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- Franck Étienne, c’est un Baobab qui est tombé
Par: Jackson Joseph. Le monument littéraire haïtien vient de se détacher de cette sale histoire. Il s’y est battu toute sa vie avec ses tripes et l’espoir d’y changer quelque chose. Mais le créateur du Spiralisme a passé l’arme à gauche dans le constat alarmant d’une Haïti qui n’en a gardé que des ruines insalubres. Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne est mort non sans regret d’avoir vécu les dix dernières années à voir ce pays s’enfoncer dans un gouffre indéfini, un Kalibofobo, comme un Foukifoura dans un Pèlin-tèt en Dezafi pour se perdre dans le sang et la terreur entre autres. Franck Étienne, le seul Haitien jamais nommé pour le Prix Nobel, est mort déçu, avec des rêves inachevés, des espoirs bafoués et une voix puissante mais inaudible pour Haïti. Cette chère Haïti à la vertu de détruire les rêves et les plus grandes virtuoses. Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne était une virtuose. Le dernier Haïtien du 21e siècle. Mais qui s’en allé désorienté, désarçonné, perdu dans ses illusions d’une nouvelle naissance d’Haïti qu’il ne verra pas et dont l’on doute tous depuis quelque temps. Ce n’est pas un hommage que je fais à Franck. Il est trop immense pour des hommages. Les immortels comme lui, n’ont pas besoin d’hommage, ils existent par eux-mêmes et portent en eux des archives et les histoires des peuples et du monde. Franck, ce n’est pas qu’une Icône, c’est un monument historique et littéraire qui porte en lui l’Haiti de la deuxième moitié du 20e siècle et des 25 premières années du 21e siècle. D’avril 1936 au 20 février 2025, cela fait 89 ans d’histoire. C’est une vie remplie pour Franck qui n’aura pas été comblé pour avoir vécu dans un Haïti aveuglé et sourd mais qui ne se sera jamais défait de la fierté d’être Haïtien et d’être ce héros incontournable et incontestable de la nouvelle Haïti qui ne pourra que naître bientôt au-delà des chicaneries, des complots internes et multinationaux contre la volonté de vivre de ce peuple aux exploits immenses mais qui ne se reconnaît plus. Vive la Vie en Haïti et merci Franck pour le Baobab que tu as été et surtout d’avoir posé les jalons pour la naissance d’une autre génération d’hommes et de femmes capables de faire naître la nouvelle Haïti.
- Changer la Constitution est-elle une aberration ?
PAR : Sonet Saint-Louis av. Professeur de droit constitutionnel à la faculté de droit et des sciences économiques de l'Université d'Etat d'Haïti. Professeur de philosophie. Pourquoi envisager la suppression de la Constitution de 1987? Une analyse critique du rapport du Groupe de travail sur la révision constitutionnelle par le professeur de droit constitutionnel Sonet Saint-Louis. En 1995, après une analyse approfondie et une réflexion sur la Constitution de 1987 largement adoptée par le peuple haïtien, la professeure de droit constitutionnel, Dr. Mirlande H. Manigat, a lancé son plaidoyer en faveur d'une nouvelle constitution. Elle a estimé que le texte comportait trop de confusions, d’ambiguïtés, d’imprécisions et même de contradictions. Son travail, tout comme celui de nombreux autres, doit être envisagé dans le cadre d’un véritable amendement du texte fondateur de 1987. Concernant le destin de notre loi fondamentale, les avis sont partagés. Le président René Préval, sous la présidence duquel le premier amendement constitutionnel a eu lieu, avait déclaré que la Constitution de 1987 était source d’instabilité. Le dernier président élu sous l’égide de cette constitution, Jovenel Moïse, qui avait tenté de la supprimer, partageait le même avis. Les premiers amendements du texte originel sont intervenus sous l'administration du Président René Préval en 2011. Ceux-ci ont permis à René Préval de mener à bien son projet inavoué d'instaurer un pouvoir oligarchique en Haïti, en limitant ou en retirant la participation du peuple dans certaines instances décisionnelles. Par exemple, dans cet amendement, les Assemblées départementales ont été écartées de la formation du Conseil électoral provisoire. Il en est de même pour les Assemblées territoriales qui devaient jouer un rôle clé dans le choix des juges de nos différentes instances judiciaires. Ce projet des élites d'écarter le peuple dans toutes instances décisionnelles du pays est, aujourd'hui plus jamais, à l'œuvre à travers toute une machination politique de l'élite dirigeante en dehors de toutes les préoccupations de la population. Il est évident que le texte de 1987 comporte des lacunes. Une constitution est à la fois une œuvre technique et juridique, et non une poésie faisant appel à la beauté et au style poli. Une constitution doit respecter des critères de clarté et de précision. Avant tout, elle doit être conçue en fonction des aspirations profondes de la nation. Elle doit se développer en dehors de toute influence externe, qui pourrait aller à l'encontre de nos sensibilités culturelles, de nos réalités historiques et sociologiques. Elle doit être à la hauteur de nos ambitions. Bref, la Constitution doit imprégner l'esprit du peuple. De plus, une constitution est faite pour être exécutée. Pour ce faire, il faut que nous nous dotions des moyens politiques et économiques nécessaires pour l'appliquer. Malgré ses défauts intrinsèques, ce texte n'a jamais été mis en œuvre de manière adéquate par les gouvernants chargés de sa mise en application. Quelle loi a-t-elle réellement été appliquée correctement en Haïti depuis nos deux siècles d'indépendance ? Pourquoi donc, même des lois jugées excellentes, n'ont-elles jamais été correctement appliquées ? Derrière cette réforme se cache toute la défaillance des élites dominantes et dirigeantes d'Haïti qui ont pillé la république et l'ont conduite vers sa chute finale. En moins de trois décennies après l'exil des Duvalier, le sol haïtien a été le théâtre de trois interventions militaires étrangères. Quelle dégénérescence ! Quelle déchéance ! Combien l'ampleur de cette faillite d'idéaux est désolante ! Des élites mangeuses de constitutions. En quoi les ambiguïtés, les imprécisions et les contradictions de notre constitution sont-elles responsables de la mauvaise gouvernance du pays, du pillage des caisses publiques, de l'ascension des plus corrompus à la tête des affaires publiques, ainsi que de l'insécurité et du climat de chaos dans lequel les élites politiques nous ont plongés ? En seulement deux siècles d’histoire, ceux qui violent les lois et les constitutions ont élaboré vingt-trois (23) constitutions. Nous sommes devenus un laboratoire qui produit des constitutions. Cette réalité brutale traduit non seulement un problème de gouvernance politique, mais aussi un refus des élites haïtiennes d'accepter le droit et de vivre selon les normes sociales qu'elles s'imposent elles-mêmes. Ce rapport difficile au droit et à la source de toutes nos barbaries étalées à la face du monde. Comment peut-on donner des lois, une constitution à des élites qui ne les veulent pas et ne les respectent pas ? Les élites haïtiennes sont des élites sauvages. Peut-on donner des lois à des sauvages ? C’est comme jeter des perles à des cochons. La loi est une question de civilisation. Le respect de la loi est une question d'éducation. Il faut apprendre aux élites haïtiennes à aimer la loi et à la vouloir. Pour que nos lois soient respectées, il faut une politique. Et la première partie de la politique, c'est l'éducation. Alors, formez des hommes et des femmes, et tout ira bien. La Constitution de 1987 a un sombre bilan en ce qui concerne son exécution. Elle n'a jamais été respectée parce que les élites haïtiennes sont incapables d'évoluer dans une société haïtienne dominée par les principes démocratiques, l'État de droit et la bonne gouvernance. Une constitution, politiquement acceptable et techniquement bien rédigée, ne sera jamais appliquée chez nous tant que les mentalités des élites dirigeantes et dominantes haïtiennes resteront dans l'état actuel. Élaborer une constitution maintenant, avec toutes les garanties politiques et techniques, c'est s'exposer à ce qu'elle soit "mangée" dans trois ans. Les "mangeurs de constitution" sont ces acteurs dominants du chaos, ceux-là mêmes qui dominent la scène politique haïtienne depuis trois décennies. Ce sont les mêmes acteurs qui ont porté tous les coups contre la démocratie libérale, à qui l'on confie désormais la responsabilité de rédiger une nouvelle constitution, alors qu'ils n'ont aucune compétence éprouvée en matière constitutionnelle. Une démarche pervertie d’avance ! Soyons pour une fois sérieux ! Sortir de cette perversion nécessite d’offrir au pays une nouvelle grille d’analyse, scientifiquement fondée, en matière constitutionnelle. Notre démarche consiste à déconstruire le travail du groupe de travail sur la réforme constitutionnelle initié par le gouvernement de facto actuel, en mettant en évidence ses limites et ses faiblesses, et en dénonçant son absence de pertinence théorique, c’est-à-dire l'ignorance du régime politique haïtien tel qu’il est défini par la Constitution de 1987. Cette méconnaissance du texte originel mène à une analyse qui le dénature. L'analyse que nous livre le groupe de travail sur la Constitution, parce qu'elle est en dehors de la plaque, ne peut en aucun servir de référence pour rédiger un nouveau projet de constitution. Les justifications apportées pour supprimer la constitution de manière illégale sont globalement erronées. Ce qui nous amène à faire les considérations qui suivent de manière à faire comprendre que le texte de 1987 est victime de la mauvaise propagande des élites rétrogrades haïtiennes au service des élites globalistes. La Constitution de 1987 définit un régime parlementaire, prenant en compte des problèmes politiques et historiques qui ont favorisé l’exercice d’un pouvoir exécutif omnipotent, entravant ainsi de manière continue l’avènement d’un État de droit en Haïti, où gouvernants et gouvernés doivent se soumettre aux mêmes exigences de la loi. Contrairement à ce que suggèrent les travaux du groupe de travail sur la Constitution, la Constitution de 1987 n’a pas diminué l’importance de l’institution présidentielle en Haïti. En réalité, elle a remplacé la force suprême du pouvoir présidentiel par celle des principes de l’État de droit. Sur cette question fondamentale, qui échappe largement à la réflexion de nos meilleurs juristes haïtiens, les concepteurs de la Constitution française de 1958 auraient beaucoup à apprendre de nos constituants haïtiens. Qui doit inspirer qui ? On peut se demander aisément : la France est-elle un État de droit et en quoi la Constitution française de 1958, à laquelle certains juristes haïtiens se réfèrent pour juger de la pertinence de celle d’Haïti, et concluent à sa non validité opérationnelle, favorise-t-elle un véritable État de droit en France ? Ces questions ne sont pas sans fondement pour ceux qui souhaitent interroger le droit de l'ancienne puissance coloniale. La modernisation du droit n'est pas synonyme d'occidentalisation du droit, comme l'a écrit le Dr Josué Pierre-Louis. Des reproches infondés Les personnalités impliquées dans la révision de la Constitution de 1987 justifient son écartement en avançant qu’elle a provoqué un déséquilibre entre les pouvoirs exécutif et législatif, au détriment de ce dernier. Cependant, il n'en est rien. Rétablir l’équilibre entre les deux branches du pouvoir politique de l’État aurait impliqué de permettre au président de la République de disposer du droit de dissoudre le Parlement, comme c’est le cas en France avec la Constitution de la Ve République. C’est, selon l’ancien professeur de droit constitutionnel, Dr Monferrier Dorval, la seule manière de rationaliser le régime politique haïtien et d’assurer l’équilibre entre les pouvoirs. Nous avons un avis fondamentalement différent. Le droit de dissolution va à l’encontre du principe de l’égalité politique, qui est l’expression même de l’exercice du suffrage universel. Ce droit sacré du peuple ne peut être remis en cause, sauf dans le cas où un élu se rend indigne de la confiance que le peuple, dépositaire de la souveraineté, a placée en lui. Le principe de non-dissolution est un garant essentiel de l’État de droit. Permettre au Président de la république, élu au suffrage universel, de disposer du droit de dissoudre le parlement, alors que les membres de cette instance partagent la même source de légitimité que lui, n’est pas la meilleure façon de mettre fin au blocage politique, de résoudre les problèmes liés aux négociations politiques entre parlementaires lors du choix et de la ratification du Premier ministre ainsi que de sa déclaration de politique générale. Cette analyse trop simpliste ne résiste pas à l’examen. En réalité, le régime politique haïtien a été perverti par les politiciens traditionnels haïtiens, obsédés par leur désir de pouvoir personnel et leur quête de l'argent facile. La création d’une commission de conciliation instituée dans le texte originel pour résoudre les conflits entre les deux instances politiques représente une grande innovation politique. Elle incite les dirigeants à privilégier le dialogue permanent pour surmonter les obstacles majeurs auxquels le pays est confronté. Ce recours au dialogue, par l’intermédiaire de cette commission, renforce l’indépendance des pouvoirs, dont la cohésion garantit l’unité de la souveraineté nationale. Se référant à la logique du groupe de travail sur la constitution, rationaliser le régime politique haïtien reviendrait à en définir la raison d’être. Une telle analyse implique que ce régime défini par la constitution de 1987 