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- Avec la disparition d'Anthony Phelps, la poésie haïtienne voit s'éteindre l'une de ses étoiles les plus éclatantes
Par : Wilfrid Supr én a. Wow …quelques semaines seulement après Frankétienne! Sur cette photo de 1962 publiée plus haut, l’homme à la pipe qu’on a cru être Jean Do est bien Anthony Phelps dans sa prime jeunesse. Il vient lui aussi de tirer sa révérence. L’étau se resserre de plus en plus sur cette génération de patriotes lettrés qui ont fait du patriotisme, du progressisme et du socialisme leur cheval de bataille ‘ange de la mort aujourd’hui, en son centre, s’active pour enforcer son glaive impitoyable dans le cœur de ces justes qui ont vu juste vivant et mourant en justiciers pour la Renaissance de cette terre où la Liberté flétrie aujourd’hui fleurira coûte que coûte demain. Ils s’en vont les uns après les autres. Les patriarches. Les Aînés ayant défié la dictature qui a raffermi la base de cet état “ failli et défaillant” à l’article de la mort aujourd’hui… Ils ont joué leur rôle de guides et d’éclaireurs avisés : Dans la chaleur torride des étés Haïtiens … desséchants et pulvérisants mais vivifiants… Dans le froid glacial et repoussant Mais créatif des pays du Nord. Anthony, tu es Parti, loin de ta terre Natalie. “La saison est désespérément plus triste” ... “Le temps, impavide,,est venu et reparti”. ” Ton pays n’a pas' encore cessé de parler par signes”... Pis! On ne se parle même plus. On se tait et on regarde passer le temps. Le cœur en lambeaux. La conscience brisée.
- Le DHS revoit la prolongation du TPS pour Haïti et accélère la période d'enregistrement.
Blog d'Ogletree Deakins Par Claudia P. Martorell et Geeta M. Shah. Le 24 février 2025, la secrétaire du Département de la sécurité intérieure des États-Unis (DHS), Kristi Noem, a modifié la période de prolongation et de désignation du statut de protection temporaire (TPS) pour Haïti et a accéléré la période d'enregistrement initiale pour les nouvelles demandes dans le cadre de la nouvelle désignation du 3 février 2026 au 3 août 2025. Bref Rappels En juillet 2024, le TPS pour Haïti a été redésigné et prolongé jusqu'au 3 février 2026. La secrétaire du DHS, Kristi Noem, a reconsidéré et annulé partiellement la décision de 2024, réduisant la période de désignation et de prolongation de dix-huit mois à douze mois. La période d'inscription initiale pour les nouveaux candidats au titre de la désignation 2024 et de la prolongation du TPS Haïti 2024 restera en vigueur jusqu'au 3 août 2025. Le 24 février 2025, les services de citoyenneté et d'immigration des États-Unis (USCIS) ont publié dans le Federal Register une annulation partielle de la décision TPS 2024 pour Haïti. L'annulation partielle réduit la période de désignation de dix-huit mois à douze mois, la nouvelle prolongation et désignation du TPS devant expirer le 3 août 2025, au lieu du 3 février 2026. L'USCIS appliquera une date d'expiration du 3 août 2025 à toutes les demandes d'autorisation d'emploi, d'inscription initiale et de réinscription déposées conformément à l'avis du 1er juillet 2024 qui sont toujours en attente auprès de l'agence. Les documents liés au TPS précédemment approuvés qui montrent une expiration au 3 février 2026 ne seront pas rappelés par l'USCIS mais resteront valables uniquement jusqu'à la fin de la nouvelle période de désignation du TPS le 3 août 2025. L'avis stipule que tous les employeurs et les agences gouvernementales fédérales, étatiques et locales (y compris le Département des véhicules motorisés) doivent mettre à jour leurs dossiers pour refléter la nouvelle date d'expiration du 3 août 2025 pour les documents liés au TPS d'Haïti. Si un employeur ou une agence reçoit un document d'autorisation d'emploi (EAD) avec les codes de catégorie TPS A12 ou C19 qui doit expirer le 3 février 2026, l'employeur ou l'agence doit enregistrer la date d'expiration antérieure du 3 août 2025. Le DHS a initialement désigné Haïti pour le TPS le 21 janvier 2010, à la suite d'un tremblement de terre dévastateur de magnitude 7,0. Le Département d'État et le DHS ont mené un examen initial des conditions en Haïti et ont déterminé que l'ampleur des destructions et les défis humanitaires présents constituaient des conditions extraordinaires et temporaires, empêchant les ressortissants haïtiens (et les personnes sans nationalité qui résidaient en dernier lieu en Haïti) de rentrer en toute sécurité. Le DHS a redésigné et prolongé le TPS pour Haïti en 2011, 2013, 2015 et 2017. Le 18 janvier 2018, le DHS a annoncé la fin de la désignation du TPS, notant que les conditions en Haïti ne justifiaient plus cette désignation. Pour permettre une transition ordonnée, le DHS a fixé la date de fin au 22 juillet 2019. Toutefois, en raison de multiples poursuites judiciaires contestant la cessation du programme, le DHS a indiqué qu'il « continuerait à prolonger les avantages et les documents si nécessaire pour se conformer aux décisions judiciaires ». Le 3 août 2021, le DHS a annoncé une nouvelle désignation de dix-huit mois du TPS pour Haïti. Cette désignation permettait aux ressortissants haïtiens (et aux personnes sans nationalité qui résidaient en dernier lieu en Haïti) de déposer des demandes initiales de TPS s'ils résidaient aux États-Unis au 21 mai 2021 et remplissaient les conditions d'éligibilité. Le DHS a désigné Haïti pour le TPS en raison de conditions graves et extraordinaires, notamment de graves problèmes de sécurité, des troubles sociaux, une augmentation des violations des droits de l'homme, une pauvreté paralysante et un manque de ressources de base, qui ont tous été exacerbés par la pandémie de COVID-19. Le DHS a prolongé et redésigné le TPS pour Haïti en 2023, puis à nouveau en 2024, la désignation étant valable jusqu'au 3 février 2026. Cependant, en annulant partiellement la prolongation et la désignation de 2024, la secrétaire du DHS, Noem, a invoqué des problèmes de sécurité nationale ainsi que l'évolution des conditions en Haïti. Elle a également souligné l'absence d'explication justifiant le choix d'une prolongation de dix-huit mois, plutôt que de six ou douze mois. Prochaines étapes La secrétaire du DHS Noem devra examiner les conditions actuelles en Haïti pour évaluer si elles continuent de répondre aux exigences de la désignation TPS. Cet examen doit avoir lieu au moins 60 jours avant la fin de la période de prolongation en cours. Par conséquent, l'agence est tenue d'annoncer sa décision concernant la prolongation ou la résiliation du TPS pour Haïti d'ici le 4 juin 2025. Si aucune décision n'est prise avant cette date limite, la désignation de 2024 sera automatiquement prolongée de six mois supplémentaires au-delà de sa date d'expiration du 3 août 2025. Si le TPS pour Haïti est résilié, les bénéficiaires doivent obtenir un statut d'immigration alternatif et une autorisation de travail avant la date de résiliation applicable pour rester aux États-Unis. Le groupe de pratique en matière d'immigration d'Ogletree Deakins continuera de suivre l'évolution de la situation et publiera des mises à jour sur le blog sur l'immigration à mesure que des informations supplémentaires seront disponibles. Traduction: NOVAVOX L'article original a été publié en anglais : https://ogletree.com/insights-resources/blog-posts/dhs-revises-haiti-tps-extension-accelerates-registration-period/
- Pozisyon yon ansanm òganizasyon ak rezo òganizasyon nan peyi a ak nan dyaspora a sou Konstitisyon, Konferans Nasyonal ak Referandòm KPT a
