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Haïti : trappe mortelle pour son propre peuple

Par : Novavox, Notre Éditorial.-

Haïti est devenue un piège mortel pour ses propres citoyens. Un pays où la vie quotidienne se joue entre l’indifférence des autorités et la brutalité d’une violence qui ne cesse de s’étendre. Haïti n’est plus simplement un pays en crise : c’est désormais un territoire où la mort circule plus librement que l’espoir.

Dans cet espace abandonné, les citoyens sont livrés à une violence qui prospère dans le vide laissé par un État défaillant, fragmenté et absent de sa propre mission.

Des Tragédies Évitables

La semaine dernière, près de soixante-dix personnes ont été massacrées par le gang Gran Grif à Jean‑Denis, dans l’Artibonite, sous le regard impuissant et souvent complaisant de dirigeants qui, depuis des années, n’assurent plus la sécurité de la population. Incapables de protéger les citoyens contre les groupes armés, ils demeurent pourtant étonnamment rapides lorsqu’il s’agit de préserver leur propre pouvoir.

Et comme si cela ne suffisait pas, cette semaine encore, des dizaines de jeunes ont perdu la vie à la Citadelle Laferrière, asphyxiés dans des conditions révélant un effondrement total des mécanismes de prévention, de gestion et de responsabilité.

Pendant que le drame de la Citadelle continue de secouer le pays, une autre tragédie, moins médiatisée mais tout aussi dévastatrice, s’est abattue sur Saint‑Louis‑du‑Nord, dans le département du Nord‑Ouest. Là, une rivière en furie a englouti la commune, emportant tout sur son passage et laissant derrière elle une population sidérée, plongée dans une profonde détresse.

Les dégâts sont immenses et les vies sont brisées. Le bilan définitif de cette catastrophe demeurait inconnu au moment où nous écrivons ces lignes.

Aux dernières nouvelles, une attaque d’une rare violence a été menée dans la nuit du 13 au 14 avril par des gangs armés dans la localité isolée de Séguin, située dans la commune de Marigot, dans le Sud‑Est. Selon les premières informations disponibles, l’assaut aurait fait cinq morts et s’est accompagné de l’incendie du commissariat de police, réduit en cendres après plusieurs heures de chaos.

Un État qui se détourne de son devoir de protection

À chaque tragédie, la réponse est la même : journées de deuil, communiqués creux, condamnations automatiques. Une liturgie de l’impuissance qui ne sauve personne, ne protège personne, ne change rien.

Pourtant, ces drames étaient évitables. Avec un minimum d’organisation, de planification et de coordination, l’État aurait pu et aurait dû empêcher ces catastrophes. Ce qui apparaît désormais, jour après jour, c’est un pouvoir réduit à presque rien, un pouvoir qui s’est vidé de sa mission première : protéger la vie. À sa place ne subsiste qu’une ombre, incapable de retenir la mort qui avance.

Appel à l'Action : Construire un Avenir Meilleur pour Haïti

Il serait illusoire de considérer ces événements comme de simples accidents. Ils s’inscrivent dans la logique d’un dérèglement profond, révélateur d’un système qui s’est détourné de ses devoirs essentiels de la puissance publique. Ils manifestent l’abdication progressive d’un appareil qui a renoncé à gouverner, à protéger et à assumer les responsabilités qui fondent l’autorité publique.

De ce renoncement procède une urgence impérieuse : tourner la page de l’incompétence, rompre avec la passivité et bâtir un pays où la sécurité n’est pas un privilège accordé à quelques-uns, mais un droit fondamental garanti à tous. C’est l’exigence de reconstruire un État capable de protéger, de planifier et d’anticiper, un État digne de la confiance de son peuple.


Haïti mérite mieux que la fatalité.

Haïti mérite mieux que l’abandon.

Haïti mérite un État qui protège, pas un État qui regarde mourir.


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