n’avait pas de raison d’être et qu’il n’avait pas pour objectif de résoudre les problèmes qui se posaient après le départ de la dictature. Réfléchir ainsi, c'est dire carrément que le texte de 1987 était simplement bon pour la poubelle. Peut-on, en effet, résoudre le problème de la rationalité haïtienne à partir de la rationalité française, croyant que la nôtre semble frappée d’une sorte de défaillance de la raison ? En d’autres termes, peut-on ériger la rationalité française comme juge de la rationalité haïtienne ? Qui doit inspirer l’autre ? Qui parle pour qui ? Les constituants français, à travers le texte de 1958 qui fondait la 5e République, devaient résoudre les problèmes auxquels la France était confrontée. À la base de ce texte, il y avait une rationalité française incontestable, visant à résoudre les problèmes de gouvernance de la France depuis la IVe République. En 1987, Haïti, avec sa nouvelle constitution, avait pour tâche de régler ses propres problèmes de gouvernance, après plus de trente ans de pouvoir autoritaire du régime des Duvalier. Cela sous-entend qu’il existe une rationalité à la base du régime politique haïtien, qui est tout à fait différente de celle de la France. La Constitution haïtienne de 1987, de même que celle de la France de 1958, n’a pas été élaborée dans un vide factuel. Il y a toujours une raison derrière la loi, comme l’a écrit mon ancienne professeure de droit constitutionnel, Mme Daniel Pinard. Ces raisons peuvent être philosophiques, historiques, politiques, économiques, culturelles, etc. L’ensemble de ces causes constitue l’esprit général de la nation, qui résonne dans sa Constitution et ses lois. Tout ceci constitue le fond naturel du peuple. Celui-ci engendre des normes singulières qui ne semblent pas susceptibles d’être jugées à l’aune d’une rationalité ou d’une moralité universelle. Ne confondons pas la France avec Haïti, sa rationalité avec la nôtre. Les émotions d’un peuple deviennent des faits, et les individus qui forment la collectivité nationale ne sauraient être régis en laissant de côté leurs émotions et leurs sensibilités culturelles. Telle est donc la résonance de la post-modernité, qui remet en question l’idée d’une transcendance de la raison, notamment la raison juridique. « Chaque nation, selon Montesquieu, possède son fond naturel » par lequel le peuple construit sa raison pour s'élever à des « buts supérieurs », pour répéter Hegel. Les freins et contrepoids de notre Loi-mère Les freins et les contre-pouvoirs établis dans la constitution de 1987 ont toujours leur raison d’être. La démocratie n’est pas acquise une fois pour toutes. L’État de droit est une quête incessante. La tentation dictatoriale des Haïtiens n’a pas disparu après ces trois décennies qui ont vu le départ des Duvalier. Au contraire, l’appétit pour le pouvoir hors norme augmente chez les dirigeants haïtiens, qui ne se retiennent pas. Un gouvernant, disait Albert Camus, est celui qui s’empêche, qui se limite. L’expérience de ces trois décennies démontre de manière éloquente que les dirigeants haïtiens n’ont pas de limite. Ils franchissent toutes les limites, même celles qui sont établies par nos lois. Il est aberrant de supprimer une constitution qui impose des limites à des dirigeants pour en fabriquer une autre, afin qu’elle soit conforme aux réflexes autoritaires de nos dirigeants. L’établissement des contrepoids dans la Charte fondamentale a été une mesure de pondération et de modération de l’exercice du pouvoir exécutif, s’inscrivant dans la vision des penseurs et philosophes du XVIIIe siècle, qui croyaient que la dictature ne pouvait venir que de l’exécutif. Influencés par les réflexions de ces derniers, les constituants de 1987 ont créé un exécutif bicéphale, une gouvernance à deux têtes où les fonctions du Président de la République et celles du Premier ministre sont complètement distinctes et séparées. Le Président, qui nomme le Premier ministre dans les conditions prévues par la Constitution, n’a pas le pouvoir de le révoquer, ce qui ne constitue pas un dilemme, comme l'a compris l'historien Claude Moise. Le Président, fort du mandat populaire qu’il a obtenu lors de sa campagne électorale, estime souvent pouvoir tout permettre et devient anxieux face au Premier ministre qu’il a nommé, qui joue le rôle de contrepoids. La gouvernance à deux têtes est un système de remorquage dans lequel l’un doit tenir compte de l’autre pour fonctionner. Le Président de la République, élu au suffrage universel direct, n’est pas plus légitime que le Premier ministre, qui bénéficie lui-même de la confiance du Parlement, représentant l’ensemble des élus de la République. Ce dernier, bénéficiant d’une double légitimité, constitue un véritable contrepoids au Président de la République. Cet attelage entre la présidence et la primature exige que les mentalités politiques évoluent pour garantir le bon fonctionnement de l’État et de la démocratie. Dans ce cadre, les conflits doivent être gérés de manière légale et pacifique. Sur la question du Parlement, contrairement à ce que justifie le groupe de travail sur la Constitution, le pouvoir législatif n’est pas celui qui détient tous les pouvoirs. Le pouvoir de révoquer le gouvernement sans que le droit de dissolution ne soit donné au Président pour établir un équilibre entre les deux pouvoirs politiques, ne place pas le pouvoir législatif dans une situation hégémonique par rapport à l’exécutif. Le Parlement haïtien, à l’instar de tous les parlements du monde, remplit trois fonctions : la fonction d’élaboration des lois sur les affaires d’intérêt public, la fonction de contrôle sur les actions du gouvernement, et la fonction juridictionnelle, qui permet de mettre en accusation les responsables de l'État coupables de délits et de crimes dans l’exercice de leurs fonctions. Pourquoi éliminer le sénat haïtien, l'une des plus vieilles institutions de l'Amérique, sous prétexte que le coût de la mise en œuvre de l’ensemble du texte constitutionnel serait trop élevé ? Une démocratie digne de ce nom ne doit-elle pas se donner des moyens ? Qui a réalisé l’étude du coût de la mise en œuvre de la constitution qu'on souhaite imposer à la nation par rapport aux résultats attendus ? En quoi le Parlement serait-il tout-puissant ou nuisible à la démocratie ? On peut tout de même regretter que les membres du pouvoir législatif soient irresponsables. En démocratie, il n’y a pas de pouvoir sans responsabilité. C’est une situation à corriger dans le cadre d’un amendement constitutionnel. Il est totalement incorrect de dire que le pouvoir exécutif est démuni ou rabaissé. Le président élu sous l’égide de la Constitution de 1987 détient de réels pouvoirs, avait souligné l'ancien Président Leslie Manigat. La question qui se pose est la suivante : sait-il comment les exercer ? En termes de pouvoirs, la Constitution de 1987 n’a pas diminué l’importance de l’institution présidentielle. De manière théorique, le pouvoir le plus important dans la Constitution de 1987 est le pouvoir judiciaire, qui a été relégué au rang d’autorité judiciaire, comme c’est le cas en France, par trois lois sur la magistrature haïtienne. Je constate que les acteurs politiques ne connaissent pas suffisamment la Constitution de 1987. Cette Constitution a fait du pouvoir judiciaire un pouvoir d’équilibre. À travers la Cour de cassation, il corrige les actes du Parlement dans son pouvoir consistant à assurer la suprématie de la Constitution et de la règle de droit, ceux de l’administration via la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, laquelle est placée sous son autorité. La Cour de cassation est l’instance garante de l’unité nationale et de la décentralisation, des droits et libertés et des valeurs démocratiques. C’est une véritable Cour suprême. En ce qui concerne la création d'un Conseil constitutionnel à la française ou d'une Cour constitutionnelle en Haïti, il est pertinent de se demander si un tel Conseil constitutionnel serait justifié, étant donné la présence d'une Cour suprême et d'un pouvoir judiciaire indépendant, dont la fonction relève de la souveraineté nationale. Il est important de rappeler que, dans le domaine du droit, les institutions et les concepts sont toujours ancrés dans une théorie, une vision ou une philosophie particulière. Dès lors, sur quelle base repose la vision du droit et de la justice en Haïti ? Quel cadre théorique a-t-on choisi pour développer cette vision ? Les réponses tardent à venir. Le groupe de travail sur la Constitution suggère de reproduire le modèle français en séparant l'ordre judiciaire de l'ordre administratif. Cependant, en démocratie, peut-on réellement recruter les membres d'un organe d'État par concours ? Il existe donc une difficulté intellectuelle à résoudre. Nous copions sans toujours en saisir le sens profond. Il est important de dénoncer cette indulgence intellectuelle qui se manifeste aujourd'hui parmi nos élites. Les acteurs politiques et de la société civile doivent donc commencer par apprendre à connaître la Constitution haïtienne de 1987 avant de penser à la changer. Il est en effet impossible de changer une réalité qu'on ne comprend pas. Les élites locales doivent désapprendre pour réapprendre afin de pouvoir agir sur la réalité qu'elles souhaitent changer. En ce qui concerne les collectivités territoriales, le groupe de travail propose de réduire ou d'éliminer le Conseil municipal de trois membres et d'avoir un représentant unique pour la commune afin d'éviter toute possibilité de conflit entre les membres. Cette proposition, liée à d'autres, n'est rien d'autre qu'une tentative de renforcer le pouvoir autoritaire et personnel à tous les niveaux de la gouvernance du pays. Il est prouvé scientifiquement que plus le travail est grand, colossal, intellectuellement difficile et complexe, plus il demande d'intelligence et de synergie. Le travail en groupe est un travail didactiquement organisé, pour lequel on espère trouver un résultat plus efficace et plus performant. Par exemple, au Tribunal de première instance, on trouve un juge. À la Cour d'appel et en cassation, c'est un collège de juges qui rend la décision. De magouilles en magouilles Le groupe de travail sur la Constitution propose la transposition de certaines institutions françaises et de certains éléments du régime présidentiel, combinés avec ceux de certains pays africains, dans la nouvelle Constitution qui devrait structurer notre système juridique. C'est essentiellement une imitation, masquée sous un vernis politique, qui inclut des propositions telles que l'extension du droit de vote à la diaspora et la question délicate de la double nationalité. Cette dernière suscite des conflits de loyautés, d'allégeances notamment en ce qui concerne la souveraineté nationale et les principes du droit international, un débat qui n'est toujours pas résolu. L 'élaboration d'une constitution est intimement liée au concept d'État souverain. Or, l'État haïtien est effondré, et à sa tête se trouve un gouvernement illégal et illégitime, corrompu, sous contrôle étranger. Dans un tel contexte, comment les Haïtiens pourraient-ils se doter d'une nouvelle Constitution alors que le pays est plongé dans la plus grave crise de souveraineté de son histoire ? Quel est le fondement d'une telle démarche, lancée par des élites qui, depuis trois décennies, ont toujours entretenu un rapport difficile avec la Constitution de 1987, qu'elles ont constamment violée et méprisée ? Ceux qui insistent pour changer cette Constitution, estimant qu'elle est inapplicable pour les raisons qu'ils avancent, doivent enfin se rendre à l'évidence : non seulement le moment n'est pas propice, mais ils risquent d'être accusés de haute trahison. Le Conseil présidentiel de transition (CPT), par un acte d'imposture, a prêté serment sur la Constitution de 1987 sans lien avec celle-ci, au Palais national, à la barbe des représentants de la communauté internationale, sa seule source de légitimité. Pourtant, pendant ces dix mois de gouvernance désastreuse, marquée par une corruption à grande échelle, il n'a cessé de s'y référer pour prendre des décisions qu'il considère importantes. Comment ce même CPT peut-il maintenant décider de l'abroger pour en rédiger une nouvelle ? Cette situation semble être une succession de magouilles, de manipulations, de palinodies et de contradictions, qui soulignent une incohérence flagrante. Les militaires qui ont assuré la transition politique après le départ des Duvaliers en 1986 étaient, de loin, plus brillants et plus compétents que les dirigeants actuels. La constitution de 1987 avait bénéficié d'une double légitimité : le peuple avait non seulement désigné les rédacteurs, mais il avait également validé le travail de l'Assemblée constituante par un référendum populaire. Comment des gouvernants de facto, illégitimes, peuvent-ils, sous pression internationale, décider de supprimer la constitution que le peuple a lui-même rédigée et adoptée ? Pourquoi une conférence nationale, dont l'objectif serait de supprimer cette Loi-mère, alors que des ressources considérables ont été investies dans sa rédaction, dans une indifférence totale à la détresse populaire, alors que le peuple haïtien, depuis 1986, a déjà adhéré aux principes de la démocratie libérale, de l'État de droit et de la bonne gouvernance ? Où sont passés les concepts de démocratie, de pluralisme politique et idéologique ? Le texte de 1987 n'est certes pas parfait, mais rappelons-nous que la Constitution des États-Unis, datant de 1787, a subi 27 amendements. Après plus de deux siècles d'existence, elle est devenue une œuvre réfléchie et mûrie. Le travail intellectuel est