Par : Biwo Swivi Akò Montana. Nou menm, òganizasyon ak rezo òganizasyon ki siyen nòt sila a, nou deside leve vwa nou byen wo pou nou di pouvwa anplas la ak alye l yo nan nivo entènasyonal ak lokal ki enplike nan destriksyon Leta a pou yo ka rive nan defalke Nasyon an, nou di yo KANPE la ! Kanpe sou seri zak trayizon kont Nasyon an y ap ekzekite nan jan y ap chache depatcha Manman Lwa peyi a nan anons yon referandòm san pye ni tèt. Sou kesyon Konstitisyon an Apre popilasyon an fin goumen pou sòti anba 30 lane diktati Duvalier yo, kote peyi a t ap sibi tout kalite tribilasyon, represyon, esklizyon, pèsekisyon politik ak soufrans lamizè, nan lane 1986-1987 yo, sosyete a mobilize nan yon pwosesis patisipasyon ak anpil deba piblik, li fè pòtapòt, nan kè kontan, li bay tèt li yon zouti kote li deside li menm kijan pou sosyete a òganize, ki peyi ak ki kalite Leta li vle. Konstitisyon 1987 la se mak fabrik divòs ki fèt ak ansyen sistèm lan nan tout sa l te reprezante. Likraze relasyon tradisyonèl ant Leta a ak Nasyon an. Li eksprime yon peyi kote kilti ak idantite pèp ayisyen an, Vodou ak lang kreyòl la pran plas donè yo. Se yon Konstitisyon ki definì Larepiblik kòm yon repiblik sosyal, ki chita sou sa yo rele ekonomi solidè ki tabli sistèmkoperativ. Yon konstitisyon ki konsakre Desantralizasyon peyi a epi kwape koze Repiblik Pòtoprens lan, kote rejyon yo, atravè Asanble Depatmantal yo vin gen pouvwa pou deside kijan y ap administre tèt yo epi defini avni yo. Yon konstitisyon ki afime peyizan yo -fanm kou gason- ak kominote riral yo dwe patisipe nan jesyon Leta a, nan nivo lokal, anndan seksyon kominal yo, anndan komin yo, anndan AZÈK ak KAZÈK ak nan Konsèy Kominal ak Konsèy Depatmantal. Yon konstitisyon ki tabli endepandans lajistis kote se pa favè pouvwa Ekzekitif la ki pèmèt yon sitwayen-fanm kou gason- rive jij. Yon konstitisyon kote separasyon twa (3) Pouvwa Leta yo, relasyon Leta a ak Nasyon an, relasyon Leta souvren an ak entènasyonal la tabli klè. Konstitisyon 1987 la se ekspresyon souvrènte nasyonal peyi a. Souvrènte sa a deklare solanèlman nan premye fraz Konstitisyon an : « Le Peuple haïtien proclame la présente constitution: ». Kidonk, Konstitisyon se pa jis yon dokiman, yon disètasyon sou papye. Se Manman Lwa yon peyi, se kontra antite politik ki rele Pèp la siyen ant tout kategori sosyal li yo pou mete kanpe Leta e kote li presize nan ki kad, nan ki pwosesis kontra sa a ka modifye. Se pa zafè kèk grenn « ekspè » nan koze lalwa, kèk dirijan politik ou byen kandida, ki fèmen kò yo nan biwo paske yo deside se yo ki konnen sa ki bon pou peyi a, paske dapre yo pèp la li menm pa gen kapasite. Epi yo fè yon antant antre yo, yo ba l non « revizyon konstitisyonèl », ki se pwolonjman menm metòd ak menm pwojè entènasyonal la te bay defen Prezidan Jovenel Moïse ekzekite. Si sikonstans politik, sosyal ak ekonomik lan ta mande kèk ajisteman, gen yon sèl fason, lè pa gen Palman pou sa ka fèt komsadwa, se sèl Pèp la ki pou retounen di sa l vle. Se nan respè prensip transparans ak patisipasyon sa a Akò 3 avril 2024 la presize Kesyon Konstitisyonel la (li pa di revizyon, li pa di amandman), li di kesyon konstitisyonèl la dwe diskite epi deside anndan Konferans Nasyonal la. Se sèl fason pou sa ki gen pou fèt nan Konstitisyon an respekte frazfondamantal e solanèl sa a «Le Peuple haïtien proclame la présente constitution:». Sou swadizan Konferans Nasyonal la San okenn transparans ki se mak fabrik pouvwa anplas la, nan akonplisman koudeta kont Akò 3 avril la, san okenn respè pou mekanis konsiltasyon ki nan Akò a, an tizanmi, KPT a monte yon Komite pilotaj pou Konferans Nasyonal la kote yo mete kòm responsab li yon ansyen Premye minis ki gen afilyasyon politik li, ak yon seri lòt pakapala k ap feraye depi sou Jovenel pase nan Ariel rive sou KPT a. Nan kalite kriz grav konjonktirèl, estriktirèl, istorik peyi dAyiti ap viv la, Akò 3 avril la prevwa yon Konferans Nasyonal k ap kreye kondisyon pou popilasyon an pale ak tèt li pou li ranmase desten l, nan kad òganizasyon yon kokennchenn twoke lide demokratik ak popilè. Se yon espas pou pawòl la pale piblikman, libelibè nan mitan tout kategori sosyete a, pou nou konprann poukisa pwojè demokratik Konstitisyon 87 la pa janm aplike, e pou ansanm nou rive geri soufrans istorik nou menm jan ak soufrans n ap sibi nan vyolans ki vin pi grav nan dènye lane sa yo. Konferans nasyonal la se yon espas refleksyon ak desizyon k ap pèmèt nou wè kijan jodi a n ap mete bout ak sistèm sosyal, politik ak ekonomik ki chita sou tout kalite fòm vyolans, pou nou ranfòse kilti dyalòg ak konsansis, epi redefini règ jwèt demokratik la pou kite yon peyi pi estab ak pi jis pou jenerasyon k ap vini yo. Se nan espas Konferans nasyonal la pou n al chèche ansanm, prensip pou refonde Leta a ak sosyete a pou pèmèt tout moun viv tankou moun nan diyite yo, nan respè youn pou lòt, nan byen viv youn ak lòt, pou lapè tabli. Konferans nasyonal la se sèl fason pou pèp la vin aktè prensipal sou sèn politik, ekonomik ak sosyal yon ti gwoup moun fè dappiyanp sou li a. Sa Komite pilotaj sa a ap fè la a, se yon lòt zak trayizon kont Nasyon an nan yon gwo manti y ap bay peyi a, yon fo konferans nasyonal. Se ak yon konpayi prive yo siyen kontra pou òganize sa yo pa pè rele Konferans nasyonal la! Y ap monte desann an kachèt nan kèk gwo lotèl pou fè konprann se konferans nasyonal y ap pilote. Vrè òganizasyon istorik yo, ki anndan peyi a kou nan dyaspora a, ki gen lontan ap goumen sou teren an, pa janm gen okenn enfòmasyon sou okenn rankont. KPT a ki ba Komite a misyon trèt sa a lage nan men yo yon bidjè 5 milyon dola amerikenpou yo gagote, pandan chak manb ap touche pou piti 700 mil goud pa mwa. Menm nan mitan yo,se konfli, se tansyon, se denonsyasyon koripsyon, yo pa menm ka fè dyalòg antre yo alewè pou yota ka fè peyi a chita ansanm. Konstitisyon tounen yon lamayòt nan bwat Komite pilotaj sa a. Sou referandòm lawont Konsèy Elektoral Pwovizwa konteste KPT a Pandan magouy sa yo ap deplwaye, Konsèy Elektoral Pwovizwa konteste KPT a, ranmase epi revandike eritaj entènasyonal la te bay Jovenel Moise ekzekite a, pou anonse yon referandòm lawont. KPT, Premye minis, manm gouvènman, Komite pilotaj Konferans Nasyonal, KEP konteste ansanm ak yon pati nan entènasyonal la ak gwo potanta yo pwofite sitiyasyon laterè, laperèz, vyolans, move lavi gang yo mete popilasyon an, pou yo chèche fè nou vale koulèv referandòm lamayòt la. Anplis koripsyon, enkonpetans, ak mank volonte pou frennen tren ensekirite a, KPT a ak alye li yo ap pase yon vitès siperyè nan mete kanpe pwòp pwojè politik pa yo ki depaman ak enterè peyi a. Ak pwojè referandòm sa a, se yon lòt kalite zak trayizon k ap fèt kont souvrènte Pèp ayisyen an. Nou menm òganizasyon ak rezo òganizasyon ki siyen nòt sa a nou leve vwa nou pou n di NON ! Konplo sa a, krim trayizon sa a kont Nasyon an pap pase! Apèl pou bloke pwojè ansasinay Nasyon an Nou lanse yon apèl bay tout sitwayen, fanm kou gason, tout pwogresis, tout patriyòt, tout mounki kwè nan avni peyi a e pa sèlman nan avni pèsonèl yo, pou nou mete fòs nou ansanm, pou nou mobilize kont kou final sa a fòs fènwa yo ap pare pou bay Pèp ayisyen an, ansanm ak Istwa l ak idantite l ! Se yon Konplo pou mete peyi a nan yon kriz k ap pi grav toujou. Konplo sa a pa dwe pase ! Se yon devwa sitwayen pou nou Leve Kanpe. Nou lanse yon apèl espesyal bay tout sitwayen -fanm kou gason- ki nan tout laprès, medya anliy yo, jounal, radyo ak televizyon yo pou yo bay rèl nou eko pou kou final sa a pa pase. Se paske medya yo te jwe yon wòl enpòtan anpil nan lane 1986-1987 yo nan akonpaye popilasyon an nan lit la ki fè chimen demokrasi ak libète lapawòl la te rive louvri. Sitwayen, Sitwayèn, se jodi a menm pou nou louvri kanpay mobilizasyon an. Leve kanpe toupatou nan peyi a ak nan dyaspora a pou di NON ak konstitisyon trafike lamayòt tou pare sa a ! NON ak referandòm lawont lan k ap vin antere nasyon an nèt ! N ap leve kanpe pou nou di nou chwazi kan nou, kan demokrasi a, kan chanjman an pou lonè, diyite ak byennèt Pèp ayisyen an ! Pou otantifikasyon siyati reprezantan -fanm kou gason - 503 òganizasyon ak rezo òganizasyon ki pran pozisyon sa a: Biwo Swivi Akò Montana : Magalie Comeau-Denis Jacques Ted Saint-Dic Ernst Mathurin Ginette Cherubin.
