12 janvier : nous ne sommes plus en deuil, nous sommes en révolte
- Renouvo Demokratik
- il y a 2 jours
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Par : Novavox, Notre Éditorial.

Seize ans après le séisme, il faut arrêter de mentir : Haïti n’est pas victime d’un destin cruel. Haïti est prise en otage par ceux qui prétendent la diriger.
Le 12 janvier 2010, la terre a tremblé.
Depuis seize ans, ce sont les dirigeants, les clans, les réseaux, les profiteurs, les “élites” autoproclamées et les puissances tutrices qui secouent Haïti jusqu’à l’os. Le séisme n’a pas détruit l’État. Il a simplement révélé qu’il était déjà mort.
Depuis seize ans, on nous demande de commémorer.
De pleurer.
De nous recueillir.
De “ne pas politiser la douleur”.
Mais comment ne pas politiser ce qui est, précisément, le résultat d’une politique de l’abandon, de la prédation, de la lâcheté organisée ?
Le 12 janvier n’est pas une tragédie naturelle.
C’est un acte d’accusation.
Car pendant seize ans, ceux qui contrôlent le pays ont transformé la catastrophe en rente.
Ils ont fait du chaos un modèle économique.
Ils ont fait de la misère un capital politique.
Ils ont fait de la souffrance un spectacle.
Ils ont pillé les fonds de reconstruction.
Ils ont marchandé les institutions.
Ils ont négocié la sécurité comme on négocie un contrat.
Ils ont laissé les gangs devenir des autorités de fait.
Ils ont transformé la République en zone franche de l’impunité.
Et pendant ce temps, on nous répète que “c’est compliqué”, que “le pays est difficile”, comme si ces formules creuses suffisaient à expliquer l’effondrement.
Non. Ce qui ronge Haïti, ce sont ceux qui, Haïtiens comme étrangers, depuis seize ans, se repaissent du désastre qu’ils prolongent.
Le peuple haïtien ne manque pas de courage.
Il manque d’un État qui ne soit pas un cartel.
Il manque d’institutions qui ne soient pas des comptoirs.
Il manque de dirigeants qui ne soient pas des prédateurs.
Le vrai séisme, aujourd’hui, n’est plus dans la terre.
Il est dans la conscience collective.
Il est dans cette évidence que beaucoup refusent encore de dire à voix haute :
Haïti ne se relèvera pas tant que ceux qui l’ont détruite continueront à la gouverner.
Seize ans après, nous n’avons plus le luxe de la neutralité.
Nous n’avons plus le luxe de la patience.
Nous n’avons plus le luxe de la commémoration silencieuse.
Le 12 janvier ne doit plus être un jour de larmes.
Il doit devenir un jour de rupture.
Un jour où l’on cesse de demander.
Un jour où l’on commence à exiger.
Un jour où l’on arrête de survivre pour commencer à se battre.
Parce que la mémoire des morts n’a de sens que si elle sert à protéger les vivants.
Parce que le pays ne changera pas tant que nous accepterons que les mêmes mains continuent de le détruire.
Parce que la dignité n’est pas un slogan , c’est un combat.
Aujourd’hui, 12 janvier 2026, nous ne sommes plus en deuil.
Nous sommes en révolte. Et c’est peut-être la première bonne nouvelle depuis seize ans.












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