un travail patient, ce n’est pas un simple exercice de petits ajustements cosmétiques. Vingt-trois constitutions dans notre histoire politique, c'est trop. Cela soulève un problème récurrent de gouvernance et de gestion de l’État. Quelle constitution pour Haïti ? Notre constitution a trois décennies d'existence. Ce fut un travail appréciable malgré ses imperfections. Elle reste une constitution qui a lié chaque Haïtien au destin de son pays à travers un vaste projet de décentralisation, qui aurait pu favoriser l'émergence d'élites locales dans la gestion de leurs communautés. Cette constitution aurait pu devenir une œuvre de fierté nationale pour tous les Haïtiens, si elle avait été épurée et constamment révisée en tenant compte des évolutions et des mutations de la société. Malheureusement, le réflexe de nos intellectuels et de nos gouvernants est de copier servilement tout ce qui vient d'ailleurs. Je déteste la servilité ! La Constitution de 1987, quoi qu'on en dise, a fait ses preuves. Elle a empêché, malgré les tentatives autoritaires de certains, un retour à la dictature et au totalitarisme. Ce n’est pas l'exécutif qui manque de pouvoir, c'est le pouvoir politique, à l'échelle mondiale, qui est aujourd'hui fragmenté face à la nouvelle réalité globale et à un monde qui exige plus de droits. Les droits de l'homme, finalité de l'histoire, ont d’ailleurs occupé une place centrale dans notre constitution, qui leur a consacré un chapitre entier. La meilleure constitution n’est pas nécessairement celle qui établit un régime parlementaire ou présidentiel. Haïti, à travers son histoire politique, a fait l'expérience de toutes les formes de gouvernement. L’expérience politique d’Haïti, pendant deux siècles d’histoire, a été marquée par des coups d’État et des dictatures. Il est donc erroné, tant sur le plan politique qu'historique, de croire que la transposition du modèle américain soit l'exemple parfait ou le seul qui puisse offrir des conditions de gouvernance stable en Haïti. Le rêve américain, qui n’est autre que l’esprit du peuple américain, ne peut être vécu qu’à l’intérieur du territoire américain. Notre travail consiste à rechercher l’esprit général de la nation haïtienne afin de lui offrir des institutions politiques adaptées à ses besoins pour son développement économique et social. La meilleure constitution est celle capable de favoriser le développement économique, la croissance et de créer des emplois durables. Ce sont ces critères qui doivent servir à évaluer le succès d’une constitution. Elle doit également être le reflet de nos sensibilités locales, de notre mode de vie et de la manière dont nous souhaitons être gouvernés. La meilleure loi fondamentale pour Haïti est celle qui nous permet de demeurer dans l’arc républicain, qui respecte les principes démocratiques, l'État de droit, la bonne gouvernance et garantit le respect des droits fondamentaux. Le problème, c’est qu'Haïti ne dispose pas d’une élite capable de faire respecter ces principes. On ne peut pas offrir une constitution et des lois à des élites qui ne les respectent pas. Haïti est en panne d’hommes et de femmes capables d’instaurer un État moderne dominé par l’ordre. Je ne cesserai de répéter qu’il est crucial d’éduquer les élites haïtiennes sur de nouvelles bases : le patriotisme, l’intégrité et la solidarité. Cette rédemption tant attendue pour notre nation commence par l’éducation des élites haïtiennes destinées à gouverner notre pays. Quelle est donc la première partie de la politique, demande un jour l’historien français Jules Michelet ? L’éducation. La deuxième partie de la politique, l’éducation. Et la troisième partie de la politique, l’éducation... Alors, conclut-il, faites des hommes, et tout ira bien. Par l'éducation, on fortifie les principes des lois et le levier moral, le plus puissant de la société, qui est celui des hommes d'État. L’histoire retiendra de ces hommes politiques, non pas globalement, mais majoritairement, qu'après avoir pillé la république pendant trois décennies, sur ses dépouilles, ils proposent à la nation, à travers un projet de constitution, leur propre dictature après celle des Duvalier. L’histoire d’Haïti, celle de ces élites corrompues et rétrogrades, n'est-elle pas une suite d'horreurs interminables ?
- Pile et Face : La Même Médaille de La Violence Politique par les Déclassés au Service…
Par: Wilfrid Supréna. “ Woyyy, wayo, peyi a gen pou bèl , lè sa y a wè ki sa n pote pou yo” (Boukman Eksperyans). On cherche son origine sans établir les causes. On subit au quotidien ses conséquences et on s’esquinte à pointer du doigt de faux responsables en absence d’une analyse approfondie des mécanismes de la reproduction de la petite et la grande criminalité liée à la ... Avec La violence insidieuse toujours comme toile de fond dans des approches visant la conquête et l’occupation du pouvoir d’état..au pays !!! Quelles qu’en soient les conditions…. À tous les prix ! Cela, tout au cours de Notre histoire tumultueuse... Voilà ! Deux/Trois semaines plus tôt, le débat, la narration dans Les medias aussi bien traditionnels que digitalisés portaient justement sur le Pourquoi de cette flambée de violence apparemment gratuite mais criminelle allumée depuis 1995 pour certains et 2012 ou 2021 pour d’autres et qui s’étend à travers le pays au fil des années et des mois…? Pourquoi ? Deux entrevues, l’une en Haiti donnée par un écrivain assez célèbre., Michel Soukar qui n’a pas du tout sa langue dans sa poche et l’autre par l’architecte, Leslie Voltaire l’un des dirigeants du Parti Fanmi Lavalas, président en exercice de la commission présidentielle de transition au cours d’un voyage d'état à Paris, ont ravivé, en quelque sorte, le Feu de la discorde et de l’animosité patente entre Lavalas et PHTK à couteaux tirés depuis des lustres… D’un côté comme de l’autre, Les accusations chimériques pleuvent… Mais le débat, comme toujours n’a pas bougé d’un iota, prosaïque, rébarbatif, répugnant et destructif, vous pouvez imaginer ! Les protagonistes paraissent cloitrés, emmurés dans le conjoncturel…. Et leurs propositions de solutions sont obsolètes, superficielles, passagères…Sans Aucune possibilité d’atterir au profit de tous. De La Nation, Quoi ! L’histoire de cette violence barbare, inhumaine traumatisant le pays et paralysant une frange assez importante de la Société Haïtienne ne date pas d’aujourd’hui et d’hier... Loin de là. Elle tire sa source dans le dénuement, l’isolement et la marginalisation presque totale dans Lesquels les forces économiques et politiques, associées à l’extérieur ont engagé et laissé le pays dans une course à l’accumulation folle, incontrôlée et rapide tout en Laissant la grande majorité des Haïtiens, la paysannerie en particulier en dehors de toutes les équations de réussite possible...une forme d’apartheid qui ne dit pas son nom. Déguisé, en un mot commençant... En deux siècles d’une vie en dents de scie, la paysannerie à bout de souffle s’est transformée en un véritable “ vivier /fumier “ putride et grouillant d’où politiciens et politicailleurs Haitiens , commercants locaux et étrangers recrutent à chaque période hommes de mains, tueurs à gages, individus sans foi ni loi pour les aider à asseoir et fortune et pouvoir. Dans l’illégalité de l’exercice de ce dernier; Ou dans les contortions tumultueuses pour y arriver… Aussi loin qu’on puisse remonter dans le temps, dans notre histoire nationale, ce fut toujours le même train, la même rengaine. Discours et méthodes convergent pour la réalisation des mêmes objectifs sauf que les personnages et groupes impliqués changent de noms et de visages. Toutefois, la pratique politique, en fait, reste toujours égale à elle même: des paysans ou leurs fils à bout de souffle et menant une vie de galère qu’on recrute et arme et à qui on promet monts et merveilles, pouvoir et gloire… changements, nouvelle constitution. Révolution, en fait... Ils s’embarquent , généralement, contre vents et marées. Barre à bâbord. Barre à tribord. En marche pour de nouvelles aventures bonnes ou mauvaises…Le reste, Dieu y pourvoira ! Peu importe l’issue… Avons-nous bien lu l’histoire des “ Piquets”, première version sous le gouvernement de Rivière Hérard et la seconde avec Lysius F Salomon ? Avons-nous bien compris la montée des “ zinglins “ et leur utilisation pour terroriser la population par le “Bonhomme Coachi, Faustin Soulouque? Quid des Cacos contre les “ Zandolit” ( première version) massacrés, tués par centaines à Port-au-Prince après l’arrêstation sur la frontière haitiano/dominicaine, de leur leader militaire, le très populiste Sylvain Salnave; de la deuxième version devenus tueurs, Hommes de mains au service des riches et des puissants pour aller “ Faire et défaire” le pouvoir central à Port-au-Prince jusqu’à l’arrivée des Yankees an 1915; de la 3ème version , rebelles aux occupants Américains de 1917 à 1920 jusqu’à leur décapitation- entendez leur extinction - après la mort de deux de leur leader historique, Charlemagne Péralte ( Novembre 1919), Benoit Batraville ( Mai 1920). Et surtout l’élimination systématique des notables et leaders paysans à Chabert entre le Terrier Rouge et le Trou du Nord dans le Nord Est, foyer des insurrections paysannes avant 1915… 35 années après un apaisement assez long imposé par la camisole de force politique et militaire des occupants, un nouveau centre d’intérêt pour la rébellion politique émergea, cette fois ci dans l’un des faubourgs de la capitale, le Bel Air, quartier huppé tout au long du 19ème siècle et transformé goutte par goutte en un veritable brasier d’où les intellectuels de la petite bourgeoisie noire et mulâtre en formation ont puisé assez de bras parmi les ouvriers, syndicalistes et chômeurs pour entamer un bras de fer avec le gouvernement d’alors , celui de Elie Lescot et le renverser. Nous sommes en 1946... Et l’on baptisa, comme dans le passé cette rébellion qui amena Dumarsais Estimé, un parlementaire originaire de la vallée de L’Artibonite, donc de la paysannerie au pouvoir, de “Révolution “… Le Mouvement Ouvrier Paysan des Désinor, Dorsainville, Duvalier, Fignolé était né. Le “Rouleau Compresseur” aussi sous la férule du Professeur Fignolé .. Des journaux de gauche aussi, La Ruche, La Nation. Des particules politiques de gauche, L’ancien PC de Roumain avec de nouvelles têtes, Edris Saint Armand, Roger Mercier , par exemple, Le Parti Socialiste Populaire ( PSP) Avec Etienne Charlier, historien, Max Hudicourt , parlementaire… Les bandes à pied aussi, Òtofonik du tambourineur Labbé, originaire de la Jamaïque, Minuit-Minuit, Le Peuple s’amuse, Dyabolo transformé plus tard sous Jean Claude Duvalier en Lobodya... Du “ Rouleau Compresseur” de Fignolé , annihilé par l’armée D’Haiti en 1957 ( Les Vêpres du Bel Air avec des centaines de morts) pour faciliter l’arrivée au pouvoir du vilain, François Duvalier , la même année, on est passé aux Escadrons de la mort appelés “cagoulards “ menés par Clément Barbot et son frère au service personnel du nouveau président Duvalier… Plus tard, en Juillet 1958 Les “Cagoulards” qui opéraient la Nuit avec leur visage caché furent transformés en Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN), une milice dirigée par François Duvalier en personne et qui avait “droit de vie, de propriété et de mort” sur toute l’étendue du territoire national... Et depuis, le cycle infernal de la violence non déguisée, ouverte dans le processus politique haïtien s’ouvrit pour ne jamais se refermer. A nos jours... Aux miliciens et Tontons macoutes des Duvalier se substituèrent les “Attachés” sous Namphy et Regala. Les “petits soldats” ont pris le relais sous le gouvernement d’Avril. Puis vinrent, Les “ Fraphistes” de Toto Constant, Raoul Cedras et Michel François, Aristide de retour d’exil avec “ ses chimères” et le PHTK avec Martelli et Jovenel qui a donné au pays les “Brassards Roses” et, avec l’aide de la communauté Internationale maudite, ils se sont transformés en ce cauchemard macabre permanent qui traîne dans les chevilles du pays comme un boulet de galère depuis un bon bout de temps… Et oui, malheur à ceux qui pensent que toute cette histoire de violence politique des “ Piquets “ aux terroristes de “ Viv Ansanm” est purement évènementielle, cyclique, conjoncturelle… Sans connection causale et conséquentielle sur les cataclysmes économiques et politiques s’agrippant au pays par ondes orageuses régulières.. Quel intérêt á vouloir nommer un protagoniste - un opérateur dans le lexique moderne- politique particulier dans une conjoncture particulière alors Que la vraie source est ailleurs ; vu Que la flamme de cette violence loin de s’éteindre s’amplifie à chaque période de nos crises socio politiques récurrentes ? Quel intérêt à vouloir préciser que tel leadership politique a beaucoup plus mis ses pieds dans le plat que tel autre… ? Cela traduit non seulement une cécité historique mais une légèreté indescriptible dans l’approche sur la violence politique au pays qui pousse á un certain comfort de la part de la Société Haïtienne ignorant Ou s’adaptant tant bien mal à ses soubresauts meurtriers et destructeurs que l’état Haïtien, à visière levée, attise par à coups au lieu de chercher à l’enrayer… Comment trouver une solution pérenne à la criminalité politique si les prémisses pour saisir sa reproduction nous renvoient toujours au pic , au sommet de la pyramide et non à sa base… Alors, Que voulons-nous établir exactement en pointant du doigt à chaque période le ou les responsables de cette criminalité politique, barbare, inouïe dont font montre les déclassés de Notre Société ? Généralement, les populistes au pouvoir pour qui ils