- Yon referandòm bidon pou legalize piyaj resous peyi a, Anmwe bare vòlè.
PAR: Mouvman Demokratik Popilè (MODEP) Guy NUMA/ Elysee Luckner Vil. Mouvman Demokratik Popilè ap suiv ak anpil kè sote zak sasinay byen kalkile pouvwa CPT / Fils Aimé a ap eseye fè sou konstitisyon peyi d Ayiti a. Pouvwa a ap eseye poze zak sa a pandan peyi a ap plonje pifon nan kriz. Gang okipe 2 depatman ki gen plis elektora peyi a. Pèp la kontinye ap plonje pifon nan mizè. Nap raple pou tout moun, konstitisyon 1987 la nan atik 284.3, entèdi tout referandòm ki vize chanje konstitisyon an. Pandan gouvènans Jovenel Moise la, li te mete ak akolit lokal kou entènasyonal li yo pou yo te depatya konstitisyon an san anestezi. Erezman, pèp Ayisyen an ki t ap veye, pat kite zak sasinay sa a fèt. Jounen Jodi a, se brakè CPT a ki mete ak konplis yo pou depatya konstitisyon an. Kounye a se CPT a ak gouvènman Didier Fils Aimé a k ap pote pwojè enperyalis la te bay Jovenel pote a. Kidonk, pouvwa sa a montre aklè li pa nan koze tranzisyon koupe fache. Se nan tranzisyon koupe rache a li ye. Tranzisyon tete lang ak enperyalis la, ak gang epi ak fòs reyaksyonè lokal yo. N ap raple se pa premye fwa peyi enperyalis yo mete ak dirijan lokal yo pou legalize piyaj resous peyi a. Nan lane 1918, pandan lokipasyon meriken nan peyi a (1915-1918), dirijan ameriken yo, pami yo Franklin Delano Roosevelt te ekri yon konstitisyon pou peyi d Ayiti ak pwòp men yo. Nan konstitisyon piyaj sa a, yo te di aklè, etranje gen dwa gen tout kalite byen yo vle nan peyi a. Sa te fèt pou te fasilite epi legalize piyaj konpayi meriken yo t ap fè nan peyi a pandan okipasyon an. Alòske depi sou Desalin, tout konstitisyon yo te anpeche etranje gen byen jan yo pito nan peyi a, yon manyè pou yo te ka pwoteje richès peyi a. Jounen Jodi a, KPT a ak gouvènman Alix Didier Fils Aimé a, pran angajman ak yon komisyon yo mete kanpe ki gen nan tèt li plizyè moun ki gen move repitasyon pou depatya konstitisyon an pou ede leta meriken rale konstitisyon yo ki deja kache nan bwat nwa anbasad meriken nan peyi a. Mouvman Demokratik Popilè (MODEP) rele anmwe anmwe kont zak sasinay sa a, KPT a ak gouvènman Alix Didier Fils Aimé a ap pare pou fè sou konstitisyon an. MODEP mande tout Ayisyen konsekan ki kwè nan peyi a, kit yo ann Ayiti, kit yo nan dyaspora a pou yo leve kanpe pou bare kelkeswa asasen ki vle asasinen konstitisyon an ak yon referandòm bidon. Priyorite a jounen Jodi a se pa referandòm ni chanjman konstitisyon. Priyorite a se rezoud pwoblèm ensekirite a, se voye gang yo nan prizon oubyen nan simityè, soulaje mizè popilasyon an epi ogmante salè travayè ak travayèz yo anvan nou rive nan koze eleksyon. Si KPT a ak gouvèlman Fils Aimé a paka rezoud pwoblèm sa yo, yo mèt tou koumanse mare pakèt yo anvan pèp la choute yo. Nan sans sa a, nou mande : Pou KPT a ak gouvènman Alix Didier Fils Aimé a kanpe prese prese sou zak sasinay yo vle fè sou konstitisyon an ak tout referandòm bidon an Pou komisyon ki anchaje pou ede pouvwa a asasinen konstitisyon an kanpe sou tout deba konplo k ap fèt anba chal pou planifye zak sasinay sa a. Nou pwofite mande pèp la nan kat kwen peyi a ak nan dyaspora a, pou yo bat chal bari dèyè tout moun k ap fè deba anba chal sou konstitisyon an menm jan yo te fè sa sou Jovenel Pou KPT a ak gouvènman an mete sou kote 3 brakè deklare yo ak tout lòt brakè, vòlè nan leta a pou mete yo aladispozisyon lajistis Pou pouvwa a ogmante prese prese salè tout travayè ki nan antrepriz prive yo ak tout travayè ki gen ba salè nan leta a
- Il était une fois Port-au-Prince…
Par: Michel Legros, Sitwayen pou Respè Konstitisyon. Peinture de Karline Ch é rie Belizar En guise d’introduction Haïtiennes et Haïtiens, pouvez-vous croire que, dans cette Haïti que nous avons connue, ces jeunes hommes, des marginaux issus des ghettos, s'adonnant autrefois au petit banditisme, souvent comme hommes de main de policiers corrompus, auraient pu, sans la complicité même tacite de l'international, ériger en deux ans cette formidable armée triomphante qu'ils sont aujourd’hui ? Je vous invite à y réfléchir. Apocalypse Now Mardi 25 février, les faits parlent d’eux-mêmes. Delmas 30 est tombé, massacres et incendies systématiques se poursuivent. Le bilan provisoire fait état de deux morts parmi les FADH et de milliers de nouveaux réfugiés. Plus question de conter ces histoires de retour des déplacés. Quelques heures plus tôt, à Tabarre 27, c'était le même scénario. Pendant que Viv Ansanm gagne du terrain, le syndicat SPNH-17 de la PNH menace ce qui nous reste d’État et manifeste devant le siège des autorités de la transition. Des appels à la mutinerie circulent, et un influenceur, ignorant toute hiérarchie, ne s'adressant même pas aux institutions mais directement aux policiers et aux soldats, les exhorte à un coup d’État. D’autres réclament l’arrestation pure et simple des conseillers présidentiels. Et comme si cela ne suffisait pas, un mot d’ordre de grève générale, sans suite, était lancé pour les 24 et 25 février, dans un pays où tout est déjà à l’arrêt. Un monde s’effondre. On perd la tête. On panique. C’est l’anarchie avant l’écroulement final, le sauve-qui-peut général. Comme dirait un vieux camarade : Nou kakit. Nous sommes foutus. Hélas, il était une fois Port-au-Prince… sacrifié à la barbarie par Joe Biden et António Guterres. Après Delmas 30, prolongement naturel de Christ-Roi, la prochaine étape vers Pétion-Ville sera Delmas 32, puis 40, 48, 75... Pendant ce temps, nos "présidents", véritables représentants des parties prenantes, ne cherchent qu’à prendre toujours plus, se partageant la dépouille de la République, indifférents à l’avancée des gangs. Une fois la conquête de Port-au-Prince achevée, ils s’envoleront en hélicoptère vers une autre ville ou fuiront tout simplement vers d’autres cieux. J’accuse António Guterres António Guterres est le maître du chaos et de la manipulation en Haïti. Depuis longtemps, je l’accuse d’être l’un des principaux architectes de ce désastre. Lors du sommet de la CARICOM à la Barbade, il a le 17 février présenté un nouveau plan hybride, combinant la mission kenyane avec un fonds fiduciaire sous contrôle onusien, officiellement destiné à financer la logistique et les salaires des forces déployées. Mais derrière cette façade sécuritaire, l’ONU poursuit un objectif bien connu : préserver une rente financière. Un fait troublant demeure : la coïncidence entre le discours de Guterres et la recrudescence des violences des gangs. La semaine dernière, deux jours avant l’annonce de son plan, Haïti a été ensanglantée par l’offensive de la coalition Viv Ansanm, qui a semé la terreur à Fort National, Solino, Pouplard et Nazon, après Colette et Kenscoff, laissant derrière elle un cortège de morts. Hier, c’était Tabarre. Aujourd’hui, c’est Delmas 30 et son flot de nouveaux réfugiés. Les gangs ne se contentent plus de défier l’État : ils mettent en déroute la PNH, la squelettique FADH, et même la MSS, tant vantée par Antony Blinken comme un gage de stabilité pour la reconquête territoriale, mais qui, au fond, ne sert qu’à enrichir la mafia onusienne, et pour laquelle António Guterres se démène sans relâche afin de lui trouver des fonds. À cela s’ajoute l’exécution de dix fidèles adventistes par Vitelhomme – un message de terreur envoyé au moment même où l’ONU prépare son prochain coup. Peut-on encore parler de coïncidence ? Ou ces gangs, soi-disant incontrôlables, ne sont-ils que les exécutants d’un plan bien défini ? L’ONU ne se