premiers commentaires publics sur la participation de l’Iran depuis les attaques de samedi, le président américain Donald Trump a déclaré : «Je ne me soucie vraiment pas de savoir si l’Iran participe. Je pense que l’Iran est un pays très durement vaincu. Ils fonctionnent à bout de souffle.» Ces propos, largement relayés, laissent entrevoir une Coupe du monde qui se mue en miroir des tensions géopolitiques de notre époque, loin de la simple célébration sportive qu’elle prétend incarner.
La situation n’est guère plus rassurante au Mexique, autre pays hôte, récemment ébranlé par une nouvelle flambée de violence survenue après la mort d’un puissant chef de cartel. Les signaux d’alerte se multiplient : la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, a annulé 40 % des chambres d’hôtel qu’elle avait réservées à Mexico , selon les déclarations au journal Mexico News Daily d’Alberto Albarrán Leyva, directeur général de l’Association hôtelière de la capitale. Un geste rare, qui en dit long sur l’instabilité du terrain et les doutes qui gagnent même les organisateurs.
En Haïti, le tableau n’est pas plus reluisant. Alors que la sélection nationale s’apprête à représenter le pays sur la plus grande scène sportive du monde, les responsables politiques semblent davantage préoccupés par le partage du gâteau que par la création de conditions de sécurité permettant aux Grenadiers de voyager en Haïti et de se préparer dignement. Cette indifférence révèle à quel point ils sont déconnectés des attentes profondes du peuple haïtien, qui y voit un motif rare de fierté collective.
Ces crises simultanées mettent en lumière, avec une force implacable, l’entrelacement profond entre le sport et les conflits. Elles dévoilent un football désormais exposé aux secousses de l’époque, loin de l’illusion d’un sanctuaire préservé. Elles rappellent enfin la responsabilité qui incombe aux athlètes, aux citoyens et à la société civile : porter une parole de paix, à l’image de celles et ceux qui, comme Didier Drogba ou Muhammad Ali, ont su faire de leur voix un levier de conscience et de transformation.









Le respect avant tout