travaillent ou opposent dépendant des circonstances les encensent en les traitant de “Sublimes va-nu-pieds” , “Nobles Fils de l’arrière pays” leur donnant le champ Libre pour voler, violer, incendier, exproprier, déposséder et tuer. Au nom du pouvoir. Ou , comme dans le cas aujourd’hui, justifiant leurs forfaits parce qu’ils se considèrent comme des “ victimes” des injustices de la Société et de l’état... Alors, ils prennent et achètent des armes non pour attaquer l’état mais leurs congénères Souffrant dorénavant d’une double oppression : celle de l’état, sournoise et perfide ; celle des milices sous Contrôle interne ou externe, centralisées ou métastasées, ouverte et mortifère à court et long termes… Haiti vit dans cette “ merde cauchemardesque” depuis la Nuit des temps..avant et après son indépendance : Avant son indépendance, on peut citer quelques cas de “ caractères” frustes et frustrés, motivés par un désir de vengeance extrême ou disposés à tout faire y compris trahir pour se tailler une place au soleil ou dans la Cour des grands en tuant et tronçant… Jeannot , par exemple Que Jean François et Biassou furent obligés de fusiller pour son instinct criminel sans bornes. (1792) . Puis, Cagnet, Mavougou, Va Malheureux, Petit Noël Prieur, Sans Souci Que Les officiers de l’état-major de l’armée indigène ont dû éliminer qui, pour leur treatises, qui pour leur insubordination et tous pour leurs forfaits et leurs tendances et penchants á la petite aussi bien que la grande criminalité sans aucun remords… Après son indépendance, la liste des rebelles qui se ressemblent dans leur inanité et qui s’assemblent dans leur criminalité est plus qu’impressionnante. En tête de liste , Jean Louis Rebecca sous Henri Christophe dans la zone de Port-de -Paix. Puis, pour ne citer que les plus connus, Mérisier Jeannis sous Florville Hyppolite , Tellement célèbre, Alain Turnier de Jacmel lui a consacré un livre impressionnant, “Avec Mérisier Jeannis”.. Les généraux Jean Jumeau, Nord Alexis,, dans L’Artibonite et le Nord; puis un petit saut non vertigineux après 1957… Astrel Benjamin ( Les Cayes), Bertulien Pierre , Bertho ( Fort Liberté) , Zachary Delva ( Vallée de L’Artibonite), Rosalie Bosquet , Madame Max Adolphe ( Plateau Central), Luc Desyr/ Chimène/ Gerard E Louis, Raymond Charles ( le Nord), Eloïs Maitre, Ti Cabiche, Bòs Pent, Ti Bobo, Pierre Novembre, Ronald Camille Ou Cadavre, Amaral Duclona… Et tout le reste...Ils sont tellement nombreux ceux qui se rebellent ou prétendent se rebeller pour essayer de jouir des privilèges du pouvoir, tuant et intimidating pour pouvoir en jouir et se retrouvant malheureusement “Gros Jean” comme devant ou faisant face à une mort certaine quand le pouvoir politique qu’ils supportent ou opposent s’effondre… Ils sont les plus connus . Sur lequels on a le plus écrit..Ce qui permet d’analyser leur comportement et actions dans le temps et comparer avec ceux qui, de nos jours, reproduisent le même schéma fait d’audace extrême, de belligérance obséquieuse, et d’insolence criminelle sans état d’âme… Tous, globalement, sont originaires de zones géographiques et sociales de grand dénuement ou frappées d’abandon complet par l’état… Une fois armés,,ils sont devenus “ chefs”. Ils menacent et exécutent leurs menacent. Ils défient les autorités et pavanent dans Les rues avec un avis de recherche épinglé dans leur chemise à l’avant et à l’arrière. La Société Haïtienne contemporaine endurant cette calamité de façon cyclique et répétitive se trouve dans l’obligation pas pénible de l’enrayer une fois et pour toutes … Qui va jeter les bases, les jalons pour la construction de vraies institutions qu’on pourra qualifier de nationales parce que privilégiant et mettant en première ligne de d’attaque et de défense les intérêts d’Haiti et de son peuple... ? “Haitiens, Travaillons “ Travaillons sans trêve “ Les yeux pleins de rayons “ Portant un grand rêve…. L’homme de lettres Capois , Christian Werleigh, s’adressait aux Lycéens du Cap dans son poème “Hymne aux Lycéens”; Lycéens, Haitiens, collégiens, tous un grand défi á lever: La reconstruction d’Haiti. Les mains à la pâte! “ Peyzan , peyzan Oh “ Peyzan , Peyzan Oh “ Se pa konsa peyi nou te ye… “ Ti Peyzan Tèt Kole, Jean Rabel. Etidyan , Etidyan oh Etidyan, Etidyan oh Se pa konsa peyi n ap rete … “ FENEH” Que les grandes mobilisations des années 1987 /1988 reviennent pour obtenir justice pour Haiti! La lutte sera âpre et longue. Mais Haiti vaincra à la fin…Vive Haiti!
- Le Conseil présidentiel de transition est tout simplement périmé.
Par : Sonet Saint-Louis . Avocat, Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie de la recherche juridique á la Faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haiti, Professeur de philosophie Original picture from www.haitilibre.com Aujourd'hui, le 7 février 2025, le pays fait le constat alarmant que le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement de facto dirigé par Didier Fils-Aimé, qui se dégradent par tous les vices et trafics illicites en tout genre, sont obsolètes. Le dernier rapport des Nations unies sur la gouvernance d'Haïti et les nombreux cas de corruption dans lesquels sont impliqués ces hommes placés au sommet de la hiérarchie gouvernante du pays en disent long. Ces dirigeants, issus de différents groupes mafieux du pays, à l'origine de la création des groupes criminels ou en collusion avec eux, ont capturé l'État haïtien depuis l'exécution du président Jovenel Moïse, privant ainsi la nation de sa souveraineté, dont elle est le dépositaire exclusif. Ils doivent être mis hors-jeu, après trois décennies de gouvernance calamiteuse ayant conduit notre pays à une déchéance totale. La question qui se pose à chacun est la suivante : faut-il attendre le 7 février 2026, date à laquelle un nouveau chef d'État devrait être désigné par le peuple, pour constater qu'aucune action crédible n'a été entreprise pour rendre possible cet événement démocratique ? La transition politique circulaire et indéfinie est une manière de piller la république en toute impunité. Elle sert de refuge aux politiciens haïtiens incompétents, paresseux, qui cherchent à s'assurer une retraite douce par l'utilisation des caisses publiques. Cette classe politique, déconnectée de la population, si rien n'est fait, aura passé cinq ans au pouvoir, soit la durée d'un mandat présidentiel. C'est plus qu'un scandale ! Ces prédateurs assoiffés de sang et d'argent facile doivent être poursuivis pour les graves préjudices qu'ils ont causés à tout un peuple. En votant la Constitution de 1987, Haïti a adhéré aux principes de la démocratie libérale (qui exclut l'exercice du pouvoir en dehors du suffrage populaire), de la bonne gouvernance (qui exige le contrôle, la transparence et la reddition de comptes), de l'État de droit (la soumission des autorités au droit et à la loi, au même titre que le citoyen ordinaire) et des droits fondamentaux (notamment les droits politiques, dont l'exercice est essentiel pour permettre au peuple de choisir ceux qui doivent le gouverner). Cette constitution, la plus moderne de notre histoire, a été dévalorisée par des élites corrompues qui ne respectent pas la loi et qui ont finalement, sous l'influence des élites globalistes, décidé de sa suppression. Cela ne passera pas. La résistance que le peuple haïtien opposera aux élites de l'État profond criminel sera terrible. L'opposition citoyenne est en train de s'organiser partout. Les élites criminelles de l'État profond en Haïti seront vaincues. En effet, le travail élaboré et rendu public par le groupe de travail sur la réforme constitutionnelle, dans lequel il dresse un véritable réquisitoire contre la Constitution de 1987, constitue un véritable gâchis tant sur le plan politique qu'intellectuel. En quoi la constitution est-elle responsable de la mauvaise gestion du pays ? Le travail produit sous influence étrangère, comme cela a été le cas en 1918, révèle une chose : les élites qui nous ont gouvernés durant ces trois décennies ne connaissent pas la Constitution de 1987. Non seulement elles ne l'ont jamais lue, mais celles qui l'ont lue ne l'ont pas comprise. Comme le disait Spinoza : « Comment changer une réalité qu'on ne comprend pas ? » De l’état effondré à un État mafieux. Au-delà de l’incompréhension du texte fondateur de 1987 par les élites, c’est le problème de leur formation qui se pose. Le professeur Leslie Manigat, après les observations de Jean Price-Mars dans La vocation de l’élite, arrive à la conclusion qu’il faut mettre les élites haïtiennes à l’école de la démocratie et, plus généralement, à l’école tout court. Il a été traité d'arrogant, mais la formation des élites chargées de gouverner notre pays est une question sérieuse. Ce manquement constaté dans la formation des élites, je le vois se refléter dans notre système juridique, devenu chaque jour plus incohérent en raison de transpositions excessives de normes étrangères dans notre droit national, sans tenir compte de nos réalités culturelles. La dimension culturelle ne doit pas être ignorée dans la construction du savoir scientifique, et plus particulièrement dans le domaine du droit, une discipline très complexe. Le document laissé par le gouvernement de Jovenel Moïse, qui a servi de référence pour le groupe de travail institué par le Conseil ptésidentiel de transition, recense au moins treize constitutions issues de divers pays à travers le monde. Il s'agit là d'un véritable bricolage constitutionnel qui brouille totalement la cohérence de notre système juridique national. Nous copions trop ! Nous nous déprécions au profit des autres. Soyons nous-mêmes autant que possible, a déclaré le Dr Price-Mars. Le droit est local, tout le reste est suspect, écrivait le Dr Josué Pierre-Louis dans sa thèse de doctorat. Soyons donc sérieux ! Il n'existe pas de constitution miracle. Aucune œuvre humaine n'est parfaite, et la Constitution de 1987 ne fait pas exception à cette règle. En 2011, un amendement constitutionnel a été adopté, mais il n’a pas permis de corriger le texte originel ni de faire progresser le droit haïtien. Nous avons seulement importé certaines institutions françaises et des dispositions de la législation française concernant la magistrature, rabaissant ainsi le pouvoir judiciaire haïtien au rang d’autorité, à l’instar de ce qui se passe en France. Cela va bien au-delà de la honte ; c’est la manifestation de la médiocrité suprême des élites locales à travers cette tentative de supprimer la Constitution de 1987 pour imposer définitivement une mafia d'État à la tête des affaires publiques. Le droit est ainsi mis au service d'une économie criminelle et mafieuse, entraînant la perversion du pays. Le respect d’une constitution ne dépend pas seulement de sa valeur intrinsèque, mais aussi de la volonté des dirigeants et des citoyens de la respecter. Le problème réside dans ces élites sauvages, incapables de fonctionner autrement que dans le chaos et dans l’incapacité de se reconvertir, qui ne veulent ni n’aiment la loi. Le Conseil présidentiel de transition n’est rien d’autre qu’une alliance entre l’oligarchie financière et les secteurs politiques les plus détestables d’Haïti, visant à capter de manière totale les ressources du pays. Sous l’égide de puissances tutrices, cette grande alliance mafieuse a pris le contrôle de l’État haïtien. Ainsi, nous passons d’un État effondré à un État mafieux. Ce glissement vers une chute inéluctable d’Haïti, dans un contexte géopolitique mouvant et incertain, soulève la question de l’indépendance du pays, qui pourrait bien être remise en cause. Il est donc crucial de remettre en question la stratégie de la communauté internationale, qui semble favoriser les individus les plus corrompus, les plus toxiques et les plus détestables à la tête de la gouvernance haïtienne. Que cache cette politique de domination brutale sur le peuple haïtien ? Ce n’est pas une fatalité que notre pays soit toujours dirigé par des médiocres et des corrompus. Il existe, au sein de notre société, des individus civiquement et intellectuellement compétents, capables d’ouvrir à Haïti une voie d’espérance. C’est une vérité incontestable ! Nous faisons partie de la génération dans laquelle la nation et ses citoyens doivent investir leur espoir et leur énergie. Les suffisances et les arrogances, ainsi que les ayants droit sans bilan et sans projet, ne doivent plus être tolérés. Ils n’ont été que cela, et rien d’autre. Nous pouvons triompher. C’est ce que je dis à la majorité face à la minorité criminelle et illégitime qui gouverne notre pays, incapable de .se soumettre au suffrage universel et de respecter les conséquences des actions des citoyens civiquement et intellectuellement responsables. Nous allons gagner, car dans une bataille, la clé réside dans l’identification de l’adversaire. Ceux qui, au sein du Conseil présidentiel et du gouvernement de facto dirigé par Didier Fils- Aimé, se sont unis, sont désormais démasqués et clairement identifiés. Cette coalition gouvernementale, qui plonge Haïti chaque jour davantage dans la déchéance, incarne l’adversaire de la nation. Chacun doit choisir son camp. La bataille pour la libération d'Haïti est désormais engagée. Je le répète : la neutralité est une démagogie intellectuelle et politique. Enfin, je tiens à exprimer tout mon soutien à l’historien Michel Soukar, dont la vie est menacée par les élites déchues et dégénérées de notre patrie, en raison de ses prises de position courageuses sur les affaires de son pays. Cet homme d'exception, cet immense intellectuel, doit voir dans la rédemption prochaine de notre société une raison renouvelée de croire et de vivre, comme moi-même.