contente pas d’observer la crise haïtienne : elle la gère, l’exploite et l’amplifie selon ses propres intérêts. Le plan hybride de Guterres, mêlant forces étrangères et contrôle financier onusien, n’a qu’un seul objectif : assurer un flux monétaire constant à l’organisation tout en maintenant Haïti dans une dépendance totale. Son discours à la Barbade en est l’illustration parfaite. Tandis qu’il parle de démocratie et de stabilité, Port-au-Prince sombre sous une nouvelle vague de violences. La souffrance du peuple haïtien devient un levier politique, un prétexte pour justifier des interventions lucratives. Haïti doit briser le cycle de la manipulation onusienne Ce n’est pas la première fois que j’alerte sur cette supercherie. Haïti ne peut plus servir de laboratoire aux expérimentations douteuses de l’ONU, ni de vache à lait pour son industrie humanitaire. Il est temps d’ouvrir les yeux : la solution ne viendra ni des États-Unis ni de l’ONU. Elle passe par une reprise en main souveraine du pays par ses propres forces. Le peuple haïtien doit refuser d’être un pion dans un jeu où seuls les maîtres du chaos trouvent leur compte. Souvenons-nous que Solino a résisté pendant trois années. Preuve que si l’étranger avait voulu aider efficacement, il en avait largement le temps. Face à l’effondrement de l’État et à l’ingérence qui ne fait qu’alimenter le chaos, il est urgent de convoquer une conférence réunissant les acteurs nationaux pour définir une stratégie de reconquête et de restauration de l'autorité de l'Etat. Ce rassemblement serait l’occasion de poser les bases ďune gouvernance souveraine mettant fin au cycle destructeur de la dépendance et des manipulations étrangères.
- CPT: Conseil de Protection des Truands ; les mafieux se jugent et s'auto-amnistient.
PAR: Hugue CÉLESTIN, Membre de: Federasyon Mouvman Demokratik Katye Moren (FEMODEK), Efò ak Solidarite pou Konstriksyon Altènativ Nasyonal Popilè (ESKANP). Conseil de Protection des Truands Dans le dernier acte de la comédie de l'impunité haïtienne, la Cour d'Appel de Port-au-Prince a, le 19 février 2025, annulé avec empressement les mandats de comparution visant Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin et Louis Gérald Gilles. Ces trois présidents du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) préfabriqué, étaient pourtant au cœur d'un scandale de corruption, directement impliqués dans une tentative d'extorsion de 100 millions de gourdes auprès de l'ex-président de la Banque Nationale de Crédit (BNC), Raoul Pierre-Louis, en échange de son maintien en poste. Quel non-sens ! Et que dire des autres personnes incriminées ? Seront-elles un jour jugées pour la forme et condamnées sans procès, juste pour mieux justifier l'innocence des trois acquittés ? Fidèle à sa clairvoyance légendaire, la Cour a estimé que le juge d'instruction Benjamin Félismé n'avait pas compétence pour traiter cette affaire. La raison ? Leur statut de conseillers présidentiels leur accorderait une immunité aussi mystérieuse qu'inébranlable, leur permettant de commettre des actes illégaux en toute impunité. Ainsi, les trois fameux braqueurs échappent à une justice injuste, protégés par l'opacité de leurs fonctions. Ils quittent la scène judiciaire sous les ovations frénétiques de leurs propres acolytes. Un clan de malfaiteurs, une connivence parfaitement rodée. L'histoire récente nous enseigne une vérité implacable: dans la jungle politique haïtienne, l'impunité n'est pas seulement un privilège individuel, c'est un sport collectif. Le verdict rendu par la Cour d'Appel de Port-au-Prince, loin d'être une simple défaillance judiciaire, révèle le pacte d'auto-préservation des membres du CPT. Ce dernier fonctionne comme une organisation secrète où chacun protège les méfaits de l'autre, où la solidarité criminelle prime sur toute notion de justice. Si l'affaire de la Banque Nationale de Crédit (BNC) éclabousse directement Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin et Louis Gérald Gilles, elle met également en lumière le rôle trouble des autres membres du CPT, qui se livrent aux mêmes pratiques sans jamais s'en indigner publiquement. Ce verdict, en plus d'être un affront à l'intelligence, confirme la soumission de l'appareil judiciaire à la mafia politique et économique qui régente Haïti. Loin d'être indépendante, la justice est entièrement aux ordres d'un pouvoir corrompu, garantissant l'impunité des mafieux tout en sacrifiant le peuple haïtien. Dans ce système, l'impunité nest plus une exception, mais une norme inscrite au cœur même du fonctionnement du pouvoir, transformant chaque institution censée protéger le bien public en un espace d'échanges entre criminels en col blanc. Ainsi, les malfaiteurs poursuivent leur œuvre, tissant patiemment leur toile d'influence et de pouvoir, enfermant le pays dans un cercle vicieux où la corruption demeure la seule véritable monnaie d'échange. Le choc ? Augustin et Gilles : deux présidents en devenir ou en attente Les trois mousquetaires du CPT, jamais remis en cause par leurs pairs, poursuivent leur ascension dans l'ombre de leurs privilèges. À l'instar de leurs complices, ils ont amassé un éventail de fonctions et de prérogatives : ministères, ambassades, consulats, secrétairies d'État, directions générales, délégations et vice-délégations... Purifiés même de leurs péchés mortels, ils peuvent, comme tant d'autres, se voir confier la mission de poursuivre sans vergogne leurs manœuvres, s'assurant que leur passage ne laisse aucune empreinte de leurs forfaits, mais une marque indélébile dans l'histoire de l'impunité. Ironie du sort ! Smith Augustin et Louis Gérald Gilles font un retour en force, étrangement protégés par un arsenal redoutable. Qui d'autre pourrait leur ravir leur place dans la farce de la présidence tournante ? Depuis le vendredi 19 février, ils se préparent à prendre le relais, enfilant leur veste de circonstance, se posant en figures incontournables et exhibant leur immunité dans des interviews glamour sur TV5 Monde ou sur les plateaux des Mardis de la Nation. Seront-ils assez créatifs pour inventer un slogan plus percutant que celui du théoricien du budget de la guerre ? Vite, il ne vous reste pas beaucoup de temps pour publier votre slogan dans le grand journal, car le prochain président de la bande dessinée KPT prêtera serment le 7 mars. Le cartel des fossoyeurs de la nation Les institutions de sécurité du pays sont délibérément et méthodiquement affaiblies, offrant ainsi un boulevard aux gangs pour s'emparer des rues et des quartiers. Pendant ce temps, le CPT poursuit ses affaires privées, ses membres se garantissant des placements financiers, planifiant la jouissance de leurs fortunes bâties sur le racket et la corruption. Mais au-delà de l'image d'un pouvoir incompétent et corrompu, nous sommes face à des architectes du chaos, des officiers du désastre, des marchands de l'effondrement national. Ces individus ne sont pas simplement en train de diriger un pays, mais d'enterrer toute idée de progrès et de stabilité. La réalité est implacable : la situation lamentable du pays a systématiquement entravé tout progrès, des élections au processus de référendum. Dans ce contexte de déliquescence totale, une seule solution s'impose : la dissolution immédiate et irrévocable du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Ce gouvernement de fait, complice et irresponsable, doit être évincé avant qu'il n'élimine définitivement toute chance de redressement pour un pays déjà à l'agonie. L'alternative Face à l'irresponsabilité et à l'inefficacité des autorités actuelles, nous réitérons avec force notre proposition: l'Université d'État d'Haïti (UEH), en tant qu'institution nationale de savoir, de réflexion et de responsabilité sociale, doit organiser, dans un délai maximal d'un mois, des consultations nationales larges et inclusives. Celles-ci, devront rassembler des représentants légitimes des forces vives de la nation, élus par une instance de coordination indépendante. Les participants auront pour mission de : Désigner un(e) président(e) de transition sur la base d'un consensus national, un(e) leader qui soit totalement détaché(e) des influences politiques, économiques et étrangères, et qui incarne l'intérêt supérieur de la nation, loin des intrigues partisanes et des manipulations extérieures. Mettre en place un gouvernement de salut public restreint, composé de personnalités intègres et compétentes, dont la mission sera de restaurer l'ordre et la sécurité, d'amorcer une réforme institutionnelle en profondeur et de poser les premières pierres du redressement national dans les domaines économiques, sociaux et politiques. Élaborer une feuille de route claire et ambitieuse, mais réaliste, pour organiser, à moyen terme, des élections véritablement souveraines et démocratiques, libérées de toute ingérence extérieure et de la mainmise du clientélisme politique qui gangrène nos institutions. Chaque jour qui passe plonge davantage le pays dans le chaos et l'abîme. Accepter passivement cette situation catastrophique serait un suicide collectif que le peuple haïtien ne peut se permettre. Rester silencieux, c'est devenir complice de l'effondrement. Il est temps de refuser cette spirale infernale et de reprendre en main notre destin commun
- Voix montantes : L'avenir incertain des Haïtiens touchés par le TPS dans la crise mondiale - Quelles perspectives ?
Par : NOVAVOX/ NOTRE EDITORIAL. Ces derniers temps, les discussions autour du statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens ont atteint leur paroxysme. À mesure que des voix s'élèvent de toutes parts, l'urgence de la situation devient de plus en plus évidente. Des appels convaincants sont lancés pour le rétablissement du TPS, une bouée de sauvetage pour près d'un demi-million d'Haïtiens vivant aux États-Unis. Ce blog vise à mettre en lumière les multiples perspectives entourant cette question urgente et le contexte plus large de la crise en cours en Haïti. Comprendre le TPS et son importance Le statut de protection temporaire (TPS) est un programme humanitaire qui permet aux personnes originaires de pays spécifiques en situation de crise humanitaire de vivre et de travailler aux États-Unis sans être menacées d'expulsion. Cette désignation est essentielle pour de nombreux Haïtiens, compte tenu des graves défis auxquels Haïti a été confronté au cours des dernières décennies. Le tremblement de terre de 2010 a détruit les infrastructures du pays, entraînant une lutte continue pour la stabilité et la sécurité. De plus, l'instabilité politique persistante, la violence des gangs et, plus récemment, la pandémie de COVID-19 ont aggravé ces problèmes. Pour de nombreux Haïtiens, le TPS a fourni un tampon crucial contre les vicissitudes incessantes de la vie dans leur pays d'origine. Voix dissidentes et appel à la réintégration Des experts éminents ont récemment souligné l'urgent besoin de réévaluer la décision de mettre fin au TPS pour les Haïtiens. Parmi ces personnalités, l'avocat Brian Concannon a vigoureusement condamné cette annulation. Dans un article d'opinion poignant paru dans le Miami Herald, Concannon, fort de ses 30 ans d'expérience en Haïti, déclare : « Je n'ai jamais vu une telle souffrance. » Ses paroles résonnent dans un contexte où la situation humanitaire désastreuse est devenue insoutenable. Concannon soutient que la décision de mettre fin au TPS témoigne d'une méconnaissance des réalités vécues par les citoyens haïtiens. Il souligne que la levée de ce statut de protection, en ces temps précaires, entraînerait des difficultés inimaginables pour les personnes touchées. Opinions d'experts : une perspective des droits de l'homme S'inscrivant dans ce débat, G. O'Neill, nommé expert indépendant sur les droits de l'homme en Haïti en 2023 par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, fait écho aux sentiments de Concannon. O'Neill met en lumière les préoccupations humanitaires critiques et souligne la complexité de la situation en Haïti. Il insiste sur le fait que « les conséquences de l'abolition du TPS ont un impact disproportionné sur les populations vulnérables ». La position d'O'Neill adopte une perspective mondiale des droits de l'homme, exhortant le gouvernement américain à reconsidérer sa position sur la base de la nécessité éthique de telles mesures de protection. La crise omniprésente en Haïti Pour comprendre pleinement les conséquences de l'abolition du TPS, il est essentiel d'examiner la crise généralisée qui dévaste Haïti. Cette situation est amplifiée par des bouleversements sociopolitiques majeurs et une violence omniprésente, causant le déplacement de nombreuses personnes. L'ascension des gangs armés a accentué l'insécurité qui affecte le quotidien. De nombreuses familles se retrouvent prises au milieu des conflits, entraînant une augmentation du nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), qui luttent pour accéder aux services de base comme la nourriture, le logement et les soins de santé. Les infrastructures du pays, encore fragilisées par les précédents tremblements de terre et ouragans, rendent toute perspective de stabilité lointaine et incertaine. Perspectives pour les Haïtiens touchés par le TPS Le paysage pour les Haïtiens affectés par la résiliation du TPS est sombre, marqué par une incertitude grandissante. Pour beaucoup, la peur de l'expulsion se mêle à l'angoisse de retourner dans un pays en proie à la tourmente et au chaos. Bien que certains puissent soutenir que le TPS était initialement conçu comme une solution temporaire, il est devenu une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles ayant construit leur vie aux États-Unis. L'absence d'un plan de sortie clair soulève des questions quant à la manière dont les États-Unis prévoient de gérer le bien-être de ceux qui dépendent de ce statut depuis près d'une décennie. L'une des préoccupations les plus pressantes pour ceux qui risquent l'expulsion est la perspective de retourner dans un pays qui est, au mieux, désordonné et, au pire, dangereux. Les personnes vivant aux États-Unis depuis des années n'ont peut-être plus de liens communautaires ni de ressources pour soutenir leur réintégration dans une société marquée par l'instabilité. Cette situation n'est pas simplement un dilemme juridique ; elle a de réelles conséquences humaines. Les effets psychologiques d'un tel traumatisme sont profonds. De nombreuses personnes expulsées peuvent être confrontées non seulement à la marginalisation, mais aussi à la violence à leur retour, ce qui les pousse à fuir à nouveau si l'occasion se présente. Naviguer le panorama humanitaire Le paysage humanitaire aux États-Unis et en Haïti devra évoluer pour accueillir les personnes touchées par le TPS. Alors que les appels à la réintégration se multiplient, il sera essentiel de mettre en place une stratégie multifacette englobant des voies sûres et régulières pour la migration, l'aide humanitaire et