- Décryptage du Système Financier Oligarchique en Haïti
Par Kevens Louissaint. Le problème financier d’Haïti ne relève ni d’une simple mauvaise gestion ni d’un quelconque accident de l’histoire économique. Il s’agit d’une ingénierie de la dépossession, un système intentionnellement structuré pour garantir la captation des ressources nationales par une oligarchie financière qui contrôle l’ensemble des leviers économiques, commerciaux et médiatiques du pays. Les banques commerciales du pays, plutôt que d’agir comme intermédiaires pour faciliter la croissance économique et l’investissement, fonctionnent comme des instruments de contrôle oligarchique. Ce système, caractérisé par une fusion toxique entre finance, politique et commerce, a effectivement créé un chaos contrôlé — un état délibéré d’instabilité économique et sociale qui assure la perpétuation de la domination de l’élite. Ce phénomène ne relève pas seulement de la corruption, mais d’une stratégie systémique de spoliation et d’asservissement économique, orchestrée par les administrateurs des banques commerciales @UBHaiti @SogebankHT. Ceux-ci détournent les mécanismes financiers au service de leurs intérêts exclusifs, au détriment du développement productif et de toute forme de transformation sociale. Le Conseil d’Administration des Banques Commerciales est composé des mêmes magnats des affaires qui possèdent les monopoles d’importation, des télécommunications, de la fabrication et des médias. Ils contrôlent le crédit et la masse monétaire, tout en exerçant un monopole absolu sur les secteurs stratégiques de l'économie nationale (logistique, agro-industrie, médias, distribution d'énergie, alimentation). Ils façonnent donc les politiques publiques à leur avantage. Plusieurs membres de l'@UBHaiti et de la @SogebankHT ont siégé à des organisations influentes telles que le Forum économique du secteur privé, qui dicte en partie l’agenda économique du pays. Ces banquiers ne sont pas seulement des prêteurs ; ils sont à la fois importateurs, industriels, spéculateurs fonciers et propriétaires des principaux groupes médiatiques, notamment @nouvelliste. Max Chauvet, propriétaire du journal le plus ancien du pays @nouvelliste, façonne l’opinion publique tout en dirigeant l’une des plus grandes banques du pays @UBHaiti. Il est donc jugé et partie, incapable de critiquer réellement le cartel financier dont il fait partie. Quand un média appartient à des banquiers, des industriels ou des importateurs, peut-il réellement défendre les intérêts du peuple? Carl Braun, à la fois président de la @UBHaiti et des Moulins d’Haïti, contrôle la farine, donc l’alimentation. Edouard Baussan, maître des ports et du pétrole avec DINASA et Maersk, décide de qui importe et qui exporte. Quand les propriétaires de banques sont aussi ceux qui contrôlent le plus grand port de déchargement (Baussan, AGEMAR), peut-on espérer une presse qui dénoncera la contrebande et l’évasion fiscale? Qui aura le courage de faire face? Haïti peut-elle encore se permettre le silence? Si personne ne dit rien, ce cartel financier continuera à asphyxier l’économie, à organiser la fuite des capitaux et à perpétuer un système où seuls les privilégiés prospèrent tandis que le reste du pays agonise. Une poignée d’individus verrouille tous les secteurs clés. Un contrôle absolu sur l’État. Qui contrôle le crédit contrôle le pays. Ces banques n’ont pas seulement le pouvoir économique, elles dictent aussi les politiques publiques. Elles financent les campagnes électorales et influencent la nomination des ministres clés (Finances, Économie, Banque centrale). Elles profitent de lois sur mesure, conçues pour protéger leurs intérêts et garantir l’opacité de leurs transactions. Elles tiennent l’État en dépendance totale en étant ses principaux créanciers. Un gouvernement qui oserait s’attaquer à elles se retrouverait immédiatement asphyxié. C’est un système verrouillé par la connivence politique. Ces banques ont financé tous les régimes politiques haïtiens, de Préval à @MichelJMartelly, en passant par Aristide. Elles ne soutiennent pas un projet de société, mais celui qui garantira la stabilité de leurs affaires. Ainsi, les ressources financières du pays ne sont pas allouées en fonction du mérite économique ou de l’investissement productif, mais en fonction des intérêts personnels d’un petit groupe enraciné. Impossible d’évoluer économiquement sans passer par eux. Le paradoxe? Ces banques prospèrent sur la faillite du pays. Plus l’État est incapable, plus elles gagnent en influence. Plus la population s’appauvrit, plus elles lui prêtent à des taux usuriers. Plus la diaspora envoie de l’argent, plus elles prélèvent des commissions. Plus Haïti s’effondre, plus elles prospèrent. Nous sommes en face d’une privatisation totale de la souveraineté. L’État haïtien n’est plus qu’un décor, une coquille vide gérée en sous-traitance par une ploutocratie qui ne gouverne pas par le suffrage, mais par le contrôle des flux financiers. Où est passée la souveraineté haïtienne ? Elle n’est pas entre les mains d’un président. Elle ne réside pas au Parlement. Elle n’existe plus dans les ministères. Elle est diluée dans les bilans comptables des banques, des groupes industriels et des entreprises de transfert d’argent. Alors, la vraie question est : jusqu’à quand? Si demain le gouvernement @PresidenceHT @PrimatureHT @MEFHaiti voulait instaurer une politique nationale de souveraineté alimentaire, il se heurterait à un mur. La seule manière de reprendre le pouvoir, c’est de briser l’opacité. Mettre des noms, des chiffres, des liens sur ces dynasties financières. Pas par conspiration, mais par rigueur. Le véritable levier du pouvoir, ce sont les flux d’argent. Regardons le triangle du pillage financier: La diaspora envoie des milliards chaque année (4 milliards de dollars en 2023). Les banques encaissent des commissions sur chaque transfert. Cet argent est prêté à des taux élevés aux Haïtiens appauvris sur place. En d’autres termes, l’argent des Haïtiens de l’extérieur est recyclé pour les exploiter de l’intérieur. Pourquoi Haïti importe-t-elle près de 90% de ses produits alimentaires, alors qu’elle a des terres fertiles et un climat propice à l’agriculture? Plutôt que d’orienter les capitaux vers l’agriculture, l’industrialisation ou les infrastructures — des secteurs qui généreraient de l’emploi et assureraient l’autosuffisance nationale — les banques haïtiennes investissent massivement dans des entreprises d’importation appartenant à leurs propres administrateurs @UBHaiti @SogebankHT. Les banques, les importateurs et les politiciens travaillent main dans la main pour tuer toute production locale. Edouard Baussan (@UBHaiti) contrôle le principal port de déchargement du pays. Il fixe qui importe quoi, à quel prix et sous quelles conditions. Les banques financent massivement l’importation, mais refusent d’accorder des crédits à l’agriculture et à l’industrie. Le gouvernement impose des taxes abusives aux producteurs locaux, tout en accordant des exemptions aux importateurs. C’est un système parfaitement orchestré : détruire l’économie nationale pour que le pays reste dépendant de leurs importations. Et qui en paie le prix? Le peuple. Les agriculteurs abandonnent leurs terres, faute de financement. Les jeunes n’ont aucun avenir en dehors de l’informel ou de l’exil. La pauvreté devient structurelle, parce que tout l’argent quitte le pays au lieu d’être réinvesti. C’est un pillage, un hold-up économique exécuté avec la bénédiction de l’État. Les faits sont là, brutaux et implacables. Cela garantit que : Le pays reste dépendant des biens étrangers. La production nationale est étouffée par le manque d’accès au crédit. Les marges bénéficiaires restent élevées pour ceux qui contrôlent les importations et la distribution. C’est pourquoi Haïti, malgré son potentiel agricole, importe près de 90% de sa nourriture. L’élite bancaire n’a aucune incitation à financer la production locale lorsqu’elle peut maximiser ses profits en contrôlant l’importation de biens étrangers et en manipulant les taux de change. Les banques commerciales en Haïti @UBHaiti @SogebankHT ne facilitent pas la croissance économique ; elles extraient de la richesse par le biais de prêts à la consommation à taux d’intérêt élevé et de la spéculation immobilière, plutôt que d’offrir des crédits à long terme et à faible taux pour soutenir les secteurs productifs. Le résultat est : Les micro-entrepreneurs et les petites entreprises peinent à accéder au financement. Ceux qui obtiennent des prêts sont écrasés par des taux d’intérêt exorbitants, les poussant à une servitude perpétuelle de la dette. Un apartheid financier où seule l’élite accède au crédit pour accroître sa richesse. L’instabilité monétaire en Haïti n’est pas un phénomène accidentel, mais une stratégie délibérée orchestrée par les oligopoles bancaires. L’élite financière manipule la gourde haïtienne à travers des attaques spéculatives et des dévaluations artificielles, en veillant à ce que : La valeur de l’argent détenue par les classes inférieures s’érode, accroissant leur dépendance aux devises étrangères (USD). Autrement dit, ils détruisent le pouvoir d’achat du peuple. Les importateurs, qui contrôlent à la fois la banque et le commerce, bénéficient des fluctuations des taux de change et marginalisent encore davantage la population n’ayant pas accès à cette devise. Toute possibilité de stabilité économique nationale soit sabotée afin de maintenir le chaos contrôlé. Ils imposent un climat d’incertitude économique permanent, paralysant toute planification industrielle à long terme et étouffant les initiatives entrepreneuriales. Le contrôle de l’élite bancaire s’étend bien au-delà des finances et du commerce: ils possèdent également les principaux médias d’Haïti. En maîtrisant les journaux, les stations de radio et les chaînes de télévision, ils façonnent le discours public en veillant à ce que : L’injustice économique ne soit jamais présentée comme un problème systémique, détournant ainsi l’attention des véritables enjeux et orientant la colère populaire vers des boucs émissaires superficiels. Le discours politique reste centré sur des questions secondaires, empêchant tout débat sur des réformes structurelles. Les idées révolutionnaires, telles que la nationalisation des banques ou le démantèlement des monopoles, soient délégitimées. Toute réforme systémique est diabolisée, et les intellectuels, militants et économistes proposant une refonte économique sont réduits au silence. Ce cartel bancaire a créé un système où : Haïti demeure économiquement paralysée, maintenant la population dans un état de survie plutôt que de résistance. La pauvreté n’est pas une fatalité, mais un outil de contrôle social entretenu par une politique financière qui empêche l’émergence d’une classe moyenne autonome. Toute tentative d’industrialisation ou d’autosuffisance agricole est écrasée. L’État haïtien est réduit à l’insignifiance, incapable d’exercer la moindre souveraineté sur la politique monétaire et économique, car le véritable pouvoir réside dans les réseaux financiers privés. Pour démanteler ce système, Haïti doit : Établir une Banque nationale de développement pour financer la production locale à faible taux d’intérêt. Mettre en place une réglementation financière stricte pour briser la concentration du pouvoir dans les mains d’une poignée d’individus. Instaurer des contrôles des capitaux afin d’empêcher la spéculation financière et la manipulation des devises. Promouvoir des banques coopératives qui privilégient l’impact social sur le profit. Nationaliser les industries clés pour garantir que le secteur bancaire serve le développement national plutôt que l’enrichissement d’une élite. Le problème financier d’Haïti n’est pas une simple mauvaise gestion — c’est une stratégie intentionnelle de domination économique. Loin d’être une crise économique classique, la situation actuelle est une véritable guerre de classe menée par le capital financier contre le peuple haïtien. Toute transformation du système haïtien se heurte à l’impunité structurelle dont jouissent les élites financières. Ces véritables seigneurs féodaux du capital ont capturé les ressources du pays et neutralisé toute tentative de régulation étatique en s’assurant que les institutions publiques restent sous leur joug. L’avenir d’Haïti dépendra donc de sa capacité à organiser une résistance économique, intellectuelle et politique contre cet ordre bancaire criminel. Haïti ne pourra sortir de cette impasse que par une révolution économique totale, où le crédit cessera d’être un instrument d’oppression pour devenir un levier d’émancipation collective. L’heure n’est plus à l’indignation, mais à l’action radicale et structurée pour reprendre le contrôle du destin économique de la nation.