la collaboration internationale. Des organisations gouvernementales et non gouvernementales en Haïti plaident pour l'extension du TPS et fournissent des ressources aux personnes affectées. La collaboration avec les communautés haïtiennes aux États-Unis peut aider à amplifier leurs voix et à garantir que leurs points de vue sont pris en compte dans le processus de prise de décision. Unisons nos forces Nos actions joueront un rôle crucial dans la construction de l'avenir de près d'un demi-million d'Haïtiens pris dans cette situation précaire. Les organisations progressistes et communautaires, les défenseurs des droits et les leaders communautaires seront essentiels pour mobiliser le soutien public aux efforts de réintégration du TPS. En sensibilisant et en mettant en lumière les histoires humaines derrière les cadres juridiques, ces défenseurs peuvent démontrer comment le TPS impacte la vie des individus, influençant ainsi les législateurs et les décideurs à reconsidérer leurs positions. Regard vers l'avenir : résultats possibles et solutions L'issue finale pour les Haïtiens touchés par le TPS dépend de divers facteurs, notamment des efforts de plaidoyer en cours et des considérations internationales. Ces éléments pourraient aboutir à différentes solutions potentielles : Rétablissement du TPS : La poursuite du plaidoyer pourrait permettre le rétablissement du TPS pour les Haïtiens concernés, leur apportant ainsi la stabilité nécessaire. Solutions permanentes : Des programmes visant à faciliter la résidence permanente pour les détenteurs de TPS pourraient également être envisagés, permettant à ceux qui ont bâti leur vie aux États-Unis de rester en sécurité. Réforme globale de l'immigration : Une impulsion plus large en faveur d'une réforme de l'immigration pourrait bénéficier non seulement aux Haïtiens, mais aussi à de nombreux migrants confrontés à des défis similaires. En conclusion, Ie problème du TPS pour les Haïtiens est emblématique de questions plus vastes concernant les droits de l'homme, la migration et l'aide humanitaire dans un monde de plus en plus interconnecté. Alors que les défenseurs, les experts et les membres de la communauté se mobilisent pour rétablir le TPS, les voies à suivre restent incertaines, mais pleines de potentiel. Chaque voix s'élevant en faveur du TPS témoigne de la résilience de la communauté haïtienne et de sa quête incessante de justice et de sécurité. Les enjeux sont élevés, mais grâce à une action collective et à un engagement en faveur de politiques humaines et éthiques, il reste de l'espoir pour un avenir meilleur pour toutes les personnes concernées. Dans cette crise mondiale, il est primordial d'écouter les voix qui s'élèvent à l'unisson, appelant à la compassion et au soutien pour ceux qui en ont le plus besoin. Le temps du changement est venu et, ensemble, nous pouvons faire la différence.
- Haïti : Une Singularité Politique et Civilisationnelle
Par : Michel Legros, Sitwayen pou Respè Konstitisyon. Ernst Louizor " Haiti Libre " Une Nation Inclassable Dans Le Choc des Civilisations, paru en 1996, Samuel Huntington analyse le monde post-Guerre froide à travers le prisme de grands ensembles culturels et civilisationnels appelés, selon lui, à s’affronter. Il identifie sept ou huit civilisations dominantes et mentionne des pays qu’il qualifie de « déchirés », comme la Turquie et l’Australie, tiraillés entre plusieurs influences. Mais ce qui frappe particulièrement, c’est qu’il évoque également deux pays qu’il juge totalement inclassables, n’appartenant à aucune civilisation établie. Le premier est l’Éthiopie, une terre aux marges du monde arabo-musulman, dotée d’une religion copte, d’un passé impérial et d’une trajectoire unique, ayant échappé à la colonisation. L’autre, c’est Haïti. Huntington décrit Haïti comme un cas à part, sans équivalent sur terre. Ni latino-américain, ni caribéen au sens traditionnel, ce pays se distingue par sa langue créole, sa religion vodou et son histoire singulière. Contrairement à ses voisins comme Cuba, la Jamaïque ou même la République dominicaine, Haïti ne s’intègre pleinement à aucun ensemble civilisationnel connu. Il est une anomalie, un monde en soi. Une Politique Sans Repères Cette singularité ne se limite pas à la culture. Elle s’étend également au champ politique. Un soir de 2011, alors que Michel Martelly venait d’être élu président, je me trouvais en voiture avec feu Éric Jean-Jacques, ancien président de la Chambre des Députés. À la radio, une voix affirmait que l’élection de Martelly marquait le retour de la droite – voire de l’extrême droite – au pouvoir après René Préval. Je réfléchissais à haute voix, cherchant des parallèles avec des figures telles que Duvalier, Pinochet, Le Pen, et me demandais si Martelly pouvait réellement être classé comme un homme de droite. Éric trancha la question d’une phrase lapidaire : — Michel, Miky n’est ni de droite ni de gauche. C’est du BS. Puis, avec cette lucidité tranchante qui le caractérisait, il poursuivit : — Cette histoire de Miki président, ce n’est pas de la politique. C’est du brigandage, une vraie plaisanterie. Et il avait raison. En Haïti, la politique échappe aux catégories classiques des sciences politiques. Elle ne peut être comprise à travers les cadres traditionnels du libéralisme, du conservatisme, du marxisme ou de l’opposition entre droite et gauche. C’est un univers chaotique, où la frontière entre la politique et le banditisme, la raison et l'absurde, est inexistante. Ainsi, nos dirigeants affichent un cynisme puéril, se livrent à de mesquines querelles internes alors même que Port-au-Prince est en train de tomber sous l'assaut des gangs. Ce cynisme découle peut-être du fait qu’ils ne savent tout simplement pas que la capitale sombre, ni ne perçoivent le danger qui les cerne – une évidence pour tout esprit lucide. Cette inconscience, au sens strict du terme, trahit une déconnexion profonde avec la réalité. L’Haïtien évolue dans un monde qu’il s'est construit comme refuge, où rêve et réalité se confondent. C’est le pays du merveilleux. Là c'est l’aspect poétique. Si en peinture cet enchantement peut séduire, on ne peut néanmoins confier la conduite de l’État – et a fortiori celle d’une guerre – ni à des illuminés ni à des hallucinés qui vivent dans un univers imaginaire. Sinon là, c'est la catastrophe. Mais ce merveilleux a son revers. En Haïti, on peut facilement tomber victime pour avoir été vu en rêve. Ce qui est perçu en songe devient souvent un fait concret, capable de susciter méfiance, jalousie ou haine. Et là, l’enchantement peut basculer dans l’horreur. I nventer un Cadre Haïtien Mais au-delà de ces paradoxes, un problème fondamental demeure : nous persistons à analyser Haïti avec des grilles de lecture inadaptées. Aujourd’hui, nous tentons d’appliquer des concepts étrangers pour définir notre réalité. Nous parlons des gangs comme s’ils étaient des terroristes, alors qu’ils ne le sont pas. Nous traitons nos partis politiques comme s’ils étaient de véritables institutions démocratiques, alors qu’ils ne le sont pas non plus. Partout ailleurs, le banditisme légal est un oxymore ; chez nous, c’est un mode de gouvernance. Plutôt que d’imposer un cadre classique à une réalité qui lui échappe, nous devrions repenser notre organisation politique et forger des concepts capables ď en saisir l' unicité, aussi complexe qu’aberrante. Une chose est certaine : le manuel des sciences politiques haïtiennes reste à écrire.
- Le chef de l'ONU dévoile son plan de paix en Haïti aux dirigeants des Caraïbes
Straight Arrow News. Par Karah Rucker, Evan Hummel, Bast Bramhall. Des mois après que les États-Unis et d'autres pays ont appelé à une mission de maintien de la paix des Nations Unies en Haïti, le chef de l'agence mondiale a déclaré qu'il présenterait une proposition hybride au Conseil de sécurité de l'ONU. À qui Guterres a-t-il dit cela ? Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a révélé lors d’une réunion des dirigeants des Caraïbes au cours de la semaine du 16 février que le plan pourrait ne pas être une mission traditionnelle de maintien de la paix de l’ONU. Guterres a suggéré qu'une partie du financement pourrait provenir d'une mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), actuellement soutenue mais non gérée par l'ONU .La force MSS, sous-financée et en sous-effectif, peine à réprimer la violence, tandis que les gangs contrôleraient désormais environ 90 % de la capitale du pays, Port-au-Prince. Que veut Guterres ? Guterres souhaite que sa mission soit à la fois sécuritaire et pacifique. Il a suggéré que l’ONU prenne en charge les dépenses « structurelles et logistiques » tandis que les forces de sécurité de l’ONU seraient payées par le biais du fonds d’affectation spéciale déjà existant pour la force MSS. Guterres a promis que si le Conseil de sécurité décidait d'aller de l'avant avec son plan, les gangs pourraient enfin être vaincus et « les conditions pour que la démocratie prospère » prévaudraient en Haïti. Il n'est pas certain que la proposition de Guterres comblerait les lacunes déjà constatées dans les opérations actuelles du MSS. Comment les autres pays ont-ils réagi ? Après avoir fourni plus de 600 millions de dollars à l’opération MSS dirigée par le Kenya, l’administration Biden a fait pression l’année dernière pour que la mission soit transformée en un effort de maintien de la paix de l’ONU. Malgré les contributions des États-Unis, le financement de la mission de sécurité actuelle s'avère difficile, car le financement est volontaire. Les partisans d'une mission de maintien de la paix de l'ONU soulignent que cette mission serait assurée d'obtenir des fonds. Moscou et Pékin se sont fermement opposés à l'idée d'une présence de Casques bleus en Haïti, et il n'est pas certain que l'administration Trump soit ouverte à cette idée. La proposition de Guterres doit être soumise le vendredi 28 février. Traduction : NOVAVOX.
- La Constitution de 1987: le bouc émissaire d'une classe politique en faillite.
Pour un nouveau rapport à la norme constitutionnelle Par: Yves Pierre, Renouveau Démocratique. "La Constitution est source d'instabilité." "Le texte est dépassé." "La loi mère paralyse l'action politique." Ces accusations sont devenues le refrain favori d'une classe politique haïtienne en quête perpétuelle d'alibis pour justifier ses échecs. En faisant de la Constitution de 1987 leur bouc émissaire, nos dirigeants tentent de masquer une réalité bien plus dérangeante : leur incapacité chronique à respecter les normes qu'ils ont eux-mêmes la charge d'appliquer. Une Constitution jamais appliquée : le grand paradoxe haïtien Comment peut-on juger inefficace une Constitution qui n'a jamais été véritablement mise en œuvre ? Michel Jacques Saint Louis, l'un des architectes du texte de 1987, pose un constat accablant : depuis son adoption, la Constitution n'a jamais été appliquée dans son intégralité. Les exemples de ce sabotage institutionnel sont légion. Prenons le système électoral. La Constitution prévoyait un Conseil électoral permanent, garant de la stabilité et de la crédibilité du processus électoral. Qu'en ont fait nos dirigeants ? Une succession de conseils provisoires, maintenus dans la précarité pour mieux les contrôler. Trente-trois ans après, aucune élection n'a été organisée conformément aux prescriptions constitutionnelles. Les Assemblées municipales et départementales ? Jamais mises en place. La décentralisation effective ? Restée lettre morte. Les mécanismes de participation populaire ? Systématiquement contournés. À chaque fois, ce ne sont pas les dispositifs constitutionnels qui ont failli, mais bien la volonté politique de concrétiser cette démocratie participative et décentralisée voulue par les constituants de 1987. L'instrumentalisation cynique des failles présumées L'argument du "blocage institutionnel" est devenu le mantra d'une classe politique en panne de légitimité. On accuse la Constitution d'avoir créé un système paralysant, mais on oublie commodément que son texte original visait précisément à rapprocher le pouvoir du peuple à travers une décentralisation effective et des mécanismes de participation citoyenne. Le texte de 1987 établit un système démocratique innovant qui ne se limite pas aux seuls pouvoirs centraux. Il prévoit une participation active des citoyens à travers les collectivités territoriales et les assemblées locales. Si ces mécanismes semblent créer des "complications", c'est précisément parce qu'ils visent à empêcher la confiscation du pouvoir par une élite centralisatrice. Ce n'est pas le dispositif qui est défaillant, mais la réticence des acteurs politiques à accepter ce partage du pouvoir avec les citoyens. L'histoire récente en témoigne. Lors de la 50e législature, comme le rappelle l'ancien député Jacob Latortue, le travail de la commission spéciale sur la réforme constitutionnelle a été délibérément saboté par des parlementaires plus soucieux de leurs intérêts politiques que de l'intérêt national. La culture du contournement : une tradition politique destructrice Le véritable problème réside dans une culture politique profondément ancrée du contournement de la norme. Comme le souligne avec pertinence l'avocat Woodken Eugène, "le texte n'a pas la charge de s'appliquer lui-même". Ce sont les dirigeants qui, systématiquement, cherchent à contourner les prescrits constitutionnels plutôt qu'à les respecter. Cette pratique s'observe à tous les niveaux de la vie politique. Des tentatives d'amendement constitutionnel sous René Préval aux récentes initiatives de réforme, le mépris des procédures constitutionnelles est devenu la règle plutôt que l'exception. Les élites politiques préfèrent bricoler des solutions extra-constitutionnelles plutôt que de jouer selon les règles établies. Les conséquences désastreuses d'une gouvernance hors-norme Cette relation toxique à la norme juridique a des conséquences dévastatrices sur notre démocratie. L'instabilité chronique que connaît Haïti n'est pas le fruit d'un texte constitutionnel défaillant, mais le résultat direct de cette culture du contournement. En trente-trois ans, le pays a connu quatorze chefs d'État et vingt-cinq Premiers ministres. Cette valse politique n'est pas imputable à la Constitution, mais à l'incapacité de notre classe politique à respecter les règles du jeu démocratique. Plus grave encore, ce comportement érode la confiance des citoyens dans les institutions. Comment le peuple peut-il croire en un système où les plus hautes autorités de l'État sont les premières à violer la loi qu'elles sont censées défendre ? Pour un nouveau contrat constitutionnel L a solution ne réside pas dans l'adoption d'une énième Constitution qui subira le même sort que ses prédécesseurs. C'est notre rapport au droit qui doit être fondamentalement repensé. Plusieurs chantiers s'imposent : L'application immédiate et intégrale des mécanismes de décentralisation prévus par la Constitution, notamment la mise en place effective des collectivités territoriales avec leurs organes délibératifs élus. Le respect scrupuleux des dispositifs de participation populaire, en garantissant aux citoyens leur droit constitutionnel de participer directement à la gestion des affaires publiques à travers les assemblées de section communale. Un investissement massif dans l'éducation civique et juridique, pour former une nouvelle génération de citoyens conscients de leurs droits constitutionnels et capables de participer activement à la vie démocratique locale. La mise en place effective des mécanismes de contrôle populaire prévus par la Constitution, notamment à travers le renforcement du rôle des assemblées locales dans la supervision des élus. Conclusion Il est temps de mettre fin à cette mascarade où la Constitution sert de paravent aux défaillances de notre classe politique. Le texte de 1987, malgré ses imperfections, offre un cadre suffisant pour construire une démocratie fonctionnelle. Ce n'est pas d'une nouvelle Constitution dont Haïti a besoin, mais d'une nouvelle classe politique capable de respecter et d'appliquer les règles existantes. Le véritable changement viendra non pas d'un nouveau texte, mais d'un nouveau rapport à la norme constitutionnelle. C'est à ce prix que nous pourrons enfin sortir du cycle infernal de l'instabilité politique et construire les institutions stables dont notre pays a désespérément besoin.