- C'est Grave, Monsieur le Premier-Ministre
Par : Michel Legros, Sitwayen pou Respè Konstitisyon. Le Premier ministre, accompagné des membres du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), s’est rendu à la Direction générale de la PNH pour une visite qui en dit long sur l’état de la gouvernance sécuritaire du pays. Publiquement, il a reconnu que les services d’intelligence de la PNH, de la Primature, ainsi que ceux des ministères de l’Intérieur et de la Justice, étaient informés de l’attaque imminente contre Kenscoff, où l’on dénombre déjà 40 morts. Puis, dans une déclaration pour le moins surprenante, il affirme qu'ils doivent maintenant chercher à comprendre pourquoi ce massacre a eu lieu, comme si la réponse n'était pas flagrante. Comment peut-on être informé d’une menace et ne rien faire ? Si ce massacre a eu lieu, c’est que l’incompétence et la médiocrité gangrènent le sommet de l’appareil sécuritaire. Le Premier ministre n'est pas allé au bout de sa pensée ; il a préféré tourner autour du pot : labouyi cho manje sou kote. Non, cette tuerie est de trop. Après un tel aveu, les responsabilités doivent être clairement établies. Sinon, ce serait une invitation à l’irresponsabilité. Et cette incompétence se manifeste aussi dans la soi-disant guerre contre les gangs. Le discours officiel n’est qu’un verbiage ridicule. Au lieu de mener une véritable offensive pour neutraliser ces groupes armés, on nous abreuve de bilans d’arrestations comme s’il s’agissait de victoires militaires. Or, une guerre ne se mesure pas au nombre de prisonniers—d’autant plus s’ils sont des non-combattants—mais au territoire repris, aux forces ennemies anéanties et à la destruction de leurs infrastructures. Regardons d’autres conflits de ce type : au Salvador, par exemple, la guerre contre les maras n’a pas été gagnée par une accumulation d’arrestations, mais par un usage systématique de la force pour reprendre les quartiers aux gangs et les empêcher de se réorganiser. Ici, l’objectif sécuritaire semble se limiter à remplir les prisons, sans qu’une stratégie de reconquête territoriale n’accompagne ces arrestations. Cette approche erronée trahit une incompréhension totale de la nature du conflit et l'incompétence des responsables de la question sécuritaire. Toute force militaire efficace repose sur une structure claire : un état-major qui élabore la stratégie, un corps d’officiers qui dirige les opérations, des sous-officiers pour encadrer les troupes et, enfin, des soldats mobilisés pour mener le combat. Mais face aux gangs, ce schéma n’existe pas. L’improvisation règne, et les résultats parlent d’eux-mêmes : pendant que les autorités se félicitent d’arrestations sans impact réel, les criminels continuent d’étendre leur emprise. Que la PNH ne soit pas une armée et n'ait pas été conçue comme telle est un fait. Mais aujourd’hui, puisqu’elle constitue la principale force armée du pays, elle n’a d’autre choix que de s’adapter. D’autant plus que son directeur général revendique fièrement son statut de commandant en chef, affichant ainsi une posture militaire. Qu’il assume alors pleinement ses responsabilités. Un commandant en chef digne de ce nom ne peut se satisfaire d’un bilan d’échecs répétés. Général de fait, il doit organiser une véritable offensive, reprendre le contrôle du territoire et rompre avec cette vision policière du conflit, qui se résume à une succession d’opérations sans même penser occuper le terrain. Viv Ansanm, lui, fonctionne comme une véritable armée. Leur stratégie est claire, leur tactique s’adapte, et ils avancent sans résistance. Pourquoi ? Parce qu’en face, il n’y a rien. Il est urgent d’exiger un véritable changement, une réorientation stratégique. Il faut une volonté réelle des chefs de combattre. Sans un sursaut immédiat, c’est l’apocalypse qui attend Haïti.
- Les enjeux d'une éventuelle démission du CPT.
Par: Yvito Mackandal, membre du Réseau d'Organisation Zone l'Ouest (ROZO) Malgré tous les reproches qu'on peut adresser à l'endroit du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), notamment pour son absence de résultats, il n'est nullement question de souhaiter sa dissolution. Sachez que le secteur politique le plus hostile au Conseil est le Parti Haitien Tèt Kalé (PHTK) qui joue à fond la carte de la déstabilisation et de la terreur pour se repositionner sur l'échiquier politique. Depuis la révocation du Premier-Ministre Garry Conille et la fin de l'exercice de la présidence tournante du CPT par Edgar Leblanc, deux personnages acquis à la cause phtkiste, les malfrats de ce parti semblent avoir perdu leur pouvoir d'influence et de manipulation sur le CPT. Depuis lors, ils font tout pour provoquer son éclatement en faisant régner la terreur dans le pays via leur bras armé, en l'occurrence le syndicat des gangs terroristes dénommé Viv ansanm/Vivre ensemble. Personne ne va s'aligner sur la position des bandits légaux du PHTK qui font un usage systématique de la violence pour influencer la dynamique politique. Désormais, ils jouent le tout pour le tout et opèrent à découvert, assumant ouvertement leur affiliation avec le syndicat des gangs armés. Cela mentionné dans un document soumis au CARICOM en guise de proposition pour une solution à la crise politique., document dans lequel le PHTK et ses alliés se permettent de mentionner nommément le groupe terroriste Vivre Ensemble dans la liste des partis politiques favorables à la dissolution du CPT et à la nomination d'un Juge à la Cour de Cassation comme Président provisoire de la République. Cette entreprise de légitimation du vivre ensemble revendiqué à grand renfort médiatique par Liné Balthazar, Secrétaire Général des bandits légaux ci-devant PHTK, participe de la stratégie de terreur employée de toujours par ce parti pour s'imposer dans l'arène politique. Il est vrai que le CPT nous a déçu dans nos attentes, cependant ce serait infliger un affront, un sacrilège au peuple que d'accepter de conférer le statut de parti politique à une organisation terroriste qui a causé tant de torts au peuple haitien. Depuis plusieurs années, ces malfrats qui opèrent à la solde du PHTK , kidnappent des citoyens paisibles, incendient leur maison et les contraignent à la fuite. Le nombre de déplacés internes a déjà le chiffre record d'un million de personnes et dix mille morts. Il est de notoriété publique que les gangs ont été créés pour permettre au régime PHTK de se maintenir au pouvoir pendant cinquante ans. La démission de Ariel Henry, celle de Garry Conille, et la mise à l'écart d' Edgar Leblanc Fils au sein du CPT constituent autant de grains de sables dans les rouages de la machine infernale mise en place par le PHTK pour se perpétuer au pouvoir. Accepter les gangs comme parti politique risque de nous faire revivre les horreurs des élections du 29 novembre 1987 qui avaient fini dans le sang du peuple hatien. A part ce scénario, le PHTK n'a aucune chance de gagner les prochaines élections. A la vérité les phtkistes ne sont pas les seuls à jouer la carte de la terreur et la criminalité pour accéder au pouvoir. Beaucoup d'autres politiciens dont Moïse Jean Charles et Guy Philippe ont également instrumentalisé les gangs armés pour la prise du pouvoir. Il n'est pas question sous aucun prétexte de prétendre négocier ni se réconcilier avec les gangs. Ils doivent répondre de leurs forfaits perpétrés sur la population devant la justice ils doivent être jugés et condamnés. Après le retour de Jean Bertand Aristide, le 15 octobre 1994, on se le rappelle les USA ont eu la même rhétorique, à savoir la réconciliation avec les criminels qui étaient regroupés dans l'organisation dénommée Front Révolutionnaire Pour l 'Avancement d'Haïti (FRAPH). La création de cette organisation avait pour objectif de consolider le coup d'Etat du 30 septembre 1991 au moyen de la terreur et de la répression. Soulignons au passage que Michel Martelly et Jovenel Moise, anciens membres du FRAPH vont accéder respectivement 2011 et 2016 à la magistrature suprême de l'Etat, suite à des élections truquées supportées par le Département d'Etat américain. Il faut donc se garder de minimiser le rôle des gangs armés dans la vie politique haïtienne. Les enjeux sont de taille, ils ne sont pas seulement de nature politique criminelle. Le repositionnement du PHTK sur l 'échiquier politique ayant comme alliés les gangs pourra éventuellement le conduire à la prise du pouvoir. Ce qui renforcera la fuite des planteurs de l’Artibonite pour profiter à l'invasion des riz américains sur le marché local. Ce qui se traduit par le renforcement de la dépendance alimentaire du pays vers les Etats-Unis d'Amérique. A cause des gangs qui se positionnent du côté de Gressier , de Mariani, de Merger, les planteurs dans le grand sud seront de plus en plus incapables de transporter leurs produits agricoles vers Port-au-Prince. D'où le gaspillage des ressources et le renforcement de la pauvreté monétaire des planteurs. Un vrai procès relatif au détournement des fonds Petrocaribe n'est pas du tout certain avec le retour du PHTK au pouvoir. Le peuple haïtien continue à payer une dette injuste, ce qui a rendu le pays plus pauvre. Voilà en quoi consistent les enjeux d'une éventuelle démission du CPT. Tant bien que mal il opère des changements au niveau de la police qui aboutit à l'arrestation de deux puissants chefs de gangs, en l'occurrence Magalie Habitant et Victor Prophète. Il faut encourager le CPT à faire plus que ça. Cependant cela ne peut être possible que si les classes populaires s'organisent en autodéfense. Nous devons nous organiser sur la base de nos intérêts de classe. Pour ce faire, il faudra identifier nos ennemis de classe ainsi que tous les pays qui sont nos ennemis historiques. La situation que nous vivons aujourd'hui n'est pas différente d'avant celle de 1804, mais elle suscitera toujours des Dessalines, des François Capois, des Toussaint Louverture pour ne citer que ceux-là. Il arrivera un jour où nous nous révolterons tous et personne ne pourra nous arrêter.
- Poukisa peyizan yo dwe ranmase batay kont ranson 1825 lan?
By : Kolektif Kont Ranson 1825. Ranson 1825 lan se te yon veritab sansi pou peyizan yo : Se yo ki te bourike pou peye l Se tout pyebwa pou yo pran frechè Pyebwa ki anpeche lapli fè dega Pyebwa ki pote fwi pou yo manje Leta ayisyen te fè koupe pou l vann pou l ka peye ranson an ak pèmèt gwo pwopriyetè tè, gwo komèsan ak gwo zouzoun ki nan leta fè bè. Kijan Leta te rive mete peyizan yo nan kondisyon pou yo bourike? Leta te mete sou pye yon kòd riral, sètadi yon zouti jiridik ki te trase kòman pou zòn riral yo òganize yo: Zòn riral la pwodwi men sitou pou etranje. Ti peyizan te dwe toujou disponib ak soumèt a gran pwopriyetè a. Li pa t gen dwa kanpe travay. Kòd sila te konsidere tout ti peyizan ki pa vle travay kòm vagabon e li prevwa sanksyon pou sa tankou arestasyon... Peyizan an pa t gen dwa deplase, ale lavil oswa kite plantasyon an san li pa t gen otorizasyon.... Lavil se zòn pou gran nèg ak gwo zouzoun. Mete sou sa, ti peyizan pa t dwe gen pwòp boutik li e li pa t dwe vann an kantite pwodwi ki rezève pou vann nan peyi etranje tankou kafe. Ti peyizan se yon ras moun, yon klas moun ki pote tè a sou kou. Se ti peyizan ki bourike pou gran nèg vin rich. Se ti peyizan ki bourike pou peye dèt la ak pèmèt Lafrans vin pi rich. Kafe se pwodwi ki te pwodwi plis, men depi 1825 rive 1835 pri kafe t ap plede bese nan tout peyi. Kidonk kafe poukont li pa t ap ka pèmèt Ayiti peye Lafrans. Sa te vin lakòz Gouvènman Boyer ak lòt ki te vin aprè l yo te chwazi vann bwa pou ka peye Lafrans. Nan lane 1828 Boyer ekspwopriye peyizan zile Kayimit, Lagonav ak Latòti, pou yo ka koupe pyebwa. Nan lane 1846 Prezidan Riché te vote yon lwa ki te bay otorizasyon pou yo koupe pyebwa yo. Lwa sa a te voye lwa Desalin te pwomilge nan mwa desanm 1804 ki te entèdi pou yo koupe pyebwa jete. Desizyon katastwofik jiridik Riché a se te yon gwo rejè senbolis 1804 la ki te konsidere pyebwa yo kòm byen pou sosyete a e yo pa t dwe koupe yo. Pou te peye ranson endepandans lan, Leta ak akolit li yo te bay kontra pou debwaze anviwònman peyizan yo e sa te vin lakòz gwo dezas ekolojik. Pou peye ranson endepandans lan, peyizan yo te travay tankou bèt toupandan yo pat ka jwi rezilta travay yo. Jounen jodi a se jistis pou peyizan yo l ap ye ! Se pou Lafrans peye lajan ranson an. Restitisyon an se bay jistis ! Se pa asistana ! Se pa èd imanitè ! Se remèt kòb la ! Lafrans vin peye !