- Hommage à Franketienne
Pars en Paix, Légende… Par : Wilfrid Supréna. Pas de noms Associés á cet ensemble de Jeunes et de moins Jeunes en pause pour un souvenir éternel de lettrés en manches courtes… Qui est l’homme à la guitare ? Où est-il aujourd’hui ? Qui sont ces deux-là avec le mégot éteint probablement mais tenu par des lèvres qui, en ce temps, entendaient cracher la vérité… Rien qu’elle ! Ne dit-on pas souvent qu’elle seule est Révolutionnaire…? L’homme à la pipe ? Je veux bien croire que c’est Jean Do? Les Deux Jolies et seules demoiselles parmi cette engeance de fauves et de dragons dont la plume et la dactylographie crachaient le feu à l’époque ? Où sont-elles ? Mais, je crois avoir reconnu deux personnes dans cette photo. Deux. Seulement deux. A coup sûr... Le petit avec ces grosses lunettes… C’est Raymond Jean François, le grand Frère de Josette Jean François (religieuse) Avec qui j’ai eu l’honneur de collaborer en 1995/1996 au moment oú l’on posait les bases pour le fonctionnement de ‘Office National de La Migration dans le but de recevoir dignement les citoyens Haïtiens fuyant la répression, arrêtés en haute mer, empaquetés comme des animaux et renvoyés sur leur terre natale après 1994. Ce jeune poète, normalien et économiste et membre du Secrétariat du PUCH a été fauché dans sa prime trentaine à la rue 5 H... Un après-midi de juillet en 1969… Sa tête tranchée a été transportée à Port-au-Prince dans un seau d’eau pour vérification selon plusieurs témoignages recueillis des victimes de cette grande répression qui a endeuillé tant de familles Haïtiennes entre 1963 et 1970... Enfin, personne regardant cette photo ne peut manquer cet homme de grand gabarit au maillot blanc, point focal de ce portrait.. Tiens, tiens, il n’avait pas de Barbe Blanche... Ses cheveux ainsi que ses sourcils étaient encore noirs en 1962… Et oui, c’est bien lui… L ‘auteur et le scénariste de Twou Foban , Pèlen Tèt, Bobomasouri... Oui, c’est lui qui vient de nous faire faux bond aujourd’hui. Le Légendaire Franketienne… Il vient de laisser cette terre, ce pays qu’il a tant aimé et pour lequel il s’est tant sacrifié à un moment où la menace de désarticulation et d’annihilation sociale chez nous n’est plus une utopie, mais une réalité qui se concrétise à petit feu... Jour après jour... C’est vrai. La route est obscure et jonchée d’embûches... Mais nous n’avons pas le choix que de continuer à marcher…. Unis et Solidaires... Nous te le devons, Frank… Pars en Paix, Légende…
- Restitution à Haïti de la « dette de l’indépendance »
Par: Le Collectif Haïti de France/ Ornella Braceschi ,Présidente. Cette année 2025 marque le bicentenaire de la « dette de l’indépendance » et la France devra répondre aux nombreuses questions qui lui seront posées à ce sujet par l’Etat Haïtien, les sociétés d’Histoire, les universitaires, les associations de droits humains et la presse internationale. L’Histoire singulière de l’ex-colonie française de Saint Domingue, qui ensuite a pris le nom d’Haïti à l’occasion de son indépendance le 1er janvier 1804, n’a pas été enseignée à l’école de la République Française, alors que la France a été présente à Saint Domingue dès 1651. Les français n’ont donc pas entendu parler de cette révolte d’esclaves ni de la bataille de Vertières, celle que le corps expéditionnaire français du Général Leclerc, envoyé en 1802 par Bonaparte, a perdu le 18 novembre 1803 contre une « bande d’esclaves ». A la tête de la plus puissante armée du monde de l’époque, Bonaparte entreprend de rétablir l’esclavage en Martinique et en Guadeloupe, mais il échoue à St Domingue, la « Perle des Antilles ». Haïti est, dans toute l’histoire, le premier pays souverain issu d’une guerre de libération d’esclaves victorieux de leurs maîtres, évènement planétaire passé sous silence dans nos écoles. La France, par l’entremise de ses manuels scolaires, a simplement occulté trois siècles de son histoire. Mais, qu’on le veuille ou non, l’histoire d’Haïti est liée à celle de la France et à l’Histoire universelle. En effet, l e 17 avril 1825, le Roi Charles X prend une ordonnance imposant le versement d'une indemnité de 150 millions de franc-or à Haïti qui correspond à un dédommagement pour les colons de Saint Domingue dépossédés de leurs plantations et de leurs biens et surtout de leurs esclaves. C’est en fait un compromis pour que la France reconnaisse enfin l'indépendance d'Haïti mais cette demande se fera sous la contrainte car des bâtiments armés de 500 canons mouillent dans la baie de Port au Prince ! Allégée en 1838 à 90 millions de franc-or, cette somme sera intégralement remboursée à la France Jusqu’en 1952, et jusqu’au dernier centime, par le biais d'emprunts à des banques françaises et américaines et redistribuée aux ayants droit des anciens colons. Toute la production agricole sera exportée et entièrement affectée à ce remboursement, et Haïti sera dans l’impossibilité, et pour longtemps, de se projeter dans l’avenir. On peut malheureusement le constater encore aujourd’hui. Plus de la moitié de la population haïtienne est actuellement au bord de la famine et a besoin d’une aide humanitaire d’urgence alors que les gangs armés font la loi à Port au Prince et dans les départements alentours. Les rapports d’organismes internationaux et d’ONG alignent régulièrement des chiffres et des statistiques alarmantes comparables à ceux de pays en guerre, or Haïti n’a jamais été en guerre. Des économistes renommés ont prouvé que le remboursement de la dette a bloqué le développement d’Haïti pendant de nombreuses années. Ainsi, personne ne peut honnêtement prétendre aujourd’hui que la France n’a absolument rien à voir avec ce qui se passe en Haïti. Comment dans les conditions actuelles, notre pays peut-il avoir des échanges respectueux, sérieux et sereins avec Haïti et comment peut-il l’aider enfin et concrètement à reprendre le chemin de la dignité ? Leslie Voltaire, l'actuel président du Conseil présidentiel de transition, lors de son discours à l’occasion de la fête nationale, le 1er janvier, en a profité pour réitérer ce qu’avait déjà formulé son prédécesseur à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le 26 septembre dernier : « la France, ancienne puissance colonisatrice, doit rembourser à Haïti la dette de l’indépendance ». Lors de sa visite auprès du président de la République, Monsieur Emmanuel Macron ce 29 janvier, des échanges ont eu lieu sur ce sujet et devraient donner lieu à une déclaration de la France le 17 avril 2025. Des pays comme le Royaume Uni et les Pays Bas ont su le faire depuis plusieurs années avec leurs anciennes colonies en prenant la voie d’une réconciliation et d’une entente mutuelle. La France, pays de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et qui affiche haut et fort ses valeurs humanistes, s’honorerait d’entreprendre, à son tour, une telle démarche. Le Collectif Haïti de France demande instamment à la France de se diriger vers une reconnaissance de sa responsabilité et de présenter des excuses nationales au nom du peuple français. Il souhaite que la France appuie Haïti pour un retour rapide à la sécurité et étudie avec le peuple haïtien, dans toute sa diversité, les modalités d’une restitution intelligente qui permettrait à la population haïtienne de bénéficier d’un appui au développement, et surtout d’instaurer un changement durable de sa politique vis-à-vis d’Haïti, basée sur le respect mutuel et sur une vraie solidarité.