- Bienvenue au Nouveau Royaume des Pirates
By : Wilfrid Suprena. Ils Reviennent en force… Plus de Gros bateaux à vapeur ou à voile avec de gros canons à bord pour intimider, bombarder, voler, piller et terroriser… Les pirates modernes maîtrisent la stratosphère, Les moyens de communication sophistiqués, digitalisés… Donc, pour le Contrôle de l’opinion, Ce ne sont que des détails. Menus. Rien à mijoter. L’affaire est déjà dans le sac... Ils ont le vent en poupe…Ils n’ont plus besoin du drapeau noir avec au beau milieu le crâne dépouillé que supportent le Cape et l’épée... Non... Ils Ont tant fait depuis 1945 pour faire avaler à tous les peuples la pilule de l’accumulation sans limite sur le dos des autres… Ils Ont tellement dépouillé et imposé depuis un mode de vie qui renvoie à leur paradis utopique qu’ils ne s’embarrassent plus de manières, de diplomatie… Chez nous, les pirates locaux - bandits légaux baptisés ainsi par leur Père spirituel, physique disons génital- sont déjà à pied d’oeuvre dans cette entreprise de décapitation et de décapitalisation de certaines classes Sociales qui pourraient avoir des ambitions de Contrôle et d’autonomie… C’est plus de 70 ans que les Palestiniens sont mis en demeure de fuir sur leur propre terre et de vivre comme des nomades pourchassés sans arrêt et tués comme des bestioles... C’est plus de vingt ans que le kidnapping sévit dans la capitale Haïtienne comme le moyen le plus sûr d’accumulation rapide et comme expression avérée de la désintégration d’un état vassalisé en absolu... Aujourd’hui : la bande de Gaza qu’ils veulent s’approprier pour la transformer en un havre de consommation des produits artificiels en provenance de leurs laboratoires d’extinction mesurée. Covid 19. Demain, Qui sait ! Haiti, le modèle à ne pas suivre. Mais potentiel cobaye pour le remodelage des États déconstruits à dessein sur les pas de Gaza ! Haiti, pas d’état d’âme pour des milliers d’Haitiens qui appellent et qui ne rêvent que du protectorat. De tout leur cœur. De tous leurs voeux... Quand ce n’est pas une armée super sophistiquée qui bombarde et tue pour créer et provoquer une sensation de chaos et de désespoir, (Gaza), ce sont des miliciens recrutés parmi les policiers les plus corrompus, des politiciens mafieux, et des hommes d’affaires apatrides qui accomplissent le travail de sape et d’annihilation systématique… Haiti… Le pirate des pirates vient de lancer un ballon d’essai sur Gaza… Je parie sur la tête de ma grand-mère que Haiti est dans le peloton de tête…. A Bon Entendeur, Salut! Caveat Consules !
- La Rançon de 1825 : un marqueur d'un piège néocolonial selon le politologue Frédéric Thomas
L’actualité de la Rançon@ NOVAVOX. Dans un article intitulé La gouvernance internationalisée de l'État haïtien , publié le 10 janvier dans Le Monde , Frédéric Thomas, politologue et chercheur au Centre tricontinental (CETRI) de Louvain-la-Neuve, en Belgique, analyse la Rançon de 1825 comme le symbole d'un piège néocolonial. Il écrit à ce sujet : "... Le 17 avril 1825, Charles X signe une ordonnance par laquelle la France « ordonne » à Haïti de lui accorder un accès privilégié à son commerce et de « dédommager les anciens colons », en payant une indemnité de 150 millions de francs. A ces conditions, elle « concède » l’indépendance à son ancienne colonie, qui, en battant les troupes napoléoniennes, s’était libérée 21 ans plus tôt, devenant en 1804 la première nation issue de la révolution d’esclaves noirs. Moment de protestation à l'Institut Français en Haïti pour réclamer la restitution de la rançon À défaut de changer l’histoire, on l’a réécrite. Afin de payer cette indemnité colossale, évaluée en valeur actuelle à quelque 525 millions d’euros, Haïti fut obligé d’opérer plusieurs emprunts dans les banques françaises… qu’elle dut rembourser avec les intérêts. L’économiste Thomas Piketty a évoqué un « néocolonialisme par la dette », tandis que l’historienne haïtienne Gusti-Klara Gaillard-Pourchet y a vu l’enfermement durable d’Haïti dans une spirale d’endettement et de sous-développement. Imposée par la force, cette dette n’en conclut pas moins un arrangement asymétrique entre les classes gouvernantes en Haïti et en France sur le dos de la population rurale haïtienne, ce « pays en dehors » qui demeure la principale menace à tout pouvoir. De loin en loin, cette vieille histoire se rappelle à la France… qui se dépêche de l’oublier et de retomber dans une sorte de lobotomie historique. D’excuses et de réparation, il n’est toujours pas question. Au contraire, même, la petite phrase d’Emmanuel Macron, en marge du G20, au Brésil, le 19 novembre 2024, sur les Haïtiens « complètement cons », « qui ont tué Haïti », témoigne du déni et du mépris dans lequel l’État français s’est enferré. L’un comme l’autre, les moments 1825 et 2010 sont des marqueurs d’un piège néocolonial qui consacre la gouvernance internationalisée d’Haïti et la condamne à un cycle infernal de catastrophes, de crises et d’ingérence. La communauté internationale, alignée sur Paris d’abord, Washington ensuite, n’a jamais cessé d’intervenir dans les affaires intérieures du pays, depuis l’organisation et le financement d’élections jusqu’à l’envoi régulier de forces armées multinationales – celle en cours sous le leadership du Kenya –, en passant par la restructuration de l’économie haïtienne". Malgré une estimation conservatrice de la valeur actuelle de la rançon de 1825, bien inférieure aux 100 milliards de dollars réclamés par les mouvements sociaux haïtiens, Frédéric Thomas demeure une voix influente en faveur de la restitution.
- Constitutions, politique en Haïti : réformes, manœuvres pour consolider la domination.
Par: Hugue CÉLESTIN, Sociologue. Haïti, la paupérisation se généralise, travailleurs, professionnels, hommes/femmes d'affaires et ouvriers, se retrouvent massivement au chômage, grossissant chaque jour les rangs des déshérités. Les ménages peinent à subsister, acculés par l'augmentation vertigineuse des prix des produits de première nécessité et des services. Au menu du décor, des milliers d'enfants et de jeunes, privés de nourriture, d'éducation, deviennent des proies faciles pour des gangs qui endeuillent la nation par leurs actes de barbarie. La violence est omniprésente ; des fillettes et des femmes parfois on parle même de garçons qui sont quotidiennement violés sous les regards impuissants de leurs familles. Des milliers de personnes sont assassinées ou kidnappées, leurs proches ruinés par le paiement de rançons exorbitantes ou plongés dans le deuil lorsque les victimes sont retrouvées mortes, abandonnées sur des tas d'immondices. Leurs corps, souvent en état de décomposition avancée, servent de festin à des chiens errants ou des cochons affamés. D'autres, contraints de fuir la violence des quartiers assiégés, s'entassent dans des camps insalubres où règnent humiliation et désespoir. Le pays sombre dans le chaos : les gangs armés étendent leur contrôle, accaparent des espaces devenus "territoires perdus". Les dirigeants inconscients encouragent, avec insouciance, l'effondrement généralisé. Les victimes s'additionnent : hommes, femmes, enfants, tous sacrifiés sur l'autel d'une gouvernance criminelle et inhumaine. Dans ce contexte de désarroi, où la colère et la résignation se mêlent à nos sentiments d'impuissance et de frustration, surgit une initiative incongrue qui défie à la fois la logique et la morale : la "réforme constitutionnelle". Ce texte, préparé dans les officines de l'ambassade américaine sous la présidence de Jovenel Moïse, a été remanié pour répondre aux intérêts des groupes dominants. Finalement, il est remis à un collectif de bourreaux insensibles, rassemblés sous le titre pompeux de "Conseil Présidentiel de Transition". Ces fossoyeurs, dans une démonstration saisissante d'arrogance et de mépris pour la souveraineté populaire, ont déployé un appareillage soigneusement orchestré pour matérialiser leur projet funeste. Tout semble fin prêt. Ils s'activent désormais à nous imposer une nouvelle Constitution, conçue selon les directives de leurs maîtres étrangers et locaux, avec pour objectif de restructurer profondément les rapports sociaux, politiques, économiques, culturels de notre nation. Réforme illégitime ; crime et affront. La Constitution haïtienne de 1987, adoptée après des décennies de dictature, dans ses articles 282 et suivants, établit un processus rigoureux et réfléchi pour tout amendement. Ces dispositions ont été conçues pour prévenir toute modification unilatérale ou autoritaire susceptible de compromettre l'équilibre des pouvoirs ou de trahir la souveraineté du peuple haïtien. Le 3 janvier 2025, la population est stupéfaite, sous les feux des projecteurs, le président de l'infâme Groupe de Travail sur la Constitution (GTC), Jerry Tardieu, apparaît en triomphateur. Sans se gêner, il a remis officiellement le "cadeau empoisonné" au secrétariat technique du Comité de pilotage fantoche de la conférence nationale. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP), simple courroie de transmission du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et des puissances internationales, n'a pas tardé à s'inscrire dans cette mascarade. Dès le 12 janvier 2025, il a publié un avis de recrutement destiné à valider cette parodie de réforme. En multipliant les manœuvres administratives pour constituer des bureaux référendaires et électoraux, il participe à une dynamique où les tests d'aptitude ne sont plus qu'un prétexte servant à sélectionner les futurs acteurs des magouilles électorales et autres combines orchestrées. Quel empressement indécent ! Cet acte s'apparente à une véritable mise aux enchères de la participation citoyenne. Réforme constitutionnelle : rupture ou continuité ? L'histoire constitutionnelle d'Haïti est marquée par l'adoption d'une vingtaine de constitutions et de multiples tentatives de réformes, souvent motivées par des désirs de modernisation et de consolidation des institutions. Cependant, ces réformes ont échoué à résoudre les problèmes structurels du pays, à savoir la souveraineté alimentaire, la pauvreté, la corruption, l'instabilité politique, les inégalités sociales. Chaque réforme a été utilisée comme un prétexte pour renforcer le pouvoir de certains groupes politiques au détriment de la majorité du peuple. Aujourd'hui, une nouvelle constitution nous est présentée, et ses partisans vendent au grand public l'idée qu'elle renferme des solutions magiques permettant de moderniser un État haïtien qui, malheureusement, a cessé d'exister depuis bien longtemps. Cependant, derrière ces discours enjôleurs se dissimulent des intentions moins avouables : assurer la pérennité d'un système politique qui a démontré son incapacité à répondre aux besoins de la population. En réalité, comment peut-on croire qu'une réforme constitutionnelle garantirait la démocratie, même dans sa forme libérale, dans un pays où les politiques publiques sont systématiquement entravées par des gouvernements étrangers ou des institutions internationales ? Le projet de réforme constitutionnelle actuellement sur la table est une imposture politique qui se distingue par son caractère inédit. Des dirigeants parachutés par une Communauté internationale au rôle controversé, dépourvus de toute légitimité populaire, prétendent réécrire la Charte fondamentale du pays. Cette démarche est non seulement irrecevable, mais elle reflète également les ambitions des élites nostalgiques du "bon vieux temps" des Duvalier, ainsi que celles d'une classe politique opportuniste et déconnectée, terrifiée à l'idée d'une véritable participation citoyenne. Comment justifier une telle entreprise, alors que ses promoteurs, qu'ils soient présents ou passés, n'ont jamais appliqué la Constitution de 1987 ni permis le fonctionnement effectif des institutions censées réguler notre vie collective ? Un exemple criant parmi tant d'autres est l'élimination de l'Institut chargé de la Réforme Agraire. Le message est clair : le peuple ne compte pas ! Le texte proposé par ces architectes de destruction nationale, concentre les pouvoirs entre les mains de l'exécutif, notamment du président. Les organes de contrôle, tels que le Parlement, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, ainsi que le système judiciaire, sont réduits à des rôles symboliques, vidés de toute capacité réelle à contrebalancer les dérives autoritaires du monstre créé. Les mécanismes de participation populaire tels que les Assemblées, déjà fragiles, sont supprimés, affaiblissant systématiquement les lieux de contre-pouvoirs. Ce projet donne naissance à un exécutif hypertrophié, concentrant entre les mains du président des pouvoirs quasi absolus. Dans ce modèle présidentiel à outrance, le président devient une figure déifiée, un " après-Dieu" dans le paysage politique haïtien. Propagande politique Le Nord, devenu la destination privilégiée du monde des affaires fuyant l'enfer de l'Ouest, s'impose désormais comme la capitale de la propagande politique gouvernementale. Dès le début de la semaine, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a rencontré des affairistes politiques et la presse dans une campagne minutieusement orchestrée, marquée par une froideur méthodique. Des délégations soigneusement préparées sillonnent la région, vantant les mérites d’un projet protégeant uniquement les intérêts des puissants. Ces porte-parole du désastre présentent la réforme comme un remède miracle aux maux qui rongent le pays. Pourtant, c'est une solution illusoire à des problèmes systémiques profondément enracinés. Mais, derrière ce discours se cache une véritable affaire juteuse : les per diem. Ils s'accumulent et deviennent un enjeu central de ce business politique. Ces indemnités journalières, qui profitent principalement aux acteurs politiques du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et les conseillers, aux institutions publiques autonomes d'autrefois, aujourd'hui transformées en instruments de pouvoir au service de l'exécutif, ainsi qu'aux représentants gouvernementaux, sont perçues comme une source de revenus facile. De leur côté, certains politiciens opportunistes, maîtres dans l'art de la manipulation, incitent ouvertement les jeunes à s'inscrire comme membres des structures communales et départementales du Conseil Électoral Provisoire (CEP) pour constituer les bureaux référendaires. Ces appels, véritable opération de séduction, sont orchestrés sans aucune considération éthique, loin de toute intention de responsabiliser les jeunes ou de les intégrer dans un véritable projet national haïtien. Bien au contraire, ils se présentent comme une forme d'embauchage visant à exploiter leur précarité et leur désespoir, comme font les gangs. À court terme, cette démarche instrumentalise les jeunes pour qu'ils valident une Constitution conçue uniquement pour renforcer les privilèges des élites corrompues. Contre les dangers de la réforme : résistance et mobilisation L'avenir d'Haïti ne peut être confisqué par un projet conçu pour consolider les privilèges d'une élite corrompue. Ce projet cynique de réforme constitutionnelle bafoue l'émancipation collective et s'inscrit dans une dynamique visant à perpétuer un système politique autoritaire, un ordre élitiste et dépendant. La Constitution de 1987, bien qu'imparfaite, reste un socle construit sur les sacrifices des générations passées. La remplacer par une réforme imposée et déconnectée des besoins populaires reviendrait à trahir cet héritage. Sous couvert de discours sur la modernisation et le renforcement institutionnel se dissimulent des intentions bien moins nobles : garantir la pérennité d'un pouvoir centralisé au service d'intérêts particuliers. Cette démarche constitue une tentative dangereuse de redéfinir les fondements de notre société, au mépris des valeurs d'indépendance et de justice qui ont façonné l'identité collective du peuple haïtien. Au lieu d'investir des ressources dans une réforme qui ne ferait que renforcer un système déjà défaillant, il serait plus pertinent de concentrer les efforts sur la sécurisation du pays. Cela passe notamment par une réforme profonde des forces de sécurité et par l'implication active de la société civile dans la lutte contre la gangstérisation. Ce projet n'est rien d'autre qu'une étape supplémentaire dans la captation du pouvoir par une minorité au détriment de la majorité. Face à ce théâtre macabre, une résistance collective et déterminée s'impose. Le peuple haïtien, ses organisations citoyennes et ses forces vives doivent s'unir pour défendre non seulement la Constitution de 1987, mais aussi l'idéal d'une Haïti libre, souveraine et juste. L'histoire nous enseigne que les peuples qui résistent avec courage et détermination finissent toujours par triompher. Il est impératif de rejeter cette réforme et d'exiger des autorités qu'elles accordent une priorité absolue au combat contre l'insécurité et la corruption qui gangrènent particulièrement le CPT. Le mot d’ordre est clair : "Bandit : zéro tolérance!" BIBLIOGRAPHIE 1- Auguste, Joseph. Les constitutions haïtiennes : Une perspective historique et juridique. Port-au-Prince: Éditions Mémoire, 2004. 2- Constitution de la République d'Haïti (1987). 3- Étienne, Sauveur Pierre. Haïti : les luttes démocratiques et la Constitution de 1987. Montréal: Éditions de l'Université de Montréal, 2011. 4- Lamarre, Jean. Haïti : Histoire constitutionnelle et politique (18041987). Port-au-Prince: Éditions de l'Université d'État d'Haïti, 2010. 5- Manigat, Leslie François. Réflexions sur la Constitution de 1987 : Pour une lecture critique. Port-au-Prince: Éditions Henri Deschamps, 1996. 6- Manigat, Mirlande. L'État haïtien en question : Réflexions sur la gouvernance et la souveraineté. Port-au-Prince: Éditions CIDIHCA, 2007. 7- Morisseau, Lionel. Les fondements du droit constitutionnel haïtien. Port-au-Prince: Éditions Maurice, 1989. 8- Saint-Louis, Bonivert Claude. Essais sur le droit constitutionnel haïtien. Port-au-Prince: Éditions Presses Nationales, 2010. ARTICLES 1- CIDH. Rapport sur les défis constitutionnels en Haïti. Washington D.C.: Organisation des États Américains (OEA), 2021. 2- Corten, André. « Une Constitution sans démocratie : Le cas haïtien ». Revue internationale de politique comparée, vol. 15, no. 1, 2020, pp. 45-67. 3- Pierre, Michel. « La réforme constitutionnelle : Un outil de légitimation ou une menace pour la démocratie ? ». Journal of Caribbean Legal Studies, vol. 5, 2023.
- 2025: Année de la Restitution et d'un Renouveau Démocratique en Haïti - Quelles sont les perspectives pour l'avenir ?
Par : Alain Zephyr, NOTRE EDITORIAL. 1825 : la France a rançonné Haïti. Il est temps de rendre l'argent ! L'année 2025 marquera bicentenaire de l'imposition par la France d'une rançon de 150 millions de francs-or à la République libre et souveraine d'Haïti. Cette rançon odieuse, imposée sous la menace militaire, a récemment été estimée par le New York Times à 560 millions de dollars actuels. Selon les analyses économiques du journal, si cette somme avait été investie dans l'économie haïtienne, elle aurait pu générer entre 21 et 115 milliards de dollars sur deux siècles, soit un montant pouvant atteindre huit fois le PIB actuel du pays. Aussi, elle a représenté une charge financière immense qui a considérablement appauvri le peuple haïtien. En 1789, Haïti était le grenier de la France et représentait les deux tiers du commerce mondial du sucre. Aujourd'hui, Haïti est confrontée à une pauvreté extrême, la plus criante de tout l'hémisphère occidental. Ce contraste saisissant témoigne d'une histoire tumultueuse marquée par l'exploitation coloniale. L'imposition de la rançon par la France constituait une double attaque. Non seulement cette rançon visait à piller les ressources économiques de la nouvelle république, mais elle cherchait également à effacer le symbolisme puissant de 1804, où Haïti devint la première nation noire à gagner son indépendance de manière décisive contre une puissance coloniale européenne. Haïti a été contrainte de contracter un prêt de 30 millions de francs pour payer le premier versement de la rançon. L’emprunt était remboursable en 25 annuités de 1200 francs au premier janvier de chaque année. La France cherchait ainsi à éclipser le souvenir glorieux de l'indépendance haïtienne sous le poids écrasant d'un tribut injuste et exorbitant, symbole d'une domination persistante et du refus d'accepter la pleine souveraineté de la jeune nation. Selon Talleyrand, ministre des affaires étrangères de Napoléon Bonaparte, "L’existence d’une peuplade nègre armée et occupant les lieux qu’elle a souillés par les actes les plus criminels est un spectacle horrible pour toutes les nations blanches." Ces paroles reflètent la peur des Européens face à la propagation des idéaux révolutionnaires et la menace potentielle d'une rébellion d'esclaves réussie en Haïti. La rançon de 1825 illustre cruellement les préjugés raciaux qui imprégnaient la pensée européenne de l'époque. L'universalisme des Lumières, malgré ses idéaux d'égalité et de liberté, restait imprégné des mentalités racistes profondément ancrées dans la société européenne. L'exclusion des personnes non blanches et non européennes de la pleine jouissance de ces droits témoigne des limites et des ambiguïtés de ce mouvement. L'aspiration à la liberté des "va-nu-pieds" de 1804 s'accordait mal avec cette vision du monde. Par son refus des différences, l'universalisme a pu ouvrir la voie à l'impérialisme culturel de l'Occident, en légitimant l'imposition de ses propres modèles au reste du monde. Cette contradiction met en lumière le rôle central, et souvent occulté, de l'esclavage dans la constitution de la modernité occidentale. L'exploitation des populations asservies a non seulement permis l'accumulation de richesses considérables, mais a aussi profondément façonné les structures économiques et sociales de l'Occident. Portés par l'élan d'un renouveau démocratique et forts de leur droit inaliénable à l'autodétermination, les mouvements sociaux haïtiens s'apprêtent à réclamer, en 2025, la restitution de la rançon extorquée par la France. Cette exigence de justice historique s'inscrit dans un contexte où la domination et l'exploitation des peuples non-européens étaient légitimées par des théories raciales fallacieuses, révélant une vision profondément biaisée et discriminatoire des Haïtiens par les puissances coloniales. L'heure est venue de réparer cette injustice historique et de reconnaître la contribution inestimable d'Haïti à la liberté humaine universelle. Vers un renouveau démocratique Par ailleurs, l'année 2024 a été marquée par une exacerbation des multiples crises qui affectent le pays. La situation, déjà précaire, s'est considérablement détériorée sur les plans économique, humanitaire, sécuritaire et politique, plongeant les citoyens dans une précarité croissante. En effet, la crise économique en Haïti est alarmante. L'économie haïtienne n'a pas connu de croissance en 2024. Au contraire, elle a subi une contraction, c'est-à-dire un recul de son activité économique, qui se situe entre -1,9 % et -4 %. Depuis 2020, Haïti a subi une perte de richesses de 11,1 %, ce qui représente des millions de dollars qui n'entrent plus dans l'économie locale. Cette chute économique impacte gravement des secteurs vitaux comme la santé, l'éducation et les infrastructures, compliquant la vie quotidienne des Haïtiens. L'inflation atteint des niveaux historiques, avec une augmentation des prix des denrées alimentaires de 50 % en moins d'un an. La situation humanitaire demeure également préoccupante. Environ 700 000 personnes sont actuellement déplacées, représentant une hausse de 22 % par rapport aux années précédentes. La faim et la malnutrition ont explosé, avec des conséquences dramatiques, notamment pour les enfants. Selon les Nations Unies, près de la moitié de la population (4,9 millions de personnes) souffrait d'insécurité alimentaire aiguë en 2024. Les pénuries de carburant, de médicaments et de produits de première nécessité se sont intensifiées, affectant durement la vie quotidienne des haïtiens. Le pays fait face à une dégradation profonde de la sécurité . Les gangs prennent le contrôle de plus en plus de territoires, laissant la sécurité publique presque inexistante. Entre septembre et octobre 2023, trois massacres ont eu lieu, causant plus de 400 morts. Les effets de cette crise se font sentir dans tous les aspects de la vie quotidienne. Les écoles ferment leurs portes, les commerces luttent pour survivre, et de nombreux Haïtiens vivent dans une angoisse constante pour leur sécurité et celle de leurs proches. Les autorités se sont montrées incapables de rétablir l'ordre et de garantir la sécurité de la population. La police, sous-équipée et démoralisée, est dépassée par la situation. Enfin, la crise du populisme alimente et amplifie les autres crises que traverse Haïti. L'héritage toxique du populisme se manifeste aujourd'hui par un État faible, des gangs omniprésents et une violence endémique. Les dirigeants politiques haïtiens sont largement responsables de la crise multidimensionnelle. Leur manque de leadership et d’efficacité contribue largement au chaos en cours. La politique devrait être au service de la population, mais en Haïti, cette mission semble souvent oubliée. Les besoins urgents en matière de sécurité, de justice et de dignité demandent des actions immédiates, pertinentes et durables. Malheureusement, les populistes au pouvoir se complaisent dans l'inaction, la démagogie et l'ingérence étrangère, ignorant les souffrances et les desiderata du peuple haïtien. Que la nouvelle année vous rapproche de vos objectifs ! Pour sortir de cette spirale de crises, Haïti a besoin d'un renouveau démocratique. Les crises économiques, humanitaires, sécuritaires et politiques exigent une réponse coordonnée axée sur le bien-être des citoyens. Haïti a besoin d'un véritable sursaut national pour relever les défis immenses auxquels le pays est confronté. Rompre avec le populisme, reconstruire un État fort, mettre en place une démocratie qui répond aux aspirations du peuple et promouvoir un nouveau leadership sont des étapes essentielles pour garantir un avenir plus juste, plus sûr et plus prospère pour tous les Haïtiens. Nous sommes face à un tournant historique. Saisissons cette opportunité pour reconstruire Haïti sur des fondations solides. La lutte pour la restitution, la sécurité et la paix est un défi majeur, mais il est à notre portée. Avec un engagement sincère, des efforts conjoints et une foi inébranlable en l'avenir, Haïti peut tourner la page et entrer dans une nouvelle ère de paix et de prospérité .











